Transcript of Une escadrille américaine : « Les Tigres volants » – Collection Seconde Guerre mondiale

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Episode summary

This episode of Les grands dossiers de l'Histoire covers the Flying Tigers, an American volunteer squadron that fought for China against Japan in 1941 and 1942. It traces how the unit grew out of covert US support for Chiang Kai-shek, backed by a private military company and the Lend-Lease law.

The story centres on pilot Robert Lee Scott, a former instructor who got a chance at combat after Pearl Harbor, flew a P-40 nicknamed the Exterminator, and reportedly survived a dogfight near Guilin. It also details the squadron's raids on Hong Kong and Canton, which the host describes as highly successful, and the legend the pilots left in China.

In this episode Franck Ferrand, Christian Morin

This episode's transcript on the Flying Tigers story was made with the technology behind HappyScribe's AI meeting assistant.

Franck Ferrand00:00:00

Volant.

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09:00, 09:30, « Franck Ferrand raconte » sur Radio Classique.

Franck Ferrand00:00:19

En 1941, ça fait 5 ans que l'armée impériale du Japon étend sa mainmise sur un certain nombre de territoires chinois. On est dans la Chine du nationaliste Jiang Jiesi, qu'on appelait autrefois Tchang Kaï-chek. Les villes chinoises sont tombées les unes après les autres. Le Japon s'apprête à attaquer l'Indochine française, la Birmanie britannique... On a l'impression que rien ne pourra arrêter les soldats d'Hirohito, avec des massacres de civils chinois qui se font de plus en plus nombreux et qui sont atroces.

Les nations occidentales observent tout ça avec inquiétude. On ne peut pas dire que le soutien aux Chinois soit très... soit trop. Le RSS a bien tenté de contribuer un peu à l'effort de guerre, mais la situation qui est devenue inflammable sur le front de l'Ouest — on est en pleine guerre contre l'Allemagne d'Hitler, bien entendu — tout ça va calmer les ardeurs russes, d'autant plus qu'il y a ce pacte de neutralité nippo-soviétique qui est signé le 13 avril 1941. Donc c'est plutôt par les États-Unis que passe l'aide occidentale, une aide un peu confidentielle, il faut bien le dire.

En 1937, un général de l'armée de l'air américaine qui s'appelle Clair Lee Chenno — c'est un personnage assez extraordinaire — il a quitté le service actif et il va proposer au gouvernement de la République de Chine, il va proposer à Jiang Jiesi son aide. Et en juin, il devient donc le conseiller pour l'aviation chinoise. Cette armée de l'air chinoise, ce n'est pas grand-chose, elle est un peu embryonnaire, tout est à faire. Seulement, Jiang Jiesi a compris l'importance de se doter d'une force de frappe.

En 1940, on voit bien que la mission est extrêmement complexe. Chenno, à ce moment-là, va demander l'aide du gouvernement américain. Seulement, les États-Unis sont neutres dans tous les conflits en cours, y compris celui-ci. Bon, le président Roosevelt, néanmoins, vous savez, a plusieurs attitudes à la fois. Il comprend l'intérêt qu'il y a à soutenir cette Chine complètement débordée par un Japon qui devient inquiétant pour les États-Unis eux-mêmes. Et Roosevelt va passer outre à la neutralité et autoriser — mais comme ça, verbalement, sans laisser de trace écrite, bien entendu — autoriser l'envoi d'avions de chasse américains en Chine.

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Franck Ferrand sur Radio Classique.

Franck Ferrand00:02:42

Grande discrétion autour de tout ça, bien sûr. C'est par l'entremise d'une société militaire privée, la Central Aircraft Manufacturing Company, qui a été créée exprès, que Clair Lee Chenno a réussi à recruter des techniciens, des pilotes, des volontaires qui vont venir prêter main-forte aux Chinois. Ce sont des mercenaires, si vous voulez, contre les Japonais, bien entendu. L'opération prend de l'ampleur avec un côté un peu officiel. C'est la loi Land Lease, qui est adoptée le 11 mars 1941, qui autorise le président des États-Unis à vendre ou à céder du matériel à l'endroit d'un pays dont la défense est jugée vitale pour les intérêts américains.

Ça, ça permet d'avoir une attitude assez souple, d'une certaine façon. Et donc, à la fin de l'été 1941, une escadrille américaine clandestine va prendre racine en Chine. C'est le premier groupe de volontaires américains — c'est son nom pour l'instant — avec une base à Kunming, dans la province du Yunnan. On est tout à fait au sud de la Chine, vous voyez, le Yunnan, région montagneuse très méridionale. Cette escadrille a pour but d'impressionner l'aviation japonaise. Elle va prendre le nom, histoire de se rendre encore plus impressionnante, le nom de Flying Tigers, les Tigres volants.

Groupe de chasse qui va devenir mythique. Les Tigres sont censés faire la chasse aux rats, pas besoin de vous expliquer qui sont les rats. Eh bien, c'est cette épopée que nous allons essayer de revivre à travers notamment la carrière d'un des as des Tigres volants, l'américain Robert Lee Scott. Le 7 décembre 1941 — vous savez, ça, c'est une date que vous connaissez — c'est l'attaque japonaise contre Pearl Harbor. Ça faisait 4 ans que notre Scott, là, Robert Lee Scott, était pilote instructeur.

Et il juge que tout ça est un petit peu ennuyeux, qu'il serait meilleur instructeur s'il avait lui-même combattu. Et malgré les sollicitations envoyées à tous les quartiers généraux de l'armée de l'air, il n'a pas moyen de se rapprocher du combat. Or, il avance en âge, lui. Et voilà que, d'un seul coup, on l'appelle de Washington. C'est un colonel qui est au bout du fil, qui lui dit : « Avez-vous déjà piloté un quadrimoteur ? » Et Scott répond : « Oui, monsieur. » En réalité, il n'a jamais piloté de quadrimoteur, mais il n'est pas question de dire non dans ce genre de circonstances, bien entendu.

Il l'avait embarqué sur un de ses appareils, mais enfin bon, peu importe. Il n'a pas l'intention de laisser filer l'occasion. Le colonel, c'est Caleb Haines, c'est le technicien de l'aviation militaire qui a voué la plus grande partie de sa vie à faire du quadrimoteur une véritable arme. Ce sont les fameuses forteresses volantes, vous savez, les B-17. Et donc, Scott va être sélectionné pour former un corps d'élite et convoyer des bombardiers jusqu'en Chine afin d'aller frapper des cibles au cœur du Japon.

Franck Ferrand00:05:35

Eh oui, ça, c'est tout le changement qui est intervenu à l'occasion de Pearl Harbor. Eh bien, pour Scott, c'est le moyen de réaliser un rêve sur son B-17, dont il apprend à piloter tous les aspects. Il en connaît bientôt les ficelles. Il va faire inscrire en latin une inscription qui dit : « L'enfer tombant du ciel ». Et les intentions de Scott et des 8 hommes d'équipage qui sont avec lui sont des intentions tout à fait claires. Il s'agit d'aller frapper, d'aller faire du mal à cet empire nippon qui a tenté de mettre l'Amérique KO.

Alors d'abord, ça veut dire qu'il faut franchir l'Atlantique, l'Afrique, le Moyen-Orient, avant d'atteindre Karachi, qui à l'époque est encore dans les Indes britanniques. En arrivant à Karachi, c'est un long voyage quand même qu'a fait Scott avec tous ses hommes. Il est assommé par une nouvelle : le colonel Haines lui annonce que la mission est terminée. Mais qu'est-ce qui se passe ? Le 18 avril, quelques pilotes, qui sont commandés par le colonel Doolittle, ont opéré un raid héroïque au cœur même de Tokyo.

Ce qui veut dire que les objectifs de l'état-major américain maintenant ont changé, qu'on n'a plus l'intention d'aller frapper le Japon sur ses terres. Mais vous imaginez, pour tous ces hommes qui étaient engagés, qui avaient l'intention d'aller là-bas, qui croyaient à la mission de leur vie... Ah non, là, ils sont complètement démoralisés.

Vous avez reconnu Mars, qui nous apporte la guerre, une des planètes la plus célèbre, sans doute de Holst. L'Orchestre symphonique de Chicago était sous la direction de James Levine.

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Vous écoutez Radio Classique.

Franck Ferrand00:08:41

Alors bon, il n'y a plus la mission sur le Japon, là, ça a été annulé. Mais il y a une autre mission qui pourrait être menée, par notre Scott, c'est d'aller ravitailler l'armée chinoise, notamment le groupe du général Chenno, donc, qui se trouve en Birmanie, où les Japonais sont en train d'avancer, dans cette Birmanie britannique. Bref, pour Scott, c'est une occasion qu'il ne faut pas manquer, et ça va être son premier contact avec les Tigres volants. Avec le colonel Haines, il doit aménager de nouveaux terrains d'aviation.

Il s'agit bien sûr d'élargir le champ d'action du corps aérien. Il est décidé à demander au général Chenno son affectation dans l'escadrille, cette escadrille qu'on reconnaît facilement, avec ces gueules de requins qui ont été peintes sur le nez des appareils. Ces appareils, les Tigres, les requins, enfin vous voyez un peu tout le bestiaire qui a été mobilisé. Le général est assez bluffé, disons-le, par la ténacité de Scott, et il finit par lui confier un de ses P-40. Ce qui veut dire que Scott a enfin son chasseur.

Il est tout content. À ses yeux, c'est de la dynamique, cet avion. Il est ébloui par les lignes gracieuses, par le fuselage de ce P-40, qui est une sorte de pur sang des airs, si vous voulez. Scott n'a pas encore rejoint les Tigres volants officiellement à ce moment-là. Depuis le nord-est de l'Inde, il est le seul à piloter un avion de chasse. Et auprès du général Chenno, il a convenu qu'il allait pouvoir, comme ça, aller harceler les Japonais en Birmanie avec son malheureux P-40, tout seul.

Le P-40 en question, il l'a baptisé « l'Exterminateur », tout un programme. Mai 1942, Scott entre dans le plus beau mois de sa vie, puisqu'il va réaliser tous les jours des sorties avec attaques en piqué sur les installations japonaises en Birmanie centrale, sur des blindés, sur des bombardiers au sol, des péniches, des colonnes d'infanterie. Il fait repeindre plusieurs fois par jour, dans des couleurs différentes, la casserole d'hélice de son appareil, pour faire croire aux Japonais qu'ils ont affaire à toute une escadrille. Parce que comme ils ne sont pas de la même couleur, tous ces avions, on a l'impression que ce sont des avions différents.

C'est toujours le même. C'est toujours le même P-40, bien sûr. Il y a d'ailleurs un correspondant de guerre qui, en apprenant ce fait d'armes de Scott, l'a surnommé « l'homme escadrille ». C'est un peu l'homme orchestre de l'aviation de chasse. Et Scott, qui est toujours plus audacieux, demande à ce qu'on accroche sous son fuselage des bombes qui pourraient permettre de causer plus de dégâts encore aux Japonais, et revient de ces raids très audacieux, avec parfois le fuselage perforé comme une passoire. Parce qu'il est inutile de vous dire que les Japonais au sol ne se laissent pas faire.

Il a un regret, c'est de ne pas encore s'être frotté aux Japonais dans un combat aérien. Eh bien voilà que les choses se font. On est à l'été 1942, ça ne fait pas très longtemps, ça fait 7 mois qu'il est dans le combat aérien, Scott. L'escadrille des Tigres volants est dissoute au sein du 23e groupe de chasse de la China Air Task Force, qui est commandée toujours par Chenno, et désormais pour les États-Unis. Il s'agit d'aller prendre le contrôle des opérations en Asie pour lutter contre cette espèce d'expansion japonaise.

Les Japonais sont maintenant directement les ennemis de l'Amérique de Roosevelt, bien sûr. Donc on va s'appuyer sur l'expertise des Tigres volants. Ils ont quand même 50 avions japonais à leur tableau de chasse, qu'ils ont réussi à liquider dans la région de Rangoun, en Birmanie. Les emblèmes, la gueule de requin, tout ça est conservé dans la nouvelle escadrille. Et le 31 juillet 1942, Scott pilote donc au milieu des Tigres volants. Ça y est, cette fois, il a intégré la nouvelle escadrille.

Franck Ferrand00:12:31

Et à l'aube, il se trouve en vol au-dessus des hautes montagnes, dans la région de Guilin, une des places fortes de la résistance chinoise face à l'oppresseur japonais. Il y a un bombardier que Scott aperçoit au loin. C'est un bombardier japonais qui est en train de lui foncer dessus. Au dernier moment, il se rend compte que le bombardier en question est escorté par deux chasseurs. Le général Chenno lui avait donné un conseil, lui avait dit : « Il ne faut jamais attaquer seul un bombardier protégé par la chasse.

» Seulement là, qu'est-ce que vous voulez faire ? La petite escadrille se rapproche beaucoup trop vite. C'est un combat tournoyant qui est en train de se lancer dans le ciel. Les chasseurs ennemis sont les redoutables Zero. Scott leur mène la vie dure. Il faut imaginer les acrobaties en plein vol. Il réussit à faire rugir ses mitrailleuses, qui crachent plus de 100 balles à la seconde. Et puis maintenant, il s'en prend donc aux deux chasseurs qu'il arrive à endommager avant de se rendre compte qu'il n'a plus d'essence, qu'il doit repartir en toute hâte vers sa base, en essayant de se cacher le plus possible dans les nuages.

Parce qu'il y a toujours les chasseurs ennemis qui sont là maintenant à ses trousses. Et plus tard, il apprendra que les deux pilotes de ces Zero japonais se sont fait harakiri, parce qu'ils ont perdu la face en laissant le bombardier qui les escortait se faire abattre. Finalement, Scott est en train de devenir ce qu'on doit pouvoir appeler un as de l'aviation. Depuis 5 mois, il a mis à rude épreuve son Exterminateur, qui est perforé de partout, je vous l'ai dit, qui a été rafistolé comme on a pu.

200 impacts sur la carlingue, quand même. Ça devient difficile de continuer à voler avec un zing pareil. Le voilà donc contraint de changer d'appareil. Il a un nouveau P-40, flambant neuf. Les mitrailleuses sont en bon état. Scott refuse de changer celles qu'il avait sur l'autre appareil. Il les installe donc sur le nouvel avion. À ses yeux, c'est un petit peu ce qui lui porte chance. Ça devient presque son... Il y a quelque chose de l'ordre de la superstition là-dedans.

Beaucoup des pièces de l'Exterminateur, d'ailleurs, vont être utilisées pour équiper quelque 18 autres P-40 qui étaient en réparation. Il a l'impression, Scott, en voyant toutes ces pièces reprendre du service à bord d'autres avions, il a l'impression que son avion, son avion fétiche, son Exterminateur, est en train, d'une certaine manière, de se réincarner.

Le Scherzo de la Symphonie n° 8 de Ralph Vaughan Williams, par l'Orchestre symphonique de Londres, sous la direction d'André Prévin.

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Franck Ferrand, sur Radio Classique.

Franck Ferrand00:16:13

Il a maintenant 10 bombardiers avec lui. Scott, on est à la fin du mois de septembre 1942. Le chef d'état-major du général Chenno, qui s'appelle Cooper, signale à Scott que les Japonais sont en train de concentrer des forces du côté de Hong Kong. Et l'objectif, c'est donc d'aller cibler le port Victoria d'Hong Kong pour détruire le maximum d'installations japonaises. On prépare donc un raid. Tout ça se fait, est-ce que j'ai besoin de vous le dire, dans le plus grand secret, bien sûr. Et dans la matinée du 25 octobre, ordre est donné de décoller.

Sept appareils de chasse vont donc escorter 10 bombardiers. Ça fait un an qu'Hong Kong est aux mains des Japonais. Et Scott rêve d'être parmi les premiers à voir une bombe alliée tomber sur cette colonie britannique, maintenant devenue japonaise. Et en se rapprochant de l'objectif, il voit qu'il y a de l'agitation au sol. Une nuée de Zero s'apprête en effet à décoller pour aller intercepter ce raid américain, ces 10 bombardiers américains.

Vous imaginez, nuée de Zero dans le ciel. L'opération se corse, là. Et d'autant plus qu'il y a la défense contre aviation japonaise, qui est en train de piquer le ciel de petits nuages blancs et noirs. Il faut arriver à échapper à tous ces tirs d'artillerie, passer entre les gouttes, si je puis dire, en l'occurrence entre les obus. Les bombardiers se mettent à larguer leurs chapelets de bombes sur l'objectif. Inutile de vous dire que ça fait une fumée extraordinaire. Tous les quais du port d'Hong Kong sont en feu. La mission a l'air d'être un énorme succès, sauf qu'il faut réagir, parce que maintenant, il y a tous ces chasseurs japonais dans le ciel.

Les Tigres volants les ont vus venir. On continue à les appeler comme ça, même si l'escadrille, officiellement, vous l'avez compris, a été dissoute. Les pilotes américains sont prêts à sauter sur les avions japonais. C'est du combat qu'on pourrait qualifier quasiment de corps à corps, même si on est dans les airs, bien sûr. Et Scott, avec ses frères d'armes, se révèle encore plus méchant, si je puis dire, que les Japonais. Jour de gloire pour les Tigres volants, puisque les alliés n'auront perdu dans cette opération qu'un seul bombardier et un seul chasseur.

Alors que côté ennemi, côté japonais, on compte 27 chasseurs abattus. Les Américains, le même jour, vont procéder à deux autres bombardements, qui sont eux aussi très bien maîtrisés. Les Tigres volants ont un principe absolu : l'attaque, rien que l'attaque, ne jamais être sur la défensive, descendre l'ennemi avant qu'il puisse vous descendre. Ce sont des combattants absolus, ces Tigres volants. Et le premier, le plus gros de leurs bombardements, va intervenir un mois plus tard, le 27 novembre.

Franck Ferrand00:18:59

Les Américains, depuis plusieurs semaines, ont fait croire qu'ils allaient prendre à nouveau Hong Kong. Les Japonais ont donc multiplié les patrouilles dans le ciel de l'ancienne colonie britannique. Sauf que ce jour-là, ce sont 14 bombardiers accompagnés de 22 Curtiss P-40, aux gueules de requins, donc, qui vont se jeter non pas du tout sur le port de Hong Kong, mais sur celui de Canton, où l'ennemi ne les attendait pas du tout. Là, il y a des gros navires qui transportent des avions de chasse japonais. Ils vont tous être coulés. C'est une sorte de perle à rebord à l'envers, si on peut dire, avec un énorme succès, puisque 45 avions de chasse japonais, parmi ceux qui ont attaqué, sur les 45, pardon, 29 vont être abattus.

Et les Tigres volants enchaînent à ce moment-là les succès. On a l'impression qu'ils sont devenus invincibles.

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Franck Ferrand, sur Radio Classique.

Franck Ferrand00:19:51

Il faut savoir que les Américains et les Chinois, à ce moment-là, ont mis en place tout un vaste réseau d'écoute qui leur permet de prévenir les attaques japonaises. Les raids des bombardiers Mitsubishi sont systématiquement bloqués par les P-40. Et certaines pertes, évidemment, sont à déplorer du côté américain, mais ce sont des pertes rares qu'on compte sur les doigts des deux mains. Ces succès, il faut le dire, ne vont pas pour autant changer le cours de la guerre, puisqu'à la fin de l'année 1942, et malgré tous ces coups portés aux Japonais, inutile de vous dire que l'empire nippon demeure maître des ressources chinoises.

Depuis 6 ans, les villes chinoises sont bombardées inlassablement par les forces japonaises. Le peuple chinois a souffert. C'est un des aspects de la Seconde Guerre mondiale dont on ne parle jamais, mais qui a été extrêmement important. Les Tigres volants sont devenus un symbole. C'est un peu l'étoile qui protège ce qu'on peut protéger, ce qui reste, si je puis dire. Alors, où en est-il, notre Robert Lee Scott ? Il est devenu colonel. Il a remarqué qu'un groupe de Chinois entourant son appareil orné de 12 drapeaux japonais illustrant les victoires.

Ce groupe de Chinois se révèle mal habillé. Ils sont dans des tenues misérables. Et parmi eux, il y a des enfants qui ont l'air affamés, des coulis des rizières, qui semblent assommés de fatigue. Et il observe que tous ont le sourire. Eh oui, ils ont le sourire, parce qu'ils voient Scott qui est devenu un véritable héros sur place. On n'imagine pas ce que ces Flying Tigers sont devenus aux yeux du peuple chinois à l'époque. On se met au garde-à-vous. On crie à la façon américaine « Ding Hao !

», ce qui veut dire « numéro 1 » en chinois. Et on montre du doigt tous les drapeaux qui ont été peints sur l'avion, qui manifestent autant de victoires, bien entendu. On peut le dire, Scott est devenu ce qu'il rêvait de devenir un jour. Il est l'as américain par excellence. Il est devenu un héros incroyable. Et il dira que c'est pour lui une récompense extraordinaire, que cette popularité qu'il a dans ce petit peuple chinois qui, malgré les souffrances, littéralement éclate de rire à chaque fois qu'il le voit arriver avec son avion mythique.

L'issue du conflit, vous savez bien qu'elle va se jouer ailleurs et autrement, maintenant, dans l'océan Pacifique, bien sûr, dans les îles du Pacifique. Ça n'enlève rien aux Tigres volants qui auront abattu près de 300 avions ennemis en moins d'un an. On a du mal à se faire une idée de ce qu'a été, quand même, le succès phénoménal de cette escadrille invincible qui, avec sa volonté de se battre, qui, avec cette espèce d'attitude hyper-offensive sur tous les fronts, a obtenu autant de victoires, 300 avions japonais descendus en moins d'un an.

Tout ça a rallumé en Chine la lueur de l'espoir. On commence à entrevoir une porte de sortie honorable au conflit. Bon, la Chine ne peut pas se douter à ce moment-là qu'elle est à la veille de bien d'autres soucis et de bien d'autres bouleversements. Mais cela aura lieu après la fin de la guerre.

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Vous écoutez Radio Classique.

Franck Ferrand00:23:12

Le moment est venu d'atterrir. Merci beaucoup à Aymar de Chonnac. Et lui, il nous fait planer en permanence. C'est Christian Morin. Bonjour, Christian.

Christian Morin00:23:22

Le planeur, c'est très agréable. Pas de bruit.

Franck Ferrand00:23:24

Formidable.

Christian Morin00:23:25

C'est très, très calme.

Franck Ferrand00:23:26

Suivre les courants aériens, magnifique.

Christian Morin00:23:29

Tout à fait. Comme les oiseaux le font, même eux, assez souvent en planant. Après les Tigres volants, un petit peu... Qu'est-ce qu'on pourrait comparer comme animal avec cet homme épouvantable qu'est Hitler ? Puisque vous allez nous raconter à 14 h 00 la visite d'Hitler à Paris. Tout le monde a dans la tête cette image d'Hitler arrivant au Trocadéro.

Franck Ferrand00:23:50

Eh oui, devant la Tour Eiffel.

Christian Morin00:23:51

Face à la Tour Eiffel, oui. En noir et blanc. Bien. À 14 h 00, donc, avec vous. Et demain matin, on se retrouve avec grand bonheur.

Franck Ferrand00:23:58

Avec bonheur.

Episode description

A travers les exploits du pilote américain Scott, revivons la brève mais intense aventure d’une escadrille américaine en Extrême-Orient, les Tigres Volants.

Plongez dans l’histoire des grands personnages et des évènements marquants qui ont façonné notre monde ! Avec enthousiasme et talent, Franck Ferrand vous révèle les coulisses de l’histoire avec un grand H, entre mystères, secrets et épisodes méconnus : un cadeau pour les amoureux du passé, de la préhistoire à l’histoire contemporaine.

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