Cet épisode de C dans l'air, diffusé le 6 novembre 2026, répond aux questions envoyées par les téléspectateurs sur Donald Trump après la défaite de son camp aux élections de mi-mandat. Les invités, Grégory Philipps et Melissa Bell, évoquent la possibilité pour le Congrès d'annuler les droits de douane, les limites de son pouvoir sur la police de l'immigration et la politique américaine envers l'Ukraine.
Ils débattent aussi de la capacité de Trump à se remettre en question, de la prise de distance des républicains comme Marco Rubio, des procédures de destitution envisagées par les démocrates et du retour du dossier Epstein. Les analyses restent celles des intervenants, qui présentent plusieurs points de vue contrastés.
Dans cet épisode Grégory Philipps, Melissa Bell
Cette transcription de l'émission sur la défaite de Trump aux élections de mi-mandat a été réalisée grâce à la technologie HappyScribe utilisée pour son outil de compte rendu réunion IA.
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Vous écoutez les questions envoyées par nos téléspectateurs. C'est un podcast France Télévisions.
Les droits de douane de Donald Trump seront-ils annulés par le Congrès ? La question de Bruno dans les yvelines.
C'est une possibilité, ce n'est pas complètement certain. Et puis, ce qu'il y a aussi, c'est qu'il y a des accords qui ont été passés en bilatéral avec pas mal de pays suite à la mise en place de ces droits de douane, et ces accords-là ne vont pas forcément être remis en question. Je pense qu'ils vont changer. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il n'y aura plus des annonces fracassantes de « I'm going to put 50 percent ». Ça, ça n'arrivera plus. Voilà. Maintenant, je pense qu'ils vont chercher à détricoter ça, parce que c'est perçu par les Américains comme l'une des principales causes de l'inflation qu'on a aujourd'hui.
Mais c'est vrai qu'il y a de nombreux sujets sur lesquels ils ne pourront rien faire. Quand vous parlez de l'ICE, le budget court jusqu'en 2029, par exemple. Concernant la police de l'immigration, le Congrès ne pourra pas faire grand-chose. Donald Trump s'est-il au moins une fois remis en question ?
Alors ça, je ne suis pas dans son esprit, je ne suis pas dans ça. Mais ce que l'on peut voir, c'est que là, il dit bien : « La guerre, oui, bon, c'est une petite erreur », mais ce que Donald Trump veut, c'est prendre la lumière. C'est ça qui l'intéresse. La remise en question, il ne sait même pas, je pense, ce que c'est, se remettre en question. Il veut prendre la lumière. Il a ses projets pharaoniques. Je pense qu'on va avoir... Il va tout faire, effectivement, pour poursuivre dans ses projets et pour être toujours au centre. Il ne peut pas... Il ne peut pas sortir de... On ne peut pas changer un homme à 80 ans et lui faire changer de mentalité.
C'est un narcissique, il aime être au centre, il aime gouverner, il ne respecte que les forts. Et ça, je ne pense pas qu'on ne va pas changer sa personnalité. Ça, il ne faut s'attendre à aucun changement, je pense, de ce côté-là.
Le Congrès pourrait-il supprimer l'ICE, la police de l'immigration ?
Oui, mais tout est soumis au droit de veto de Trump. Donc, vous pouvez porter un projet de loi qui supprime cette police. Si Trump dit non, c'est terminé.
Donc non.
Oui, non.
Je pense que les Américains sont assez sensibles, finalement, à la fermeture des frontières. Ils ne sont pas opposés. Ce qui est opposé, c'est aux méthodes, pas à la politique.
Que pense Marco Rubio de cette débâcle aux élections de mi-mandat ? C'est pour vous, Mélissa.
Je pense qu'ils vont tous, petit à petit, essayer de prendre leurs distances, mais bon, très difficile. Encore une fois, ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui sont les Républicains et Marco Rubio le premier, qui était vraiment de la droite traditionnelle du Parti républicain à l'époque de 2016, qui ont un peu vendu leurs âmes, leurs principes pour rejoindre ce mouvement assez extrémiste. Très difficile de voir comment ils s'en sortent. Ils sont tous, à ce stade, teintés par leur proximité au président et par la part qu'ils ont prise dans la mise en place de toutes les politiques dont on a parlé jusque-là.
Quel effet a eu l'intervention de Melania Trump sur le retour des enfants ukrainiens déportés en Russie ? Sonia dans le Rhône.
Je crois que ça concerne quelques dizaines d'enfants seulement, et il me semble qu'on évoque 20 000 enfants qui ont été emmenés de force en Russie, donc c'est un effet très limité.
Et quel rôle elle joue encore aujourd'hui ?
Elle a obtenu le cessez-le-feu à Olesky, dans cette ville près de Kherson, ça, il faut l'admettre. Ça a permis au moins à cette population de partir soit vers l'Ukraine, soit vers la Russie, d'ailleurs.
Et ça a permis à la Russie aussi, stratégiquement, de se positionner dans la suite de la guerre. Ce n'était pas purement humanitaire comme décision.
Oui, exactement. Et on a vu quand même l'accueil qui a été réservé aux Russes juste après à la Maison Blanche avec Dmitri Ev.
La politique américaine vis-à-vis de l'Ukraine peut-elle changer avant 2028 ?
Effectivement, on l'a évoqué. Disons que ça risque d'être un point de contention important entre le Congrès et la présidence Trump. Comme je l'avais dit tout à l'heure, le Congrès peut effectivement voter des sanctions, peut voter des packages d'aide, peut voter de la distribution de matériel, mais la Maison Blanche peut bloquer, peut interdire certaines armes, peut ne pas livrer. Donc, ça va être une bagarre, et la politique étrangère reste la prérogative du président. Donc, ça va être un bras de fer.
Alors, impeachment ou pas impeachment, c'est la question de Romain dans la Drôme.
Alors là, on l'a encore évoqué tout à l'heure. Toute la question, c'est : est-ce que les démocrates vont vouloir se lancer dans une course sur l'impeachment et faire impeachment sur impeachment contre Peter Hegseth, contre d'autres, et contre Donald Trump, qui a déjà eu deux procédures lancées contre lui ? On sait que les procédures, elles sont lancées à ce qu'on appelle notre équivalent d'Assemblée nationale, qui instruit, etc. Et puis après, le procès se passe au Sénat. Mais là encore, pour faire un impeachment, il faut les deux tiers, c'est possible. Et après, il y a encore chaque fois...
Donald Trump peut mettre son veto, et il y a encore des recours avec la Cour suprême. Donc, tout ça est très compliqué, mais je crois que sur le fond, pour en finir très rapidement, les démocrates risquent, et en tout cas, il y a une forte tendance au sein des démocrates qui disent : « Oui, on va faire des procédures, mais on ne va pas encore remettre Trump dans la position de victime, sachant que cette position victimaire lui sert toujours. »
Grégory ?
Personnellement, je pense que ce serait une erreur de dépenser leur énergie dans une troisième procédure qui, finalement, a peu de chances d'aboutir.
À l'occasion de ce changement de majorité, le dossier Epstein va-t-il revenir sur le devant de la scène ?
Il n'est jamais tout à fait parti, justement parce qu'il y a cette commission d'enquête qui a permis de faire sortir la moitié des documents pour l'instant. Il nous reste la moitié des documents à venir. Donc, même un Congrès qui n'était pas démocrate réussissait à faire avancer les choses.
Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été avec nous ce soir. Très bonne soirée sur France 5, et moi, je vous dis à demain, 17 h 25.
Retrouvez nos podcasts sur toutes les plateformes d'écoute. Et pour le replay vidéo, c'est sur France.TV, bien évidemment. À bientôt.
C dans l’air du 6 novembre 2026 - Trump après la défaite : c'est OK Corral à la Maison Blanche !
Nos experts :
- James ANDRÉ - Grand reporter - France 24
- Melissa BELL - Journaliste - Correspondante à Paris pour CNN, auteure de Sous influence américaine
- Patricia ALLÉMONIÈRE - Grand reporter, spécialiste des questions internationales
- Gregory PHILIPPS - Directeur adjoint de la rédaction - LCI, en charge du pôle international, ancien correspondant à Washington
- David THOMSON ( Duplex en Floride) - Journaliste, spécialiste du mouvement MAGA, coréalisateur du documentaire J.D. Vance : la revanche d'une Amérique