Cet épisode de C dans l'air analyse la victoire démocrate aux élections de mi-mandat américaines, qui donne aux démocrates la majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat. Les invités reviennent sur l'ampleur de la défaite de Donald Trump et sur les raisons du vote, entre guerre en Iran, prix de l'essence, droits de douane et lassitude face au style présidentiel.
Ils examinent ensuite les marges de manœuvre qui restent au président, veto, pouvoir budgétaire du Congrès et enquêtes possibles, ainsi que les conséquences pour l'Ukraine, l'Iran et l'avenir du trumpisme au sein du parti républicain.
Dans cet épisode Caroline Roux, Barbara Stec, Corentin Sellin, James André, Laure Mandeville, Nicole Bacharan
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans « C dans l'air ». C'est une victoire sans ambiguïté : les Démocrates ont gagné la majorité à la Chambre des représentants, mais aussi au Sénat. La défaite de Donald Trump était annoncée, mais elle est cuisante, avec des bastions conservateurs qui basculent dans le camp démocrate. Des candidats étriés par le président américain pendant toute la campagne, qui engrangent des succès. L'Amérique a envoyé un message ferme sur la guerre en Iran, sur le pouvoir d'achat, la corruption. Donald Trump n'avait pas d'autre choix que de reconnaître sa défaite, et va entrer désormais dans un bras de fer politique.
Il promet d'ores et déjà d'être « monsieur veto » et de ne pas rester assis pendant deux ans. Wall Street, mais aussi les bourses européennes, ont salué ce scrutin, que la France voit comme une très bonne nouvelle pour la démocratie américaine. Mais qu'est-ce que cela va changer concrètement ? Aux États-Unis, sur les dossiers iraniens, ukrainiens et sur la guerre commerciale, Trump battu. Peut-il encore imposer sa loi ? C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Corentin Celin, vous êtes historien, spécialiste des États-Unis. Vous venez de publier une histoire de la politique étrangère américaine de 1776 aux années Trump, aux éditions du Cavalier bleu.
Avec nous ce soir, Nicole Bacharon, vous êtes historienne, politologue, spécialiste des États-Unis. Je cite votre dernier édito paru dans « Ouest-France », « Trumpisme : le temps du désenchantement », et puis votre livre « Echoïme pour le monde libre », publié aux éditions de l'Observatoire. Avec nous ce soir, Laure Mandeville, vous êtes grand reporter au Figaro. Votre dernier article est intitulé « Aux États-Unis, que cache la réhabilitation croissante du mot "socialisme" ? », c'est-à-dire sur le site de votre journal. Enfin, James André, êtes avec nous. Vous êtes grand reporter à France 24. Vous avez réalisé un documentaire pour France 24 sur le Wyoming « Merci bien, Trump ».
Voilà le titre de ce documentaire. Bonsoir à tous les quatre.
Bonsoir.
Merci de participer à ce « C dans l'air » en direct. Je veux juste vous montrer, pour débuter cette émission, ce qu'a tweeté Donald Trump sur son réseau social, un message d'intérêt public : « Trump est toujours votre président. » Bon, c'était un message adressé aux Américains. Plus sérieusement, il a quand même assez vite reconnu sa défaite. On attendait peut-être une réaction brutale. Il a dit aux Démocrates : « Vous avez fait du bon boulot. »
Oui, mais à un moment donné, le réel rattrape même Donald Trump. C'est-à-dire que là, il y a tellement de victoires démocrates, même sur des terres républicaines, gouvernées par les Républicains, que personne n'aurait cru à l'hypothèse d'une grande fraude massive. Ça ne tenait plus. Donc, tout ce qu'il avait préparé est vraiment très fort. La veille encore du scrutin, son ministère de la Justice essayait de contester l'organisation de l'élection en Californie. Tout ça s'est effondré comme un château de cartes, parce que c'est une déroute historique.
Qu'est-ce qu'elle a d'historique, pour les gens qui nous regardent ? Parce qu'on dit toujours : « Oui, mais les midterms, de toute façon, sont souvent des élections qui sont difficiles pour les présidents en place. »
Oui, mais c'est l'ampleur. C'est-à-dire que c'est l'ampleur. Là, on est sur une... Le point de comparaison qu'on prend là, c'est 1946, Truman, président démocrate, qui se retrouve écrabouillé par les Républicains, parce que là, on a un changement de majorité. Je prends juste l'exemple du Sénat. On était à 53 Républicains, 47 Démocrates. On sera à minima, à minima, 54 pour les Démocrates maintenant, et peut-être même 56. Donc, on voit la bascule. C'est quelque chose de rarissime, surtout au Sénat.
Regardons quelques-unes de la presse américaine. Donc, cette idée d'un tsunami qui s'est abattu sur Donald Trump, avec une vague bleue, une vague démocrate. Et puis la une du « Time », qui est intéressante aussi peut-être à commenter, et ça va être un peu l'objet de notre émission ce soir. « J'ai voté », et est-ce que ce vote-là va museler Donald Trump ? On va y revenir. Nicole Bacharon, sur l'ampleur, cette vague bleue historique.
C'est une défaite cinglante, très personnelle. C'est vraiment la défaite.
C'est ça, la défaite ?
C'est la défaite de Donald Trump. Il disait pendant la campagne : « Faites comme si mon nom était sur le bulletin. » Eh bien, écoutez, c'est bien ce qu'ont fait une large majorité d'Américains. Au niveau national, alors ce ne sont pas des élections nationales, mais au niveau national, les Démocrates ont 12 points d'avance. Donc, ça ne se refléterait pas dans une présidentielle, mais ça veut dire que la vague bleue, elle est bien réelle, et c'est un désaveu sur la guerre en Iran, sur la question du pouvoir d'achat, sur la brutalité des politiques d'immigration, pas forcément l'immigration, mais la brutalité de ICE.
Et aussi, je crois, sur le style Trump. Il y a un moment, j'ai envie de dire : « Ça suffit. »
C'est ça qu'ont dit les Américains.
Il a... Comment dire ? C'est vrai qu'il a toujours son fan-club, qui rit, qui s'amuse, qui adore ces facéties. Et il y a un moment, quand la vie est difficile et qu'on a un président qui ne décrit plus le monde réel, le monde réel, effectivement, le rattrape, et les Américains ont dit : « Trop, c'est trop. »
Laure Mandeville, il reconnaît sa défaite, mais il dit quand même : « Je ne figurerai pas sur les bulletins de vote. »
Exactement.
« Et si j'avais figuré, nous aurions emporté une victoire écrasante. Je ne considère pas que ce vote est dirigé contre moi. » Donc là, maintenant, il explique que c'est la défaite des Républicains.
Oui, bien sûr, parce qu'il fait toujours ça, en fait. Trump a toujours fait ça, il le fera toujours, c'est-à-dire qu'il ne reconnaît jamais qu'il a mal fait. Et donc, c'est un mode de fonctionnement. Il le disait d'ailleurs dans... Il l'a souvent dit dans des interviews, mais il le dit dans l'art du deal, qu'il ne faut jamais reconnaître, en fait, qu'on s'est trompé. Il faut toujours changer le récit. Mais là, je rejoins tout à fait ce que dit Corentin, c'est-à-dire que je crois qu'il touche, en fait, les limites. C'est-à-dire que ce qu'on a vu depuis le début de ce mandat, c'est un Trump qui, fort d'une assez extraordinaire...
Comment dire ? Nébuleuse agrégée autour de lui, une agrégation de forces assez étonnante, avec, justement, ce fort contingent des latinos, une partie du vote noir, beaucoup de jeunes de partout, etc. C'est vraiment une grosse, grosse coalition. Il a, en fait, dilapidé un capital, disons-le, assez impressionnant, qu'il avait acquis dans des circonstances qui, quand même, ont laissé pas mal de monde pantois, puisqu'on le croyait parti vaincu, honteux.
Il était parti après les fameux événements du 6 janvier 2021. Donc, son retour était extraordinaire. Et c'est vrai que deux ans plus tard, il a dilapidé son capital et il se retrouve... Et je crois que la personnalité et le fait qu'il a testé les limites en permanence, il a trouvé ses limites. Les Américains...
Oui, on dit : « Là, ça va trop loin. »
C'est pour cela que c'est une victoire de la démocratie américaine. Et je trouve que c'est quand même intéressant, alors que depuis deux ans, nous disions : « La démocratie est en péril, les institutions pourraient lâcher, une période illibérale, » voire des gens comme Bob Kagan parlant carrément de dictature fasciste installée aux États-Unis. On voit bien, en fait, que les institutions tiennent et l'esprit des lois, l'esprit des institutions, qui, selon Tocqueville, est encore peut-être plus important que les lois elles-mêmes, puisque les gens, par exemple, les Républicains, même s'ils ne sont pas d'accord avec les Démocrates, eux, par exemple, ne sont pas allés voter.
Il y a un certain nombre, d'ailleurs, de gens qui votaient pour Trump, qui ont voté démocrate, mais il y a aussi énormément de Républicains qui sont restés chez eux. Et donc, c'est tous... En fait, tous ces signaux qui montent... Qui, en fait, sont une manière de dire : « Trump, ça suffit. » Mais ce qui va être maintenant extrêmement intéressant, je pense, c'est : qu'est-ce que cela veut dire dans le détail ? C'est-à-dire qu'aujourd'hui, finalement, les gens ont voté contre Trump, c'est-à-dire qu'on voit qu'il y a des candidats démocrates de toutes sortes, toutes sortes de candidats avec des messages différents qui ont gagné, ce qui est intéressant en soi.
Il y a des victoires extraordinaires, une femme élue gouverneure de nos premières noires en Géorgie, etc. Mais ce qui est intéressant, c'est après, qu'est-ce que... Là-dessus, que font les Démocrates et aussi que font les Républicains, parce que c'est le début de la fin de Trump ?
C'est le début de la fin et c'est le début des successions. Et on va voir ces nouveaux visages qui ont émergé chez les Démocrates et, pour certains, qui n'ont pas grand-chose en commun sur le fond. C'est ça que vous nous expliquez. Une question de Florent dans le Cher pour vous, James André. « Il y avait quelque chose d'anormalement sobre dans les premières réactions de Donald Trump. Le président des États-Unis aurait-il mûri ? »
Je ne pense pas certain qu'il ait mûri. Je pense qu'il a pris lui-même l'ampleur de la défaite en compte. Je pense que Donald Trump, c'est un moment vraiment... Il a sans doute été un peu choqué, même s'il savait très bien que ça allait mal se passer. Mais je pense qu'il s'est rendu compte que, un, il ne pouvait pas contester cette élection parce qu'elle est trop claire, que deux, il avait perdu une grande partie de sa base. C'est-à-dire qu'on en est au stade où je pense que cette base MAGA, sur laquelle on a tous travaillé autour de cette table, je suis allé la rencontrer x fois, elle n'existe quasiment plus.
Et ça, c'est quand même quelque chose que j'ai vu justement pendant ces 15 jours de tournage au Wyoming. C'est un État où on vote à 70 % pour Trump. Je n'ai trouvé personne qui me disait qu'ils étaient encore derrière Trump. Ils me disaient : « Je voterai Républicain parce que je n'ai pas le choix, je suis rentre-char. » Mais j'ai vu des durs de durs, des trumpistes convaincus qui me disaient : « Écoutez, là, ça ne va pas, ça ne va plus. Il y en a marre de cette violence politique. Il y en a marre de cette... »
Ils le mettaient dans la liste, la violence politique ?
Ah, c'est la première chose qu'on m'a dite. C'est ce qu'on m'a dit partout. On m'a dit : « Ça doit cesser. On ne peut plus se parler. On ne peut pas continuer comme ça. Ce n'est pas possible. Cette violence doit cesser. » C'était vraiment la première chose. Et la deuxième chose, c'était l'aspect despotique de Donald Trump. C'est-à-dire qu'on avait l'impression de gens qui, tout d'un coup... Alors, c'est vrai, c'est les prix du carburant, c'est la guerre en Iran qui les a fait percuter, mais qui, tout d'un coup, se disent : « Mais ce n'est pas possible. On ne peut pas continuer comme ça. » Et donc, c'était hyper intéressant de voir ça dans un endroit où ils ont voté à 70 % pour lui la dernière fois, mais si vous voulez, où ils ont choisi, se sont choisi un gouverneur, on savait déjà qu'il allait gagner, puisque c'était le candidat investi par le parti républicain.
C'est un candidat qui n'était pas soutenu par Trump et pas soutenu par le parti républicain, qui a gagné sur une plateforme très simple, qui consistait à dire : « Écoutez, moi, ce que je veux restaurer, c'est le respect dans la politique. » Et bim, le gars, il gagne, et il gagne largement. Évidemment, derrière, il a gagné l'élection elle-même. Mais ce que je veux dire, c'est que moi, je pense que ce qui se passe aujourd'hui, c'est phénoménal, parce qu'en fait, c'est la fin non seulement de l'ère Trump, mais c'est la fin d'un cercle de violence, en réalité. C'est-à-dire que je pense qu'on a vu l'arrivée de Trump parce que les Démocrates étaient allés trop loin.
Et ça, j'ai interviewé aussi des rares démocrates là-bas, mais ils étaient devenus trop woke, et Ocasio-Cortez l'a dit, et j'ai encore vu une femme qui est présidente de la plus grande association LGBT au Wyoming qui me disait : « C'est vrai, on était partis en vrille. » Eh bien, là-dessus, Trump arrive. Là-dessus, on a un balancier incroyable vers quelque chose d'ultra-conservateur, de religieux et de, je dirais même, raciste, où on a une libération complète de la parole. Et là, on est en train d'arriver au bout de ça. Donc, c'est-à-dire qu'on a un cercle...
C'est intéressant, ce que vous dites, James André, et on va beaucoup en parler ce soir dans les sujets qui ont motivé le vote démocrate. On a beaucoup parlé ces derniers jours du pouvoir d'achat, etc. Mais ce que vous nous dites, c'est que c'est aussi la fin de tout ce qu'on a commenté sur ce plateau depuis l'arrivée de Trump au pouvoir, en disant : « Mais c'est fou. » À chaque fois, on disait : « Mais c'est fou, on ne s'habitue pas à ces outrances, on ne s'habitue pas à tout ça. » Et là, les Américains ont sifflé la fin de la partie sur le style. C'est ça aussi.
Absolument.
Sur le style, et je pense qu'on est à la fin d'un cycle aussi de 10 ans. C'est-à-dire qu'il y a 10 ans, Trump, il émerge en politique sur un programme national populiste qui est de dire : « Ras-le-bol de ces élites politiciennes traditionnelles. Moi, je ne suis pas un politicien. Ces élites qui ne pensent qu'à elles et qui sont corrompues. » Souvenons-nous que son slogan en 2016, c'est « Drain the swamp », le marais, le marécage. Et ce qui est passionnant, c'est qu'au bout de 10 ans, il ne tient pas ses promesses, puisqu'il avait promis : « Je lutterai contre la vie chère. » Il déclenche la guerre en Iran, qui relance l'inflation, et il est renvoyé par les électeurs comme un politicien ordinaire.
Il est devenu un politicien et corrompu. Politicien ordinaire et corrompu. Et d'ailleurs, il y a eu un papier dans le Financial Times très intéressant où on disait : « C'est lui le swamp maintenant, c'est lui le marécage. » Et je crois que c'est un peu la banalisation aussi de Donald Trump qui est devenu à son tour un politicien sortant, victime du dégagisme et l'épuisement de ce courant national populiste. C'est possiblement ça.
Oui. Moi, je voulais plutôt revenir, je suis plus en ligne avec ce que dit mon voisin.
James André.
C'est ça, James André. Et je pense qu'en fait, ce qu'il dit sur le fait que le trumpisme a été en partie une réaction à un parti démocrate qui était parti très à gauche et plus qu'à gauche dans une sorte de folie sur le plan identitaire, c'est très important, parce qu'en fait, il y a eu un effet, effectivement, de pendule, de mouvement, de balancier, qui est très important et qui explique en fait pourquoi il a eu une telle popularité et un tel succès et que les Américains ont voulu corriger, en fait.
C'est pour ça que ça a été brutal.
Et donc, ils sont repartis et je crois que toute cette coalition dont nous parlions, ils pensaient qu'on revenait vers quelque chose, comment dire, un endroit de bon sens. Mais en fait, c'est reparti très loin vers la droite ensuite. Et surtout, avec Trump, c'est devenu une boule de démolition. C'est-à-dire qu'en plus, ensuite, ce n'est pas un côté puis l'autre, mais Trump lui-même devient un facteur, un facteur de démolition et de...
Oui, des destructions, en fait, de la scène politique.
Et on va voir ce qu'il lui reste de cette capacité de démolir, de capacité de nuisance, en tout cas dans le débat politique américain. En tout cas, à chacun ses mots dans le camp démocrate pour qualifier le résultat de cette élection. Un tsunami bleu pour les uns, une victoire historique pour les autres. Depuis hier, l'Amérique se familiarise avec ces nouveaux visages du parti démocrate. Donald Trump, lui, a salué le bon boulot de ses opposants et se dégage de toute responsabilité dans cette défaite. Anne Maquignon et Christophe Roquet.
Dans ce bar de Dallas, les résultats viennent de tomber. Séisme politique au Texas. Pour la première fois depuis 1988, c'est un candidat démocrate qui est élu au Sénat.
Ça fait tellement longtemps que les démocrates n'ont plus d'espoir. Des années sans espoir, mais aujourd'hui, nous avons de l'espoir.
C'est historique. Ça fait 30 ans que nous y travaillons. Cela fait plus de 30 ans que nous n'avons pas porté le bleu et nous allons enfin pouvoir le remettre.
On est de retour pour de bon.
Performance ahurissante de James Talarico dans un bastion conservateur. 12 points d'avance, qui l'eût cru ? Cet État avait largement voté pour Donald Trump en 2024.
Misez toujours. Toujours sur l'outsider. Nous avons construit un mouvement comme cet État n'en avait jamais vu. Nous avons rassemblé des Texans de tous horizons, de toutes convictions, au sein d'une seule équipe pour affronter ce système politique brisé et corrompu.
Pour les démocrates, les bonnes nouvelles tombent en cascade. Pour la première fois depuis des décennies, la Caroline du Sud, le Maine, élisent des sénateurs démocrates.
Nous l'avons fait. Ce sont les travailleurs qui l'ont fait.
Dans le Kansas, le pasteur Adam Hamilton va siéger au Sénat. Un démocrate, une première depuis 1932, un exploit.
Comment un démocrate a-t-il pu gagner ici ? Un État républicain, pour la première fois depuis près d'un siècle, surtout dans un État où seuls 25 % de la population est démocrate.
Des États pivots aux territoires les plus conservateurs, la débandade républicaine est visible partout. Une carte électorale recomposée, la Chambre des représentants passe sous majorité démocrate. Le puissant Sénat, lui aussi, a basculé. Pire soirée électorale de mi-mandat pour le parti au pouvoir. Donald Trump cherche des explications et, comme souvent avec le président américain, il ne s'estime pas responsable.
Je ne figurais pas sur le bulletin de vote et si j'y avais figuré, nous aurions remporté une victoire écrasante.
Mais les électeurs républicains n'ont pas le même discours.
On a perdu ce soir à cause de lui. On a nourri beaucoup d'espoir pour un second mandat. Ça s'est révélé être une grosse désillusion.
Du bleu partout et des premières historiques pour des élus issus des minorités. Une gouverneure amérindienne élue au Nouveau-Mexique, une gouverneure noire en Géorgie, un sénateur homosexuel élu dans le New Hampshire, tous motivés par le rejet de la politique de Donald Trump.
Nous célébrons la victoire de tous ceux qui sont confrontés à une flambée du coût de la vie, de l'essence, aux produits alimentaires, en passant par le logement.
Élection aussi du premier sénateur musulman de l'histoire des États-Unis.
Je m'appelle Abdourahman Mohamed El Saïed.
Sa campagne a été marquée par la xénophobie décomplexée du président Trump, alors il savoure.
À tous les enfants qui ont regardé ça le mois dernier, à tous les parents qui ont eu du mal à expliquer pourquoi le président s'est moqué de quelqu'un à cause de son nom ou de la façon dont il prie, dites-leur demain que les méchants ont perdu.
Donald Trump dans tous les esprits. Comment va-t-il gouverner les États-Unis deux ans encore sous cohabitation ? Hier soir à minuit, au téléphone avec le plateau de Fox News, lui avait déjà sa petite idée.
J'ai le pouvoir de veto. C'est l'un des pouvoirs les plus puissants. Je vais en mettre deux ou trois et après, ils viendront pour voir comment on peut travailler ensemble. Croyez-le ou non, mais j'ai de très bons amis chez les démocrates. J'en ai déjà eu au téléphone.
Son feutre noir et cette signature mondialement connue, la dernière arme d'un président qui pourrait devenir le canard boiteux de l'Amérique, est l'objet de nombreuses procédures judiciaires de la part des démocrates.
Naturellement, nous allons revenir sur ce qui peut se passer maintenant. Mais nous sommes en direct du Texas avec Barbara Steg. Bonsoir Barbara, merci d'être avec nous. Vous avez couvert les élections pour C dans l'air. S'il y a un endroit où on a célébré cette victoire démocrate, c'est au Texas, naturellement.
Oui, bonjour Caroline et bonjour à tout le monde. Nous sommes à Dallas avec Stéphane Lopez. Et hier soir, on était avec des électeurs démocrates et il y avait évidemment beaucoup de joie, beaucoup d'émotions, des larmes, mais aussi de la stupéfaction. Parce qu'en fait, il ne s'attendait pas à ce que ces résultats soient aussi bons. Il y a une militante qui nous a dit : « Mais en fait, c'est un ouragan bleu. » Un autre qui nous a dit : « Mais j'ai l'impression de revivre la victoire de Barack Obama en 2008. » Donc le visage de cette victoire, c'est James Talarico. Sa stratégie de campagne, ça a été de dépasser le clivage républicain-démocrate.
Il a dit qu'il voulait faire du Texas un État violet, donc le mélange du bleu démocrate et du rouge républicain. Il a parlé aussi beaucoup de sa foi. Ici, on est dans la Bible Belt et la religion est très importante. Il a évidemment parlé du pouvoir d'achat parce que c'est la préoccupation numéro une des Américains, mais il a aussi parlé de corruption et de l'enrichissement du pouvoir.
Il y a une victime collatérale dans cette défaite des républicains au Texas, c'est Elon Musk. Il s'était beaucoup engagé dans cette campagne aux côtés des républicains. Parce qu'il a des intérêts au Texas, Elon Musk.
Exactement. En fait, le Texas est devenu un peu un laboratoire de l'intelligence artificielle. Il y a beaucoup de data centers. Elon Musk, il a ses entreprises ici, donc Tesla et SpaceX. Et c'est un écosystème qui est aujourd'hui soutenu par Donald Trump et le parti républicain. Et pour préserver tout ça, il a investi beaucoup d'argent dans la campagne. Tenez-vous bien, il a investi 190 millions de dollars pour les républicains ici au Texas.
Et ça, Barbara, ça a joué. Par exemple, le fait qu'on installe des data centers au Texas, ça a été un élément de la campagne. Ça a pu jouer contre les républicains, contre Elon Musk, de fait ?
Contre les républicains, c'est sûr. Il y a vraiment une fronde anti-data centers ici. Les Américains se plaignent de l'augmentation de leurs factures d'électricité et des monstres de béton qui soient construits sans aucune autorisation, en tout cas de leur part, au fond de leur jardin. Et donc, effectivement, ça a joué dans ce résultat et ça a joué en défaveur des républicains.
Merci beaucoup, Barbara Steg, d'avoir été en direct avec nous. Peut-être un mot sur le Texas, sur James Talarico, sur ce que nous disait Barbara, c'est-à-dire, ça fait écho à ce que vous nous disiez en début d'émission aussi, Lormont-Vitter, qu'il y a eu 50 nuances de bleu dans cette campagne.
C'est vrai que moi, ce matin, j'ai reçu plein de messages d'amis, de connaissances du Texas qui étaient en gros : « Ouf, c'est enfin arrivé. »
Parce que ça ne s'est pas produit depuis 1988.
Exactement. Et pour rejoindre cette affaire, enfin cette situation au Texas, avec tout ce que nous avons dit précédemment, à aucun moment, il ne faut idéaliser la victoire démocrate, s'imaginer qu'on n'aura que des jours heureux et que tout ça va être admirable. Mais aujourd'hui, c'est le jour des résultats au Texas et dans tout le pays. Et il ressort de cette élection, en fait, les raisons pour lesquelles on aime les Américains. Je ne veux pas dire démocrates, je veux dire des gens où il y a un fond de décence commune, de respect de la loi.
Là, on voit que la démocratie américaine, elle a été très secouée. Eh bien, l'élection a eu lieu, les résultats sont acceptés, il n'y a pas de violence, les gens ne s'assassinent pas au coin des rues. L'alternance va avoir lieu. Il va y avoir des affrontements entre le président qui a son droit de veto et le Congrès qui voudra faire d'autres choses, mais ça va être normal. Et donc, les institutions démocratiques tiennent.
Et c'est vrai qu'on s'est beaucoup interrogés ces dernières années sur ce sujet-là et c'est un rappel que font collectivement les Américains. Sur le veto, il y a Pierre qui est à Prague qui nous pose cette question : « Ce monsieur veto, que pourra-t-il faire ? » Quand Donald Trump dit : « Je ne vais pas rester pendant deux ans assis avec cette nouvelle configuration politique, une Chambre des représentants et un Sénat aux mains des démocrates, que peut-il faire ? »
Ce qui rappelle déjà par monsieur veto, c'est qu'il a un pouvoir constitutionnel très important, c'est celui de pouvoir bloquer l'application de toute loi votée par un Congrès, donc qui sera à partir de début janvier démocrate. Sauf que, et en plus, la Constitution prévoit qu'éventuellement, les majorités parlementaires peuvent casser le veto présidentiel, mais il faut une majorité des deux tiers dans les deux chambres et les démocrates n'y arriveront pas. Donc, il rappelle les nouvelles règles du jeu. Il dit : « Vous ne pourrez pas faire de loi sans moi, vous ne pourrez pas les appliquer. » Mais très vite, et ils ont déjà commencé, les démocrates vont lui dire : « Oui, mais nous, on a le pouvoir du budget. C'est nous qui votons tous les budgets.
» Donc, c'est en gros, on se montre les forces, on dit voilà ce qu'on peut faire respectivement. Et Trump, il adore ça un peu, c'est un peu le rapport de force. Et lui, il le dit d'ailleurs. Je rappelle que je suis... Mais après, on va négocier. C'est-à-dire, je montre que je suis fort et après, je vais négocier. Donc voilà ce qu'il peut déjà faire. Il peut empêcher les démocrates de faire des lois démocrates.
Mais lui-même n'a plus la main. C'est ça que j'essaie de comprendre, c'est que lui-même n'a plus la main. Quand on voit les deux ans qui viennent de passer, est-ce qu'aujourd'hui, comme la une du Time qu'on peut revoir, est-ce qu'aujourd'hui, c'est un président muselé ? C'est un président qui n'a plus la main, qui a perdu la main ?
Alors attention, à partir de début janvier, il y a quand même déjà deux mois qui sont une période intermédiaire où là, il reste à peu près libre de ses mouvements. Surtout que beaucoup d'élus du Congrès vont partir, de sénateurs, etc., donc ils ne sont peut-être pas très intéressés à le contrôler de très près. Et ensuite, ça dépendra beaucoup de lui. C'est-à-dire, est-ce que lui prend en compte ce qui s'est passé et agit en coordination avec le Congrès ou est-ce qu'il continue sur sa lignée seul et impulsif ?
James André ?
Oui, non, effectivement, je voulais juste revenir sur le Texas tout à l'heure, mais ce que je trouve passionnant, c'est ce fait qu'il y a quand même une ligne centriste aussi qui sort, c'est-à-dire qu'il y a le Texas, mais il y a le Kansas aussi. Et le Kansas, c'est depuis 1932 qu'il n'y a pas eu un démocrate élu au Sénat du Kansas. Et pour moi, ce qui est intéressant, c'est que Talarico et justement le candidat du Kansas ont cette particularité de dire : « Moi, je suis prêt à travailler avec les républicains. Je suis prêt à être au centre, je suis prêt à aller across the aisle, comme on dit aux États-Unis. » Et quand on...
Le cas de Talarico, il gagne aussi face à un candidat qui, lui, était extrêmement ultra-conservateur, Ken Paxton, perçu comme corrompu, hyper trumpiste. Et donc, ce qu'on voit quand même aussi, c'est une forme de recentre. On recentre là aussi.
Les démocrates se recentrent, c'est ça que vous dites ?
Moi, c'est ce que je pense, effectivement. Et si on prend la Floride... Non, parce qu'il y a évidemment... Bon, évidemment, il y a El Saïed qui est au Michigan, mais le Michigan, c'est quand même aussi un microcosme assez particulier. Dans les grandes villes, bien sûr que le DSA, donc c'est les Democratic Socialists of America, donc cette nouvelle tendance très à gauche est bel et bien là. Mais dans le même temps, si vous prenez par exemple Chris Pappas, qu'on a vu dans votre reportage, qui est donc le premier sénateur ouvertement gay qui est élu au New Hampshire, il n'en a pas parlé une fois pendant sa campagne.
Il l'a fait dire par d'autres gens. Il était sur scène à côté de son mari. À aucun moment, il ne l'a évoqué lui-même.
Qu'est-ce qu'elle leçon vous en tirez ?
J'en tire le fait que identity politics, comme on dit aux États-Unis, are over. C'est-à-dire, la guerre culturelle est terminée. C'est-à-dire que ce genre de choses-là, où ça aurait été son argument de campagne majeur en 2016, aujourd'hui, c'est quelque chose qu'il n'évoque pas. Ça n'empêche pas qu'il soit élu. Par contre, ce n'est pas son étendard, ce n'est pas son drapeau. Et ça, je trouve que c'est assez intéressant. Et de la même chose, je ferais un tout petit parallèle avec la Floride, où c'est une candidate, donc effectivement, DSA, qui a gagné la primaire. Alors, il faut remonter un petit peu. Démocrate, ça, c'était un petit peu plus tôt dans l'année, à la surprise générale, face à une candidate qui était soutenue par le parti, qui était plus centriste.
Et là, elle a perdu ce qui était attendu de toute façon, en Floride, mais pas de beaucoup. Qu'est-ce qui serait arrivé ? Parce que ça avait été dit par les sondeurs à l'époque. Il avait dit : « Elle pourrait très bien gagner la primaire parce qu'elle a des positions tout à fait à gauche, très à gauche, qui plaisent aux démocrates. En revanche, si elle gagne la primaire, elle perdra l'élection générale. » Et c'est ce qui s'est passé.
Vous pensez à l'après. C'est-à-dire que là, on vous est déjà dans l'après de ce qu'on va pouvoir raconter les démocrates dans ce qui se joue aujourd'hui, puisque l'après-Trump a commencé.
C'est l'après-Trump qui commence. C'est-à-dire qu'ils doivent s'asseoir maintenant et regarder ces résultats avec du recul et en se disant : « OK, qu'est-ce qui a fonctionné ? »
Et justement, pardon, dans la stratégie des démocrates, maintenant, dans cette espèce de bras de fer avec Donald Trump, que vont-ils jouer ? Il y a cette question de Patrick. Les démocrates ont-ils déjà tous les dossiers concernant les affaires de corruption des proches de Donald Trump ? Est-ce qu'ils vont se concentrer pour faire tomber Donald Trump sur la corruption, sur l'affaire Epstein qui pourrait revenir d'ailleurs ? Ou est-ce qu'ils vont entrer en campagne ? Qu'est-ce qu'ils vont jouer ? Qu'est-ce qu'ils peuvent jouer les démocrates ?
Moi, je pense qu'ils ont déjà essayé de le faire tomber lors de son premier mandat et ça ne s'est pas bien passé. Et je me demande dans quelle mesure, étant donné la fatigue des Américains, j'ai l'impression que Donald Trump est en mode : « Bon, on va y aller, on va essayer de faire calme et on va y aller tranquillement. De toute façon, ils savent qu'il est fini. » Est-ce qu'ils vont vouloir partir comme lui ? Parce que lui, il était parti là-dessus. Il a dit : « Moi, j'aurai ma revanche. Je vais me faire tous ceux qui m'ont fait du mal. » Est-ce qu'ils vont vouloir faire le même coup à l'envers ? Je ne suis pas certain, parce que je ne suis pas sûr que ce soit politiquement intéressant. Il y a une élection dans deux ans.
Je pense que les Américains seront quand même fatigués. Peut-être qu'ils vont le faire. Ça va dépendre, à mon avis, de Donald Trump. C'est-à-dire que je me demande dans quelle mesure ça ne sera pas une arme, justement, pour que le Congrès lui dise : « Monsieur le Président, je vais vous demander de ne pas mettre votre veto sur cette loi-là. Sinon, on va peut-être ouvrir une commission d'enquête et puis vous faire témoigner sous serment devant le Congrès sur l'affaire Epstein ou sur votre enrichissement personnel. » Alors, il y en aura sans doute, mais est-ce que...
Est-ce que c'est leur intérêt de le faire ?
Parce que là, on relance un cycle de violence.
Et on relance Donald Trump dans ce qu'il fait de mieux, c'est-à-dire la bagarre et...
La bagarre, la victime, ça remet les républicains en selle, ça va repolariser l'opinion publique avec un bien gros risque pour le Congrès.
Oui, moi, je suis assez d'accord avec tout ça. Je pense en fait qu'on est vraiment à un moment de vérité, que finalement, il y a une possibilité, mais je ne dis pas que c'est ce qui va se passer, des deux côtés de redescendre, c'est-à-dire de redescendre sur terre, de regarder la réalité et d'essayer de faire avec. La réalité de Trump, c'est qu'il a perdu de manière... C'est le blue nami, comme disent certains Américains, donc le tsunami bleu. Et donc, il doit en prendre acte. Mais dans l'autre camp, il y a le fait qu'ils ne sont pas encore d'accord.
C'est-à-dire qu'il y a une énorme division. Aujourd'hui, il y a quand même tout ce flanc de la gauche, et notamment mené par les démocrates socialistes d'Amérique, qui ne sont pas des sociaux-démocrates, ce sont plutôt des marxistes et aussi identitaristes assez très musclés. Et donc, qu'est-ce qui va se passer ? Et je crois qu'effectivement, il y a un jeu possible entre les deux. C'est vrai que Trump, il est tenté, il a deux possibilités. Soit il fait le guerrillero, il mène une espèce de guerrilla extrêmement brutale dont il a l'habitude, ou alors il fait une espèce de jeu plus machiavélique à la Clinton, par exemple, qui lui donne un statut au-dessus de la mêlée.
On se souvient que Bill Clinton, après avoir massivement perdu aux élections de 1995, est devenu le président de la triangulation, où il a effectivement élargi son jeu et il s'est positionné comme président au-dessus de la mêlée. C'est vrai que ça ne ressemble pas à Trump.
Non, pas tellement.
Mais ça peut venir aussi, ça dépendra aussi.
De la stratégie des démocrates.
Dont les autres vont... Parce que Trump, c'est aussi un contre-attaquant. C'est-à-dire, s'ils viennent le chercher en lui disant : « Monsieur le Président, on a besoin de vous pour améliorer, par exemple, les logements. » On parle, par exemple, de points communs sur la question du logement, sur peut-être même certains points de politique étrangère où il déciderait de changer de politique et de faire tout à fait autrement avec l'appui des démocrates. Il y a des choses...
Ça va dépendre de la stratégie des démocrates. C'est ça que je comprends. Je voudrais juste que vous écoutiez cet extrait de la télévision américaine. Le député américain démocrate Robert Garcia, vous le connaissez, est pressenti pour prendre officiellement la puissante présidence de la commission d'enquête parlementaire. Et il a publié sur ses comptes sociaux cette vidéo. Ça ressemble, pour le coup, presque à un avertissement pour Donald Trump. Regardez.
Que pourrait bien faire le futur président de la commission de contrôle, Robert Garcia ? Il vient tout juste de publier une déclaration. Deux mots : prenez un avocat.
Cette déclaration de deux mots fait directement référence aux transactions liées aux cryptomonnaies, ainsi qu'à toutes les autres affaires de la présidence de Trump. Il a évoqué la famille Trump. Et sa déclaration se résume à deux mots : prenez un avocat.
Prenez un avocat, c'est peut-être un des sujets sur lesquels les démocrates veulent avancer, c'est la question de la corruption, de l'enrichissement personnel.
Oui, mais bien sûr. Mais bien sûr, j'ai envie de dire, pour eux, c'est tellement facile. Et en plus, ils auront l'opinion avec eux. Parce que quel que soit le sujet, que ce soit des lois budgétaires ou des enquêtes ou autres, il y a toujours un troisième acteur. Il y a la Maison-Blanche, il y a le Congrès et il y a l'opinion publique. Laure évoquait il y a un instant la présidence de Bill Clinton, qui avait perdu les deux chambres et qui, je me souviens, disait d'une manière assez plaintive : « Je compte encore », comme Donald Trump qui dit : « Je suis encore président. » Mais il y a eu 37 vétos sous Bill Clinton.
37 vétos, il y en a deux où le Congrès a réussi à passer par-dessus, mais sinon, il a finalement gagné parce qu'il a joué l'opinion. C'était sur des lois sociales et sa cote de popularité s'effondrait, s'effondrait, s'effondrait. Il a dit : « Je m'en fous, ça peut descendre à zéro, je tiendrai. » Parce qu'il a pensé qu'à un moment, l'opinion le soutiendrait. Et là, on va avoir un jeu à trois, pareil. La Maison-Blanche, le Congrès, l'opinion. Les démocrates, évidemment, prévoient la prochaine élection, mais les républicains aussi.
Et donc, ils vont aussi avoir à cœur de donner à manger, si j'ose dire, à ceux qui sont écœurés par la corruption.
Par exemple, la corruption, mais aussi le dossier Epstein. On a cette question de Jean-Pierre en Isère. Le dossier Epstein sera-t-il enfin totalement ouvert ? Il pourrait aller sur ce sujet-là aussi ?
Oui, il pourrait tout à fait. Il pourrait tout à fait. C'est risqué.
C'est risqué pour eux.
C'est risqué. Parce que Donald Trump a quand même les moyens de se défendre. Il est très protégé par la Cour suprême. Ce ne serait pas bon d'essuyer des échecs dans ces domaines-là. Mais oui, il va y avoir des enquêtes et ça va être dur.
Et surtout, je pense qu'il faut quand même que les démocrates aussi regardent ce qu'ont dit les électeurs. En particulier, on a ce qu'on appelle les sondages sortis des urnes. Très clairement, cette élection, elle se joue d'abord sur l'économie et le coût de la vie. Comment elle s'était jouée en 2024 ? Et donc, sur la déception vis-à-vis de Trump qui n'a pas rempli le contrat. Et le problème, c'est que si les démocrates recommencent à parler Epstein, à faire des commissions d'enquête, etc., ce n'est pas ce que demandent en priorité les électeurs. Les électeurs, ils veulent de l'économie, ils veulent quelque chose sur le coût de la vie, ils veulent que l'essence soit moins chère.
Et donc, il faut qu'ils fassent attention de ne pas commettre l'erreur qu'a commise Trump, c'est-à-dire de ne pas tenir leurs promesses. Ils seront jaugés sur leurs promesses. Et donc, c'est toute la difficulté. S'ils se lancent de nouveau dans une guérilla contre Trump, ils risquent judiciaire, ils risquent vraiment de décevoir les électeurs. Et le balancier qui était évoqué tout à l'heure repartira dans l'autre sens.
Exactement. C'est l'une des raisons sans doute qui a motivé le vote de ceux qui se sont opposés à Donald Trump. La situation internationale, la politique étrangère. Sur Fox News dès hier soir, Donald Trump a admis qu'il a été sanctionné après la hausse des prix des carburants liés à la guerre en Iran. La question est maintenant posée : est-ce que sa défaite peut changer la donne, notamment au Proche-Orient ? Nicolas Bidart et Nicolas Baudrillat sont.
À l'heure où les démocrates sortent gagnants des élections de mi-mandat, sur Fox News, Donald Trump reconnaît que la guerre qu'il a lancée en Iran y est pour quelque chose.
Quels sont les enseignements de ce soir, selon vous ?
Je pense qu'une partie des résultats s'explique par rapport à l'Iran, mais en même temps, les gens ont compris l'importance de ce que j'ai fait avec l'Iran. Une déroute électorale dont s'est aussitôt réjoui Téhéran. À peine les résultats connus, message sur X du président du Parlement iranien.
Par conscience ou en raison du coût de la vie, les Américains ont dit non à la guerre et nous approuvons ce message.
Une guerre qui s'enlise, déclenchée fin février par les États-Unis et Israël, marquée par des mois de blocage du détroit d'Ormuz. Et les tensions ont repris en début de semaine. Frappe américaine sur des installations anti-aériennes sur l'île de Keshma. Explosion par mine de quatre pétroliers tentant de franchir le détroit, selon Téhéran. Et comme chaque semaine ou presque, les deux partis se renvoient la balle.
La sécurité dans le détroit d'Ormuz peut être rétablie et le processus de négociation peut débuter dans un délai bref. Tout cela dépend de la partie américaine et de la manière dont elle compte agir concernant l'avenir de ce processus.
Ils n'ont plus d'argent. La seule chose qu'ils ont, c'est le taux d'inflation le plus élevé de ces 15 dernières années parmi tous les pays, avec une inflation de plus de 300 %. Et ils veulent conclure un accord, ce qui pourrait se produire. La promesse maintes fois répétée d'un accord qui ne voit pas le jour. Avec une conséquence pour les Américains, le prix du baril de pétrole s'installe au-dessus des 100 dollars.
Même si ces conflits prenaient fin dès demain, cela ne suffirait pas à augmenter immédiatement l'offre disponible de pétrole.
Une situation à laquelle les démocrates américains comptent bien mettre fin. Ils l'annoncent depuis des semaines : avec une victoire aux élections, tout sera fait pour empêcher Donald Trump de poursuivre sa guerre. Il faudra intégrer une disposition qui empêcherait d'utiliser un budget destiné à poursuivre la guerre contre l'Iran. Une guerre qui compromet notre sécurité et qui coûte des milliards de dollars aux contribuables américains.
La Chambre et le Sénat devront arrêter tout financement pour toute action supplémentaire dans la guerre en Iran. C'est ce que nous avons fait pour arrêter la guerre du Vietnam et nous devons arrêter cette guerre en Iran.
Mais est-ce vraiment réaliste ? Certains analystes préfèrent tempérer les ardeurs démocrates. Le président américain dispose d'un droit de veto.
Pour passer outre ce veto, le Congrès, et plus précisément le Sénat, doit réunir une majorité des deux tiers. Si les démocrates parviennent à obtenir 54 ou 55 sièges au Sénat, comme le laissent prévoir les projections, il n'aurait besoin que d'une douzaine de républicains supplémentaires pour faire annuler un veto présidentiel. C'est toutefois très difficile à obtenir et cela arrive rarement au cours des différents mandats présidentiels.
Donald Trump va-t-il tenter de poursuivre l'escalade militaire, au risque de se rendre encore plus impopulaire ? Près de deux tiers des Américains désapprouvent sa gestion de la guerre.
Alors, cette information qui est tombée cet après-midi, qui est très intéressante. Le parti démocrate, désormais majoritaire au Congrès, fait de la fin de la guerre en Iran une priorité. C'est ce que dit celui qui devrait devenir le président de la Chambre des représentants. Est-ce que, du coup, ça veut dire que là, les démocrates ont la possibilité de dire à Trump : « Ton aventure en Iran, c'est terminé » ?
Non, en fait, non, parce qu'il est le commandant en chef. La politique étrangère reste son domaine. Alors, le Sénat a son mot à dire, mais dans la configuration actuelle, on en a parlé récemment, je sais qu'il a tout à fait la possibilité, dans les deux mois qui viennent, où on a le vieux Congrès, si j'ose dire, de faire voter le financement de la défense, donc de la guerre. Et au-delà de ça, à partir du 3 janvier, le Congrès a la possibilité de voter une résolution en disant : « On n'est pas d'accord.
En gros, il faut que ça s'arrête. » La possibilité de convoquer des auditions, le ministre de la Défense, etc., etc. Mais dire : « On arrête », non. Ils n'en ont vraiment pas le pouvoir. Et je pense que le gros problème qui se pose, c'est qu'en fait, Donald Trump non plus n'en a pas le pouvoir, parce qu'il n'a pas de partenaire en face. Les Iraniens continuent à dire : « On ne veut pas parler du nucléaire, on garde Ormuz, on veut les avoirs gelés, on veut la levée des sanctions. » Un tas de choses totalement inacceptables. Donc, en fait, Donald Trump, son gros problème avec cette guerre, quand il a dit au début : « Il ne faut pas que les Iraniens aient la bombe nucléaire », c'était compréhensible, c'était acceptable.
Mais ça fait plus d'un an et, entre-temps, à aucun moment, il n'a su expliquer sa stratégie, comment en arriver là, d'où ce sentiment qu'on paie très, très cher les carburants et qu'on est toujours en guerre et qu'on n'en sortira jamais.
Et l'Iran était renfant faron. Le chef de la sécurité iranien dit cet après-midi qu'ils ont infligé une défaite stratégique à Donald Trump.
C'est vrai.
On a cette question : sur qui Donald Trump va-t-il à présent se défouler ? L'Iran, Cuba, l'Ukraine ?
Alors, déjà, il va peut-être se défouler sur le personnel autour de lui, parce qu'on sait, et ça reste dans le thème, on sait que le secrétaire à la Défense, Hegseth, est très affaibli dans son entourage. Il est peu apprécié par certains proches de Trump et il a quand même provoqué beaucoup de tumultes dans l'armée, de troubles. Et il pourrait tenter de remplacer une partie des gens qui l'ont accompagné pendant les deux premières années, en particulier en matière de politique étrangère. Par ailleurs, Marco Rubio, qui est un peu au centre de sa politique étrangère, qui est l'homme à la fois secrétaire d'État, conseiller à la sécurité nationale, Marco Rubio, on sait qu'il a des ambitions présidentielles pour 2028.
Est-ce qu'il a intérêt à rester dans l'administration ou est-ce qu'il n'a pas intérêt maintenant, dès à présent, à partir pour préparer une course qui serait contre un vent de ce qui, lui, ne peut pas partir ? Donc là, il y a des choses qui vont se jouer autour de ces deux personnages. Est-ce que Trump ne va pas limoger Hegseth ? Et vraiment, c'est ce qu'écrivaient beaucoup de journaux américains, que ce serait sans doute le premier à partir après une déroute démocrate. Et est-ce que Marco Rubio va rester ou partir préparer une sorte de droit d'inventaire du trumpisme ?
Sur les dossiers qui nous concernent, nous, c'est-à-dire l'Ukraine, les suites de la guerre en Iran, y a-t-il des craintes à avoir après cette défaite ? Je vous pose la question parce qu'Hillary Clinton, qui était interrogée hier sur ABC News, disait : « Si nous réussissons à remporter à la fois la Chambre des représentants et le Sénat, ce que j'espère, je pense que Trump va devenir encore plus incontrôlable. Je pense qu'il va se sentir acculé. Je pense qu'il va se sentir en colère, qu'il va se déchaîner. » Est-ce que ça, ça peut être une hypothèse qui concerne des dossiers comme l'Ukraine, sa relation à Poutine ou d'autres sujets de politique internationale ?
Je pense qu'on va rentrer dans quelque chose de très intéressant, parce qu'en fait, quand on regarde bien politiquement, si on regarde l'horizon 2028, en vrai, tout le monde aura intérêt à ce qu'elle s'arrête, cette guerre en Iran. Et on a un point de rupture politique en États-Unis, parce que je suis d'accord avec vous, Nicole, ils ne peuvent pas le forcer à arrêter. Par contre, ça pourrait l'intéresser, lui, son entourage et le parti républicain d'arrêter. Parce que qu'est-ce qui va se passer ? Politiquement, qu'est-ce qui va se passer ? Les démocrates vont dire : « Bon, ça y est, c'est nous, donc on arrête la guerre en Iran, parce que ça coûte une blinde et l'essence est trop chère. » Et là, les Américains vont dire oui comme un seul homme, parce que concrètement, même au fin fond du Wyoming, où on aime encore un petit peu Donald Trump, on vous dit : « Cette guerre en Iran, ce n'est pas possible.
» Et les gens le verbalisent de manière assez violente. C'est-à-dire que moi, j'ai quand même un gars qui est un républicain pur sucre trumpien qui m'a dit : « Il nous a trahis. Depuis un an, il ne fait que nous trahir et il est allé faire la guerre d'un autre pays avec l'argent des Américains et ça doit s'arrêter, c'est scandaleux, etc. » C'est hyper impopulaire chez les républicains, c'est hyper impopulaire chez les démocrates. Pour l'instant, les Iraniens ont réussi leur pari, ils sont encore là. Le régime est là, il n'est pas tombé. Je pense qu'ils devaient se dire : « Il faut qu'on tienne, il faut qu'on tienne, il faut qu'on tienne jusqu'au midterms. » Ils ont eu ce qu'ils voulaient, il s'est ramassé et c'est en grande partie à cause d'eux, puisque les prix du carburant, au Wyoming, c'est 60 à 70 % d'augmentation à la pompe.
Donc c'est violent et ça a un impact politique majeur immédiat. Mais là, c'est la boule puante absolue pour les deux années à venir, pour tout le monde. C'est-à-dire qu'à la limite, ça arrangerait les démocrates qui s'entêtent à continuer, parce que les Américains ne comprennent pas cette guerre et l'issue n'est pas claire. On ne voit pas à quel moment le régime va s'effondrer maintenant. Donc ça va être très intéressant à observer. Et si on prend effectivement l'Ukraine, est-ce qu'ils vont changer de stratégie ? Ça n'a pas été immédiat, c'est un paquebot avant que ce n'est pas forcément très manœuvrant. Mais il doit y avoir une tentation pour beaucoup, beaucoup de monde de dire : « Bon, on va jouer la rupture, on va dire que tout ça, c'est la faute de Donald Trump, on va négocier avec les Iraniens au moins pire possible et on va sortir de cette crise.
» Parce que là, aujourd'hui, c'est quand même quelque chose qui nuit en fait à peu près à tout le monde, y compris aux partenaires des Américains dans le Golfe, qui ont appelé là récemment pour dire : « S'il vous plaît, ne reprenez pas les bombardements, on n'en veut pas. » Donc on est quand même là dans une situation où c'est une sorte d'impasse malgré tout. Donc stop ou encore, moi, je ne suis pas certain que même Trump n'est pas... Enfin, en tout cas, son entourage va sans doute vouloir essayer d'en sortir.
Mais à quel prix ?
Oui, le problème, c'est à quel prix ?
Oui, c'est ça.
Mais il y a un moment donné...
Mais là, on revient à ce que dit Nicole.
Mais je suis d'accord.
C'est qu'en fait...
Ils arrivent à négocier l'ouverture.
Allez, on va laisser répondre. Allez-y, Laurent Mandelier.
Ils ne peuvent pas. Tout cela est juste, mais je pense que Nicole a raison de dire que le problème, c'est qu'ils n'ont pas de véritable interlocuteur. Parce que s'ils sont face à un Iran, si véritablement toute l'Amérique veut faire la paix à toute vitesse, ça veut dire qu'ils ouvrent un boulevard à des revendications toujours plus élevées. On peut même imaginer dans ce scénario mirobolant que les Russes disent : « On peut vous aider, peut-être qu'on va pousser les Iraniens, mais en revanche, il va falloir que vous fassiez des super concessions sur le dossier ukrainien. » Enfin, tout ça peut faire monter les enchères dans tous les sens.
Je crois en tout cas que du côté... Donc, à mon avis, ça va être quand même assez compliqué à mettre en place. Je greffe là-dessus une question qui est liée à la question d'Israël, parce que c'est vrai que là, Israël, c'est quand même un facteur très important où là, il y a un désaccord sur l'approche entre les démocrates et les républicains, parce qu'au Parti démocrate, on rentre dans un Parti démocrate où il n'y a plus beaucoup de place pour une approche favorable aux intérêts d'Israël.
Je voyais ça, même le New York Times l'écrit noir sur blanc.
En sachant que Donald Trump a suspendu l'aide militaire à Israël.
Ça, c'est très intéressant.
Un pays prospère qui n'a plus besoin de l'aide américaine, nous ne paierons plus. Voilà ce que Donald Trump a dit aux Israéliens.
Ça, en fait, c'est un signe du fait qu'il sent que le pays est en train de shifter sur cette question-là. Bon, il y a évidemment la question russe, moi, qui me paraît encore plus importante, peut-être pour nous.
Pour les Européens, bien sûr.
Pour les Européens. Et là-dessus...
Il y avait cette question pour l'Europe. Donald Trump affaibli, est-ce une bonne nouvelle ?
Oui, moi, je pense quand même que pour... Par exemple, pour les Ukrainiens, les Ukrainiens aujourd'hui, je pense, sourient parce que nécessairement, l'arrivée massive des démocrates à la Chambre et surtout au Sénat va leur donner un appui, ne serait-ce que psychologique. Ils peuvent décider de voter des aides à l'Ukraine, avec d'ailleurs l'appui peut-être de certains républicains du Congrès. Et là, Trump va avoir du mal quand même à s'y opposer.
Alors, il y a un autre sujet qui a été évoqué dans cette campagne, les conséquences de la guerre commerciale lancée par Donald Trump ont pesé aussi dans cette campagne. Juliette Perrot et Ariane Morrison se sont rendues en Pennsylvanie, où, vous allez le voir, la hausse des tarifs douaniers a impacté le quotidien des entreprises.
Dans la campagne de Pennsylvanie, une ferme laitière centenaire, celle de Brian Manning et de ses frères. Une histoire de famille où l'on fait face ensemble aux difficultés du moment.
J'ai eu les nouveaux prix. Les bouteilles qui nous coûtaient 34 cents avant vont désormais passer à 40 cents. Dans notre secteur d'activité, on parle sans cesse des coûts. Les droits de douane, en particulier, font partie de nos discussions depuis un an et demi, voire deux ans.
Les droits de douane, une préoccupation quotidienne pour le fermier. Parmi les matières premières qui ont subi les plus fortes hausses de taxes ces deux dernières années, le chocolat, utilisé dans les glaces produites avec son lait.
On fabrique de la glace chocolat guimauve. Il y a aussi de la glace chocolat pépite de chocolat. Beaucoup de nos produits contiennent du chocolat. Les droits de douane, c'est tout simple. Ils apparaissent directement sur la facture. C'est juste une ligne de plus à payer. Par exemple, quand on commande de la poudre de chocolat d'Afrique pour nos glaces, il y a une ligne spécifique pour les droits de douane qui s'élève à 600 dollars. Et c'est pareil pour tous les produits à base de chocolat qu'on utilise.
Est-ce que vous comprenez cette politique tarifaire ?
Non, et je ne pense pas que quiconque la comprenne.
Une guerre commerciale à laquelle est venue s'ajouter la guerre en Iran, avec des conséquences très concrètes là aussi.
La bouteille elle-même, ainsi que son bouchon, sont fabriqués à partir de produits dérivés du pétrole. Or, on nous a informés que le prix de l'ensemble de ces produits allait augmenter. Le problème, c'est qu'on ne peut pas augmenter nos prix. Sinon, on va perdre nos clients.
Donald Trump avait pourtant promis de faire des agriculteurs une priorité. Brian, comme beaucoup d'autres, se sent surtout délaissé.
Honnêtement, je ne comprends pas vraiment quelles ont été ses priorités. Je ne vois pas en quoi les mesures qu'il a prises permettent d'améliorer la situation ici.
Des Américains percutés de plein fouet par les choix politiques et économiques de leur président, jusqu'à devoir renoncer à des projets de vie. Il y a six ans, Kimberly McCood réalisait son rêve : participer à une émission de télé pour lancer son produit. Vous prenez n'importe quel sac, en plastique, en papier ou même votre sac à main. Ensuite, vous refermez le tout avec ma poignée et alors vous pouvez tout porter en même temps, à la main ou sur votre épaule.
C'était génial de participer à cette émission. Ça a aidé tellement de petites entreprises comme la mienne à se lancer. Ça vous apporte une crédibilité immédiate. Très vite, le succès est au rendez-vous. Le produit de Kimberly est même commercialisé dans certains magasins. Mais avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les choses se compliquent. Les poignées sont toutes fabriquées en Chine, cible numéro un du président dans sa guerre commerciale. Les Chinois sont les meilleurs dans l'industrie du plastique.
Et pour moi, c'était la solution la plus économique. J'ai essayé de rapatrier ma production aux États-Unis, mais les usines américaines ne sont pas équipées des machines nécessaires pour fabriquer mes pièces. Avec des taxes qui s'élèvent désormais à 30 %, Kimberly ne peut plus importer son propre produit. La crainte pour la survie de son entreprise se mêle à une colère amère. Tous les économistes ont averti Trump que les droits de douane n'étaient pas judicieux et ça ne l'a effectivement pas été.
Les droits de douane, ce sont des impôts qui pèsent sur les habitants des États-Unis. Aujourd'hui, j'ai dû reprendre un autre travail. Je n'ai plus les moyens de garder les quelques personnes qui travaillaient pour moi. Or, en tant que chef d'entreprise, je suis responsable de leurs revenus. Donc, c'est une véritable épreuve pour moi. C'est déchirant. Aujourd'hui, une majorité d'Américains estiment que les droits de douane ont affaibli l'économie. Ils étaient trois sur quatre à affirmer que le sujet pèserait dans leur vote aux élections de mi-mandat.
On discutait en regardant ce reportage. C'est vrai, les économistes le disaient, les experts le disaient. Ça fait des semaines et des semaines qu'on dit que ça va peser sur le pouvoir d'achat des Américains. Eh bien, finalement, ils l'ont dit de manière très ferme à Donald Trump.
Mais ils l'ont dit et Donald Trump l'a lui-même reconnu, puisque 11 jours avant l'élection, dans l'état du Maine où la sénatrice républicaine sortante Collins était en grand danger, Trump a accepté de suspendre sur certains produits les 50 % de droits de douane sur les importations canadiennes. Bon, à 11 jours de l'élection. Et là, tout le monde a dit : « Mais pourquoi seulement 11 jours avant l'élection ? » Résultat, ça n'a pas été efficace. Collins, ça a perdu son siège. Mais c'était une reconnaissance par Trump lui-même, à 10 jours de l'élection, que ces tarifs douaniers martyrisaient les Américains au quotidien, en l'occurrence les Américains du Maine.
Et en plus, il a fait une double gaffe, parce qu'en Iowa, ils auraient bien aimé aussi avoir une petite suspension. Et là, il ne l'a pas fait. Et on voit bien donc aussi, ça renvoie encore aussi à la gestion, un peu le fait du prince. Je suspends ici, là, non. Et ça aussi, je pense qu'il y a un ras-le-bol des Américains sur ce bon vouloir, ce bon plaisir. Ce n'est pas comme ça qu'on gouverne aux États-Unis. Normalement, on doit gouverner avec des normes beaucoup plus établies.
Mais là, ça veut dire que dans le nouveau monde dans lequel va évoluer Donald Trump, avec un congrès démocrate face à lui, est-ce que, par exemple, sur les tarifs douaniers, il va être contraint d'une manière ou d'une autre ? Ou est-ce qu'il peut se plaindre lorsqu'il veut ?
Ça va être le premier champ de bataille, parce que les droits de douane, c'est la prérogative du Congrès. Il l'a usurpé avec... Oui, on voit le tableau avec tous ces merveilleux droits de douane. C'est allé au tribunal, c'est allé à la Cour suprême qui a condamné au sens de : « Ce n'est pas la prérogative du président, c'est bien au Congrès. » Et donc là, Donald Trump a fait ce qu'il a fait depuis deux ans. Il a repris les mêmes tarifs, mais en s'appuyant sur d'autres lois : loi d'état d'urgence, état de sécurité nationale, etc.
Toujours une... Il n'a jamais négligé d'avoir une, comment dire, une justification juridique. Mais le fait est que le congrès démocrate, ça va être son premier champ de bataille, parce que vraiment, ça a un gros, gros impact sur le pouvoir d'achat, sur l'inflation, sur la vie quotidienne des Américains, et ça leur appartient. Donc, il va falloir que Donald Trump se batte pour maintenir ses droits de douane. Ça ne veut pas dire, n'ayons pas d'illusions, que les démocrates vont avoir à cœur d'annuler tous les droits, par exemple, sur l'Europe ou autre. Ça ne sera pas forcément facile, mais en tout cas, c'est le sujet dont ils vont s'emparer en premier.
Il y a cette question de Daniel en Savoie : après cette défaite historique, les républicains peuvent-ils lâcher Donald Trump ?
Ça pourrait être une possibilité.
La succession est ouverte à partir d'aujourd'hui. Vous avez parlé tout à l'heure de Marco Rubio, de JD Vance, le vice-président. Est-ce qu'il y en a un qui sort de cette élection plus affaibli que l'autre ?
Ils ne vont pas beaucoup, en tout cas. À mon avis, ils ne vont pas le faire de manière ouverte. C'est-à-dire... Pas tout de suite. Mais c'est vrai qu'ils vont commencer à réfléchir hors du cadre Donald Trump, parce que c'est vrai que Donald Trump n'a pas obsédé seulement « C'est dans l'air » et mille et une autres émissions à travers le monde et experts, etc., mais les républicains, les Américains, etc. Et donc, c'est vrai que la sortie de Trump qui se dessine, en fait, va faire qu'ils vont réfléchir comment on fait, comment on se prépare pour JD Vance.
C'est vrai que la question, c'est : est-ce qu'il va pouvoir rester le successeur ? Est-ce que c'est une bonne chose d'être le successeur ? Et pour Marco Rubio, justement, Corentin le disait, c'est : est-ce qu'il doit quitter le bateau pour pouvoir préparer sa candidature ?
Et surtout, est-ce qu'ils vont endosser le trumpisme ? Est-ce que ce qu'on est en train de vivre là ne tourne pas définitivement la page de ce qu'a été le trumpisme ? Est-ce que dans cet effet de balancier que vous nous expliquez tout à l'heure, est-ce qu'il va y avoir une espèce de nouveau parti républicain sans Donald Trump ?
Ça paraît difficile, parce que déjà, il est encore là. Il y a quelque chose de l'emprise et de la peur. Il a montré ce qu'il faisait de ceux qui osaient s'opposer. Et je pense qu'il fait quand même encore assez peur. Et puis, on avait vu que, justement, en 2024, Nikki Haley avait tenté, son ancienne ambassadrice à l'ONU, justement, avait déjà tenté d'incarner une sorte de trumpisme apaisé, plus calme, etc. Et ça n'a pas du tout fonctionné. Donc, bon, il va y avoir une grosse hésitation. Vendre sa difficulté, c'est qu'il est collé à lui. Il ne peut pas être le critique.
Le vice-président.
Voilà, il ne peut pas faire le droit d'inventaire. Donc, l'hypothèse, c'est de savoir s'il y en a un qui osera ou sortir de l'administration et faire un « oui mais » à l'extérieur, ou quelqu'un qui est pour l'instant pas connu et qui oserait se dresser en disant : « Moi, je ne prends pas tout du trumpisme. »
Mais il faut prendre une partie. Ce que je voudrais rajouter, c'est qu'il me semble qu'il est évident que ce serait absurde pour un candidat républicain de ne pas revendiquer une partie de cet héritage. Le parti républicain a profondément changé. Et une des choses qu'a amenée Trump, et qui est pour le parti républicain une énorme chance, c'est que le parti républicain est devenu le parti des classes populaires. Et ça, c'est quelque chose dont les républicains rêvaient depuis des années et qui est un énorme problème aujourd'hui pour le parti démocrate. Le parti démocrate, c'est devenu le parti des élites, des gens éduqués.
Et leur grand problème, c'est de récupérer la classe ouvrière, les classes populaires. Et donc, de ce point de vue-là, je pense qu'ils se situeront en partie dans son héritage. Mais l'idée, c'est à la fois d'avoir le trumpisme, mais pas les incongruités ou les folies de...
Le trumpisme sans Trump.
Voilà.
Une dernière question rapidement avant de passer aux questions des téléspectateurs. Vous qui connaissez ça par cœur les uns les autres, est-ce que vous considérez qu'à partir d'aujourd'hui, le sujet de la campagne présidentielle de la prochaine dans deux ans est posé sur la table chez les démocrates et chez les républicains ?
Absolument. On est dedans. On en connaît un certain nombre du côté républicain. Côté démocrate, il y avait des candidats avant, comme le gouverneur du Pennsylvanie, le gouverneur de l'Illinois, mais il y a aussi les nouvelles figures qui ont gagné leurs élections. Et James Carville, le fameux conseiller de Bill Clinton qui avait dit : « It's the economy's stupid », a dit aujourd'hui, 4 novembre, la guerre civile est déclarée au sein du parti démocrate. Parce que, comme Laure le disait au début, ils sont loin d'être tous d'accord.
Et nous revenons maintenant à vos questions. Question de Sam : est-ce un vote anti-Trump ou un vote pour les démocrates ?
Alors, la réponse est simple. C'est un vote exclusivement ou presque d'abord anti-Trump. Il y a quelque chose de très intéressant dans les sondages sortis des urnes. Les deux partis, démocrates et républicains, sont vus défavorablement par une majorité d'Américains. Simplement, les démocrates sont vus un peu moins défavorablement.
Les milliardaires qui ont soutenu Donald Trump ont-ils personnellement du souci à se faire ?
Oui.
Oui, James-André ?
Notamment, je pense à Elon Musk, par exemple, parce que là, il va y avoir des questions sur son importance au niveau du Pentagone. On peut s'attendre à ce qu'effectivement, les démocrates aillent vraiment mettre leur nez dans les contrats qu'il peut avoir avec la NASA. En fait, il y a déjà une montée de critiques sur la manière dont il est imbriqué avec l'État et avec la défense américaine. Mais ça, c'est un exemple. Il y en a d'autres. Et puis, il faut voir qu'il y a fort à parier que les démocrates vont essayer de mettre un coup de frein sur le développement de l'IA et notamment créer des moratoires, poser des barrières réglementaires.
Mais Donald Trump peut intervenir ou pas ? Parce qu'il a dit avant-hier, je crois, qu'il avait le pouvoir de grassier et qu'il protégerait Elon Musk si, justement, il y avait des enquêtes contre lui.
Alors, s'il y a des enquêtes de ce type-là, mais par contre, ce qu'il ne pourra pas faire, c'est s'il y a des contrats qui sautent, s'il y a des accords qui sont défaits au niveau des entreprises d'Elon Musk, s'il y a, par exemple, une poussée pour que la NASA reprenne en main une partie de ses lancements, etc. Tout ça, l'aspect business, ça va être plus difficile à contrôler.
C'est intéressant quand même le fait que l'État puisse revenir. Ça fait penser un peu à l'époque Roosevelt, que l'État, tout d'un coup, revienne mettre son nez ou en tout cas revienne comme arbitre face à des oligarques qui détiennent cette matière éminemment extraordinaire, mais éminemment dangereuse, qui est l'intelligence artificielle.
Question de Marc en Savoie : quelles mesures de politique intérieure Donald Trump ne pourra-t-il plus mettre en œuvre ?
En fait, il n'a pas beaucoup de projets. L'essentiel des lois qu'il a voulu faire passer, c'est déjà passé. Donc, il va y avoir surtout des bagarres autour du budget, puisque le budget définit la politique, mais il n'y a pas vraiment un grand projet de Donald Trump qui va se heurter à l'opposition démocrate.
Question de Jean-Pierre en Mayenne : Donald Trump va-t-il remanier son équipe après cette défaite ?
Oui, alors vraisemblablement oui, parce que c'est la tradition. De toute façon, il y a toujours un cycle de deux ans dans toutes les présidences américaines, surtout après une défaite aux midterms. Et encore une fois, Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, c'est vraiment celui qui est le plus...
C'est le maillon faible.
C'est le maillon faible actuel. On va dire ça comme ça.
Question de Jean-François : la réunion avec la victoire des démocrates, la fait Repschine, va-t-elle revenir sur le tapis ?
C'est bien possible.
Oui, très possible qu'ils aient envie de ressortir ce dossier. Question de Raphaël en Loire-Atlantique : suite à cette défaite, Donald Trump ne va-t-il pas passer sa colère sur le reste du monde, en commençant par l'Ukraine ?
Je ne suis pas certaine. Comme je le disais tout à l'heure, je pense que pour les Ukrainiens, c'est plutôt une bonne nouvelle, en fait, ce qui se passe aujourd'hui. Alors, c'est vrai que Trump a toujours à disposition son fameux couple hallucinant de Monsieur Vitkoff et Jared Kushner, mais peut-être, justement, les démocrates vont-ils parvenir à un peu limiter leurs prérogatives sur ce dossier ?
En tout cas, le Kremlin a réagi et espère que Donald Trump poursuivra ses efforts de médiation. Voilà. Je ne sais pas ce qu'ils font en tirer comme leçon, mais je vous le livre. Le Groenland et le Canada sont-ils rassurés ? Tous ces pays dont le Canada, dont il voulait faire, on s'en souvient aussi, ce n'est pas si vieux quand même. C'est un 31e État américain.
Non, non, bien sûr, je pense qu'ils sont rassurés. Après, le Groenland, il a passé son accord, dont il considère lui-même que ça y est, il possède le Canada, c'est fait. Pardon, pas le Canada, le Groenland. Oui, bien sûr que c'est rassurant, c'est évident. Mais la question maintenant, c'est qu'il a mis cette idée sur la table. Et moi, je ne suis pas certain que cette idée disparaisse à terme.
Elle pourrait être reprise par les républicains.
Par les républicains et...
Par les successeurs de Donald Trump. Donald Trump sera-t-il contraint de faire la paix avec l'Iran ? Le Congrès sera-t-il en position de lui forcer la main ? On l'a un peu évoqué tout à l'heure.
Non.
Non.
En fait, nous, il...
En politique étrangère, il continue à faire ce qu'il veut.
Oui, évidemment, comme on l'avait dit, le Congrès peut demander des auditions, demander des comptes financiers, donner son avis, mais le contraindre, non. Et la pire contrainte pour Donald Trump, c'est qu'il n'a pas d'interlocuteur iranien pour négocier quoi que ce soit.
Mais par exemple, vous avez parlé de Jared Kushner et Steve Witkoff, les émissaires de Donald Trump. Eux, ils peuvent continuer ? Ça ne change rien.
Non. Là, par contre, parce qu'ils n'ont pas de vrais postes. C'est des envoyés personnels. Donc, il peut être convoqué au Congrès et sommé de s'expliquer, et ça rendrait leur tâche, disons, très compliquée.
Corentin-Célin ?
Oui, oui, non, mais je partage complètement. Je n'ai rien à rajouter.
Très bien, alors j'avance. Question de François : Hongrie, Brésil, États-Unis, le vent serait-il en train de tourner pour les populistes ?
Oui.
Alors oui, justement, mais en fait, il tourne à deux conditions, c'est-à-dire que les populistes soient suffisamment au pouvoir pour justement perdre l'énergie de la dénonciation des élites traditionnelles et devenir à leur tour des politiciens ordinaires et ne pas avoir assez perverti les institutions pour toujours devoir rendre des comptes devant le peuple. Et effectivement, là, on est dans ce scénario où les institutions fonctionnent, il y a la sanction démocratique et on a un président qui est un populiste et qui n'a pas tenu ses promesses et donc il est sanctionné comme un politicien ordinaire.
Merci à tous les quatre. On se retrouve demain. N'oubliez pas, dès 17 h 25, car « C'est dans l'air », ça commence avant « C'est dans l'air ». Avec « C'est dans l'air », l'invité. Et puis, vous pouvez nous retrouver quand vous le souhaitez, en replay et en podcast. Belle soirée. Retrouvez nos podcasts sur toutes les plateformes d'écoute. Et pour le replay vidéo, c'est sur France.TV, bien évidemment. À bientôt.
C dans l’air du 4 novembre 2026 - Trump battu...Peut-il encore imposer sa loi ?
Tsunami, raz-de-marée, vague bleue… Peu importe l’expression, à mi-mandat, les démocrates prennent le contrôle total du Congrès américain. Une défaite historique pour Donald Trump et les républicains, liée au rejet du président américain, de son administration, de sa guerre en Iran, qui a fait flamber les prix, mais aussi de la corruption institutionnalisée. Le locataire de la Maison-Blanche a reconnu la défaite sans en assumer la responsabilité. Dans un entretien à Fox News, Donald Trump a jugé que la guerre en Iran était « en partie » responsable de la défaite de son camp, tout en reconnaissant le « bon boulot » des démocrates lors du scrutin. « Je n’étais pas sur le bulletin et si je l’avais été, nous aurions LARGEMENT gagné », a également écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Les derniers sondages avaient en tout cas raison et les centaines de millions de dollars versés par les donateurs conservateurs, à commencer par Elon Musk au Texas, n’auront servi à rien. Toute la carte électorale se trouve recomposée, avec des États historiquement républicains qui basculent. Ainsi, Josh Turek a remporté un siège dans l’Iowa. Au Kansas, le pasteur Adam Hamilton donne aux démocrates un siège pour la première fois depuis 1932, tandis que le démocrate James Talarico est élu sénateur du Texas. L’étoile montante démocrate Jon Ossoff a aussi été réélu en Géorgie, alors qu’Annie Andrews a créé la surprise en arrachant un siège aux républicains en Caroline du Sud. Dans le Michigan, le démocrate Abdul El-Sayed devient le premier sénateur musulman des États-Unis.
Les démocrates auront ainsi, en janvier, une majorité incontestable au Sénat, mais également à la Chambre des représentants, grâce, là aussi, à des percées dans des territoires où Donald Trump était largement en tête il y a encore deux ans.
Alors, quelles seront les conséquences de cette déroute électorale pour Donald Trump, pour les États-Unis et pour le monde ? Face au Congrès, le président américain disposera d’un pouvoir réel, notamment en politique étrangère. Iran, Ukraine, Russie, droits de douane… De quelle marge de manœuvre dispose-t-il ? Peut-il encore imposer sa loi ?
Nos experts :
- James ANDRE - Grand reporter à France 24
- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, autrice de Requiem pour le monde libre
- Laure MANDEVILLE - Grand reporter - Le Figaro
- Corentin SELLIN - Historien et spécialiste des États-Unis, auteur de Une histoire de la politique étrangère américaine
- Barbara STEC (en duplex du Texas) - Grand reporter pour C dans l'air.
PRESENTATION : Caroline Roux - Aurélie Casse - REDIFFUSION : du lundi au vendredi vers 23h40.
PRODUCTION DES PODCASTS: Jean-Christophe Thiéfine
RÉALISATION : Nicolas Ferraro, Bruno Piney, Franck Broqua, Alexandre Langeard, Corentin Son, Benoît Lemoine
PRODUCTION : France Télévisions / Maximal Productions
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