Cet épisode de L'After Foot revient sur la lourde défaite de Lens, battue 9-1 lors d'une soirée de Ligue des Champions. Gilbert Brisbois et Daniel Riolo confrontent leurs points de vue avec un supporter lensois, qui critique l'attitude du public et la qualité du recrutement.
Daniel Riolo estime que le club doit éviter toute explosion à la marseillaise et garder son calme, tandis que d'autres réclament des réponses rapides, notamment sur l'avenir de l'entraîneur. La discussion s'élargit au déclassement du football français en Coupes d'Europe et à la crise économique du championnat.
Les auditeurs découvriront les arguments de chacun, sans consensus tranché.
Dans cet épisode Daniel Riolo, Gilbert Brisbois
Cette transcription de l'épisode sur la défaite 9-1 de Lens a été réalisée avec la technologie HappyScribe de prise de note IA.
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Vous écoutez.
RMC. RMC, jusqu'à minuit trente, l'After Foot.
Gilbert Brivoix.
Bonne croyance, tranquille. Samuel Umtiti, Daniel Auriolo, et Jean-Louis Tour qui est au stade, à Lens, toujours. Et voilà, Jean-Louis aussi rentre dans l'histoire, hein. Il aura été... il aura été un chat noir du 9-1. Bravo Jean-Louis.
Ah, c'est terrible. Je pensais la petite soirée tranquille, la frite en avant-match, le débrief pendant 20 minutes, et en fait...
Ouais, ouais. Après, tu t'es dit : « Mince, je suis tombé à Vila Real, mais en pire. »
Ouais, c'est ça.
Jérémy était au stade, lui aussi, supporter lensois. Salut Jérémy.
Ouais, bonsoir à tous.
Euh... Jérémy, on a eu des supporters lensois, mais je les ai sentis plus résignés qu'en colère. Toi, tu es dans quel état ?
Euh... pareil, résigné. Alors, déjà, un : je suis vraiment super content de passer avec vous. Ça fait des... des années que je vous écoute, et vraiment, j'adore votre émission. Et ce soir, je voulais vous proposer aussi 3 points. En 1, déjà, Daniel en a parlé juste avant la pause : cette équipe de com', incroyable. Des années de ballard, des années de foot. Et moi, cette équipe, ce soir, je les ai vus s'amuser, je les ai vus jouer. Ils déroulaient un football qui était incroyable. Au milieu de terrain, c'était... c'était com' contre l'équipe des U11 des Valmalmaisons. C'était incroyable.
On s'est régalés. Et moi, fan de foot avant tout, je me suis régalé. On a beau prendre la rouste de l'histoire de la Ligue des Champions, moi je me suis régalé. Cette équipe-là, elle est incroyable. Dakuna, Kakré... ouvrons le débat. Même pour Kakré en équipe de France, là, ils sont méga chauds, les mecs. C'est incroyable ce qu'ils font avec Fabregas. Le 2e point que je voulais ouvrir, c'est... alors, d'abord, je réponds à ta question, excuse-moi. Plutôt pour résigner, et puis en même temps se dire : qu'est-ce qu'on aurait pu faire de plus ? Je pense que ce soir, on a vu une équipe exceptionnelle italienne, et une équipe de Lens dans ses plus mauvais jours. Je suis entièrement d'accord avec Daniel.
Ce qui a manqué ce soir, c'est les valeurs essentielles de Lens depuis sa remontée. C'est-à-dire l'agressivité, l'envie d'envier les duels, vraiment l'envie d'aller de l'avant, même quand ce n'est pas parfait. Mais là, en fait, on a eu vraiment tous les mauvais côtés. Peu d'agressivité. Et là, je vous mon 2e point, c'est le recrutement. Scorasse, puissance, hasard. Ivanovic... Ivanovic, ça prend la mi-temps, elle est cataclysmique. Il a fait absolument n'importe quoi. Donc là, on est typiquement dans une année où tout nous a réussi depuis la remontée, avec des recrutements qui étaient incroyables, des paris qui ont payé, des Sangaré, des Fofana, des Sheikh Doukouré, des Saïs Abdoul Samed, etc.
On avait une vraie souveraineté au milieu de terrain. Là, ce soir, Aïdara, puissance. C'est... c'est vraiment... c'est niveau abyssal ce soir. Les 2 mecs n'avaient pas envie de mettre le pied sur le ballon, ils ont vite senti qu'ils n'allaient pas toucher le but. Donc ouais, le recrutement, très compliqué. Et même dans la compo de Cahuzac, il y a un petit peu d'erreurs. Pour moi, Hazard, il a joué 70 minutes, je crois, au club, très moyenne déjà dimanche. Là, il se retrouve titulaire. Ça a été... ça a été catastrophique. Et du coup, mon 3e point, moi c'est les supporters.
Et moi, je suis un petit peu en colère contre les supporters de Lens. Donc c'est peut-être un avis qui est disruptif ce soir, mais je l'assume complètement. Alors, un de nos chants principaux, c'est : dans le malheur ou la gloire, nous on est là. Bah ça, on n'a pas été là. Dès que ça n'a pas tourné en notre faveur, au lieu de se dire : « Ce soir, on tombe sur vraiment plus forts », « Ce soir, vraiment, on n'y est pas », bon, on siffle nos gars. Moi j'ai entendu à côté de moi des darons insulter nos joueurs devant leurs enfants. « Mais les gars, on a mangé du caviar, ça fait 5 ans qu'on mange du caviar ! » Ok, bah ce soir, on va manger un petit sandwich au pâté, il n'est pas bon, il est...
demain on va faire sans.
Non, ce soir, tu as mangé pire.
Ce soir... ce soir, tu as mangé un sandwich au caca.
Voilà, on t'a enfin révélé ce qu'il y avait dans la fricadelle.
Tu sais, moi, il y a un truc.
C'est le secret, ça y est.
Et je crois que ce n'est pas loin d'être ça, dans la fricadelle.
Ben ouais, mais c'est ça. Mais ok, on a eu des supers années, on a eu des super heures. Bah maintenant, c'est là où on va retrouver le public. Comme j'étais à Lens Laval de 2017, le QIC sur mon siège à -2 °C, où tu sens plus tes jambes, bah là, on va voir les vrais supporters, ceux qui sont là vraiment pour le foot, ceux qui sont là pour les valeurs.
Ouais, j'aime bien ton discours, Tarek.
J'adore, j'adore, j'adore.
Ta seule erreur, c'est le sandwich au pâté, pour le reste, c'était parfait.
Non mais attendez, les gars, moi je... ce que je veux dire, Jérémy, très bien, il est mesuré. Je préfère les gens mesurés dans le foot, moi aussi, parce que des fois, ça peut être beaucoup trop violent. Enfin, là, ça arriverait à Marseille, à Paris, à Lyon.
Non mais d'accord, mais même si ça.
Je pense que vous n'imaginez pas la déflagration.
Non mais on sait très bien que c'est une déflagration, c'est ça ?
Je ne veux pas faire un point de déflagration, mais on l'a dit.
Parce qu'au final, c'est une humiliation.
Chaque club doit avoir son histoire. Il se trouve que l'histoire récente de Lens, elle est assez incroyable par rapport à... d'abord, ce qu'ils ont fait. Oui, ce n'est pas l'histoire de l'OM, mais déjà, l'OM, je trouve que c'est allé beaucoup... enfin, c'est allé très, très loin déjà l'année dernière. Je trouve la façon dont ils ont explosé... mais jamais ils ne doivent exploser comme ça. S'ils n'explosent pas de cette façon, ils sortent de la Ligue des Champions et tout le monde s'en fout, et ils accrochent la Ligue des Champions, ils sont encore en Ligue des Champions cette année, et ils ne se tapent pas la crise. À un moment, il faut aussi justement ne pas exploser pour continuer d'exister et continuer de construire.
La déflagration, comme tu dis, mais c'est très mauvais, c'est les pires années du PSG, c'est l'OM qui ne sait pas se contrôler, il faut surtout éviter ce genre de truc. C'est là où il faut avoir des dirigeants solides et dire : « Ouais, l'humiliation... » Bah l'humiliation, qui va la contester ce soir ? Ils ont été bidons, minables. On peut enfiler les superlatifs. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Qu'on les insulte, qu'on dise qu'ils n'ont pas de jambes, que c'est des tocards ? Ça va servir à quoi ? On l'a vu. On l'a vu. On a vu ce qu'ils ont fait. Ils sont minables. En face, tu as vu une super belle équipe, qu'on va... à un moment, il va quand même falloir le dire et en parler. Mais il ne faut surtout pas que ça explose.
Il ne faut pas qu'il y ait de déflagration. Il faut qu'ils trouvent une solution. Et s'ils ne trouvent pas la solution, eh bien, probablement qu'ils en viendront, comme dans beaucoup de clubs : on change d'entraîneur, on essaye de mettre autre chose. Mais là, au vu des années récentes, il faut que tout le monde se mette la tête dans les ordres.
Pardon, le passé c'est derrière toi. Là, après ce match, il te faut des réponses. Quelle est la réponse du club ? Quelle est la réponse d'Ougourlian ? Du Pré de Paron ?
Et tu veux qu'il fasse quoi ?
De Lecamp ?
Et tu veux quoi ?
Et qu'il fasse quoi ? Toi, tu veux qu'il ne fasse rien.
Et tu veux qu'il vire tout de suite le coach, ou quoi ?
Je n'en sais rien, mais tu es obligé de répondre. Tu es obligé de faire quelque chose.
C'est comme ça, Gilbert, ça se passe.
Tu ne peux pas faire ça comme ça, déjà.
Mais l'OM, ils ont fait ça, tu as explosé. Mais quelle leçon ça te donne, en fait ?
Mais en plus, comme on l'a dit déjà.
Donc là, vous nous dites : « On a pris 9-1, on ne change rien. »
Mais si, non, mais Cahuzac, il l'a dit. Ils doivent parler entre eux déjà. Pour moi, ça, c'est délire.
Déjà, c'est tellement gros qu'il ne faut pas... il faut surtout rester très calme.
Bah oui, il faut rester unis, mais régler ça dans le vestiaire, entre eux, se dire les choses comme je pense qu'ils vont le faire.
Le football, il a changé.
Non, mais c'est comme ça. Mais toi, tu aimerais... et regarde, et maintenant, s'il arrive, il dit : « Je vire Cahuzac. » Toi, tu vas dire : « Ah mais non, on ne peut pas faire ça. » Là, comme ça, on a une défaite.
Si après une défaite 9-1, tu ne comprends pas qu'on vire le coach, tu ne comprends jamais qu'on vire le coach.
Non, toi, tu veux virer le coach ce soir.
Mais je ne sais pas, mais je veux une décision.
Mais même, moi je me mets dans sa tête, est-ce que lui-même... il se sent encore à la hauteur ?
Tu as posé la question, Sam, il t'a répondu. Je t'ai répondu : « Je trouve quelqu'un qui dit oui, il faut virer le coach ce soir, mais ce n'est pas nous. »
Moi, je pense qu'il y a quelques supporters lensois.
Oui, mais tu parles en tant que supporter.
Jérémy, tu parles en tant que supporter.
Jérémy est toujours là. Qu'est-ce qu'on fait avec le coach ?
Arrête.
Ah bah, alors justement, c'était un point dont on a discuté tout à l'heure. En effet, alors, il y a 2 choses. La première, c'est : on a peut-être la chance d'avoir à Lens un climat qui est plutôt sain. Donc en effet, éviter la déflagration comme à Marseille, et prendre ça d'une manière peut-être originale pour vous, mais qui est sereine. Se dire : « Ok, 9-1, mais on ne va pas commencer à faire comme Benatcha, à dire : "Ah bah moi, je suis allé retourner la table", etc. » Justement, c'est peut-être ce moment-là où il ne faut pas le faire. Et se dire juste : « Ok, bah on tourne la page. » Et dimanche, il y a une énorme échéance. Dimanche, on en parle, mais dimanche, c'est là, l'échéance qui est super importante.
Merci beaucoup. Tu vois, Gilbert, il faut prendre... tu vois ce qu'il est en train de dire, là ?
Oui, oui, oui.
C'est exactement ça. Mais toi, heureusement que tu ne gères pas un club.
Mais il faut que l'OM, c'est super important. Il faut que l'OM, c'est un club qui est à notre portée, c'est là où il faut...
Il est là où il faut aller déployer les équipes.
Il faut aller le montrer à nos joueurs qu'on est derrière eux, et qu'on va les supporter. Ce n'est pas l'Olympique de Marseille. À Lens, nous, on n'a pas le soleil, on n'a que le club du Racing. Donc si à un moment on commence à retourner les tables, on n'a plus rien. Donc qu'est-ce que tu veux qu'on fasse après nos journées ? On va juste retourner les supporters dimanche, comme n'importe quel match, oublier ça, et il suffit qu'ils mettent un petit peu le feu contre Marseille, une belle première mi-temps, et puis tout le monde sera retourné avec eux, derrière eux, et dans leur cause. Donc c'est ça qu'il faut faire à Lens. C'est peut-être la chance qu'on a dans le football français aujourd'hui d'avoir des clubs un peu bidons en Ligue des Champions, c'est que si ça se passe mal, eh bien ça ne va pas partir en cacahuète.
Mais en fait, tu as parfaitement raison. Tu as parfaitement raison. Et moi, je vais vous dire, j'ai vraiment l'impression qu'on parle dans le vent depuis 2 ans, alors qu'on cherche à analyser la situation et qu'on sait très bien où en est le football français économiquement. Mais c'est comme si on ne veut pas croire, on ne veut pas entendre. Alors ok, il y a eu des petits buissons qui ont caché la forêt, et notamment Brest, qui a fait croire que... mais l'histoire du foot français, elle a toujours proposé des exploits. C'est Bastia 78, c'est des campagnes européennes, comme ça, ok, Brest, c'était incroyable.
Ok, très bien. Mais on est en train d'être déclassés. Si le PSG ne te donne pas 3-4 points, enfin, j'allais dire 3-4 points, beaucoup de points, mais tu es dépassé par le Portugal, tu es dépassé par les Pays-Bas depuis longtemps. Mais regardez-les, les matchs en Coupe d'Europe, regardez, année après année.
Non mais surtout, ce qu'il faut noter, tu parles de...
Tu parles de Brest et Lille, ce qu'il faut noter, c'est la régression globale depuis 2 ans. C'est-à-dire que c'était il y a 2 ans ça, et on ne voit pas comment ça peut être possible aujourd'hui.
Tu vivais encore avec un tout petit peu de reste d'oseille que tu avais.
Voilà, c'est ça.
Mais le déclassement, il est terrible pour notre football, et j'ai l'impression qu'on ne veut pas l'entendre.
Oh bah là, si personne ne l'a vu là, Daniel, c'est bon, je pense que tu...
Mais moi, je ne comprends pas en quelle langue il faut parler de ça.
Tu as besoin de parler, tu regardes juste le score ?
On n'a pas eu beaucoup de temps ces derniers temps, mais la semaine prochaine, on en aura, puisqu'il n'y aura pas de Coupe d'Europe. Et vu que l'appel d'offres a été lancé, on va espérer qu'il y a des candidats pour mettre un petit peu de sous dans notre football, et qu'on améliore nos gestions, et qu'enfin les clubs ne fassent pas n'importe quoi, et qu'on remonte un petit peu la pente. Mais le choc, il est extrêmement brutal. Et il faut parler des audiences des matchs de Ligue 1 sur Ligue 1+, ça ne marche pas du tout.
On a un vrai problème dans notre football. Nous, on est là tous les soirs, on croit qu'on baigne dans l'euphorie, on se régale, machin. Mais on est en pleine crise dans notre foot, attention. Attention.
Bon, je pense qu'on a fait le tour. L'évaluation, ce n'est pas la peine.
Bah du coup.
On va parler de Comme dans quelques instants. Toi qui étais au stade, est-ce que...
Ouais.
On ne va pas faire d'évaluation détaillée, mais est-ce que tu as quand même des... comment dire... des degrés dans la nullité ce soir ? Tu vois, est-ce que tu as des mecs vraiment...
Je ne vois pas beaucoup, quand même.
Non ?
Non, là, franchement. Même au début, en première mi-temps, je trouvais que Risser avait fait des arrêts, mais à l'arrivée, il en prend 9. Aguilar met 1 but.
Ah, ouais, il fait des arrêts ?
Beau but, celui-là.
Si, en première mi-temps, il fait des arrêts.
Ouais, ouais, beau but d'Aguilar.
On est tous dans le même sac, je pense. Ça ne sert à rien d'en sortir.
Ouais, ouais, c'est dur, là, d'en sortir.
Bon.
L’After Foot, c'est l'émission qui dit tout haut ce que le monde du foot pense tout bas !
Pour démarrer la soirée, Nicolas Jamain est aux commandes de "Génération After", de 20h00 à 22h00. Une émission composée de chroniqueurs qui ont grandi avec l'After : Walid Acherchour, Kevin Diaz, Jimmy Braun, Jennifer Mendelewitsch et Elton Mokolo. Débats passionnés, décryptages et invités.
Les soirs de match, l' "After Live" s'installe de 20h00 à 23h00 incarné à tour de rôle par Carine Galli, Nicolas Jamain et Jean-Louis Tourre. Emmanuel Petit, Samuel Umtiti et Lionel Charbonnier viennent renforcer le dispositif les soirs de Coupes d'Europe.
En deuxième partie de soirée, de 22h00 (ou dès le coup de sifflet final du match) à minuit, place à la version originelle et historique de l'After autour de Gilbert Brisbois, Daniel Riolo, Florent Gautreau et Jean-Louis Tourre du dimanche au jeudi. Cette saison, Jérome Sillon prend les commandes de l'émission le vendredi et le samedi.