Cet épisode de C dans l'air analyse les élections de mi-mandat américaines et leurs conséquences pour Donald Trump. Les experts discutent de l'aide à l'Ukraine si les démocrates reprennent le Congrès, du sommet du G20 en Floride et de la possibilité de relancer l'affaire Epstein.
Ils examinent aussi les modalités de vote dans certains États, les accusations de fraude et les limites qu'un Congrès démocrate pourrait imposer au président. Les auditeurs y apprendront comment fonctionne ce système électoral et quels scénarios restent envisageables.
Dans cet épisode Anthony Bellanger, Lauric Hennéton, Nicole Bacharan, Richard Werly, Sonia Dridi
Cet épisode de C dans l'air sur les midterms américaines a été transcrit grâce à la technologie HappyScribe, celle qui fait tourner son IA compte rendu réunion gratuit.
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Question de Christelle, en Moselle : si Donald Trump perd les élections à demi-mandat, l'aide à l'Ukraine peut-elle reprendre ?
En tout cas, le Congrès démocrate fera savoir, sans doute, qu'ils ne veulent pas couper davantage d'aide à l'Ukraine. Mais s'il y a une chose qu'ils ne changeront pas, c'est que les armes américaines continueront d'être payées par les Européens. Ça, ne nous faisons pas d'illusions : maintenant que le pli est pris, il faudra continuer à payer, et les Américains livreront des armes.
Par ailleurs—
Pardon ?
Il y a des Républicains qui vont être du même côté, et qui le sont déjà. Et donc, il y aurait seulement plus de représentants qui seraient favorables à une aide à l'Ukraine que ce qu'on a actuellement. Mais ce serait quand même ce pli-là, contre l'administration Trump.
C'est ce qu'il faut regarder, parce qu'en fait, il reste encore 2 mois à ce Congrès, en majorité républicaine. Et donc, pendant 2 mois, il peut faire passer beaucoup de saloperies, y compris notamment des lois sur l'aide militaire, et y compris des lois coupant totalement l'aide à l'Ukraine. Alors ça pourrait être...
Et c'est précisément pendant ces 2 mois que va se tenir le sommet du G20 en Floride, à la mi-décembre, où Vladimir Poutine est invité. Et en ce moment même, on entend dire que des négociations ont lieu et qu'un sommet, le fameux sommet dont rêve Donald Trump, Poutine, Zelensky et lui-même, en Floride.
Alors, je ne sais pas si c'est une façon de préparer cet événement, mais Mélania Trump a annoncé qu'elle allait rassembler des représentants de la Russie et des représentants de l'Ukraine. C'est sa pierre à l'édifice pour renouer un dialogue.
Alors, je ne crois pas que ce dialogue aille bien loin, mais néanmoins, c'est évident que, puisqu'elle s'est impliquée dans un cessez-le-feu pour cette ville martyrisée qu'est Oleshky, et comme elle s'est impliquée à d'autres moments pour la cause des enfants enlevés, c'est à l'évidence que Vladimir Poutine réagit positivement et va envoyer des représentants pour faire plaisir à Mélania et à Donald.
Question de Daniel à Paris : s'il passe aux mains des démocrates, le Congrès peut-il relancer l'affaire Epstein ?
Oui.
Pourquoi pas ?
Il peut tout à fait, oui, parce que... Enfin, c'est compliqué, mais il peut tout à fait voter quelque chose qui... Parce que, d'abord, il l'a déjà fait. Il peut y avoir des Républicains pour s'assier à ça. Et je rappelle que le Congrès, en partie, avait voté à l'unanimité ce qui a permis de diffuser la moitié des dossiers Epstein. Il peut continuer de le faire sans problème.
Régis, en Côte-d'Or, dans certains États américains, les modalités de vote paraissent un peu archaïques. Peuvent-elles faciliter la fraude ? Richard Verlies ?
Écoutez, il y a quand même des images qui, moi, j'avoue, m'ont perturbée. J'ai vu ces images, vous les avez peut-être vues aussi, dans le Michigan, où maintenant il y a une sorte de drive-in électoral. Donc, le Michigan, où est candidat Abdul Al-Sayed, qui pourrait devenir le premier sénateur musulman, où vous arrivez avec votre voiture, vous avez déjà l'enveloppe remplie, vous la donnez à quelqu'un, ou vous la mettez directement dans une boîte. Pourquoi ça me perturbe ? C'est parce que toute la polémique de Donald Trump a consisté à dire qu'il fallait éviter aux immigrants qui n'ont pas la nationalité américaine de voter. Donc, je me pose quand même des questions sur ce système électoral américain.
Pourquoi on en est toujours là, dans ce système américain ?
Parce que les Américains n'ont pas, à l'exception de passeports, de preuve de leur nationalité. Avec eux, ils n'ont pas de carte d'identité. Donc, j'avoue que là, il y a matière à contestation, par exemple.
Mais en fait, c'est quand même un système qui est ancien et qui, honnêtement, donne souvent matière à recomptage, mais à l'arrivée, c'est net. Je veux dire, y compris ces bulletins que l'on remet directement dans une boîte, le contenu est très contrôlé. Il y a des codes, il y a des éléments d'identité. On ne peut pas juste... Donc, à l'arrivée, ça marche. Mais on n'a jamais parlé de fraude électorale avant Donald Trump.
Par ailleurs, le fait que les Américains n'aient pas de pièce d'identité ou n'aient pas de carte d'identité, c'est une vieille histoire. C'est une histoire vieille, comme la minute de liberté personnelle face à l'oppression de l'État. L'État n'a pas à rassembler.
D'accord.
C'est leur...
Il y a de l'archaïsme, c'est vrai.
C'est la même chose en Grande-Bretagne, d'ailleurs, ce qui a empêché depuis 100 ans la Grande-Bretagne d'avoir des pièces d'identité, parce que c'est l'habeas corpus. Le citoyen et sa liberté n'ont pas à être identifiés par l'État.
En fait, le plus vulnérable, c'est le plus moderne. Le plus vulnérable, c'est les machines connectées. Ce n'est pas le papier dans l'urne à l'ancienne, c'est tout ce qui est susceptible de subir des cyberattaques. Et donc, en fait, l'archaïque, parfois, ça a du bon.
Je vous écoute, il y a cette question. Je vous écoute et je me demande à quoi servent ces élections. Si, malgré une victoire des démocrates, Donald Trump peut continuer à faire tout ce qu'il veut. Richard Verlies ?
Il ne continuera pas à faire tout ce qu'il veut. D'une certaine manière, on pourra dire qu'un Congrès, si le Congrès est passé démocrate, le mettra sous surveillance. Il ne sera pas sous tutelle, mais il sera sous surveillance, et ça préparera une éventuelle alternance en 2028. C'est ça, le cycle électoral américain.
On avait tout à l'heure... J'avais comme invité Douglas Kennedy, qui disait : « Il faut faire attention. Un Trump blessé... » Il ne le disait pas comme ça, mais bon... « Un Trump blessé peut être encore plus dangereux après une défaite. »
Oui, c'est un peu à ça que sert, justement, un Congrès qui passerait du côté démocrate. C'est au moins pour limiter les dégâts. Il ne pourra pas faire des nominations intempestives, par exemple, parce que ça devra passer par le sénateur. Il ne pourra pas nommer des juges ouvertement conservateurs à la Cour suprême si ça devait se poser, parce que, tout simplement, il faut l'accord du Congrès. Il ne pourra pas non plus faire passer n'importe quelle stupidité en termes de budget. Le budget, encore une fois, les seules choses qu'il va devoir négocier avec un Congrès démocrate, c'est le budget et les nominations.
Et si Donald Trump gagnait ces élections ?
Mais c'est possible. C'est possible. On a 50 États, des centaines d'élections. En fait, les sondages, on l'a vu, d'abord, c'est très compliqué avec autant de votes, et ils se sont beaucoup, beaucoup trompés. Donc, toute surprise est possible. Je voudrais juste rajouter un mot sur l'utilité des élections. C'est une respiration démocratique. Tous les deux ans, les citoyens ont l'occasion de dire : « Je ne suis pas content. » Et franchement, il y a des pays où on gagnerait à avoir plus souvent un avis électoral.
Donald Trump a-t-il toujours l'intention de verser 5 000 dollars à tous les Américains adultes s'il emporte les midterms ? Il avait dit ça pendant...
Oui, il l'a dit.
Il l'a dit, répété.
Mais ce n'est pas budgété, comme on dit.
Non, non. Il dit beaucoup de choses. Il ne faut pas forcément tout écouter.
Il a promis aussi des millions de dollars à ceux qu'il identifierait à des fraudes.
Oui, pour tout dire, 18 fois sur 20 dans les 70 dernières années, le candidat en exercice a perdu au moins une des deux chambres. Donc, il ne prend pas beaucoup de risques. Est-ce qu'il a promis qu'il donnerait 5 000 dollars s'il remportait les deux chambres à la fois ?
Bon, merci. On verra. Donc, résultat demain vers midi pour les lire de manière plus sereine. Merci à tous les quatre. On se retrouve demain. N'oubliez pas, dès 17 h 25 pour C dans l'air, l'invité. Et puis, vous pouvez nous réécouter quand vous le souhaitez, en replay et en podcast. Bonne soirée.
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Et pour le replay vidéo, c'est sur france.tv, bien évidemment. À bientôt.
C dans l’air du 3 novembre 2026 - Midterms: Trump peut-il perdre...et l'accepter?
Nos experts :
- Anthony BELLANGER - Éditorialiste à France Info TV, spécialiste des questions internationales
- RICHARD WERLY - Éditorialiste international pour le media suisse Blick auteur de Cette Amérique qui nous déteste publié chez Novicata
- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, autrice de Requiem pour le monde libre est publié aux éditions de l’Observatoire
- Lauric HENNETON - Historien, maitre de conférences à l’université de Versailles - Saint Quentin, spécialiste des Etats-Unis, auteur de Rock and road trip : la route 66 en musique aux éditions hors collection
- Sonia DRIDI (en duplex) - journaliste spécialiste des États-Unis, correspondante à Washington LCI et France 24.