Cet épisode revient sur la supercherie de 1910, lorsqu'un tableau attribué au peintre fictif Joachim-Raphaël Boronali est exposé au Salon des Indépendants avant d'être révélé comme l'œuvre de l'âne Lolo. Roland Dorgelès, jeune écrivain, avait monté ce canular pour dénoncer l'autorité que peuvent conférer un cadre ou une signature.
L'épisode explique la mise en scène au Lapin Agile, la création d'un mouvement imaginaire et la réaction du public. Il pose ensuite une question : une émotion esthétique disparaît-elle lorsqu'on apprend qu'un animal a peint l'œuvre ?
La transcription de cet épisode sur l'âne Lolo et le faux tableau de 1910 a été réalisée grâce à la technologie derrière le compte rendu de réunion IA de HappyScribe.
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Pourquoi un âne a-t-il réussi à tromper les critiques d'art ? Alors, nous sommes en 1910, à Paris. Là, un tableau, exposé au prestigieux Salon des indépendants, attire l'attention. Son titre est « Le soleil s'endormit sur l'Adriatique ». Son auteur : Joachim Raphaël Boronelli, un mystérieux peintre italien. La toile présente des couleurs vives, des formes indistinctes, une composition presque abstraite. Certains critiques y voient une audacieuse expression de l'art moderne.
Mais personne ne soupçonne l'incroyable vérité : ce tableau a été peint par un âne. En fait, derrière cette supercherie se cache Roland Dorgeles, un jeune écrivain français, futur auteur des « Croix de bois ». Avec quelques complices, il veut ridiculiser les excès de la peinture d'avant-garde, qu'il juge parfois incompréhensibles et prétentieuses. Et son idée est simple : démontrer qu'une œuvre produite au hasard peut être prise au sérieux dès lors qu'elle est présentée comme de l'art. Alors, le 8 mars 1910, Dorgeles se rend au « Lapin Agile », célèbre cabaret de Montmartre.
Il emprunte Lolo, l'âne du propriétaire, et lui attache un pinceau à la queue. Devant une toile blanche, les complices offrent à l'animal des carottes et des feuilles de tabac, et chaque mouvement de sa queue dépose de nouvelles traces de peinture. En trois quarts d'heure environ, le chef-d'œuvre est terminé. Ensuite, pour rendre la mystification crédible, Dorgeles invente un artiste italien, Joachim Raphaël Boronelli. Un nom qui n'est autre que l'anagramme d'Ali-Boron, appellation traditionnelle de l'âne. Il imagine même un mouvement artistique fictif, l'« Excessivisme », censé révolutionner la peinture.
Et, surprise, le tableau est accepté au Salon des indépendants, une exposition sans jury de sélection. Mais Dorgeles révèle finalement publiquement la supercherie, preuves photographiques et constats d'huissier à l'appui. L'affaire provoque un immense éclat de rire, mais aussi un débat passionné. Vous l'avez compris, Dorgeles voulait dénoncer l'autorité artificielle que peuvent conférer un cadre, une signature prestigieuse, ou une exposition. Quelques années plus tard, Marcel Duchamp posera, dans un esprit différent, une question voisine en présentant des objets ordinaires comme des œuvres d'art, notamment son célèbre urinoir en 1917.
Concluons avec ce paradoxe et cette question : si une peinture provoque une émotion esthétique, cette émotion disparaît-elle lorsqu'on découvre qu'elle a été réalisée par un animal ? Autrement dit, la valeur d'une œuvre dépend-elle de ce que nous voyons, ou de ce que nous croyons savoir de son créateur ? À chacun de faire son avis.
En 1910, à Paris, un tableau exposé au prestigieux Salon des Indépendants attire l’attention. Son titre : Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique, également appelé Coucher de soleil sur l’Adriatique. Son auteur : Joachim-Raphaël Boronali, un mystérieux peintre italien.
La toile présente des couleurs vives, des formes indistinctes, une composition presque abstraite. Certains critiques y voient une audacieuse expression de l’art moderne. D’autres sont plus sceptiques.
Mais personne ne soupçonne l’incroyable vérité : le tableau a été peint par un âne !
Derrière cette supercherie se cache Roland Dorgelès, un jeune écrivain français, futur auteur des Croix de bois. Avec quelques complices, il décide de ridiculiser les excès de la peinture d’avant-garde, qu’il juge parfois incompréhensible et prétentieuse.
Son idée est simple : démontrer qu’une œuvre produite au hasard peut être prise au sérieux dès lors qu’elle est présentée comme de l’art.
Le 8 mars 1910, Dorgelès se rend au Lapin Agile, célèbre cabaret de Montmartre. Il emprunte Lolo, l’âne du propriétaire, et lui attache un pinceau à la queue.
Devant une toile blanche, les complices offrent à l’animal des carottes et des feuilles de tabac. Chaque mouvement de sa queue dépose de nouvelles traces de peinture.
En trois quarts d’heure environ, le chef-d’œuvre est terminé !
Pour rendre la mystification crédible, Dorgelès invente un artiste italien, Joachim-Raphaël Boronali. Un nom qui n’est autre que l’anagramme d'Aliboron, appellation traditionnelle de l’âne.
Il imagine même un mouvement artistique fictif : l’« excessivisme », censé révolutionner la peinture.
Le tableau est accepté au Salon des Indépendants, une exposition sans jury de sélection. Puis Dorgelès révèle publiquement la supercherie, preuves photographiques et constat d’huissier à l’appui.
L’affaire provoque un immense éclat de rire, mais aussi un débat passionné.
Dorgelès voulait dénoncer l’autorité artificielle que peuvent conférer un cadre, une signature prestigieuse ou une exposition.
Quelques années plus tard, Marcel Duchamp posera, dans un esprit différent, une question voisine en présentant des objets ordinaires comme des œuvres d’art, notamment son célèbre urinoir en 1917.
Mais le paradoxe le plus fascinant reste ailleurs.
Si une peinture provoque une émotion esthétique, cette émotion disparaît-elle lorsqu’on découvre qu’elle a été réalisée par un animal ?
Autrement dit, la valeur d’une œuvre dépend-elle de ce que nous voyons, ou de ce que nous croyons savoir de son créateur ?
Plus d’un siècle après, l’âne Lolo continue ainsi de poser une question fondamentale : qu’est-ce qui fait véritablement d’un objet une œuvre d’art ?
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