This Au Cœur de l'Histoire episode, an Europe 1 archive, follows Blanche of Castile, who became one of the most powerful women in 13th-century France. After the death of her husband Louis VIII in 1226, she took the regency, had her young son Louis IX crowned at Reims, and faced rebellious barons, including the Count of Brittany, while preparing him to rule.
Franck Ferrand traces her military and diplomatic campaigns, her clashes with the University of Paris, and her role in arranging her son's marriage. Historian Xavier Hélary discusses her temperament and her rivalry with her daughter-in-law, Marguerite of Provence.
Listeners will learn how a foreign queen shaped the early reign of Saint Louis.
In this episode Franck Ferrand, Xavier Hélary
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Europe 1.
Vous allez écouter un épisode d'Au Cœur de l'Histoire, raconté par Franck Ferrand, issu des Archives d'Europe 1. Bonne écoute. Europe 1, 14 h, 15 h 30.
Au Cœur de l'Histoire.
Franck Ferrand.
L'histoire lui donnera le surnom de Lion, Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste, un lion éphémère puisqu'il n'a tenu que 3 ans sur le trône après que son père avait régné 43 ans et son grand-père, Louis VII, 43 ans aussi. Mort à 39 ans, Louis VIII, d'une dysenterie où certains ont voulu voir un empoisonnement, il est mort le 8 novembre 1226. Dans un dernier souffle, il déclare que son successeur, avec le royaume et tous ses enfants jusqu'à leur majorité, devront être placés sous la garde et tutelle de la reine, sa chère épouse.
Cette reine s'appelle Blanche, Blanche de Castille. Il s'agit de la petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine. À 38 ans, elle a mis au monde une douzaine d'enfants, enfin une dizaine, on ne sait pas tout à fait exactement, 6 en tout cas ont survécu. Le plus âgé héritier du trône s'appelle Louis, il a 12 ans. Blanche est enceinte d'un dernier fils, à naître au printemps 27, le futur Charles d'Anjou. Un poète, Robert Sainsot, écrit, je cite : « Je prie la Vierge, mère de Dieu, par le saint amour qu'elle eut pour son cher fils, je la prie par sa pitié, garder le roi de France l'éloigner du péché.
Et la bonne reine, que le roi du ciel la réconforte, tu lui as fait fortune, un bien grand or, à elle et à ses beaux enfants, que Dieu défende, pour le bon roi leur père, que trop tôt tu leur as pris. » Et oui, il est mort très jeune, finalement, ce roi Louis VIII. Or, d'emblée, se pose une question : à cette époque en France, on n'a pas encore défini l'âge auquel un roi devient majeur. Le petit Louis IX doit-il sortir de tutelle le jour de son sacre, ou bien à son entrée dans l'adolescence, à moins qu'on ne patiente jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge d'homme ?
Blanche de Castille va trancher avec cette énergie qui fera dire aux contemporains qu'elle possédait « courage d'homme en cœur de femme » dès le 29 novembre 1226, c'est-à-dire trois semaines après la mort de son mari, elle fait couronner son fils à Reims pour lui conférer une légitimité et décourager l'ambition de certains grands barons. Pour ces derniers, hors de question qu'une femme étrangère, de surcroît, bien qu'arrivée en France à l'âge de 12 ans tout de même, qu'une femme puisse prendre de hautes décisions.
Certains l'accusent même d'ailleurs d'avoir empoisonné son mari, d'être la maîtresse d'un grand seigneur, connu par ailleurs pour ses poèmes, Thibault de Champagne. On la surnomme Dame Hersant, Dame Hersant, c'est le nom de la louve dans le roman de Renart. D'ailleurs, certains barons n'ont répondu à la convocation du sacre que par des insultes. Qu'importe, retour de Reims, Blanche se consacre à l'instruction de son fils, notamment en matière religieuse, évidemment. Elle apprend à Louis à faire la distinction entre l'adoration de Dieu et la défiance envers l'Église, Église considérée par elle comme concurrente directe de la couronne.
Cette mère puissante ne néglige nullement l'éducation militaire du jeune roi, elle lui apprend qu'une armée forte est la condition d'une royauté forte, ce qui n'exclut jamais la négociation. Elle fit un roi, c'est-à-dire un homme qui put servir de modèle à ses sujets par sa culture, sa loyauté, mais qui possédât aussi de l'esprit de justice, d'équilibre et le sens du commandement, nous dit Paul Gut. Elle n'oublia pas l'éducation physique qui donne la résistance et qui concourt au prestige : équitation, natation, escrime, et bien entendu l'éducation religieuse qui poussa Louis IX à dépasser sa mère sur le chemin de Dieu et à devenir Saint Louis.
Pour autant, Blanche de Castille n'a pas le loisir de consacrer tout son temps à l'éducation de son fils, elle a vraiment d'autres choses à fouetter. Quelques semaines seulement après le sacre de Louis IX, les barons, en effet, se déchaînent littéralement contre l'unité du royaume. Alors, parmi eux, le comte de Dreux, le comte de la Marche et celui d'Angoulême, Hugues de Lézignan, n'oublions pas le comte de Champagne, notre fameux Thibault, qui, bien que très proche, vous l'aurez compris, de Blanche de Castille, ne s'en faufile pas moins dans des complots contre la couronne.
Des grands barons, le plus menaçant et sans conteste, le comte de Bretagne, Pierre Mauclair, accusé de comploter avec Henri III d'Angleterre. Mauclair, c'est le mauvais Claire, est-ce qu'il n'a pas abandonné après tout les ordres pour les armes ? Déjà, dans le règne précédent, chaque fois que son mari avait dû s'absenter pour combattre, Blanche s'était occupée des affaires publiques. Eh bien, cette fois, vous allez voir que nous allons la retrouver à la tête des armées, carrément. Je vous disais que c'était comment ? Courage d'homme en cœur de femme.
Eh bien voilà, je pense que nous pouvons reprendre l'expression à notre compte.
Europe 1, Au Cœur de l'Histoire.
Franck Ferrand. Franck, vous nous parlez cet après-midi de Blanche de Castille, qui associe son fils, le roi Louis IX, à ses combats contre les barons qui menacent le pouvoir royal. Alors, nous sommes à la fin des années 1220. Pour remettre les choses dans leur contexte, à quoi ressemble le royaume à cette époque ?
Alors, d'abord, il y a le domaine royal, vous savez, autour de Paris, enfin autour de toute l'ancienne, la très vieille France, toutes les régions de Compiègne, Senlis, etc., les vieilles villes royales. Alors, ce domaine s'est étendu grâce aux nombreuses élections de Philippe Auguste, bien entendu. Philippe Auguste, c'est le grand-père de notre petit Louis IX. Les comtés d'Auvergne, d'Angers, de Tours, de Normandie, de Vermandois, sans oublier l'Artois, après la célèbre bataille de Bouvines, évidemment, en 1214. Par ailleurs, la couronne possède de nombreux fiefs qu'on appelle les fiefs mouvants, c'est-à-dire, alors c'est un peu complexe ça, mais disons des territoires extérieurs, mais vassaux, arrachés pour la plupart aux Anglais, dont la liste est longue : comté de Flandre, de Bretagne, de Champagne, de Nevers, d'Angoulême, de Toulouse, ainsi que celui d'Angoulême, et aussi la vicomté de Limoges, par exemple.
Notez enfin que les Anglais possèdent la Guyenne, le Comminges, le Béarn. Et si vous voulez comparer le royaume de l'époque au territoire d'aujourd'hui, imaginez grosso modo notre France actuelle sans la Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, Rhône-Alpes, Provence, Côte d'Azur. Donc, une France nettement plus petite que la nôtre, et beaucoup plus déportée vers l'ouest, si vous voulez. Précisément, ce sont les barons des fiefs mouvants qui vont donner le plus de fil à retordre à Blanche de Castille.
À la mort de son mari, nous dit Michel de Beauhare, Blanche avait hérité une tâche immense. Le domaine royal devait assimiler d'énormes acquisitions faites au temps de Philippe Auguste et qui, en deux décennies, avaient triplé son étendue. Il fallut parachever la mise en place d'une administration adéquate. La complexité des problèmes économiques et financiers avait changé de gamme. Vous vous rendez compte, un État qui est en considérable développement territorial, qui n'en reste pas moins en guerre à l'extérieur, mais aussi, vous l'aurez compris, à l'intérieur.
Et puis des structures sociales, économiques de tous ordres, des structures marchandes aussi qui sont en train de changer complètement et qui donnent au gouvernement une autre dimension. C'est à ce moment-là que Blanche de Castille va devoir s'improviser cheffe de guerre. Elle emmène son fils Louis IX avec elle. Plutôt que des vassaux engagés à servir le roi dans ces guerres pendant 40 jours et qui peuvent se retirer passé ce délai, Blanche préfère utiliser des troupes, des troupes qui sont appointées régulièrement, des compagnies de chevaliers, sergents, arbalétriers à pied et à cheval.
On est au début de la guerre moderne, enfin aux prémices pour être plus exact. En janvier 1227, les conjurés sont réunis dans le Poitou. Blanche de Castille convoque Lost et marche vers Chinon. Elle est enceinte à l'époque, elle n'a pas encore accouché de son dernier enfant. Mais la mère de Louis IX préfère négocier. Elle reçoit la soumission de Thibault IV, qui va abandonner la coalition. On soupçonnait Thibault IV, entre parenthèses, d'avoir fait partie d'un complot qui aurait visé à empoisonner Louis VIII.
C'était une des accusations qui ont circulé à cette époque. Donc, la reine recule vers Tours, puis vers Vendôme. Un accord de paix est signé en mars 1227, donc au moment de son accouchement. Les conjurés, en échange de l'hommage à Louis IX, vont recevoir un certain nombre de petites compensations, grosses compensations financières et petites compensations territoriales. Vous sentez poindre, je continue, je file ma métaphore, vous sentez poindre l'homme d'État maintenant derrière, l'homme de guerre, si je puis dire, pour parler de cette femme.
L'accalmie procurée par ces accords ne va pas durer longtemps, puisque quelques mois plus tard, en novembre 1227, deux barons, toujours Pierre Mauclair et Hugues de Lézignan, vont recommencer à comploter. Ils prévoient carrément d'enlever le jeune Louis IX pour le soustraire à la tutelle de sa mère. Alors voilà, ils ont un plan, ils se sont réunis à Corbeil pour fomenter tout ça. Leur but, leur idée, c'est d'intercepter le cortège royal au moment où il va quitter Orléans. Seulement, le complot est éventé. Louis IX s'enferme dans la forteresse de Montlhéry.
Blanche, qui allait rester à Paris et n'a pas de troupes régulières, va faire appel à des milices communales. Les habitants de la capitale, donc ainsi armés, vont se diriger vers Montlhéry et ils fournissent au jeune roi l'escorte qui va le mettre en sûreté. Le retour de Louis IX dans la capitale est littéralement triomphal. De tout cela, dans les enseignements, Louis IX va tirer les conclusions. Vous savez qu'il a écrit les enseignements, enfin les a dictés, pour son fils héritier, le futur Philippe III.
« Surtout, garde les bonnes villes et les communes de ton royaume dans l'État et dans la franchise où tes devanciers les ont gardées, car à cause de la force et des richesses des grandes villes, tes sujets et les étrangers redouteront de rien faire contre toi, spécialement tes pères et tes barons. » C'est tout simplement ce que nous sommes en train de voir naître, c'est la naissance d'un nouveau monde. C'est une société en grande partie appuyée sur les villes qui vient s'imposer face à une société, l'ancienne société des fiefs, l'ancienne société féodale, tout simplement.
En janvier 1229, le régent de Bretagne est convoqué à Melun par la reine. Il a décidé de fortifier Bélem, une cité qui lui avait été confiée. Seulement, Pierre Mauclair décide qu'il n'a pas à se rendre aux invitations, aux objurgations de Blanche, il ne se présente pas. Eh bien, de nouveau, Blanche de Castille convoque Lost et, malgré des troupes, malgré une insuffisance de troupes, elle assiège Bélem. Alors que l'hiver est rigoureux, Blanche rejoint l'armée et tout de suite, elle a une réaction de femme, nous dit Régine Pernou : « Ces gens ont froid, il faut avant tout les réchauffer.
» Elle avait fait organiser de grands chars rois en bois qu'on va chercher dans la forêt normande. Des feux sont partout allumés pour réchauffer dans leur campement les hommes et les chevaux. Bientôt après, en un grand élan, le château de Bélem est emporté par ces gens que la reine a pris soin de réchauffer. En parallèle, Blanche doit faire face au même moment à une crise de l'université de Paris, une des nombreuses. Elle remet un peu d'ordre après des altercations entre bourgeois et étudiants. Blanche de Castille n'aime pas les étudiants, nous dit Jacques Levron, ni cette jeune université dont elle jalouse l'indépendance et l'autonomie.
C'est à peine si elle demande l'avis de son conseiller habituel, le légat du pape, Romain Franchipani. Facile à irriter, la régente ordonne au prévôt de Paris, c'était le préfet de police de l'époque, responsable de l'ordre dans la capitale, de sortir avec ses hommes et de ramener dans les prisons parisiennes les étudiants qu'ils trouveront hors les murs. Cet ordre est exécuté le jour même. Les étudiants ne se laissent pas faire, on va laisser quelques morts sur le carreau. L'université proteste, lance un ultimatum. Le 27 mars, ces proviseurs déclarent dans une lettre que si dans un délai d'un mois avant Pâques ils n'obtiennent pas satisfaction, aucun maître, aucun élève ne résideront pendant six ans dans le diocèse de Paris.
C'est la dispersion de l'université de Paris. Alors, évidemment, à Reims, à Toulouse, à Orléans, on se réjouit parce qu'on voit les étudiants arriver en Angleterre aussi, en Espagne, en Italie. Le minestrel de Reims prétend que la reine, accusée d'être enceinte du légat du pape, se montre toute nue à ses prêts-là et à ses barons pour prouver sa vertu. Vous voyez qu'on n'est pas à un mensonge près. Finalement, nous n'avons rien inventé.
Europe 1, Au Cœur de l'Histoire.
Franck Ferrand. Cet après-midi, Franck Ferrand, vous nous emmenez sur les traces d'un homme d'État, un homme de guerre, et cet homme n'est autre qu'une femme, Blanche de Castille. Nous sommes au cœur du Moyen Âge et la situation dans le royaume est plutôt calme.
Disons que ça s'est un peu apaisé après tout ce qu'on vient de connaître. Il y a eu, je ne vous ai pas parlé de la croisade des Albigeois, bien entendu, vous savez, très important cette affaire, mais là, nous sommes en 1233, les choses ont été, on a signé quatre ans plus tôt le traité de Paris. La querelle qui oppose par ailleurs Blanche de Castille aux étudiants de l'université s'est calmée. Une trêve de trois ans a été signée avec la Bretagne, avec l'Angleterre. Bref, Blanche de Castille commence à y voir plus clair, si je puis dire. Elle maintient néanmoins son emprise sur son fils qui maintenant a 19 ans.
Elle lui cherche une épouse, ce sera Marguerite de Provence, qui n'a que 12 ans, qui est la fille de Raymond IV Bérenger, de Provence, vous savez. Comme ce dernier n'avait que des filles, eh bien, cette union va permettre à la couronne, à la mort de Raymond, de récupérer la Provence. Le 27 mai 1234, le mariage a donc lieu à Sens. Marguerite est couronnée par l'archevêque de la ville, un des plus fidèles serviteurs de la couronne. Évidemment, Blanche a préféré éviter Reims, dont l'archevêque est le frère du comte de Bretagne, grand rival de Blanche de Castille, qui se soumettra d'ailleurs quelques mois plus tard.
Bref, vous voyez que la mère de Louis IX s'occupe de tout. Elle fait renouveler la garde-robe du roi, des officiers, des grands seigneurs de la cour pour que tout ça ait le plus grand éclat possible. Elle fait distribuer des robes de soie, de pourpre, de fourrure à la jeune épouse et à toutes ses dames. On est dans une période de... C'est le début du faste d'un règne qui sera incontestablement fastueux. Alors, Louis IX maintenant est marié. Il dispose d'un royaume relativement apaisé qu'il va pouvoir gouverner.
Et pour qu'il gouverne encore, faudrait-il que sa mère...
Lui laisse la place.
Mais voilà, tout simplement. Et elle n'a pas tellement l'intention, c'est ça qui est étonnant. Elle refuse de s'effacer. Elle a le titre de reine. Alors, pour Marguerite, l'épouse, on l'appelle la jeune reine. C'est comme ça qu'on distingue dans les chroniques. Et quand, en 1236, Pierre Mauclair propose de nouveau à Thibault de Champagne de conclure une alliance matrimoniale via un mariage entre le fils du régent de Bretagne et la fille unique du comte de Champagne, Louis IX ne s'oppose pas au mariage, mais sa mère, qui se méfie beaucoup de ce qui peut se passer et qui craint beaucoup, et par-dessus tout, l'union de la Bretagne et de la Champagne, repointe le bout de son nez, si je puis dire.
Et finalement, Louis IX va en Champagne et on verra le comte Thibault se soumettre à la couronne de France, se soumettre, disons-le, à la reine. Par tendresse autoritaire, plus encore peut-être que par tyrannie de femme de gouvernement, elle garda l'habitude de travailler avec son fils, nous dit Paul Gutte. Elle prit ainsi le pli de considérer que les seules choses importantes se faisaient avec elle. Elle voulut réduire l'autre, la jeune, la rivale, au rôle de couveuse. Elle fit une répartition draconienne du temps du roi. Pour elle, le jour, le travail de l'État à la vue de tous, et pour l'autre, la nuit.
Oui, voilà.
Au château de Pontoise, les jeunes mariés ont tout de même un appartement l'un au-dessus de l'autre. Louis retrouve son épouse dans l'escalier, mais lorsque les halbardiers donnent un coup de pic dans le plancher, les deux tourtereaux sont censés se séparer. Vous voyez, on fait régner. C'est quand même extravagant. Blanche est là, qui veille à tout. Lorsque Louis est au chevet de sa femme, qui est enceinte, au moment de ses premières couches, Blanche se rend dans la chambre. Elle prend son fils par la main et lui dit : « Venez-vous-en, ne faites rien ici. » La pauvre Marguerite gémit : « Hélas, vous ne me laisserez voir mon seigneur, ni morte ni vive.
» Je donne un autre exemple. Le 24 juin 1241, Louis IX, il a 27 ans, tient une cour plénière à Saumur où sont réunis 3 000 chevaliers. Il préside un banquet sous les halles de la ville. Il n'y a qu'une seule femme dans cette assemblée, une seule, et c'est...
Blanche de Castille.
Voilà, Marguerite, elle n'a pas été conviée. Fin 1244, Louis IX est touché par une violente dysenterie. Joinville nous dit : « Il fut à telle extrémité que l'une des dames qu'il gardait lui voulait tirer le drap sur le visage et disait qu'il était mort. Et une autre dame, qui était de l'autre côté du lit, ne le souffrit pas, mais elle disait qu'il avait encore l'âme au corps. Et comme il venait d'ouïr le débat de ces deux dames, notre seigneur opéra en lui et lui envoya tantôt la santé. Et sitôt qu'il fut en état de parler, il requit qu'on lui donne à la croix.
Et ainsi fit-on. Alors la reine, sa mère, ouï dire que la parole lui était revenue. Elle en montra aussi grande joie qu'elle put. Et quand elle sut qu'il était croisé, ainsi que lui-même le comptait, elle montra aussi grand œil que si elle l'eût vu mort. » Ce n'était sûrement pas dans les plans de Blanche de Castille de voir son fils se croiser et prendre en tout cas la tête de la croisade. Bonjour Xavier Elhari.
Bonjour.
Merci d'être avec nous. Nous allons poursuivre, si je puis dire, cette vie de Blanche de Castille et essayer de faire le départ entre ce qui est certain et ce qui n'est que probable.
Europe 1, Au Cœur de l'Histoire.
Franck Ferrand.
Cet après-midi, Franck Ferrand, vous nous emmenez au cœur de l'histoire de Blanche de Castille, de ses relations avec son fils Louis IX, de son rôle d'homme d'État. Et nous allons plus loin avec votre invité. Vous recevez Xavier Elhari. Il est professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université Lyon 3 et auteur de La Dernière Croisade parue chez Perrin.
Il est certain que lorsqu'on parle du XIIIe siècle, Xavier Elhari, il est toujours un peu difficile de faire le départ entre les préventions d'un certain nombre de chroniqueurs et la vérité historique. Peut-on se faire une idée concrète, une idée précise du tempérament de Blanche de Castille?
Alors, son tempérament, il est assez bien connu malgré tout par, d'une part, par Joinville, qui est le grand chroniqueur, le grand compagnon de Saint-Louis, et qui a laissé un certain nombre d'anecdotes que vous avez rapportées, qui ne laissent pas de doute sur le caractère un petit peu au quotidien de Blanche de Castille. Et par ailleurs, les autres chroniqueurs nous montrent quand même l'action de Blanche de Castille, une femme très impérieuse, très autoritaire, et qui a su protéger la royauté capétienne. Finalement, encore assez fragile à ce moment-là, contre les barons qui essayaient de reprendre la main.
Oui, ça a été quand même pour elle une vie de lutte permanente.
Elle avait commencé dès le règne de son mari, d'ailleurs.
Oui, alors même du temps où elle n'était que la femme du prince héritier.
Puisque le prince Louis, son mari, avait lancé une expédition en Angleterre en 1216-1217, une expédition qui était mal soutenue par Philippe Auguste. Et à un moment, Blanche de Castille avait menacé Philippe Auguste de mettre en gage ses propres enfants pour obtenir de l'argent pour soutenir l'expédition de son mari en Angleterre.
Il fallait tenir tête à ce beau-père quand même, qui n'était pas n'importe qui.
Oui, et donc on voit bien quand même, malgré tout, se dessiner un caractère qui ne laisse pas de doute sur la capacité de Blanche de Castille à mener à bien une politique.
D'où vient-il ce caractère? Elle avait été elle-même élevée à la dure, si je puis dire?
Alors, on ne connaît pas grand-chose de son éducation. C'est la fille du roi de Castille, mais malgré tout, on ne sait pas très bien comment elle a pu être élevée. Il y a une part, finalement, d'inné dans son caractère.
Elle avait, c'est ça, elle avait ce qu'on appelle un grand tempérament.
Elle avait un grand tempérament, mais son grand tempérament, on le retrouve aussi chez sa belle-fille, Marguerite de Provence, dont vous avez parlé, puisque Marguerite de Provence, qu'on présente.
Qu'elle avait choisie, du reste.
Qu'elle avait choisie, mais qu'on présente un peu comme persécutée par sa belle-mère, par Blanche de Castille, mais devenue elle-même reine, devenue donc la femme de Saint-Louis, la mère de l'héritier du trône, Philippe III, le futur Philippe III. Elle impose au futur Philippe III, alors qu'il a 17 ans, de lui obéir jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de 30 ans. Donc finalement, Marguerite de Provence avait retenu les leçons de sa belle-mère.
Nous allons revenir dans un instant sur les relations houleuses entre cette belle-mère terrible et cette belle-fille qui ne se laissait pas faire. Mais avant cela, reprenons peut-être dans le fil de la vie de Blanche l'époque du règne de son mari, époque fugace somme toute, trois ans de règne, et elle passe son temps en couche, comme on disait. C'est-à-dire qu'elle a beaucoup d'enfants.
Oui, elle a beaucoup d'enfants, ce qui est sa première qualité, certainement, en tant que femme du roi, puisque Philippe Auguste lui-même avait eu trois épouses, avait eu beaucoup de mal à avoir des enfants et donc beaucoup de démêlés. Il avait renvoyé une de ses épouses qui avait provoqué une grave crise avec la papauté.
On ne peut pas dire que les relations de Philippe Auguste avec les femmes soient la plus brillante partie de.
Elles ne sont pas très simples, parce que sa deuxième épouse, Ingeburg de Danemark, qu'il a pourtant fait venir de loin, il l'a répudie au lendemain de la nuit de noces. Donc on ne sait pas ce qui s'est passé, mais il a dû se passer quelque chose.
C'est assez intéressant d'ailleurs de voir à quel point la grande histoire parfois vient télescoper la petite.
Oui, puisque le roi s'est retrouvé excommunié et le royaume mis sous interdit, c'est-à-dire que tous les offices étaient interdits.
Avec des conséquences considérables pour tout le royaume. C'est impressionnant. Bon, donc notre Blanche va avoir un grand nombre d'enfants. Alors, ces enfants, évidemment, comme très souvent à l'époque, il y en a beaucoup qui meurent jeunes. Certains vont quand même survivre, dont le petit Louis, qu'elle couve très vite et très tôt, si je puis dire. Elle investit immédiatement sur la figure de cet enfant.
Oui, alors Louis, ce n'est pas le premier fils. C'est avant tout les fils qui comptent à cette époque-là et surtout pour une famille royale. Donc Louis n'est pas le premier. Il y a un premier fils qui s'appelle Philippe, comme son grand-père. C'est l'usage de répartir les noms ainsi. Mais Louis va devenir assez tôt l'héritier potentiel et donc il est effectivement couvé. On ne sait pas grand-chose, sinon par Joinville qui dit que Blanche de Castille a élevé son fils et ses fils dans une très grande piété, une piété sévère, peut-être une piété déjà un petit peu à l'espagnole, en fait.
Elle vient de Castille, quand même.
Oui, bien sûr. Elle élève ses fils un peu sans doute comme elle a été élevée elle-même, probablement.
Exactement. Et donc avec une piété très forte. Et un des hagiographes du roi, un de ceux qui ont écrit la vie de Saint-Louis dans la perspective de sa canonisation, dira que Blanche de Castille aurait préféré que son fils meure plutôt qu'il ne commette un péché mortel.
On ne pouvait pas s'attendre à la mort si précoce, si prématurée de Louis VIII, Louis VIII le Lion.
Effectivement, il meurt d'une maladie.
Dysenterie.
Oui, au retour d'une expédition dans le Midi.
On l'a vu quand même se tordre de douleur sur son lit de mort et certains ont prétendu qu'il avait pu être empoisonné.
Oui, c'est toujours l'accusation qu'on renvoie lors d'une mort brutale dans les familles royales, au XIIIe siècle comme à d'autres époques, mais nous n'avons pas d'éléments pour aller dans ce sens.
On ne pourrait pas pousser le caractère machiavélique avant l'heure de Blanche jusqu'à l'accuser d'un tel forfait.
Non, vraiment, il n'y a pas de raison pour le dire. Le seul élément qu'on nous donne chez les chroniqueurs, c'est qu'elle a été prostrée par la mort de son mari pendant très peu de temps.
Alors, c'est sur ses épaules que va désormais reposer le sort du royaume, puisque tous ces grands barons, n'oublions pas que nous sommes encore dans une période féodale, on est en train de sortir à grands pas de la féodalité, mais on y est encore. Tous ces grands barons redressent la tête, rejiumbent pour certains, et c'est l'unité même du royaume qui est en cause à la mort de Louis VIII. Le petit Louis IX est tout jeune, bien sûr.
Oui, il est tout jeune. Alors, c'est surtout finalement les acquis du règne de Philippe Auguste, le renforcement déjà de l'État royal qui est menacé, puisque Louis VIII l'avait maintenu, ce renforcement, mais avec la minorité du nouveau roi, les barons, comme vous l'avez dit, essayent de reprendre la main en quelque sorte.
Eh bien, ils vont avoir fort à faire parce que face à eux va se dresser Blanche de Castille.
Europe 1, Au Cœur de l'Histoire.
Franck Ferrand.
Au cœur de l'histoire de Blanche de Castille, cet après-midi, vous l'avez compris, nous sommes en plein XIIIe siècle et nous allons plus loin. Nous essayons d'en savoir plus sur cette femme, cette reine, cet homme d'État, cette femme de guerre, avec Xavier Elhari, professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université Lyon 3 et auteur de La Dernière Croisade.
Alors, Xavier Elhari, on peut dire qu'avec l'avènement de son fils, d'ailleurs c'est elle qui le fait sacrer à toute force et à toute vitesse, si je puis dire.
À toute vitesse, oui, oui. En trois semaines, il est sacré, alors qu'il a 12 ans, ce qui pose un petit peu problème parce que le roi doit être adoubé, doit être fait chevalier. Donc, on adoube Saint-Louis un peu en catastrophe à l'âge de 12 ans, alors que c'est plutôt normalement à l'âge de 18 ou 20 ans.
Bien sûr. Oui, donc tout ça est fait pour des raisons politiques évidentes. Et avec l'avènement de son fils, c'est le règne de Blanche qui commence pleinement.
Voilà, effectivement, cette femme très autoritaire, très impérieuse, prend en main le gouvernement du royaume. Alors, quand on parle de gouvernement du royaume, c'est quelque chose qui est encore très rudimentaire, en fait, puisqu'il y a quelques conseillers, quelques fonctionnaires, si on veut, mais c'est quelque chose qui repose essentiellement dans les mains du roi ou de la régente. D'ailleurs, ce titre de régente qu'on lui donne souvent, c'est un titre qui n'est pas encore donné par les gens de l'époque. Elle exerce en tant que reine de France un pouvoir qui lui vient de son titre de reine. Elle n'a pas de titre particulier.
Et sur son sceau, on voit bien « par la grâce de Dieu, reine de France ».
Oui, c'est son titre officiel qui est repris sur son sceau ou dans les actes officiels de la royauté.
Quelles sont les grandes décisions que va prendre Blanche de Castille dans les premières années du règne, si l'on peut dire, de son tout jeune fils?
Alors, sa grande action, c'est quand même de mettre un terme à la révolte des barons qui lui reprochaient à la fois d'être une femme et une étrangère, en fait. Et par ailleurs, elle va réussir de façon assez habile à consolider deux acquis des règnes précédents, c'est-à-dire d'une part, dans le Languedoc, la mainmise directe du roi sur les terres confisquées aux seigneurs qui avaient soutenu l'hérésie albigeoise, ou ce qu'on présentait comme telle. Et d'autre part, elle va régler la question flamande, c'est-à-dire qu'elle va libérer le comte de Flandre, qui avait été fait prisonnier à Bouvines treize ans plus tôt, et elle va donc s'allier avec lui.
Et donc, elle va vraiment consolider les acquis des règnes précédents.
Cette femme de force et qui ne s'en laisse compter par personne est aussi une habile diplomate. Son but n'est pas uniquement de faire la guerre, disons-le bien, au contraire même.
Non, non, elle réussit donc par des accords plus que par la guerre. Et son action diplomatique, effectivement, est très importante.
Ça n'empêche pas, de temps en temps, de monter elle-même à cheval et de s'en aller à la tête des armées. Ça, c'est quand même impressionnant aussi de voir ça.
Oui, alors ce n'est pas Jeanne d'Arc non plus, mais c'est vrai qu'elle est quand même, effectivement, elle se montre à la tête de ses armées. C'est important, le pouvoir doit être incarné. Il y a Saint-Louis qui est un tout jeune, tout jeune homme, même un enfant encore, un adolescent, certes adoubé, certes sacré, mais malgré tout, la présence de Blanche de Castille est quelque chose d'important.
Oui, et est-ce qu'on peut dire de Saint-Louis qu'il apprend la politique aux côtés de sa mère? Il reçoit de sa part des leçons politiques?
Alors, certainement, puisqu'à bien des égards, il reproduit cette politique très autoritaire, très impérieuse, une fois du moins qu'il se sera libéré de la tutelle de sa mère, ce qui ne va pas aller sans mal.
Ce qu'il y a d'un peu rêche dans le règne de Saint-Louis et ce que les chroniqueurs décrivent parfois comme une forme de dureté, ça pourrait être l'héritage de l'enseignement maternel?
Oui, certainement, oui, puisqu'on voit quand même que Blanche avait un caractère sévère.
On la voit avec les étudiants de Paris, quand même, elle est d'une violence incroyable. Ça a laissé des traces à la Sorbonne, jusqu'à nos jours.
Oui, alors c'est vrai qu'elle a... La royauté était à la fois fière de la présence de l'université de Paris, qui était le grand centre intellectuel d'Occident, et puis elle se méfiait de ses étudiants et de ses professeurs, qui étaient tous des clercs, qui appartenaient tous au clergé, et qui échappaient donc de ce fait aux tribunaux royaux, qui dépendaient uniquement des tribunaux ecclésiastiques.
Oui. Tout ce qui, d'une façon générale, échappait à la tutelle de la couronne, donc de Blanche, l'inquiétait.
Exactement.
Elle avait un besoin de contrôler les choses. On peut voir dire ça.
Exactement. Et le parallèle peut se faire finalement avec Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV dans de la fronde.
On pourrait établir des comparaisons avec d'autres régences. Est-ce qu'on peut parler d'une régence, d'ailleurs, dans le cas de ce que vous nous disiez?
Oui, elle ne porte pas le titre de régente, mais elle a le titre de reine de France. Donc, à ce titre, elle peut, dans ce gouvernement encore très rudimentaire, elle peut exercer le pouvoir. Et une fois que la révolte des barons est passée, personne ne conteste la réalité de ce pouvoir.
Oui, ce pouvoir qu'elle a su faire connaître par un certain nombre de coups d'éclat. Quels étaient ses rapports avec ces fameux grands barons de France? On parle toujours de Thibaut de Champagne, bien entendu, dont certains disent qu'il aurait pu être son amant.
Oui, alors c'est un peu des calomnies. Et c'est vrai que Thibaut de Champagne est connu à l'époque comme Thibaut le chansonnier. C'est-à-dire qu'il a fait beaucoup de chansons et des chansons.
Y compris de très célèbres et d'importantes.
Et de très célèbres, mais beaucoup de chansons d'amour. Mais comme tous les barons et beaucoup de chevaliers en faisaient à cette époque-là. Donc, on lui a prêté, c'est vrai, une idylle avec Blanche de Castille, mais probablement qu'il n'était pas suivi d'effet ou qu'il n'était pas réciproque, en tout cas.
Alors, elle va vouloir marier son fils avec une toute toute jeune épouse. Là encore, mariage purement politique, il s'agit de récupérer la Provence. La couronne de France est toujours dans cette obsession de l'accroissement de son territoire.
Oui, alors d'autant plus que la Provence ne fait pas partie du royaume à cette époque-là. On est à l'est du Rhône, donc c'est encore dans l'Empire. Donc, ça n'est pas dans le royaume. Et le comte de Provence avait quatre filles.
On va gagner des terres sur l'Empire, en fait.
Voilà, puis les quatre filles du comte de Provence, le comte de Provence n'avait pas de fils, il n'avait que des filles, vont être mariées à différents princes. Et finalement, ce n'est pas Saint-Louis qui va récupérer le comté de Provence, mais c'est le dernier de ses frères, Charles d'Anjou, qui va hériter du comté de Provence, mais c'était quand même un prince capétien.
Oui, bien sûr. Alors, le mariage s'effectue sans trop de difficultés et la petite mariée tombe immédiatement sous la coupe de sa belle-mère. C'était encore une enfant, ça tombe bien.
Oui, oui. Alors, on peut noter d'ailleurs que Saint-Louis, déjà, autant il a été adoubé jeune, autant il est marié assez tard, puisqu'il a 19 ans ou 20 ans, en 1234. Et donc, c'est un peu tard pour se marier. Donc, on peut penser que Blanche de Castille a quand même voulu garder le contrôle de son fils le plus longtemps possible. Et après, ça, on le sait par les anecdotes que rapporte Joinville, on sait que Blanche de Castille était visiblement, très visiblement, jalouse de sa belle-fille, au point d'empêcher qu'il se voie dans la journée.
Peut-être que l'importance de cette bisbille familiale a été accrue précisément par le témoignage que nous livre Joinville. Là, ça change tout. C'est-à-dire qu'on possède un vrai témoignage. Mais en même temps, on a l'impression d'assister à une scène très moderne de lutte sourde entre une belle-mère et une belle-fille qui ne veut pas se laisser faire.
Oui, exactement. C'est tout à fait frappant. Et on peut penser que le caractère dont Marguerite de Provence fera preuve par la suite, d'ailleurs dès le moment de la croisade d'Égypte, puisqu'elle joue un rôle militaire pendant la croisade d'Égypte, elle l'a acquis au contact de sa belle-mère un peu rêche.
Oui, et alors sa belle-mère ne voulait pas partager le roi, en quelque sorte.
Alors, Joinville dit : « Ma fille, vous l'aurez la nuit, mais moi, je l'ai pour moi le jour. » Et donc, effectivement, le rôle procréateur, finalement, de Marguerite de Provence était reconnu. D'ailleurs, elle aura beaucoup d'enfants, elle aussi, Marguerite de Provence, donc mission accomplie. Mais le jour et donc les affaires de l'État, en quelque sorte, sont pour Blanche de Castille et son fils.
C'est quand même un personnage qui, là, devient assez antipathique, il faut bien le dire.
Oui, d'autant plus que Joinville rapporte une autre anecdote. Il dit que lors d'une des grossesses de Marguerite de Provence, les grossesses se passaient souvent mal et au moment d'accoucher, ça se passe vraiment mal. Marguerite de Provence est prête de mourir et Blanche de Castille dit à son fils : « Non, vous n'avez rien à faire là. » Donc, Blanche de Castille le prend par la main pour le sortir de la chambre où est Marguerite de Provence. Et c'est à ce moment-là que Marguerite de Provence lui dit : « Vous ne me laisserez voir mon mari, ni vivante, ni morte. »
C'est terrible.
Terrible.
C'est une anecdote terrible. Blanche a fondé bien des abbayes. Nous allons aller nous promener dans un certain nombre des abbayes d'Île-de-France, et d'autant plus que le chancelier de l'Institut de France vient de nous rejoindre dans ce studio.
Archive - Comment une princesse venue d’Espagne est-elle devenue l’une des femmes les plus puissantes du royaume de France ? Épouse de Louis VIII et mère de saint Louis, Blanche de Castille joue un rôle politique majeur au XIIIe siècle. À la mort de son mari, elle assume la régence et doit défendre la couronne face aux grands seigneurs du royaume, tout en préparant son fils à devenir roi. Femme de pouvoir, stratège et mère déterminée, elle marque durablement le règne de Louis VIII comme celui de son fils, Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis. Franck Ferrand retrace le destin exceptionnel de cette reine qui a su s’imposer dans un monde dominé par les hommes, avec l’éclairage de l’historien Xavier Hélary.
Au Cœur de l'Histoire est un podcast Europe 1.
- Présentation : Franck Ferrand
- Emission originale : Lorena Martin, Pierre-Louis Lensel, Mathilde Hirsch
- Production et diffusion : Clara Leger
- Composition du générique : Julien Tharaud
- Visuel : Luowen Wang
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