Transcription de Midterms: Trump peut-il perdre...et l'accepter? - L'intégrale -

01:03:20 55 min de lecture 3 vues Publié il y a 5 jours

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Résumé de l'épisode

Cet épisode de C dans l'air consacré aux élections de mi-mandat américaines fait le point sur les enjeux du scrutin, où les démocrates pourraient reprendre la Chambre des représentants et peut-être le Sénat. Les intervenants reviennent sur la guerre en Iran, la flambée des prix de l'essence et l'impopularité du président Trump, dont ils débattent des chances de défaite ou de victoire.

Ils examinent aussi le risque de contestation des résultats, le rôle du Congrès face à un président qui gouverne par décret, la situation au Texas et la bataille de succession entre JD Vance et Marco Rubio. Les opinions exprimées restent celles des experts invités.

Dans cet épisode Anthony Bellanger, Lauric Hennéton, Nicole Bacharan, Richard Werly, Sonia Dridi

Cette transcription de l'émission sur les midterms américaines a été réalisée avec la technologie qu'utilise HappyScribe pour son outil de prise de note IA gratuit.

Intervenant 100:00:00

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans « C dans l'air ». Le monde entier a les yeux rivés sur l'Amérique : ces élections de mi-mandat vont-elles sanctionner Donald Trump après ces deux années marquées par la guerre en Iran, la crise des droits de douane, une politique étrangère erratique ? Les sondages, qui se sont quand même beaucoup trompés par le passé, donnent malgré tout une large avance aux démocrates qui pourraient remporter la Chambre des représentants et peut-être même le puissant Sénat. De son côté, Donald Trump, lui, martèle que sa victoire est à portée de main et fait de cette élection une affaire personnelle contre des adversaires qu'il range dans la catégorie « extrémiste » ou « terroriste ».

Alors que les Américains votent aujourd'hui, l'« après » est déjà dans toutes les têtes : et si le président contestait le résultat des urnes ? Et si un Trump en échec devenait plus imprévisible encore ? Midterms : Trump peut-il perdre ? Et l'accepter, c'est la question que nous posons ce soir. Avec nous pour en parler, Nicole Bacharan. Vous êtes historienne, politologue, spécialiste des États-Unis. Je cite votre dernier édito paru dans « Ouest-France » : « Trumpisme : le temps du désenchantement ». Et puis votre livre, « Requiem pour le monde libre », publié aux éditions de l'Observatoire.

Avec nous ce soir, Anthony Bélanger, vous êtes éditorialiste à France Info TV, spécialiste des questions internationales. Richard Verli, vous êtes éditorialiste international pour le média suisse « Blick ». Votre édito du jour s'intitule : « Pour ces cinq raisons, Trump peut encore gagner ces midterms ». On a hâte de vous entendre. Et puis, je rappelle votre livre, « Cette Amérique qui nous déteste », publié chez « Nevicata ». Avec nous ce soir, Laurie Kenton. Vous êtes historien, maître de conférence à l'université de Versailles-Saint-Quentin, spécialiste des États-Unis.

Je cite votre livre : « Rock and Road Trip : la route 66 en musique », aux éditions « Or Collection ». Bonsoir à tous les quatre.

Intervenant 200:01:48

Bonsoir.

Richard Werly00:01:48

Bonsoir.

Intervenant 100:01:49

Merci de participer à ce « C dans l'air » en direct. On va évidemment parler de ce scrutin qui se déroule en ce moment même aux États-Unis, mais juste avant, pour commencer, je voudrais qu'on écoute Donald Trump, puisqu'à la veille des midterms, il a lancé des frappes sur une île, l'île de Kells, dans le détroit d'Ormuz. On écoute Donald Trump.

Intervenant 200:02:09

Ils n'ont pas de défense anti-aérienne. Nous en avons éliminé quelques-unes hier soir, juste une attaque mineure. Ce n'était pas ce qu'on appelle la guerre. Ils ont construit une défense anti-aérienne, ça leur a pris deux mois. Nous les avons observés pendant la construction, et quand c'était fini, nous avons tout détruit, très efficacement.

Intervenant 100:02:24

Quel drôle de calendrier.

Richard Werly00:02:26

Oui et non, parce qu'en fait, ça fait plusieurs mois qu'il y a peu de bombardements, mais il y en a quand même quelques-uns, et notamment les États-Unis, dès qu'ils repèrent, effectivement, que les Iraniens reconstruisent une capacité, notamment de défense aérienne, pour permettre à leurs avions de voler, tout simplement, à leurs avions de voler. Je parle des Américains, mais ils les détruisent systématiquement.

Intervenant 100:02:42

Là, il les revendique et il en fait quand même une affaire de campagne.

Richard Werly00:02:45

Pour dire que la guerre est terminée. Enfin, lui dit : « La guerre est terminée. De toute façon, il n'y a plus que des escarmouches. » C'est des petits bombardements entre ennemis. D'une certaine manière, les Iraniens ne le prennent pas du tout comme ça.

Intervenant 100:02:55

Oui. Il y a quelques jours, il a quand même menacé l'Iran d'un nouveau coup de massue. Il y a quelques jours, on a entendu Tucker Carlson, ancien présentateur de Fox News, qui a dit : « Sous la pression du Premier ministre Benjamin Netanyahou, l'administration Trump pourrait, dans les jours à venir, lancer une frappe nucléaire contre l'Iran. » Je commençais cette émission en disant : le monde a les yeux rivés sur cette élection. Ils continuent de frapper l'Iran, certains de ses ex-proches, je ne sais pas où ils se situent, Tucker Carlson, disent que ça pourrait être pire après. Il y a l'idée que c'est une élection qui nous concerne tous.

Nicole Bacharan00:03:26

Ça, c'est certain. C'est certain, effectivement, ne serait-ce que sous l'angle du Moyen-Orient. Anthony disait : « Oui, il y a quand même des frappes ici et là de temps en temps. » Donc, ce qui est un peu curieux, c'est pour Donald Trump de l'annoncer comme il l'a fait hier, alors que ce n'est pas une situation exceptionnelle dans les derniers mois. Il y a également toute l'activité de la marine et de l'aviation américaine pour aider les tankers à traverser le détroit d'Ormuz. Tous les jours, tous les jours, et de temps en temps, ça se conclut par une frappe. Donc, il y a Donald Trump qui dit : « Il va y avoir un coup de massue.

» D'autres fois : « J'ai déjà gagné la guerre, donc c'est fini. » Mais quand même, il faut dire un mot de Tucker Carlson et de, carrément, la menace nucléaire. Tucker Carlson, comme on dit en anglais, il est tombé du côté obscur de la force, c'est-à-dire qu'il n'est plus un proche de Donald Trump, et il a véritablement une obsession sur Israël. Matin, midi et soir, tout le monde entier se concentre sur ce que fait ou ferait Israël. Donc, l'idée qu'Israël pourrait être à l'origine d'une frappe nucléaire américaine, c'est quand même, à mon avis, beaucoup plus de la paranoïa que de la politique.

Intervenant 100:04:36

Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, Richard Verli ? Les midterms peuvent être un point de bascule pour la situation internationale. On parle de l'Iran, on parle de l'Ukraine. On entend certains observateurs dire : « On redoute l'après. » On va parler du résultat du vote, de ce qui se joue, les enjeux, mais en ce qui nous concerne, nous, est-ce que ces midterms peuvent nous amener à un nouveau Trump ou un Trump plus erratique ? Pourquoi est-ce qu'on se pose, au fond, cette question ?

Richard Werly00:05:04

On se pose la question parce qu'on a quand même l'expérience de deux ans, et vous avez vu ce qui s'est passé depuis deux ans. Il avait un congrès qui lui était acquis, que d'ailleurs il a largement contourné. Même s'il lui était acquis, ça ne l'a pas empêché de faire des décrets présidentiels et de ne pas le consulter. Mais vous imaginez ce que serait Trump, allez, juste pour le principe, s'il gagnait ces midterms ? Vous imaginez les deux années qui se préparent ? Alors, a priori, il ne les gagnera pas, on va en parler. Mais en imaginant qu'il garde le Sénat, par exemple, on aura un Trump qui, quand même, se sentira réconforté. Il aura réussi à conserver le Sénat, il aura perdu la Chambre des représentants, et il présentera ça comme une victoire.

Et même si le Congrès lui était opposé, le risque, c'est qu'on va avoir un Donald Trump qui va être dans la bagarre permanente avec le Congrès. La bagarre, Donald Trump, il aime ça. Et en général, vous savez comment il fonctionne : quand on lui donne une claque, il a l'habitude d'en donner deux et de taper encore plus fort. Et donc, le risque, c'est qu'on soit dans la surenchère et que Donald Trump en rajoute toujours.

Intervenant 100:05:57

Mais y compris pour ce qui nous concerne, c'est-à-dire pour les affaires étrangères, pour l'Ukraine, pour l'Iran, etc. ?

Richard Werly00:06:04

Bien sûr. C'est son domaine réservé, d'une certaine manière, la politique étrangère. Il est commandant en chef, et le Congrès a un certain nombre de marges de manœuvre vis-à-vis du président, mais c'est quand même assez réduit, et ça ne l'empêche pas de faire un certain nombre de choses. D'autant que Trump prend des libertés, parfois au-delà de ce que la Constitution autorise. Mais même si on lui dit : « Vous n'avez pas le droit de faire ça », il l'a quand même déjà fait. Et donc, on peut très bien avoir un Trump qui est complètement bloqué, en fait, à l'intérieur, parce qu'on l'a déjà vu après les midterms de 2018, il avait une chambre démocrate contre lui, il ne pouvait rien faire à part râler, ce qui fait beaucoup.

Mais dans le domaine international, c'est ces deux dernières années, c'est là qu'on écrit un héritage, et c'est là qu'il peut, en fait, laisser libre cours à ses instincts, parce qu'il fonctionne beaucoup à l'instinct. Et donc, on pourrait très bien avoir l'accomplissement de sa présidence, qu'après, il ne pourra plus rien faire. Et donc, s'il a envie de casser l'Iran, il y va y aller.

Intervenant 200:06:56

Et les Iraniens s'en sont rendu compte. C'est ça qui est nouveau.

Richard Werly00:06:59

Oui, parce que les Iraniens, dans un premier temps, avaient calculé qu'avec une chambre ou deux qui passeraient du côté démocrate, d'ailleurs les Cubais ont fait le même calcul erroné, eh bien, Trump serait contraint dans sa politique étrangère. Et ils se sont rendu compte, au fur et à mesure des semaines qui passaient, et tout simplement des experts et des éditoriaux de la presse internationale, que non, pas du tout. Les executive powers, c'est-à-dire le pouvoir d'ordonnance, et puis le pouvoir sur la politique étrangère ou sur d'autres politiques, d'ailleurs, est entre les mains du président, et qu'il peut prendre des tas d'initiatives, y compris de continuer à faire la guerre en dessous du niveau de...

J'en vois des hommes en Iran qui seraient là, pour le coup, nécessiteraient l'accord du Congrès, mais en dessous de ça, il peut parfaitement continuer la guerre. Et quand je dis que les Iraniens s'en sont rendu compte, c'est que le niveau de menace iranien sur une reprise des combats n'a cessé d'augmenter, à mon avis, avec la peur d'un Donald Trump énervé suite à la perte d'une ou deux des chambres du Parlement, du Congrès.

Intervenant 100:07:54

En tout cas, une nouvelle fois, il a sidéré son auditoire. Hier, pour son dernier discours avant le vote, Donald Trump s'est lancé dans un inventaire technique des travaux du bassin du Capitole. Le chef de la Maison-Blanche, en difficulté dans les sondages, continue de se dire sûr de sa victoire, ce qui inquiète ses adversaires sur ses intentions en cas de défaite. Romain Bessenez-Noud et Christophe Roquet.

Intervenant 500:08:20

Mais que se passe-t-il dans la tête de Donald Trump ? Hier, pour sa dernière prise de parole avant les midterms, il a présenté pendant plus de 25 minutes le nouveau bassin du Lincoln Memorial à Washington.

Intervenant 200:08:33

Voici les tuyaux. Ils ont été peints en bleu parce qu'ils étaient complètement rouillés. C'était du matériel de très mauvaise qualité qui n'aurait pas tenu longtemps. Maintenant, la pelouse est magnifique.

Intervenant 500:08:47

Ce discours avait pourtant été présenté par la Maison-Blanche comme l'ultime plaidoyer du président avant les élections. Ses journalistes n'en reviennent pas.

Intervenant 600:08:56

Ce que nous avons entendu de Trump aujourd'hui correspond parfaitement à notre dernier sondage CNN, dans lequel 74 % des électeurs estiment que le président se trompe de priorité. Alors que les électeurs ne cessent de mettre en avant l'économie, l'économie, l'économie, lui se met en scène devant un projet pharaonique qui va coûter au moins 16 millions de dollars aux contribuables.

Intervenant 500:09:19

Les bureaux de vote ont ouvert à 6 h ce matin aux États-Unis, alors que les sondages restent très favorables aux démocrates. L'élection fait office de référendum pour ou contre le président Trump, lui qui a fait campagne à travers tout le pays pour soutenir les candidats républicains. Plus de 20 meetings rien qu'au mois d'octobre et un président en roulement.

Intervenant 200:09:42

Je connais Ashley depuis longtemps, mais elle était un peu plus grosse à l'époque. Je n'ai pas épousé ma sœur. J'aurais pu gagner la guerre du Vietnam en une semaine.

Intervenant 500:09:56

Plus sérieusement, de nombreux démocrates et observateurs se demandent si Donald Trump jouera le jeu de la démocratie américaine. Pour contourner le Congrès, le président entend démultiplier les décrets. Il en a déjà signé 290 depuis son retour au pouvoir. C'est plus que pendant les deux mandats de Barack Obama. Autre joker du président : « Si nous ne gagnons pas, je mettrai mon veto à tout. Je mettrai mon veto encore et encore, et puis ils finiront par venir négocier. Je deviendrai monsieur veto. Je ne les laisserai pas faire.

» Mais depuis quelques mois, Donald Trump laisse aussi planer le doute sur une éventuelle contestation des élections. Vous respecterez les résultats ?

Intervenant 200:10:37

Oui, si les élections sont honnêtes. Nos élections sont vulnérables. Elles peuvent être truquées et volées. Ils veulent tricher aux élections. Nous ne pouvons pas laisser faire ça.

Intervenant 500:10:48

Une première bataille se déroule déjà en Californie, bastion démocrate.

Intervenant 600:10:54

Le ministère de la Justice demande que plus de 20 000 bulletins de vote soient retirés en Californie. Ces bulletins seraient liés à des électeurs inscrits sur les listes électorales, mais signalés comme étant, je cite, « probablement des ressortissants étrangers ».

Intervenant 200:11:06

Nous en avons trouvé 20 000, mais il y a des centaines de milliers de bulletins frauduleux de vote irréguliers en Californie. Des millions, à mon avis, des millions. C'est un État corrompu avec des élections extrêmement corrompues. Si la Californie était honnête, si le dépouillement était honnête, j'aurais gagné, largement.

Intervenant 500:11:26

La Cour suprême vient de rejeter les accusations de l'administration Trump. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, prévient.

Intervenant 200:11:35

Cela fait des mois qu'il prépare le terrain pour pouvoir prétendre que l'élection sera volée s'il n'obtient pas le résultat qu'il souhaite. Son ministère de la Justice est même allé jusqu'à envoyer des convocations devant un grand jury pénal à des agents électoraux locaux pour les intimider. Alors, je veux m'adresser très clairement et directement à tous ceux qui envisageraient de l'aider. Si vous entravez l'exercice du droit de vote, vous serez poursuivi pour crime.

Intervenant 500:11:58

En cas de succès ce soir, les démocrates ont déjà prévu de lancer une série de commissions d'enquête sur Donald Trump au Congrès. Son enrichissement personnel : Jeffrey Epstein, l'ICE, ou encore la salle de balle de la Maison-Blanche.

Intervenant 100:12:12

Je me tourne vers vous, Richard Verli. Est-ce qu'on n'est pas en train de s'emballer ? Je pose la question parce qu'il y a eu un sondage, on va parler des enquêtes d'opinion aux États-Unis. Le souhait des Européens, c'est les pro-démocrates, 58 %, les pro-républicains sont 18 %, et aucun camp, 24 %. Bref, de ce côté-là de l'Atlantique, on est là à considérer qu'au fond, les démocrates vont l'emporter et que c'est une bonne chose. Vous avez fait un article disant qu'il avait encore des chances de l'emporter.

Pourquoi est-ce que vous considérez que Donald Trump n'est pas battu ?

Richard Werly00:12:46

Il n'est pas battu pour, à mon avis, trois raisons. La première, c'est parce qu'il est Donald Trump et parce qu'il a quand même, historiquement, à chaque fois, déjoué les sondages, il faut le reconnaître. Il a réussi à recueillir un soutien qu'on ne voyait pas, parce que souvent, les partisans de Donald Trump, il y a ceux qui le disent de manière très vocale, puis il y a ceux qui ne le disent pas, mais qui mettent leur bulletin de vote pour Trump quand ils sont dans l'isoloir. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il faut reconnaître, alors la guerre en Iran est venue tout gâcher, mais qu'il a tenu ses promesses.

Et pour un électeur de base.

Intervenant 100:13:19

Sur quoi ?

Richard Werly00:13:20

Il a tenu ses promesses sur l'immigration. Il a fermé le mur avec le... il a fermé, pardon, la frontière avec le Mexique d'une façon absolument abominable, contestable, avec les exactions de l'ICE, mais il l'a fait. Or, il y a beaucoup de politiciens qui, pour l'électeur moyen, ne tiennent jamais leurs promesses. L'économie va bien si l'on enlève la question de pouvoir d'achat, mais elle allait bien sous Biden aussi. Attention, il a hérité d'une économie qui allait bien. Mais la Bourse atteint des records. Or, la Bourse, ça veut dire quelque chose. Donc, deuxième élément, il a tenu ses promesses dans ce domaine. Et puis, troisièmement, il y a quand même, et moi, je l'ai encore vu quand j'étais récemment aux États-Unis en septembre, c'est ce rejet des élites, cette manière de parler détestable, caricaturale, ça continue de plaire à toute une partie de l'électorat.

Intervenant 100:14:01

Ce qu'on a vu dans ce reportage, qui nous paraît absolument lunaire, ça continue à plaire à cet électorat.

Richard Werly00:14:05

Ce qui nous paraît lunesque est perçu encore par une partie de l'électorat comme, au fond, une opération de grande purge politique. Donc voilà, peut-être que ça, ça peut lui arriver.

Intervenant 100:14:14

Et on va poursuivre cette discussion ensemble, mais je voudrais qu'on aille à Washington, parce que la journée va être longue pour Sonia Dridi. Merci d'être avec nous. Sonia, je rappelle, vous êtes correspondante à Washington pour France 24 et LCI. Où est-ce que Donald Trump va suivre les résultats, d'une part ? Et est-ce qu'il y a une forme de fébrilité, d'une manière ou d'une autre, après ce que vient de dire Richard Verli, peut-être considère-t-il qu'il a encore des chances de l'emporter ? Bref, quel est l'état d'esprit à la Maison-Blanche ?

Sonia Dridi00:14:42

Oui, alors Donald Trump, comme vous pouvez peut-être le voir, est actuellement dans l'ouest de la Maison-Blanche, dans le bureau ovale, comme l'indique la présence du Marine derrière moi. Il va passer toute la journée ici à la Maison-Blanche. Il a plusieurs réunions de prévues. Et ce soir, il y a une watch party, une soirée pour regarder les résultats dans l'est de la Maison-Blanche, donc dans la East Room, c'est une grande salle de réception. Donc, il va être entouré de ses conseillers, de ses proches. Et on sent, en effet, une inquiétude quand même du côté de Donald Trump, parce que cette course s'annonce serrée, notamment au Sénat, la Chambre des représentants, même lui-même, on a l'impression que ça tend à ce que le contrôle soit repris par les démocrates.

Mais de toute manière, il a prévenu. Même si les démocrates reprennent le contrôle du Congrès, il a dit hier : « Je deviendrai monsieur veto », parce que le président américain peut mettre son veto sur les législations qui ne lui conviennent pas, qui ne lui plaisent pas.

Intervenant 100:15:41

Le vrai sujet, ce serait évidemment le Sénat. Peut-être un mot sur cette fin de campagne, vu d'ici. On en parlait avec Richard Verli à l'instant. Ça peut donner le sentiment d'une fin de campagne un peu inattendue, avec un Donald Trump qui parle du bassin du Capitole. Dans cette campagne, qu'est-ce qu'il a joué, Donald Trump, pour mettre toutes les chances de son côté ?

Sonia Dridi00:16:03

Alors déjà, il a déployé une énergie extraordinaire. Il a tenu campagne ces dernières semaines avec un rythme effréné. On le voyait quasiment chaque jour décoller depuis son héliport ici à la Maison-Blanche pour se rendre dans ses États. Il a tenu 30 événements en 32 jours dans 20 États. C'est énorme. On le sent jouer le tout pour le tout pour aller mobiliser les foules. C'est ce qu'il sait bien faire. Richard l'a dit juste avant, c'est vrai qu'on voit cette base MAGA qui est toujours ultra mobilisée. Donc, ça va être vraiment intéressant de voir à quel point les démocrates, eux, vont réussir ou pas.

Mais les premiers chiffres de participation montrent qu'on a l'impression que la base démocrate se mobilise aussi fortement. En tout cas, il a joué le tout pour le tout, mais c'est vrai qu'hier, il y a eu cette séquence assez étrange avec ce discours lunaire de Donald Trump, parce qu'il a fait son dernier discours avant les élections de mi-mandat devant le bassin réfléchissant, vous savez, en face du Lincoln Memorial. C'est cette fameuse piscine qui a été envahie par des algues vertes et ça l'a beaucoup énervé. Donc, c'était assez symbolique de sa présidence, de dépenser des millions de dollars pour des travaux, finalement, qui ne marchent pas comme prévu.

Et il a passé les 20 premières minutes de son discours à parler de ses travaux, à montrer des photos de cette piscine, des cartes. Et donc, on avait encore l'impression d'un président complètement déconnecté, alors que de nombreux Américains, et notamment certains républicains, sont en colère en raison de l'augmentation du coût de la vie et notamment du prix de l'essence. On les a entendus, ces chroniques qui ont voté pour Donald Trump et qui sont déçus avec l'augmentation du prix du diesel. Donc, en tout cas, Donald Trump, on l'a senti, s'est mobilisé vraiment très fortement pour tenter de convaincre tous ses électeurs d'aller voter.

Intervenant 100:17:51

Merci beaucoup, Sonia Dridi, d'avoir été en direct avec nous. Je voudrais m'arrêter sur ce que disait Sonia Dridi sur l'énergie qu'il a déployée, considérant sans doute qu'il n'y a que lui qui peut encore sauver les républicains. Il y a cette question de Christian : l'omniprésence de Donald Trump dans la campagne des midterms a-t-elle été un atout ou un fardeau pour les républicains ?

Richard Werly00:18:11

D'abord, il faut se méfier des sondages à l'heure du populisme. Parce que je rappelle que les deux dernières élections, on était tous convaincus que Lula allait perdre et que Netanyahu allait perdre, et Lula a gagné et Netanyahu a gagné. Donc, à l'heure des populistes, il faut beaucoup se méfier des sondages.

Intervenant 100:18:24

Netanyahu, c'est plus serré.

Richard Werly00:18:25

Oui, c'est plus serré, mais enfin, il a bien mieux fait que les sondages ne le disaient, on va le dire comme ça. Donc, il faut se méfier, parce que tout simplement, les sondages sont là pour mesurer des gens normaux, d'une certaine manière, des partis presque prêts pour...

Intervenant 100:18:39

Des gens qui sont normaux, ça peut être...

Richard Werly00:18:42

Oui, voilà.

Intervenant 100:18:43

Ce que disait tout à l'heure Richard Verli, ils ne disent pas forcément qu'ils sont...

Richard Werly00:18:45

Leurs modèles sont raisonnables. Donc, quand le déraisonnable s'approche de la politique, ils déroulent, ils deviennent fous, ces sondages. Et puis ensuite, je reviens sur monsieur veto, madame veto. Ça s'est mal terminé, une fois qu'on en a parlé.

Intervenant 100:18:56

Madame veto, très bien.

Richard Werly00:18:57

Madame veto, ça s'est très mal terminé. Ça s'est terminé à la guillotine, en 1793, au moment de la Révolution française. Donc, il faut qu'il se méfie aussi quand il manipule comme ça des concepts historiques. Moi, je pense qu'effectivement, le fait qu'il montre une telle énergie, d'une part, ça fait mentir ceux qui, parmi les républicains, disent qu'il est achevé, qu'il est fini, qu'il est vieillissant, qu'il s'endort quasiment à chaque rencontre du cabinet. Et ensuite, c'est le moment où il est le plus lui-même. Il adore ces meetings. Il en a fait pendant toutes les années.

Il est heureux quand il est en meeting. Il est heureux quand il fait sa petite danse comme ça. Je vous la fais aussi.

Intervenant 100:19:33

Elle ne s'est pas male.

Richard Werly00:19:33

Très bien. Et il est heureux entouré des siens. Alors, certains ont pu dire qu'il n'y avait pas autant de monde qu'on imaginait. Mais c'est un élément de mobilisation certain.

Intervenant 100:19:43

Est-ce que ça suffira ? Parce qu'effectivement, il y a les enquêtes et vous avez bien raison d'être prudents les uns et les autres sur ce qui pourrait se passer. Vous avez parlé de l'économie qui va bien, mais vu d'ici, on a l'impression que les Américains se plaignent malgré tout du coût de la vie et de l'inflation qui n'aurait pas été totalement réglée, enfin, du problème de l'inflation que n'aurait pas réglé Donald Trump.

Richard Werly00:20:03

Ah non, mais pas du tout. Et justement, c'est ça qui est fascinant. Alors, il y a deux choses qui sont fascinantes. La première, c'est les sondages. En fait, ce qu'on ne voit pas forcément d'habitude, c'est le consensus des sondages qui est absolument hallucinant. Tous les sondages, enfin, les sondages sérieux, vont dans le même sens, y compris Atlas Intel, qui est le sondeur favori des trumpistes, parce que c'est celui qui donne généralement le bon résultat, et là, qui donne des résultats pour les démocrates qui sont absolument hallucinants. Tout va dans le même sens. Donc, soit tout le monde a raison, soit tout le monde se plante complètement.

Ça, c'est rare. Ensuite, c'est rarement les questions de politique étrangère, voire jamais, qui dominent, sauf quand elles ont un impact sur la vie quotidienne. Et là, c'est l'essence. Avant, c'était le prix des œufs. Il y a aussi, en toile de fond, l'augmentation des taux longs et donc des taux d'emprunt pour l'immobilier. Et le rêve américain, c'est la maison. La maison dans une banlieue un peu idyllique, etc. Et ça, ça monte. C'était déjà relativement haut. Le prix de l'immobilier, ce n'est pas Trump qui l'a fait exploser, mais il est historiquement haut. Il continue d'augmenter.

Et donc, quand on parle de fours, de bêtises, qu'on peut se permettre de s'acheter comme un jeune couple, une famille, etc., ce n'est pas que l'essence. L'essence, c'est un petit peu l'actualité, mais il y a cette espèce de toile de fond. Et Trump, qui avait mis son mandat sous le signe du rêve américain qu'il allait ressusciter, eh bien, ça n'a pas marché. Et donc, ça, c'est sanctionné très durement par des électorats qui lui ont donné le bénéfice du doute en 2024, notamment les Hispaniques, par exemple, et d'autres électorats qui, par exemple, dans les États un peu républicains rouges, sanctionnent le prix de la viande, le prix de l'essence, etc.

Donc, il y a plein de petits chapitres qui font qu'il peut faire ce qu'il veut et dire ce qu'il veut. Il restera sanctionné tant que les prix resteront élevés.

Intervenant 100:21:46

Sur les carburants, d'ailleurs, il sent bien que c'est un sujet important. Il a dit : « Les prix du pétrole chutent comme des pierres », parce que les gens sentent qu'il n'y aura pas de guerre avec l'Iran. Donc, évidemment, il en a fait lui aussi un sujet de campagne. Qu'est-ce qu'il a défendu dans cette campagne ? Il a défendu l'Amérique de l'âge d'or. Sur quoi il a fait campagne ? Parce qu'on l'a beaucoup entendu moquer ses adversaires, effectivement, les traiter de terroristes pour les uns ou de communistes ou d'extrémistes. Qu'est-ce qu'il vend à l'Amérique ?

Intervenant 800:22:16

Il vend Donald Trump.

Intervenant 100:22:18

C'est exactement ça.

Intervenant 800:22:18

Il vend Donald Trump comme il le fait depuis 60 ans, depuis qu'il a démarré dans l'immobilier, dans la publicité, à la télévision. Et ça marche en partie. Je ne dis pas ça par moquerie, mais ces grands meetings, il vend le show Trump avec la danse que nous a interprétée Anthony. Et ça, comment dire, ça mobilise une partie de son électorat. Et il fait campagne comme il l'a toujours fait, c'est-à-dire en allant chercher pour amener à voter des gens qui n'iraient pas forcément voter.

Mais il n'élargit pas du tout sur le plan de l'idéologie, de l'opinion. Il ne va pas chercher vers le centre, vers les indépendants. Donc, il veut mobiliser des gens qui adhèrent à ce message, disons, nationaliste, populiste. Simplement, tout n'est pas, si j'ose dire, raccord dans son message. Il y a un sentiment pour les électeurs qui ont voté Trump, notamment en 2024, en croyant à ses promesses. Et Richard a souligné : la promesse sur l'immigration a été tenue, de manière brutale, mais tenue.

Mais en dehors de ça, il y a beaucoup de son électorat, surtout cet électorat pas MAGA, mais qui se sont dit : « Avec Trump, ça peut marcher », qui se sentent trahis. Parce que... Qu'avait-il dit ? « Le premier jour de ma présidence, les prix de l'alimentation vont baisser. » Et il y a des gens qui l'ont cru, qui se sont dit : « C'est un homme d'affaires, il doit savoir s'y prendre. »

Intervenant 100:23:45

Et qui lui ont fait confiance sur l'âge d'or de l'Amérique.

Intervenant 800:23:48

Exactement. Et un autre élément, c'est tout ce qui apparaît : l'enrichissement personnel, la corruption. Parce que si, pour ces électeurs-là, qui veillent sur leur portefeuille, on ne va pas s'en moquer, la corruption ne serait pas vraiment un problème si eux-mêmes vivaient mieux. Mais quand ils vont au supermarché et qu'ils renoncent à acheter leurs steaks ou leur fromage parce que c'est devenu trop cher, l'enrichissement personnel aussi voyant de Trump et de la famille Trump, là, il y a un sentiment de trahison.

C'est-à-dire cet homme qui disait : « Moi, je ne fais pas partie des élites. Moi, je serai votre ami au sein du système. Je vous défendrai, je vous protégerai. » Ils se sentent trahis.

Intervenant 100:24:30

Ce serait quoi, une énorme défaite pour Donald Trump ? Sonia Dridi nous disait où il a plus ou moins accepté l'idée qu'il allait perdre la Chambre des représentants et qu'il en ferait son affaire.

Richard Werly00:24:42

Parce qu'il a perdu en 2018.

Intervenant 100:24:44

Oui. Pourquoi perdre le Sénat compliquerait la donne ? Et puisque tout le monde se pose la question, et on va en parler dans un instant, de la façon dont il pourrait accepter ou pas sa défaite, qu'est-ce que ça changerait ? C'est quoi, une grosse défaite pour Donald Trump ?

Richard Werly00:24:58

Une grosse défaite, ce n'est pas si les démocrates gagnent, c'est si les républicains font défection. Parce que s'il veut être monsieur veto, en fait, il faut que deux tiers des deux chambres contournent son veto. Donc ça, ce n'est pas facile, sauf si on fait du consensuel, sauf s'il bloque tout et n'importe quoi et que lui, il ne se représente plus en 2028. Mais les autres, les représentants, les sénateurs, etc., ils vont se représenter en 2028, en 2030, etc. Et donc, si les projets de loi vont dans le sens du bien-être des Américains et qu'ils voient que Trump pose son veto, ils peuvent contourner.

On en a quand même 10 qui ont voté pour le destituer en 2021, 10 républicains. Ce n'est pas rien. Donc, on pourrait avoir les quatre de la Chambre des représentants qui l'ont forcé à publier le dossier Epstein. C'est des républicains, tout ça. Et donc, une grosse défaite pour Trump, c'est : les démocrates ont les deux chambres, d'accord, mais surtout, les républicains disent : « Ça suffit. Nous, on venait avec le peuple américain et donc on va se mettre avec les démocrates pour le bien commun. » Autrement dit, ceux qui n'injurie pas l'avenir.

Intervenant 100:26:01

C'est ça. Exactement. On parlera dans un instant de la succession, puisqu'après ces midterms, on va quand même se retourner vers ceux qui pourraient succéder à Donald Trump. Mais cette question qu'on pose ce soir : est-ce Donald Trump qui risque de ne pas accepter de mauvais résultats ou ses supporters, le plus souvent armés ? Parlons de ce que tout le monde redoute, c'est-à-dire le lendemain d'un vote qui serait défavorable à Donald Trump. Richard Verli.

Richard Werly00:26:26

La configuration est quand même très, très différente de 2021. En 2021, il avait été candidat en 2020 à un second mandat. Il avait été battu par Joe Biden, Sleepy Joe qui l'avait battu. Il avait pris une claque phénoménale. Et d'ailleurs, il continue de dire que cette élection a été volée et qu'en fait, il l'a remportée. Là, on est quand même dans une configuration, j'allais dire, qui prête moins à l'insurrection. Il ne pourra pas se représenter en 2028. Il a encore deux ans devant lui. Et ces deux ans, de toute manière, il pourra continuer de les mener et de conduire les États-Unis.

Et en plus, et là, c'est ambivalent, il a dit dans les meetings à ses fans : « Imaginez que mon nom est sur les bulletins de vote, mais il saura très bien dire après l'élection : ce n'est pas moi qui ai été sanctionné, mon nom n'était pas sur le bulletin. » Donc, je pense qu'il a plus, au fond, que l'affront, si l'on peut dire, l'affront électoral, même si la défaite est lourde, il prendra moins l'affront électoral personnellement cette fois qu'il ne l'avait pris en 2020. Et puis, il y a la postérité. Il a quand même le souci, je dirais, de laisser une image, Donald Trump, et l'image d'un nouvel assaut contre les institutions, pour le coup, ruinerait complètement sa place dans l'histoire américaine.

Intervenant 100:27:32

Sans faire un assaut contre les institutions, est-ce qu'il ne peut pas, ce qu'il a commencé à faire, on l'a très bien vu dans le premier reportage, contester le scrutin ?

Richard Werly00:27:41

Uniquement si les élections sont serrées. C'est-à-dire que c'est pour ça que les démocrates veulent absolument... On entend beaucoup revenir sur le devant de la scène des Barack Obama, des Hillary Clinton et d'autres. C'est pour appeler à voter des Michelle Obama, les plus populaires parmi les démocrates, pour appeler tout le monde à aller voter, parce que l'enjeu est de gagner beaucoup de manière à ne pas laisser cette occasion de contester.

Intervenant 100:28:01

C'est une victoire nette.

Richard Werly00:28:03

Une victoire nette, voire plus que nette, de manière à pouvoir contrôler le Congrès et la Chambre des représentants avec de vraies majorités et ne pas laisser à Donald Trump l'occasion de contester une, deux, trois élections. Mais c'est effectivement le danger est dans la moyenne vague, c'est-à-dire pas une petite vague, pas une vaguelette, une moyenne vague. C'est-à-dire que vous avez le Sénat qui gagne à un ou deux sièges et vous avez la Chambre des représentants qui est gagnée à une dizaine de sièges. Donc, c'est ça, le danger. C'est moins le fait qu'il conteste si jamais il y a une victoire large des démocrates que si jamais il y a une victoire étriquée.

Nicole Bacharan00:28:34

En revanche, il peut contester la légitimité. C'est-à-dire qu'il ne peut pas contester les élections, les scrutins un par un, mais il peut contester pendant deux ans la légitimité, parce qu'il le fait depuis 2020. Il dit que Joe Biden n'a pas gagné l'élection de 2020, donc il peut dire pendant deux ans : « Cette chambre qui me cherche des noises avec des assignations à comparaître, des enquêtes et ce genre de choses, elle n'est pas légitime. Elle a triché, elle n'a pas gagné. »

Intervenant 100:28:59

Et il peut s'en extraire ? Il suffit qu'il le décide ?

Nicole Bacharan00:29:02

Il y a le privilège de l'exécutif, qui est une des théories qui, pour lui et son entourage proche, est une sorte de joker qui leur permet, selon eux, de ne pas se présenter quand il y a des assignations à comparaître.

Intervenant 100:29:15

Il y a cette question de Philippe. On voit bien que la question des institutions américaines est au cœur des préoccupations des gens qui vous regardent en disant : « Très bien, s'il perd la Chambre des représentants, le Sénat, qu'est-ce que ça change ? » Quand bien même Donald Trump perdrait le Congrès, qu'est-ce qui l'empêcherait de continuer sa politique actuelle ?

Richard Werly00:29:30

Pas grand-chose.

Intervenant 800:29:31

Pardon. Juste sur la question des risques de violence, etc., disons que ça se passe mal, il y a quand même 31 procédures en cours de contestation qui sont déjà là, lancées essentiellement par le département de la Justice dans 31 États, enfin, 30 États et le district de Columbia, pour contester la validité des listes électorales, pour dire que sur ces listes, il y a des étrangers. Et donc, il faut tout recompter, il faut tout livrer aux autorités fédérales. Ça peut durer des semaines, ça peut durer des mois.

Donc, même dans un... Si ça se passe calmement, ce n'est pas dit qu'on aura rapidement les résultats, parce que les contestations sont déjà là. Ensuite, sur ce que peut faire ou ne pas faire Donald Trump avec un Congrès.

Intervenant 100:30:17

Oui, parce que regardez, je rajoute une question à celle que je posais de Philippe. Il y a Sébastien qui se demande aussi : « Le Sénat, aux mains des démocrates, pourrait-il faire cesser la guerre avec l'Iran ? » Est-ce qu'il serait... Non.

Intervenant 800:30:26

Eh bien, non, parce que Donald Trump reste le commandant en chef. Donc, ce que pourrait faire le Sénat, c'est voter une révolution demandant au président de venir s'expliquer et de mettre fin à la guerre ou de demander l'autorisation de poursuivre la guerre. Ça ne le lie en rien. Il y a la question, par exemple, du budget de la défense, essentiel pour la guerre. Il est tout à fait vraisemblable que Donald Trump le fasse voter avec le Congrès actuel, qui est en place jusqu'au 3 janvier. C'est tout à fait le cas le plus probable.

Au-delà de ça, il a l'habitude de gouverner par décret. Quand les décisions de justice lui sont défavorables, il passe outre à charge pour ceux qui se plaignent de retourner au tribunal. C'est compliqué de le bloquer.

Intervenant 100:31:14

Est-ce qu'il peut être gêné par des enquêtes ? Vous l'avez dit tout à l'heure rapidement, Lorikenton, parce qu'il a commencé à prendre les devants en disant : « S'il y a des enquêtes contre Elon Musk, j'en ferai mon affaire, etc. » Est-ce que ça, ça peut être un levier ? Encore une fois, s'il perd les élections, s'il perd la Chambre des représentants, et même, c'est l'hypothèse, le Sénat, est-ce qu'il peut être entravé vraiment par les démocrates ?

Richard Werly00:31:37

Alors, embêté, pas entravé.

Intervenant 100:31:38

Embêté, d'accord.

Richard Werly00:31:39

Alors, embêté, pas entravé. Et en plus, ils y travaillent depuis six mois. C'est-à-dire que Stephen Miller, qui est un peu le... comment dire ? Son âme damnée, si vous voulez.

Intervenant 100:31:49

Conseiller.

Richard Werly00:31:49

Son conseiller, mais alors vraiment pour le coup politique d'extrême droite, Stephen Miller a réuni depuis avril une espèce de commission de juristes, de gens travaillant très, très dur. Il travaille depuis six mois, parce que la seule chose qu'on ne puisse pas dire de Stephen Miller, c'est qu'il ne travaille pas. Et il travaille depuis six mois, grosso modo, à imaginer justement un président qui se retrouverait avec un Congrès qui lui serait opposé. C'est arrivé assez peu dans l'histoire, mais enfin, quand même. Et il a identifié dans chacun des domaines de l'exécutif ce que pourrait faire le président ou ne pourrait pas faire.

Et quand il regarde, quand la presse américaine s'est enquêtée de cette commission, ils se sont rendus compte que, d'une part, avec le Patriot Act de George Bush, qui a été passé juste après le 11 septembre, mais aussi parce qu'avec une longue tradition des pouvoirs exécutifs, le président pouvait faire beaucoup, absolument, sans jamais consulter le Congrès. Or, Donald Trump s'est mis à l'abri. L'essentiel des lois qu'il voulait faire passer, il les a passées au début de son premier mandat, le fameux Big Beautiful Act, dans lequel il met tout et n'importe quoi. Et ensuite, il y a effectivement cette loi sur la défense qui pourrait passer dans les trois mois qui viennent.

Après, il n'a même plus besoin de présenter de loi. Donc, déjà, il n'aura pas...

Intervenant 100:33:01

C'est l'executive order, il peut continuer à signer dans ce purement oral.

Richard Werly00:33:04

Et il y a énormément de domaines pour lesquels il peut continuer. Par exemple, il peut continuer sa guerre en Iran. Par exemple, il peut continuer à déplacer des sommes allouées à un ministère pour le mettre ailleurs. Ça, ce n'est pas un problème. Par exemple, il peut continuer à gouverner, notamment, par exemple, sur les lois sur le logement. Enfin, il y a des tas de domaines sur lesquels il n'a pas besoin du Congrès, même d'un Congrès très opposé à Donald Trump.

Intervenant 800:33:25

Cet affrontement se ferait sur le budget.

Richard Werly00:33:27

Sur le budget.

Nicole Bacharan00:33:28

Et sur les nominations.

Intervenant 100:33:29

Alors, c'est un état. Vous voulez ajouter quelque chose, Richard Verli ?

Richard Werly00:33:31

Non, j'ajoute que cette fenêtre, mais ça vient d'être dit, cette fenêtre des deux mois à venir, dans l'hypothèse où il perdrait soit les deux chambres, soit l'une des deux, la fenêtre des deux mois va être cruciale, parce qu'il peut l'utiliser. Il sera encore à ce moment-là, il disposera toujours d'une majorité républicaine dans les deux chambres et il pourra l'utiliser, je dirais, précisément pour évacuer un certain nombre de décisions qu'il serait difficile à passer ensuite. Et on peut imaginer, notamment sur l'Iran ou sur d'autres sujets, un certain nombre de mauvaises surprises.

Intervenant 100:34:02

En tout cas, c'est un État conservateur qui n'a pas connu de sénateur démocrate depuis près de 40 ans. Au Texas, le trumpisme perd du terrain et l'État pourrait basculer, à l'image de Reyna, qui a changé d'avis. Elle était candidate républicaine et elle a choisi cette fois de voter démocrate. Et depuis, elle est menacée de mort et elle garde toujours son arme, vous allez le voir, à portée de main. Barbara Stech, Stéphane Lopez avec les hauts cieux.

Intervenant 500:34:33

Au cœur du Texas rural et conservateur, Reyna vit entourée...

Intervenant 600:34:38

Tu peux aller ailleurs.

Intervenant 500:34:39

...de ses animaux.

Intervenant 600:34:41

Voilà Dolly Parton. Elle parle beaucoup. C'est pour ça qu'on l'appelle Dolly Parton, parce qu'elle chante.

Intervenant 500:34:50

Républicaine depuis toujours, aujourd'hui, sa plus grande déception porte un nom : Donald Trump, ce président pour qui elle avait voté.

Intervenant 600:35:00

Il avait dit : « Pas de guerre. » Or, nous sommes en guerre. Il avait promis plus d'emplois et une meilleure couverture médicale. Il a fait beaucoup de promesses pendant sa campagne. Et on n'en voit pas une seule. Il n'est pas proche des Américains. Il est déconnecté de la réalité. Je vais être honnête avec vous, je pense qu'il est dérangé, délirant.

Intervenant 500:35:19

Reyna, qui, par le passé, avait même été candidate républicaine à une primaire locale, a rompu avec le parti. Sa décision lui vaut aujourd'hui des menaces de mort, illustration crue de la brutalité du débat sous l'air maga.

Intervenant 600:35:41

Un homme m'a appelée pour me dire : « Je vais te brûler, je vais brûler ton enfant, ta famille. Et ensuite, je vais mettre le feu à ta maison. Et la dernière chose que je ferai, c'est brûler tes chevaux. » J'ai répondu : « Qui que tu sois, si tu t'approches de ma propriété, tu n'en ressortiras pas vivant. On va se mettre là-bas pour ouvrir la boîte. »

Intervenant 500:36:01

Depuis, elle garde toujours son arme à portée de main.

Intervenant 600:36:05

C'est un 9 millimètres. On dit que l'Amérique est le pays de la liberté. Mais je n'ai pas le droit de changer de parti ? De ne plus être de votre côté si je ne le souhaite pas ? Vous voulez nous faire du mal, à moi et à ma famille, parce que je ne suis plus d'accord avec vous ? Ça me fait très peur, vraiment. Mais je suis une cowgirl.

Intervenant 500:36:26

À 63 ans, pour la première fois de sa vie, Reyna ne va pas voter républicain. Pas de caméra autorisée dans le bureau de vote, mais à sa sortie...

Intervenant 600:36:44

Je suis tellement enthousiaste. J'ai voté pour la première fois de ma vie pour les démocrates. J'ai vu les républicains pendant des années nous enseigner la haine. Je les ai vus haïr tel groupe, haïr tel autre groupe. Je me suis dit : « Bon, je suis hispanique, en partie latino-américaine. Je suis censée détester mes amis et ma famille qui sont latinos ? » Je retrouve l'espoir. Je suis à nouveau enthousiaste pour l'Amérique. Les démocrates parlent du rêve américain, de l'accessibilité financière, des soins de santé. Ils s'en soucient, ils s'en soucient vraiment.

Intervenant 500:37:17

Dans cette région rurale du Texas, les distances sont immenses. Alors, passage obligé par la station-service. Avec la flambée des prix de l'essence, Reyna paye son plein, 50 % plus cher qu'avant.

Intervenant 600:37:30

Parfois, mon mari me dit : « Tu dois vraiment aller en ville. Si tu n'as pas besoin d'y aller, ne prends pas la voiture aujourd'hui à cause de l'essence. On veut faire des économies. »

Intervenant 500:37:43

Ce qui a aussi définitivement convaincu Reyna de changer de camp, c'est la multiplication des projets de data center dans sa région.

Intervenant 600:37:54

Vous voyez cette zone magnifique ? Elon Musk veut la détruire pour y installer un data center. C'est tellement triste. Il y a plein de conséquences. Nous, on a un prix exorbitant. Notre électricité aussi augmente. Regardez, voilà notre réseau électrique. Vous voyez à quel point le data center est proche du réseau électrique ? Ils nous la volent. Je suis désolée, mais en tant que Texane, ça me brise le cœur.

Intervenant 500:38:29

La colère et l'amertume d'une Amérique déclassée, trahie par un président en qui elle avait pourtant cru.

Intervenant 100:38:38

Vous étiez tous en train de commenter le profil de Reyna. C'est un reportage sur place au Texas. Et merci aux équipes de C dans l'air qui nous permettent de vivre cette élection avec des personnages comme celui-ci. Le reportage de Barbara Stech, Stéphane Lopez avec les hauts cieux. Vous vouliez commenter ce qu'on a vu. Il y a tout dans ce reportage.

Intervenant 800:38:57

Ça exprime tellement de choses. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais moi, j'ai vécu pendant des années au Texas et j'ai vu cet État changer, justement, avec l'afflux d'immigrants, notamment beaucoup d'hispaniques. Et là, ils sont dans une situation très particulière. D'une part, il y a une espèce de montée de la brutalité, de la violence débridée et qui est valorisée au sommet de l'État. On le voit sans arrêt. Il y a un attachement à cet État très profond.

Enfin, moi, je le trouve extrêmement touchant, extrêmement sincère. Et là, il y a une situation, pour l'élection pour le Sénat, très particulière. Il y avait un sénateur républicain, comment dire, solide, bon teint, mais qui a contrarié Donald Trump. Et Donald Trump a investi énormément d'argent pour qu'aux primaires, ce bon sénateur traditionnel soit remplacé par le fameux Ken Paxton, qui est quelqu'un de très corrompu et tout le monde le sait. Et en face, il y a un jeune démocrate.

Et c'est là qu'il y a...

Intervenant 100:39:59

James Talarico, 37 ans.

Intervenant 800:40:01

James Talarico, il a deux atouts pour lui. D'abord, il est nouveau, donc ça, c'est le troisième atout. Mais le premier, il a un programme très ancré dans les questions sociales, économiques, le pouvoir d'achat. Mais il a un langage très religieux. C'est un ancien séminariste. Et donc, il a le langage moral, religieux, qui peut toucher des conservateurs qui ne veulent pas tomber dans les mains, si j'ose dire, de démocrates extrémistes qui ne pensent qu'à la question des transgenres ou des toilettes hommes ou femmes et autres.

Non, il a quelque chose d'à la fois, comment dire, social et conservateur.

Intervenant 100:40:40

Et il est le candidat du peuple contre les milliardaires et les barons de la tech. C'est important ce qu'on a dit. Allez-y, Richard Verli.

Richard Werly00:40:47

Au Texas, alors, il y a une figure qui est devenue incontournable, c'est Elon Musk, qui a choisi de résider au Texas. Vous savez que la base de lancement de son entreprise, SpaceX, elle est au sud du Texas, à Boca Chica. Et il a injecté tellement d'argent dans cette élection texane que ça en devient un achat de vote.

Intervenant 100:41:05

Absolument. 168 millions de dollars.

Richard Werly00:41:07

Ses adversaires disent : « Il est en train d'acheter les voix au Texas. » Et ce n'est d'ailleurs pas complètement faux quand vous voyez les montants d'argent investis. Et puis, il y a un deuxième élément qui est important, et là, vous parlez des milliardaires. On n'en parle pas du tout, mais en Californie, il y a un référendum, aujourd'hui même, le 3 novembre, sur un impôt sur la fortune sur les milliardaires. Un impôt à 5 % sur les milliardaires. Et si vous regardez la carte de ces midterms, que vous oubliez les élections à la Chambre des représentants et au Sénat, vous regardez les référendums locaux, énormément de référendums contre les data centers, énormément de référendums pour réduire les inégalités.

Donc, c'est véritablement une Amérique qui regarde avec effroi ce pays pris en otage aujourd'hui par les milliardaires de la tech.

Intervenant 100:41:50

Le Rick and Tone, j'ajoute à votre discussion après ce reportage qu'on vient de voir, que vous pouvez toujours commenter, ce sondage Fox News qui a été réalisé le 15 octobre sur les préoccupations des Américains. En 1, à 88 %, on trouve la corruption au sein du gouvernement. Ensuite, l'inflation, naturellement, et les prix de l'essence qu'on a vus aussi avec cette Texane qui fait de nombreux kilomètres toute la journée, évidemment.

Nicole Bacharan00:42:14

Et généralement, c'est plutôt l'inverse, mais c'est quelque chose qui est très intéressant, parce que c'est la question de la justice et de la question de se faire avoir. Et cette dame, elle est assez emblématique de toute une population hispanique au Texas, qui est mexicaine de première, deuxième ou troisième génération, et qui vient aux États-Unis parce que c'est l'horizon du rêve américain. C'est là où on peut réussir si on travaille dur, qu'on respecte les règles, qu'on ne se plaint pas trop. Et voilà. Et en fait, on se rend compte que ça ne marche pas. Et il y a un gros problème sur le rêve américain. Est-ce qu'on peut encore y arriver ?

Est-ce que c'était possible avant ? Oui. Est-ce que c'est encore possible ? Plus vraiment. Trump avait vraiment mis ça en exergue dans sa déclaration de candidature en 2015, dans son discours d'investiture en 2025. C'est vraiment le leitmotiv du trumpisme, ressusciter le rêve américain. Et là, on se rend compte que c'est de plus en plus compliqué. Les études, c'est de plus en plus cher, les maisons, c'est de plus en plus cher, l'essence, c'est de plus en plus cher. On n'arrive plus à rien. L'économie fonctionne bien, on l'a dit, mais elle ne permet pas de vivre dignement ou décemment.

C'est-à-dire qu'il y a de la croissance, il y a peu de chômage.

Intervenant 100:43:19

Mais elle n'est pas partagée ?

Nicole Bacharan00:43:20

Mais elle n'est pas partagée. Et puis surtout, les salaires augmentent moins vite que l'inflation. Les salaires réels ont tendance même à légèrement se tasser. Et donc, on ne peut plus réussir avec ce que l'on gagne.

Richard Werly00:43:32

Il y a un sujet texan en particulier, parce que vous parliez de l'influence des milliardaires, mais ce n'est pas nouveau. Les médias, la politique texane est conduite, ou plutôt influencée par des milliardaires texans, et ce depuis 20 ans, qui ont adopté, au fur et à mesure des législatures de l'État, notamment contre laquelle s'est battu ce jeune homme dont parlait, monsieur James Talarico, des mesures absolument ahurissantes de dérégulation totale du système de santé, de l'économie, des écoles notamment. Il a dû se battre contre ça dans son État local, au niveau local, puisqu'il était élu au local.

Et donc, maintenant, se rajoute en plus Elon Musk, dont vous parliez, et qui, effectivement, investit des centaines de millions. Donc, il y a une overdose au Texas d'influence de milliardaires et une espèce de révolte texane contre cette money politics, c'est-à-dire cette politique de l'argent.

Intervenant 100:44:22

Juste, on va parler dans un instant de JD Vance qui a dit, à propos de James Talarico, qu'il l'a traité d'homosexuel, de végétarien, ce qui, pour lui, était au Texas, qui est un...

Richard Werly00:44:33

Végan.

Intervenant 100:44:34

Végan, qui, au Texas, c'est évidemment un sujet. Il l'a traité de freak, etc. Je veux dire, c'est un démocrate qui peut émerger, parce que si on fait deux pas en arrière, on se dit : « Tiens, y a-t-il une nouvelle génération d'élus démocrates qui peuvent percer et qui peuvent avoir un avenir ? »

Nicole Bacharan00:44:53

On en a depuis une dizaine d'années, on en voit des anciens marines, par exemple. Ça, c'est vachement bien, parce qu'on ne peut pas leur taper dessus sur le patriotisme. Généralement, ce sont les démocrates, ils sont véganes, woke, ils n'aiment pas leur pays. Ça, c'est le couplet traditionnel. Quand vous avez quelqu'un en face de vous qui est un ancien marine, qui a servi en Iran, qui a servi en Afghanistan, vous ne pouvez pas dire, surtout quand vous êtes Trump et que vous n'êtes pas allé au Vietnam, vous pouvez difficilement l'affronter sur le terrain du patriotisme. Ça, c'était une première vague. On a une deuxième vague avec Talarico, et puis il y a aussi le candidat démocrate au Kansas, qui est aussi un pasteur avec un énorme public.

Et ça, cette vague-là, ce sont des gens qui sont démocrates, mais qui ont aussi le côté moral, religieux, etc., qui est inattaquable.

Intervenant 100:45:35

Et c'est pour ça qu'il essaie de l'attaquer sur autre chose.

Nicole Bacharan00:45:37

Après, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Il tape un petit peu sur les cartes qui résonnent un petit peu avec le public républicain, mais enfin, il s'adresse, à la base, sans que ce soit véritablement pertinent.

Richard Werly00:45:50

Mais il y a aussi Jonasoff, par exemple, en Géorgie, qui va sauver probablement plus que sauver son poste. On verra d'ailleurs à l'élection s'il gagne vraiment. Ça donnera une bonne indication sur la vague démocrate. C'est un homme qu'on compare avec beaucoup de bienveillance à Barack Obama, que Barack Obama est allé visiter d'ailleurs, puisqu'un des deux grands meetings de campagne de Barack Obama, c'est justement pour la Géorgie et Jonasoff où il a carrément adoubé en disant qu'il se reconnaissait en lui. Et aussi dans le Michigan avec Abdullah Sayed, qui, lui, serait le premier sénateur musulman élu par...

Intervenant 100:46:23

Qui est devenu une cible pour tout le camp Trump.

Richard Werly00:46:26

Et un symbole aussi, parce que c'est un jeune homme qui a aussi un peu le même charisme que Mamdani, par exemple, le maire de Londres, d'une certaine façon.

Intervenant 100:46:33

Le maire de New York.

Richard Werly00:46:34

Le maire de New York, pardonnez-moi. Le maire de New York, lost in translation, et qu'il représente aussi un autre genre d'espoir pour le parti démocrate.

Intervenant 100:46:45

Justement, quelle que soit, on parle de la succession, quel que soit le résultat de ces midterms, elles ouvriront, elles ouvriront ces élections. L'après-Trump, la bataille pour la succession dans le camp républicain. Deux hommes sont en lice, deux proches de Trump, le discret Marco Rubio, chef de la diplomatie, et l'omniprésent vice-président JD Vance, déjà favori des MAGA. Matthieu Lignaud et Ilana Zinkot.

Intervenant 500:47:11

Dernières heures de campagne chez les républicains. Le vice-président Vance revient sur ses terres, l'Ohio. Un meeting pour jouer le tout pour le tout et éviter la défaite de son parti aux midterms.

Intervenant 600:47:31

Je tiens à vous rappeler que nous sommes à la veille de l'une des élections de mi-mandat les plus importantes, je dirais même la plus importante de toute mon existence.

Intervenant 500:47:42

La prochaine élection de JD Vance pourrait être, pour briguer la Maison-Blanche, rien que ça. Le vice-président des États-Unis se verrait bien en successeur de Donald Trump, tout comme un autre homme, Marco Rubio. Alors, c'est le concours de celui qui plaira le plus au grand patron.

Intervenant 600:48:02

La mission la plus importante de tout président consiste à assurer votre sécurité et celle de votre famille. De mon vivant, aucun président n'a mieux rempli ce rôle que celui que nous avons aujourd'hui.

Intervenant 500:48:12

Donald Trump n'a désigné aucun successeur. Il aime bien montrer aux prétendants qu'il reste le chef.

Intervenant 600:48:20

Viens par ici, Marco. Oh, regardez-le. Il commence à devenir un peu trop populaire. Ça ne me plaît pas. S'il devient encore plus populaire, je vais lui dire : « Tu es viré. »

Intervenant 500:48:32

Et ça tombe bien, Marco Rubio est du genre discret. Le secrétaire d'État est l'artisan de la politique étrangère de Trump. Tendance atlantiste et néoconservateur, Rubio aurait encouragé le président américain à des opérations au Venezuela ou en Iran.

Intervenant 600:48:54

Ce que le président vous dit, c'est qu'il a une confiance extraordinaire dans nos capacités militaires et que si nous devions prendre des mesures, nous aurions vraiment tout ce qu'il faut pour réussir. Mais nous préférerions le faire pacifiquement.

Intervenant 500:49:06

Alors, Rubio, futur candidat à la Maison-Blanche ?

Intervenant 600:49:10

Je ne réponds plus à cette question. Je suis pleinement concentré sur mon travail. Il me prend mon temps et mon énergie. Je suis concentré dessus.

Intervenant 500:49:18

Marco Rubio, l'interventionniste. JD Vance, l'isolationniste. Deux hommes et deux visions qui s'opposent.

Intervenant 600:49:27

Nous allons arrêter d'envoyer nos jeunes se battre en territoire étranger. Nous ne sommes pas les gendarmes du monde. Nous devons utiliser notre jeunesse à la maison, ici, avec le potentiel qu'elle représente, et pas l'envoyer au bout du monde.

Intervenant 500:49:40

Le vice-président, lui, semble déjà en campagne. Favori de la sphère MAGA, de l'Amérique d'abord, il s'affiche en famille. Sort un livre sur sa foi catholique.

Intervenant 600:49:52

Si vous voulez que l'Amérique soit davantage dans la foi, la seule chose que vous avez à faire, c'est de voter.

Intervenant 500:49:58

JD Vance rappelle régulièrement son enfance dans une famille ouvrière et va sur le terrain de l'économie.

Intervenant 600:50:04

Voici ce en quoi je crois profondément. J'ai grandi dans une ville où, tous les deux ans, voire parfois tous les deux mois, on voyait une nouvelle usine fermer ses portes. C'est ce qui s'est produit tout au long de ma vie. Des usines qui ferment au lieu de réinvestir en Amérique et dans les travailleurs américains. Aujourd'hui, nous sommes en train d'inverser la tendance.

Intervenant 500:50:22

JD Vance a reconnu des désaccords avec Trump, notamment sur l'Iran. Mais il est bien obligé de rester loyal en espérant son soutien pour les élections de 2028.

Intervenant 600:50:33

Je vous dis ceci, c'est une personne très talentueuse et quelqu'un de très bien, mais très honnêtement, je crois que nous n'avons jamais discuté d'une candidature. Non, monsieur, c'est ce que j'ai dit aussi.

Intervenant 500:50:43

JD Vance reste le candidat favori des sondages, devant Marco Rubio. Mais dans les États-Unis des Trump, rien n'est écrit et le fils du président, Donald Trump junior, serait lui aussi intéressé pour prendre la suite de son père à la Maison-Blanche.

Intervenant 100:51:01

Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que c'est midterm ou une nouvelle séquence pour les héritiers ?

Sonia Dridi00:51:05

Absolument. Et ça, c'est d'une certaine manière traditionnel. Le lendemain des midterms, en fait, la présidentielle commence. Et elle commence en général par un tour de piste auprès des financiers, auprès des sponsors, pour voir ce qui prend, ce qui ne prend pas. Et évidemment, les élus des midterms, ceux qui ont fait des bons scores, qui se font remarquer, dans un camp comme dans l'autre d'ailleurs, ont généralement des ambitions présidentielles. Alors, dans le camp Trump, si on s'arrête à Vance et Rubio, Vance est l'héritier naturel.

Quand on choisit un vice-président, c'est en disant : « S'il m'arrive quelque chose, je pense qu'il est prêt à être président. » Et donc, il sera candidat. C'est inenvisageable que Trump dise : « Je ne veux pas de lui. » Il ne le soutiendra peut-être pas, mais il ne l'empêchera pas d'être candidat. Et il y aura des primaires. Pour ce qui est de Marco Rubio, honnêtement, je pense qu'il s'adresse ou représenterait un parti républicain qui n'existe plus.

Intervenant 100:52:03

Est-ce que.

Sonia Dridi00:52:04

Parti républicain, pardon, effectivement, interventionniste, néoconservateur, alors que l'isolationnisme de Vance est plus en résonance avec le parti républicain actuel.

Intervenant 100:52:13

Est-ce que le trumpisme résistera à l'absence de Donald Trump ? Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'on voit qu'il peut avoir un héritier de la famille. Peut-être que son fils peut être intéressé.

Richard Werly00:52:25

Moi, je n'y crois pas. La logique de l'institution américaine, c'est quand même que le vice-président devienne le candidat du parti républicain. Il a quand même beaucoup d'avance dans les sondages, mais il joue gros. Il joue très gros. Il joue gros, notamment dans l'Ohio, son État, son État, dans lequel il a été nommé... Enfin, il a été élu sénateur entre 2023 et 2025. Il a été sénateur pendant deux ans, mais son poste de sénateur est en jeu. Et celui qu'il avait désigné, qui lui a succédé, qui s'appelle John Husted, est deux, trois points derrière. Les sondages donnent deux, trois points de manière consistante derrière un démocrate.

Donc, vous imaginez que si, dans son propre État, il venait à être battu, je parle de JD Vance, et ne parvenait pas à faire élire son successeur, ça lui poserait un problème politique.

Intervenant 800:53:05

Très intéressant, l'Ohio, cet État industriel. D'ailleurs, il l'a dit, JD Vance, dans lequel quantité d'usines ont fermé. On est vraiment au cœur de l'Amérique à qui Donald Trump a promis de rendre sa grandeur, parce que vous avez, au poste de gouverneur, n'oublions pas qu'il y a 36 gouverneurs qui vont être élus, vous avez Vivek Ramaswamy, qui a été candidat à la primaire républicaine, qui a été le colistier d'Elon Musk au tout début du DOGE, vous savez, ce département chargé de couper dans les dépenses fédérales, qui est une personnalité milliardaire qui vient du monde de la tech.

Et vous avez une dizaine de référendums, une dizaine, dans un seul État, contre la construction de data centers. C'est-à-dire que l'Ohio, aujourd'hui, se mobilise contre ces data centers, notamment pour des raisons de captation des ressources de l'eau.

Intervenant 100:53:49

Il y avait cette question intéressante de Jean-Louis dans les Bouches-du-Rhône : « Pour succéder à Donald Trump, faudra-t-il être son héritier ou celui qui ose rompre avec lui ? »

Nicole Bacharan00:53:57

Ça dépend de ce qu'on va voir dans les deux ans à venir, parce que ça peut être tout à fait l'un, tout à fait l'autre. S'il y a une usure du pouvoir et que tout ce qui est proche de Trump devient contaminé, à ce moment-là, ça va contaminer Vance, et Rubio pourrait émerger comme un petit peu quelque chose qui est moins associé à ça.

Intervenant 100:54:17

Dernière question avant de passer aux questions des téléspectateurs. Une espèce de guide pratique pour suivre cette nuit américaine. Qu'est-ce qu'il va falloir... Déjà, quand est-ce qu'on aura les résultats ?

Richard Werly00:54:28

Il y aura des résultats très tôt aussi. Il y aura les résultats de Floride très tôt, je pense que la Floride compte très vite. Il y aura les résultats du Tennessee très tôt, parce qu'encore une fois, on les aura très tôt aux États-Unis. Ils les auront une heure après avoir voté. Donc, en août, ce sera très tôt.

Intervenant 100:54:43

Est-ce qu'on peut se réveiller demain matin avec quelque chose de lisible ?

Nicole Bacharan00:54:45

Oui, on peut avoir une idée. On peut avoir une idée. Demain à midi, on aura une idée beaucoup plus claire. Et après, il y a deux scénarios. Soit les démocrates ont déjà 51 États, et donc les États qui comptent extrêmement lentement, comme le Maine et l'Alaska, ce n'est pas grave, ce sera 51 ou 52 ou 53. Si on est à 49, 50, à ce moment-là, tout va se jouer dans ces États qui comptent extrêmement lentement, et ça peut prendre des semaines.

Intervenant 100:55:11

Le Requiemton, quel État vous allez surveiller en priorité ? Est-ce qu'il y en a un ?

Nicole Bacharan00:55:16

Il y en a qui vont donner des signes. C'est-à-dire que la Floride, qui compte vite, donnera un signe. Le Texas donnera un signe. Il y a un certain nombre d'États de la côte est qui peuvent donner des signes, des circonscriptions en Virginie qui donneront des signes, la première et la cinquième de Virginie. On verra tout de suite si on est dans une vague bleue ou dans un tsunami bleu.

Richard Werly00:55:33

Il y a même un État où il y aura une circonscription pour la Chambre des représentants, qui est le Kentucky, qui pourra, si le candidat démocrate gagne avec une énorme marge, signifiera probablement pour le reste de la nuit, et ça, on le verra très vite, on le verra une heure après la fin des votes, c'est-à-dire on les aura vers une heure à deux heures du matin en France. C'est pour vous dire, ce sont des États dans lesquels Trump avait gagné par 10, 15, avec 10, 15, 20 points d'avance. Et là, on est en train de discuter, je parle du Kentucky, mais aussi du Kansas, d'États qui pourraient envoyer et des représentants et des sénateurs au Congrès.

Intervenant 100:56:11

J'ai une dernière question. Est-ce que Trump va prendre la parole très vite ? Est-ce qu'il va tweeter comme il fait d'habitude ? Est-ce qu'il peut annoncer sa victoire ?

Sonia Dridi00:56:20

Je pense qu'il va réagir très vite.

Intervenant 100:56:22

Très vite, d'accord.

Sonia Dridi00:56:23

Mais cela dépendra évidemment des résultats.

Intervenant 100:56:26

Et on passe maintenant à vos questions. Question de Christelle en Moselle : « Si Donald Trump perd les élections de mi-mandat, l'aide à l'Ukraine peut-elle reprendre ? »

Intervenant 800:56:37

En tout cas, le Congrès démocrate fera savoir sans doute qu'ils ne veulent pas couper davantage d'aide à l'Ukraine, mais s'il y a une chose qu'ils ne changeront pas, c'est que les armes américaines continueront d'être payées par les Européens. Ça, ne nous faisons pas d'illusions. Maintenant que le prix est pris, il faudra continuer à payer et les Américains livreront des armes.

Richard Werly00:56:54

Pardon.

Nicole Bacharan00:56:56

Il y a des républicains qui vont être du même côté, qui le sont déjà. Et donc, il y aurait seulement plus de représentants qui seraient favorables à une aide à l'Ukraine que ce qu'on a actuellement. Et ce serait quand même ce pli-là contre l'administration Trump.

Richard Werly00:57:12

C'est ce qu'il faut regarder, parce qu'en fait, il reste encore deux mois à ce Congrès, en majorité républicaine. Et donc, pendant deux mois, il peut faire passer beaucoup de saloperies, et y compris notamment des lois sur l'aide militaire, et y compris des lois coupant totalement l'aide à l'Ukraine. Alors, ça pourrait être...

Intervenant 800:57:28

Et c'est précisément pendant ces deux mois que va se tenir le sommet du G20 en Floride, à la mi-décembre, où Vladimir Poutine est invité. Et en ce moment même, on entend dire que des négociations ont lieu et qu'un sommet, le fameux sommet dont rêve Donald Trump, Poutine, Zelensky et lui-même en Floride.

Intervenant 100:57:45

Alors, je ne sais pas si c'est une façon de préparer cet événement, mais Melania Trump a annoncé qu'elle allait rassembler des représentants de la Russie et des représentants de l'Ukraine. C'est sa pierre à l'édifice pour renouer un dialogue.

Sonia Dridi00:58:00

Alors, je ne crois pas que ce dialogue aille bien loin, mais néanmoins, c'est évident que puisqu'elle s'est impliquée dans un cessez-le-feu pour cette ville martyrisée qui est Oleshky, et comme elle s'est impliquée à d'autres moments pour la cause des enfants enlevés, c'est à l'évidence que Vladimir Poutine réagit positivement et va envoyer des représentants pour faire plaisir à Melania et à Donald.

Intervenant 100:58:23

Question de Daniel à Paris. « S'il passe aux mains des démocrates, le Congrès peut-il relancer l'affaire Epstein ? »

Richard Werly00:58:29

Oui.

Intervenant 100:58:30

Oui ?

Richard Werly00:58:30

Il peut tout à fait, oui, parce que... Enfin, c'est compliqué, mais il peut tout à fait voter quelque chose qui... Parce que d'abord, il l'a déjà fait. Il peut y avoir des républicains pour s'assier à ça. Et je rappelle que le Congrès, en partie, avait voté à l'unanimité ce qui a permis de diffuser la moitié des dossiers Epstein. Il peut continuer de le faire sans problème.

Intervenant 100:58:51

Régis, en Côte-d'Or, dans certains États américains, les modalités de vote paraissent un peu archaïques. Peuvent-elles faciliter la fraude ? Richard Verlies ?

Intervenant 800:58:59

Écoutez, il y a quand même des images qui, moi, j'avoue, m'ont perturbé. J'ai vu ces images, vous les avez peut-être vues aussi, dans le Michigan, où maintenant, il y a une sorte de drive-in électoral. Donc, le Michigan où est candidat Abdul Al-Sayed, qui pourrait devenir le premier sénateur musulman, où vous arrivez avec votre voiture, vous avez déjà l'enveloppe remplie, vous la donnez à quelqu'un ou vous la mettez directement dans une boîte. Pourquoi ça me perturbe ? C'est parce que toute la polémique de Donald Trump a consisté à dire qu'il fallait éviter aux immigrants qui n'ont pas la nationalité américaine de voter. Donc, je me pose quand même des questions sur ce système électoral américain.

Intervenant 100:59:30

Pourquoi on en est toujours là ?

Intervenant 800:59:31

Mais parce que les Américains n'ont pas, à l'exception de passeport, de preuve de leur nationalité. Avec eux, ils n'ont pas de carte d'identité. Donc, j'avoue que là, il y a matière à contestation, par exemple.

Sonia Dridi00:59:41

Mais en fait, c'est quand même un système qui est ancien et qui, honnêtement, donne souvent matière à recomptage, mais à l'arrivée, c'est net. Je veux dire, y compris ces bulletins que l'on remet directement dans une boîte, le contenu est très contrôlé. Il y a des codes, il y a des éléments d'identité. On ne peut pas juste... Donc, à l'arrivée, ça marche. Mais on n'a jamais parlé de fraude électorale avant Donald Trump.

Richard Werly01:00:04

Par ailleurs, le fait que les Américains n'aient pas de pièce d'identité ou n'aient pas de carte d'identité, c'est une vieille histoire. C'est une histoire vieille comme la minute de liberté personnelle face à l'oppression de l'État. L'État n'a pas rassemblé.

Sonia Dridi01:00:16

Il y a de l'archaïsme, c'est vrai.

Richard Werly01:00:18

C'est la même chose en Grande-Bretagne, d'ailleurs, ce qui a empêché depuis 100 ans la Grande-Bretagne d'avoir des pièces d'identité, parce que c'est l'habeas corpus, le citoyen, sa liberté n'a pas à être identifiée par l'État.

Nicole Bacharan01:00:30

En fait, le plus vulnérable, c'est le plus moderne. Le plus vulnérable, c'est les machines qui sont connectées. Ce n'est pas le papier dans l'urne à l'ancienne, c'est tout ce qui est susceptible de subir des cyberattaques. Et donc, en fait, l'archaïque, parfois, ça a du bon.

Intervenant 101:00:44

Je vous écoute, il y a cette question. « Je vous écoute et je me demande à quoi servent ces élections si, malgré une victoire des démocrates, Donald Trump peut continuer à faire tout ce qu'il veut. » Richard Verlies ?

Intervenant 801:00:53

Il ne continuera pas à faire tout ce qu'il veut. D'une certaine manière, on pourra dire qu'un Congrès, si le Congrès est passé démocrate, le mettra sous surveillance. Il ne sera pas sous tutelle, mais il sera sous surveillance et ça préparera une éventuelle alternance en 2028. C'est ça, le cycle électoral américain.

Intervenant 101:01:08

On avait tout à l'heure... J'avais comme invité Douglas Kennedy, qui disait : « Il faut faire attention. Un Trump blessé... » Il ne le disait pas comme ça, mais bon, « un Trump blessé peut être encore plus dangereux après une défaite. »

Richard Werly01:01:22

Oui, c'est un peu à ça que sert, justement, un Congrès qui passerait du côté démocrate. C'est au moins pour limiter les dégâts. Il ne pourra pas faire des nominations intempestives, par exemple, parce que ça devra passer par le sénateur. Il ne pourra pas nommer des juges ouvertement conservateurs à la Cour suprême si ça devait se poser, parce que tout simplement, il faut l'accord du Congrès. Il ne pourra pas non plus faire passer n'importe quelle stupidité en termes de budget. Le budget, encore une fois, les seules choses qu'il va devoir négocier avec un Congrès démocrate, c'est le budget et les nominations.

Intervenant 101:01:49

Et si Donald Trump gagnait ces élections ?

Sonia Dridi01:01:51

Mais c'est possible. On a 50 États, des centaines d'élections. En fait, les sondages, on l'a vu, d'abord, c'est très compliqué avec autant de votes, et ils se sont beaucoup, beaucoup trompés. Donc, toute surprise est possible. Je voudrais juste rajouter un mot sur l'utilité des élections. C'est une respiration démocratique. Tous les deux ans, les citoyens ont l'occasion de dire : « Je ne suis pas content. » Et franchement, il y a des pays où on gagnerait à avoir plus souvent un avis électoral.

Intervenant 101:02:21

Donald Trump a-t-il toujours l'intention de verser 5 000 dollars à tous les Américains adultes s'il emporte les midterms ? Il avait dit ça pendant un an.

Intervenant 801:02:29

Oui, il l'a dit, répété.

Sonia Dridi01:02:30

Mais ce n'est pas budgété, comme on dit.

Nicole Bacharan01:02:33

Non, il dit beaucoup de choses. Il ne faut pas forcément tout écouter.

Intervenant 101:02:36

Il a promis aussi des millions de dollars à ceux qu'il identifierait à des fraudes.

Nicole Bacharan01:02:40

Oui, pour toutes les 18 fois sur 20 dans les 70 dernières années, le candidat en exercice a perdu au moins une des deux chambres. Donc, il ne prend pas beaucoup de risques. Est-ce qu'il a promis qu'il donnerait 5 000 dollars s'il remportait les deux chambres à la fois ?

Intervenant 101:02:53

Bon, merci. On verra. Donc, résultat demain vers midi pour les lire de manière plus sereine. Merci à tous les quatre. On se retrouve demain. N'oubliez pas, dès 17 h 25 pour « C'est dans l'air - L'invité ». Et puis, vous pouvez nous réécouter quand vous le souhaitez en replay et en podcast. Bonne soirée. Retrouvez nos podcasts sur toutes les plateformes d'écoute. Et pour le replay vidéo, c'est sur france.tv, bien évidemment. À bientôt.

Description de l'épisode

C dans l’air du 3 novembre 2026 - Midterms: Trump peut-il perdre...et l'accepter?

Un jour de vote décisif aux États-Unis. Les Américains sont appelés aux urnes ce 3 novembre pour renouveler l’intégralité de la Chambre des représentants ainsi qu’un tiers du Sénat lors de ces élections de mi-mandat. Les démocrates espèrent une vague bleue, tandis que les républicains veulent croire que les sondages ont, une fois de plus, sous-estimé le phénomène Trump.

Sans être lui-même candidat, Donald Trump a multiplié les rassemblements de campagne à travers le pays et a martelé, lors d’un dernier discours prononcé quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote : « Ces élections sont les plus importantes de notre vie. » Le président américain, qui connaît une impopularité historique sur fond de guerre en Iran, de flambée des prix de l’énergie et d’inflation, veut mobiliser au maximum son électorat.
À ce stade, les démocrates sont donnés gagnants dans un grand nombre d’enquêtes d’opinion, y compris dans des États conservateurs largement remportés par Donald Trump il y a deux ans, comme le Texas, l’Iowa ou l’Alaska. Plus que jamais, ils espèrent donc devenir majoritaires à la Chambre des représentants, mais aussi au Sénat, où la bataille s’annonce plus serrée. De son côté, le locataire de la Maison-Blanche a déjà menacé de ne pas reconnaître les résultats qui ne lui seraient pas favorables. « Je le ferai si ce sont des élections honnêtes », a-t-il répété la semaine dernière.

Parallèlement, Donald Trump a affirmé à la radio avoir frappé l’Iran la nuit dernière, mais « c’était juste une attaque mineure, ce n’était pas une guerre », selon ses propres mots. Cette prise de parole survient alors que la presse américaine fait, dans le même temps, état de bombardements en Iran. Selon les informations du Wall Street Journal, depuis confirmées par d’autres médias, les États-Unis ont frappé l’île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz.
Quelle est la stratégie de Donald Trump en Iran ? Pourquoi ces élections de mi-mandat aux États-Unis sont-elles aussi cruciales ? Comment se déroule le scrutin ? Nos journalistes se sont rendus au Texas, bastion républicain depuis plus de 30 ans, qui pourrait basculer entre les mains des démocrates. Donald Trump pourrait-il contester les résultats en cas de défaite républicaine ? Enfin, après les midterms, assiste-t-on au début d’une guerre de succession chez les républicains ?

Nos experts :

- Anthony BELLANGER - Éditorialiste à France Info TV, spécialiste des questions internationales
- RICHARD WERLY - Éditorialiste international pour le media suisse Blick auteur de Cette Amérique qui nous déteste publié chez Novicata
- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, autrice de Requiem pour le monde libre est publié aux éditions de l’Observatoire
- Lauric HENNETON - Historien, maitre de conférences à l’université de Versailles - Saint Quentin, spécialiste des Etats-Unis, auteur de Rock and road trip : la route 66 en musique aux éditions hors collection
- Sonia DRIDI (en duplex) - journaliste spécialiste des États-Unis, correspondante à Washington LCI et France 24.