Transcription de Trump après la défaite : c'est OK Corral à la Maison Blanche ! - L'intégrale -

01:02:25 55 min de lecture 0 vues Publié il y a environ 17 heures

Copier le lien
Résumé de l'épisode

Cet épisode de C dans l'air revient sur la défaite du camp républicain aux élections de mi-mandat et sur les tensions qu'elle a fait éclater autour de Donald Trump. Les invités analysent la prise de distance du vice-président JD Vance sur la guerre en Iran, l'avenir du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et les rivalités déjà ouvertes en vue de 2028.

Ils évoquent aussi la fracture au sein du mouvement MAGA, le vote latino, la hausse des carburants et les craintes autour de l'intelligence artificielle. Enfin, la discussion porte sur les conséquences pour l'Ukraine et sur les nouvelles figures démocrates.

Les analyses présentées ne sont pas toutes partagées par l'ensemble des intervenants.

Dans cet épisode David Thompson, Grégory Phillipse, James André, Mélis Sabel, Patricia Lemonnier

Cette transcription de l'épisode sur la défaite de Donald Trump aux élections de mi-mandat a été réalisée avec la technologie qui alimente l'IA compte rendu réunion de HappyScribe.

Aurélie Cass00:00:03

Bonjour, je suis Aurélie Cass, et vous écoutez « C dans l'air - l'intégrale », c'est un podcast France Télévisions.

Intervenant 200:00:10

Bonsoir à tous, bienvenue dans « C dans l'air ». Après la claque électorale, il souffle comme un vent de panique à la Maison Blanche : le vice-président écrit que la guerre en Iran est une des raisons de la défaite. Est-il en train de lâcher Donald Trump et de partir en campagne pour 2028 ? Le journal Bloomberg raconte que le secrétaire d'État Marco Rubio envisagerait carrément de démissionner. Ce qu'il dément ? Peut-être a-t-il peur des conséquences ? Blessé et au crépuscule de son règne, Donald Trump est-il encore plus dangereux parmi ceux qui sont directement impactés ?

Vladimir Poutine : il ferait tout pour conclure un accord d'ici à janvier 2027, date d'entrée en fonction du futur congrès. « Trump après la défaite », OK Corral à la Maison Blanche, c'est le titre de notre émission ce soir avec James André. Bonsoir.

Grégory Phillipse00:00:54

Bonsoir.

Intervenant 200:00:55

Vous êtes grand reporter à France 24, et vous rentrez du Wyoming, un des États les plus républicains des États-Unis. Mélis Sabel, bonsoir.

Intervenant 400:01:02

Bonsoir.

Intervenant 200:01:02

Vous êtes correspondante à Paris pour CNN, et je rappelle votre excellent livre « Sous influence américaine » aux éditions First. Patricia Lemonnier, bonsoir.

Intervenant 400:01:10

Bonsoir.

Intervenant 200:01:10

Vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales, et votre livre « Au cœur du chaos » est publié aux éditions Arto. Grégory Phillipse, bonsoir. Vous êtes directeur adjoint de la rédaction de LCI, chargé du pôle international, et vous avez été correspondant à Washington. À quoi joue le vice-président américain ? Il fait le lien entre la débâcle électorale et la guerre en Iran. Est-ce que JD Vance est en train de tuer le père ?

Grégory Phillipse00:01:35

Alors, JD Vance va avoir du mal à le faire, en tout cas, parce que ça, c'est quand même la grande question. Non, JD Vance a toujours été contre cette guerre en Iran. Il l'a montré d'ailleurs assez publiquement dès le début, dans ses postures. Et d'ailleurs, c'est intéressant, parce que c'est un des rares hauts responsables, d'ailleurs, qui était absent au moment où cette décision a été prise. Ça avait été raconté à l'époque par le New York Times qui avait raconté cette réunion entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou en présence d'une grande partie du cabinet. Vance n'était pas là. Et il a vraiment toujours été assez clair sur le fait qu'il était contre cette guerre, et Donald Trump a beaucoup fait pour essayer de le remettre dedans.

Mais quoi qu'il arrive, c'est quand même l'homme de Trump, JD Vance, et ça va être très dur pour lui de se distancier de son bilan et d'essayer de...

Intervenant 200:02:15

Est-ce qu'il n'essaie pas de le faire, quand même, quand il écrit ça ?

Grégory Phillipse00:02:17

Mais c'est ce qu'il essaie de faire, très clairement, c'est ce qu'il essaie de faire. JD Vance vise maintenant clairement 2028. C'est-à-dire que si vous prenez un petit peu les têtes de liste pour 2028 au Parti républicain, c'est lui, Marco Rubio. Et par contre, ça a changé, là, côté démocrates, parce que jusqu'à juste avant l'élection, j'avais regardé ça sur Polymarket, c'était toujours... Tout le monde pensait que... Enfin, pas tout le monde pensait, mais en tout cas, le plus haut des paris, c'était Kamala Harris comme candidate pour les démocrates. On va dire : « Bon, les gars, vous avez... »

Intervenant 200:02:43

Bien fini.

Grégory Phillipse00:02:43

...quatre ans de retard. Mais là, maintenant, effectivement, ça a changé, c'est bel et bien Jonas Hoff. Mais en tout cas, oui, bien sûr, JD Vance va devoir essayer de batailler avec l'héritage de Donald Trump, de s'en distancier, mais il ne va pas pouvoir le faire complètement. Il va falloir qu'il en assume une partie.

Intervenant 200:02:59

Est-ce qu'il peut vraiment se dresser face à Donald Trump ? On va écouter la réponse du président américain.

Intervenant 400:03:06

Il peut y avoir beaucoup de candidats, peut-être même beaucoup de candidats. Peut-être que personne ne se présentera. Peut-être qu'il ne se présentera pas. Je ne sais pas.

Intervenant 200:03:16

Ça vous fait rigoler, Grégory Phillipse. Il lui lance un avertissement ?

Grégory Phillipse00:03:21

Oui, c'est une manière aussi d'évacuer la question et de dire à JD Vance : « Reste à ta place pour l'instant. » Ce qui est intéressant, vous avez cité aussi Marco Rubio, qui est un peu le républicain raisonnable, j'ai envie de dire, après les deux ans de chaos qu'on vient de vivre, et encore, je ne compte pas les quatre années du premier mandat qui se sont terminés au Capitole, à Washington, le 6 janvier 2021. Donc, on a vu dans cette élection que, notamment des bébés Trump dans certains États, s'étaient pris, pardonnez-moi l'expression, des taules. Je regardais, quand on regardait dans le détail de certains États, compter par compter, quand Trump allait soutenir un candidat, immédiatement, le candidat démocrate de ce compte-là grimpait de 5 points.

Donc, quand on avait le soutien affiché de Trump et qu'on était un bébé Trump, on était sérieusement en difficulté. C'est ça, l'héritage qu'il laisse.

Intervenant 200:04:08

Et est-ce qu'ils sont en train de tous quitter le navire ? Parce que Bloomberg nous dit que Marco Rubio, il pense, il dément, mais il y a quand même cette information.

Intervenant 400:04:15

Oui, le problème qu'ils ont, c'est que le Parti républicain, quelque part, depuis une dizaine d'années, est entre les mains de Maga. Ceux qui sont dans l'administration sont teintés, bien sûr, beaucoup plus que les autres, alors qu'au sein du Parti républicain plus largement, il y a une énorme colère de ce qui s'est passé. Juste sur ce point, on remarque que tous les États dans lesquels Trump est allé faire des discours, finalement, les candidats ont moins bien performé qu'ailleurs pour les républicains, de plusieurs points. Et là, on vient de l'entendre devant sa salle de bal. Le réflexe au lendemain de cette défaite historique, parce qu'on parle de changement générationnel, c'est maintenant la moitié des Américains qui vit dans des États où le gouverneur est démocrate, les représentants sont démocrates, les sénateurs sont démocrates.

Donc, on entre dans une nouvelle ère de gouvernance démocrate, dans des États qui avaient été profondément rouges jusque-là. Donc, finis un petit peu les fantasmes de « le parti du wokisme », etc. Maintenant, les Américains vont les voir gouverner. Et vous y faisiez allusion à l'instant, on a plusieurs présidentiables, maintenant, côté démocrates, qui sont vraiment ressortis du lot le soir de leur grande victoire, et côté républicains, soit ils sont teintés parce qu'ils sont dans l'administration Trump, ou ils ne sont pas là. Donc, ça va être beaucoup plus compliqué pour eux d'aborder 2028.

Intervenant 200:05:28

C'est vraiment un changement d'air, un changement d'époque, Patricia Lemonnier ?

Intervenant 400:05:31

Oui, c'est un changement d'époque, j'ai envie de dire, mais c'est un changement générationnel, plutôt. Mais c'est aussi... Il y a des bases qui restent les mêmes. Et JD Vance l'a bien compris, la base Maga, avec ce qu'elle est, même avec sa différence et sa fracture sur Israël, elle reste quand même idéologiquement sur des principes les mêmes. Et donc, JD Vance, qui effectivement pense à son avenir potentiel, veut prendre d'adhérents par rapport à cette base. Quant à savoir s'il a trahi le président américain, je pense qu'on n'en est pas du tout là.

J'ai même envie de dire qu'il y aurait presque un accord tacite, presque, entre les deux, ce que sous-entendait Axios, le site américain, en disant qu'il y avait eu une réunion entre les deux avant ce fameux tweet de JD Vance sur la guerre en Iran, où tout le monde s'était réuni pour se coordonner sur la communication. Et c'est après que JD Vance a fait ce tweet en disant : « Moi, la guerre en Iran, j'étais contre depuis tout le temps. » Donc, ce tandem, je crois, va encore rester pour un certain temps. JD Vance s'accroche à la base MAGA en disant : « Je suis là pour bientôt, vous pouvez compter sur moi.

» Et quant à Donald Trump, il le laisse, mais il dit : « Bon, je ne le condamne pas. » Il ne le condamne pas, vous voyez, parce que, justement, c'est bien qu'il garde cette base Maga. Et puis, lui, il veut continuer à prendre la lumière, et c'est ce qu'il va vouloir... Enfin, c'est ce que ce président qui aime la lumière va essayer de faire pendant les deux années qui nous restent : essayer de prendre la lumière avec des coups, comme il aime en faire, des deals.

Intervenant 200:06:58

Est-ce que des têtes vont tomber après une défaite ? En général, on cherche toujours un coupable idéal. Est-ce que c'est le ministre de la Guerre, Pete Hegseth, quand Donald Trump lui rend hommage, il parle, lui, au passé. Il dit : « Il a fait un bon travail. »

Grégory Phillipse00:07:10

Alors, c'est vrai que Pete Hegseth, ça va être difficile pour lui de garder son poste, parce que c'est une des premières... C'est une des premières cibles des démocrates qui arrivent au Congrès. Ils vont avoir les moyens, à tout le moins, de le convoquer, de lui poser des questions, notamment sur la manière dont il a géré la guerre en Iran. Il y a le fait qu'il y a eu des votes du Congrès contre cette guerre qu'il a faite quand même. Il y a évidemment tout un tas de problèmes opérationnels. Bref, ils ont beaucoup de munitions pour pouvoir s'attaquer à Pete Hegseth, et ils vont sans doute vouloir le faire. Alors, après, la question va être de savoir : est-ce qu'il va être débarqué avant pour éviter, quelque part, le côté un peu humiliant ?

Ce ne serait pas une première. Il faut savoir qu'à l'époque, par exemple, après un gros revers en son temps, George W. Bush avait aussi changé son secrétaire à la Défense juste après avoir perdu les midterms. Et surtout, dans le contexte actuel, Pete Hegseth pourrait effectivement être débarqué, et on pourrait, dans une certaine mesure, lui mettre sur le dos l'échec de cette guerre en Iran et cette situation dans laquelle se trouvent les États-Unis. Et donc, ce serait un calcul politique pas inintéressant pour Donald Trump, pour toute l'administration, de, finalement, débarquer Hegseth, qui, en plus, est une bête noire pour les démocrates.

On l'a vu, il a été extrêmement masculiniste, il a fait sauter tout ce qu'il y avait qui avait été mis en place, DEI, comme on appelle, c'est-à-dire, effectivement, toutes les règles pour éviter les discriminations. Bref...

Intervenant 200:08:35

Il a procédé à une purge aussi.

Grégory Phillipse00:08:37

Il a procédé à une purge, il a fait sauter une grande partie des hauts gradés de l'armée. Bref, oui, je pense que Hegseth va sans doute sauter assez rapidement, de gré ou de force.

Intervenant 200:08:46

Est-ce le début d'affrontements en interne ? À quel point les couteaux sont-ils tirés dans le camp MAGA ? Les ennuis, en tout cas, viennent en cascade. Les bourses se sont effondrées hier, et puis il y a cette question : jusqu'où les démocrates iront-ils contre Donald Trump ? Paul Gély, Christophe Roquet.

Intervenant 500:09:05

C'est une obsession qui ne quitte jamais Donald Trump. Alors qu'il vient de prendre une gifle électorale historique, il convoque la presse pour parler de sa salle de bal. C'est un bâtiment sans précédent. Les plafonds mesurent plus de 15 mètres de haut, c'est l'équivalent d'un immeuble de cinq étages. Je ne pense pas qu'il existe une seule salle de bal dans tout le pays avec un plafond de 15 mètres de haut. Donald Trump hors-sol, qui, quelques heures après avoir reconnu sa défaite, ne peut s'empêcher de renouer avec ses vieux travers.

Nos élections sont tellement truquées, vous n'avez pas idée. Mais regardez, si on se fie à l'histoire, ça va être une catastrophe. Comme une gueule de bois. Après avoir perdu la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, depuis cette soirée noire pour les républicains, Donald Trump est pointé du doigt de toutes parts, à commencer par son vice-président, JD Vance. Quelques heures seulement après la défaite, il accable le président. La raison pour laquelle nous avons perdu, c'est la guerre.

Une prise de distance qui ressemble bien à un début de campagne. La course à la Maison Blanche de 2028 se dessine déjà, croyez-le ou non. C'était une manœuvre stratégique de la part du vice-président Vance. Cela a aussi le mérite d'être, disons, assez représentatif des électeurs MAGA, qui se sont sentis trahis par la décision d'entrer en guerre contre l'Iran. JD Vance, qui semble déjà dérouler son programme point par point. Un : mettre fin à la guerre. Deux : se concentrer sur le coût de la vie et l'inflation.

Trois : priorité à l'Amérique. Quatre : changer notre relation avec Israël. Ambiance chez les républicains. Dès le lendemain de la défaite, une chasse aux sorcières a commencé. Le secrétaire d'État à la guerre, Pete Hegseth, pourrait bien porter le chapeau de cet échec. Cela concerne le secrétaire à la guerre, Pete Hegseth. Apparemment, une campagne de plus en plus intense se joue en coulisses pour tenter de le destituer. Ce serait le fusible à faire sauter après les défaites républicaines. Il paierait l'impopularité de la guerre contre l'Iran.

Pendant ce temps, le programme des démocrates affole déjà les amis milliardaires de Donald Trump. La gauche veut encadrer l'IA et les data centers. Les géants de la tech s'effondrent en bourse et les marchés dévissent. Nous commençons ce soir avec une chute marquée sur la bourse, sur fond d'inquiétude croissante concernant l'IA. Les marchés financiers ont chuté aujourd'hui après les élections de mi-mandat. Les entreprises de la tech et celles spécialisées dans les centres de données ont été particulièrement touchées. En une journée, le Nasdaq a chuté de 2 500 milliards de dollars.

C'est plus que le PIB de l'Italie. Donald Trump sort les crocs. La bourse s'est effondrée aujourd'hui parce que les démocrates crétins ont passé une belle journée ce mardi. C'est bien triste à voir. Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même. Un président affaibli qui essuie un nouveau revers ce matin. Son grand projet d'arc de triomphe a finalement été suspendu par une juge, alors qu'il venait d'être validé en commission.

Intervenant 200:12:17

La question donne en Estonie : une procédure d'impeachment pourrait-elle également être soutenue par certains républicains ?

Intervenant 400:12:23

En fait, c'est la grande question. Jusque-là, les républicains non-MAGA avaient du mal à voter, finalement, avec leur conscience et même avec, aussi, finalement, la tradition de leur parti, parce qu'ils avaient peur, parce qu'ils voulaient... En fait, il y avait cette toute-puissance, finalement, de MAGA et du président qui les empêchait, finalement, de se faire entendre. Maintenant, ce sur quoi comptent les démocrates, c'est qu'avec leur majorité dans les deux chambres, les républicains... Encore une fois, une énorme colère au sein du camp républicain de cette énorme infrastructure locale qui s'est effondrée et qui mettra des générations à être reconstruite.

Et pour eux, l'idée de pouvoir maintenant changer ou voter avec leur conscience et sur certaines questions par rapport à certains personnages comme Pete Hegseth, qui les divisent, on peut imaginer qu'ils votent plus souvent maintenant avec les démocrates. Et sur de nombreuses questions, parce que la procédure de destitution de Pete Hegseth sera une des premières enquêtes, mais il y en aura beaucoup d'autres, et beaucoup d'autres personnages de MAGA risquent d'être visés. Donc, c'est difficile de voir comment le parti peut rester unifié dans ce contexte-là, vu la colère qui l'habite déjà.

Intervenant 200:13:30

Il suffirait qu'une dizaine de républicains basculent ?

Intervenant 400:13:33

C'est ça. En fait, il faut simplement maintenant que certains républicains décident de voter avec leur cœur.

Intervenant 200:13:39

Ce qui semblait impossible devient de plus en plus plausible. On voit en Floride, dans un des rares États rouges, à ne pas avoir basculé, retrouver David Thompson. Merci beaucoup, David, d'être avec nous ce soir. Vous êtes journaliste, spécialiste justement du mouvement MAGA, co-réalisateur du documentaire « JD Vance : la revanche d'une Amérique », c'était sur France 5. Steve Bannon disait il y a quelques semaines : « Nous allons avoir une guerre civile en interne. » C'est ce qu'il disait, pardon, la semaine dernière dans le Financial Times. Est-ce que ça y est, on y est ?

David Thompson00:14:11

Oui, on est en plein dans la guerre civile idéologique au sein du parti républicain à commencer. En fait, elle avait commencé il y a presque plus d'une. C'est une guerre idéologique qui se base sur des fractures générationnelles, essentiellement, et assez religieuses, parce qu'on a d'un côté, si vous voulez, les anciens boomers, si j'ose dire évangéliques, qui constituaient jusqu'ici le socle indéfectible du mouvement MAGA, qui votaient comme un seul homme et qui votaient pour des raisons religieuses, notamment pour le soutien à Israël. Donc, la question d'Israël, elle est vraiment au cœur de cette fracture générationnelle.

Et puis, d'un autre côté, on voit monter en puissance, au sein de l'administration et au sein de la base aussi, une jeune génération très marquée par le catholicisme et viscéralement opposée à la politique américaine telle qu'elle a été menée jusqu'ici. Donc, ce n'est pas étonnant que JD Vance, le lendemain du vote, ait fait ce post où il explique qu'on a perdu l'élection à cause de cette guerre en Iran. Et en filigrane, il le dit aussi en dessous, c'est à cause d'Israël.

Donc, ça, ça va être une des grosses, grosses lignes de fracture. Après, il va falloir trouver des moyens de reconstruire cette espèce de grande coalition qui avait fait le succès de Donald Trump en 2024, avec, par exemple, des gens comme les Latinos qui avaient voté quasiment un sur deux pour Donald Trump en 2024. Et là, on attend que les chiffres se consolident un petit peu, mais on note un effondrement massif du vote latino, qui est le dernier vote, le dernier swing vote américain aux États-Unis, le dernier vote qui a une élection vote démocrate, à l'autre, vote républicain.

Donc là, ils sont retournés en masse chez les... Ils sont retournés en masse chez les démocrates. Et puis, la dernière chose, c'est comment faire pour reconstituer cette base qu'on considérait jusqu'ici comme indéfectible. Là aussi, les chiffres, on attend qu'ils se consolident, mais on a quelque chose comme 7 à 10 % des gens qui ont voté pour Trump à la dernière élection qui ont voté pour les démocrates cette fois-ci. Donc ça, c'est un sérieux, sérieux red flag pour les...

Intervenant 200:16:13

Comment vous l'analysez, ce dernier chiffre ? 7 à 10 % de ceux qui ont voté Trump qui ont voté démocrates à l'élection de cette semaine ?

Grégory Phillipse00:16:20

David a raison de souligner le changement de vote des Latinos, notamment, on l'a vu au Texas, par exemple. Et pourquoi ? Pour deux raisons. D'abord, ce sont des gens qui ont vu notamment les dérives de l'ICE, la police de l'immigration de Trump, qui avait des méthodes vraiment très particulières, et ça n'a pas du tout été apprécié dans cette communauté. Et puis, le thème de la religion, que David évoquait en début d'intervention, a été en quelque sorte un peu récupéré par les démocrates. Je parlais du Texas. Talarico, c'est un ancien séminariste.

Au Kansas, c'est un ancien pasteur démocrate qui a été élu.

Intervenant 200:16:54

Mais il défend un christianisme social.

Grégory Phillipse00:16:56

Voilà, c'est une autre forme, mais néanmoins, la religion est extrêmement présente, et on parlera peut-être un peu plus tard du musulman Abdullah Al-Sayed au Michigan. Donc, on a l'impression que les démocrates ont compris que c'était quelque chose d'important dans la vie des Américains et qu'on pouvait s'en saisir d'une autre manière. Donc, les Latinos, la religion, et puis aussi, je crois, pareil, les chiffres ne sont pas tout à fait consolidés, mais les jeunes hommes ont aussi un peu retourné leur veste et ont préféré voter notamment démocrate dans certains états.

Intervenant 200:17:23

Si on regarde cette fracture, il y avait eu l'assassinat de Charlie Kirk, le soutien de Donald Trump à Benjamin Netanyahou, le dossier Epstein, qui sont autant de moments où on a vu ce clan MAGA se déchirer jusqu'à l'heure de vérité, jusqu'au vote qui a eu lieu cette semaine. Ça peut aller jusqu'où, cette fracture ?

Grégory Phillipse00:17:44

Je pense que ce qu'il y a avec MAGA, c'est que mon avis, c'est un peu ce que j'ai vu quand je suis allé au Wyoming. Il faut voir que le Wyoming votait à plus de 70 % pour Donald Trump. Le MAGA a disparu du Wyoming. C'est-à-dire que je n'ai vu personne me dire : « Moi, j'adore Donald Trump et je suis MAGA. » Je posais la question à tout le monde : « Est-ce que vous êtes MAGA ? » On me dit : « MAGA, je l'ai été. » Mais il y a vraiment quelque chose, il y a une sorte... On a l'impression d'une page qui s'est tournée. Et à mon avis, ce qui s'est passé en grande partie, parce que le Wyoming est quand même... Alors, c'est intéressant, ils sont libertariens, mais ils sont aussi très religieux, c'est que j'ai l'impression que pour beaucoup d'entre eux, le boulot a été fait, entre guillemets.

C'est-à-dire que je pense qu'il y a eu une poussée de Donald Trump qui est arrivé au pouvoir avec ce mouvement MAGA en réaction, en fait, au wokisme, en fait, des démocrates à cette époque-là. Il faut se souvenir, c'était toute cette période où des personnalités comme AOC, Alexandra Ocasio-Cortez, qui d'ailleurs récemment a dit : « Woke one was crazy. » Elle a dit ça lors d'une interview.

Intervenant 200:18:44

Elle a fait son meilleur travail au sujet du wokisme.

Grégory Phillipse00:18:46

Oui, exactement. Mais je pense qu'on est arrivé à un stade où, par exemple, si on va voir les cow-boys du Wyoming, c'est juste absolument pas leur valeur du tout, et ce n'est pas possible. Et dans le même temps, on l'a vu, je trouve, dans cette élection, c'est-à-dire ce qu'on appelle aux États-Unis « identity politics » du côté des démocrates, est quelque chose qui a disparu. Je vous prends un exemple : Chris Pappas, c'est quand même historique, est le premier sénateur élu qui est un homme ouvertement gay, marié à un autre homme, et ça, c'est au New Hampshire. Et New Hampshire, pour l'avoir visité, parce que c'est toujours là où il y a les premières primaires, c'était aussi un État rural avec des petites villes, etc.

Il a fait toute sa campagne sans jamais évoquer le fait qu'il était gay. D'autres l'ont fait pour lui, mais il n'a pas... Voilà, en 2016, il aurait fait campagne en disant : « Votez pour moi, je serai le premier gay, ouvertement gay, au Sénat. » Là, il est élu. Ça n'a pas posé de problème, mais ça n'a pas été un argument de campagne. Et quand on regarde bien, déjà depuis Kamala Harris, les démocrates tournent le dos à ces « identity politics ». Donc, j'ai l'impression, moi, qu'on arrive en fait à la fin de ce qu'on a appelé les « cultural wars », c'est-à-dire qu'en fait...

Intervenant 200:19:48

Les quoi, pardon ?

Grégory Phillipse00:19:49

Les « cultural wars » aux États-Unis, c'est-à-dire que c'était ces deux mouvements qui se regardent en chien de faïence, les conservateurs, les progressistes, les deux étant allés à tour de rôle trop loin, et j'ai l'impression qu'on est en train de revenir un peu au milieu.

Intervenant 200:20:01

C'est la fin d'une forme de radicalité, c'est ce que vous dites ?

Grégory Phillipse00:20:03

Moi, c'est l'impression que j'ai eue, en tout cas, en visitant effectivement le Wyoming. Vous allez me dire : « Le Wyoming, c'est très spécifique », mais c'est bien l'endroit où ils étaient le plus MAGA et où on se rend compte que ces gens-là disent : « Mais attendez, il nous a trahis sur tout, ça ne va plus, on ne peut plus se parler, il n'y a plus de dialogue politique, il faut qu'on revienne à quelque chose de plus serein. »

Intervenant 200:20:21

Quand vous dites « fin d'une forme de radicalité », moi, j'entends « fin du trumpisme ». Ça veut dire que Trump, ce qu'il a incarné, c'est fini ?

Intervenant 400:20:27

Alors, les deux partis se trouvent devant un défi colossal, c'est-à-dire à se reconstruire sur un plan des idées et des programmes, parce qu'effectivement, le trumpisme, comme on l'entend, a été vilipendé et il y a eu une désunion, mais je pense que c'est plus sur la personnalité de Trump, sur un style aussi, et sur une non-prise en compte des besoins de la population. Et ça, il va falloir que les démocrates répondent. C'est-à-dire que s'ils se perdent dans une chasse aux sorcières contre les républicains, ils ne vont pas répondre aux attentes.

On a aujourd'hui, de la part de la population, je crois, mais je peux me tromper, on a une vraie attente pour que, d'ailleurs, c'est depuis la nuit des temps, qu'on s'occupe des questions de vie, de sécurité et de la santé et du logement. On retrouve ces thèmes-là partout. On retrouve aussi partout un refus de la polarisation. Et en même temps, paradoxalement, la société n'a jamais été aussi polarisée, parce que je crois que chez les républicains, le trumpisme et le mouvement MAGA n'est pas nés comme ça que parce qu'il y a eu Trump.

Il y avait avant le tea party. Il y a donc bien une base... Il y avait bien une base sur laquelle Trump a travaillé et il s'est servi de cette base. Les démocrates, on voit que les démocrates, eux, tendent à gauche depuis une quinzaine d'années. Il y a un mouvement de fond. Alors ça, c'est traduit par le wokisme. Maintenant, il faut que... Si vous voulez, tous les partis ont un besoin de définition, d'une stratégie et d'un programme qui colle aux besoins de la population, parce que la population, et j'en finis par là, a vraiment dit ce qu'elle réclamait et ce qu'elle exigeait.

Intervenant 200:22:07

Mélissa.

Intervenant 400:22:08

On a l'impression que le parti démocrate qui s'était perdu à un moment dans l'idéologie et avait perdu son pragmatisme et sa capacité à parler à son électorat et à l'entendre, aujourd'hui, a retrouvé le pragmatisme. C'est après tout les candidats démocrates qui sont allés parler du coût de la vie, de ce dont les gens voulaient parler, au point où le vote latino, dont MAGA était tellement convaincu qu'ils ont redessiné certains districts, qui s'est effondré en partie à cause de ça, au moment où le parti républicain se perd dans cette idéologie assez extrémiste, finalement, de MAGA.

Pour retrouver le pragmatisme qu'il leur faudrait pour reprendre le pouvoir, ils ont du chemin à faire.

Intervenant 200:22:45

Est-ce que ça peut créer un sursaut au sein du camp républicain ? Et autre question, David Thompson, vous êtes encore avec nous. Qui peut de nouveau unifier le camp MAGA ? Est-ce que c'est encore possible aujourd'hui ?

David Thompson00:23:00

Je pense qu'on assiste à la fin de Trump. Ça, c'est la palissade. On est sur une fin de règne, mais certainement pas la fin du trumpisme. Le trumpisme a commencé avant Trump, effectivement, cette vague nationaliste-populiste. Et tous les candidats qui sont susceptibles de lui succéder sont des candidats qui sont absolument calés sur ce logiciel nationaliste-populiste, avec des nuances, bien sûr. Mais si on prend JD Vance, c'est un archétype national-populiste. On peut dire la même chose de Ron DeSantis qui fait son apparition après les midterms.

Il est sur tous les médias en ce moment, le gouverneur de Floride, et il y a de grandes chances qu'il fasse partie des candidats sérieux pour la succession de Donald Trump. Donc, cette base, ce logiciel idéologique, il reste là, et je ne pense pas qu'on puisse faire rentrer le dentifrice dans le tube, si vous me passez l'expression. La base républicaine, elle est toujours là et elle veut toujours, entre guillemets, de la viande rouge, comme on dit aux États-Unis. Ce ne sont pas des gens qui vont... On ne va pas revenir à l'establishment républicain de l'ère Bush, mais ce qui va changer, ça va être...

Si on prend l'exemple de JD Vance, ça va être une grosse redéfinition de la politique étrangère américaine, plus isolationniste, une grande politique israélo-américaine, et puis une politique qui va être beaucoup plus proche, paradoxalement, de la gauche du parti démocrate. C'est-à-dire que, d'ailleurs, JD Vance s'entendait bien avec certains de ses membres quand il était au Congrès, avec une politique très redistributrice, avec un État protecteur. En fait, son modèle, si vous voulez, c'est la doctrine sociale de l'Église du Xe siècle, la doctrine Rerum Novarum, qui était la doctrine sociale de l'Église, puis qui était destinée à contrer les doctrines socialistes du XIXe siècle.

Donc, on va plutôt se diriger vers quelque chose comme ça que vers une normalisation du parti républicain, à laquelle je ne m'attends pas du tout.

Intervenant 200:24:57

Qui sont les protagonistes de cette guerre de succession, Grégory Philips ? On a parlé de JD Vance, de Marco Rubio. Maintenant, David nous parle de Ron DeSantis, le gouverneur de Floride. Peut-être que lui a une carte à jouer maintenant ?

Grégory Phillipse00:25:11

Ron DeSantis, qui, dans un des entretiens qu'évoquait David, a dit : « On a fait face à un événement qui va mener à une extinction massive, comme celle des dinosaures, quasiment », évoquant évidemment les pro-MAGA du parti Trump. Honnêtement, c'est encore tôt, même si ça y est, la campagne pour 2028 est lancée. Moi, j'ai hâte de voir ce que va faire, par exemple, Nikki Haley, qui est l'ancienne ambassadrice américaine aux Nations Unies, qui a fini par s'éloigner de Trump et qui paraît être une républicaine, j'ai envie de dire, raisonnable.

Intervenant 200:25:43

C'était malin de s'éloigner de Trump, c'est ce que vous nous dites.

Grégory Phillipse00:25:46

Elle l'a fait beaucoup plus tôt qu'un Rubio qui est encore aux affaires et qui peut-être prendra le même chemin. Honnêtement, c'est encore un petit peu tôt. Pour l'instant, on regarde aussi ce qui se passe du côté démocrate, quels sont les...

Intervenant 200:25:57

On verra ça tout à l'heure, d'ailleurs.

Grégory Phillipse00:25:58

Les espoirs qui peuvent sortir de ces midterms, mais les choses sont en train de se mettre en place et il faut attendre que la poussière retombe un moment.

Intervenant 200:26:06

La question de Michel dans les Pyrénées-Atlantiques, l'affaire Epstein, qui a disparu des radars, a-t-elle eu une influence sur ces élections ?

Grégory Phillipse00:26:12

Je pense beaucoup moins que le prix du carburant, si je suis honnête. Je pense que ça a joué, mais je pense vraiment, et c'est ce que les gens m'ont dit quand j'étais pendant 15 jours là-bas, je sais que je trouve... Mais les gens me disaient... Ils étaient furieux de la hausse des carburants, qui était de 60 à 70 % dans un État comme... Parce que ça varie selon les États, mais dans un État comme le Wyoming, ils étaient... On m'a parlé aussi de l'enrichissement personnel de Donald Trump, c'est quelque chose qui n'est pas passé. Personne ou presque ne m'a parlé de l'affaire Epstein, pour le coup.

Mais attention, une fois de plus, c'est tous des républicains. Donc, il est pas pur, les tracteurs, enfin, évidemment, c'est central. Et puis tout ce qui est agricole, c'est-à-dire qu'à la fois, ils disaient : « Le bilan de Donald Trump est quand même positif. Les ranchers, il disait : « Il nous a quand même dérégulés, il a quand même autorisé nos bêtes à paître sur des terres fédérales, il a fait beaucoup pour nous. » Mais là, d'importer de la viande d'Argentine, parce que ça, c'est ce qu'il a fait juste avant les élections pour essayer de faire baisser les prix de la viande dans les magasins, plus la hausse massive des prix du carburant, sont vraiment les deux choses qui les ont rendus absolument furieux, plus d'une manière générale, une fatigue et cette impression de...

Enfin, c'est vraiment la première chose qu'ils m'ont dite. Je l'avais déjà raconté ici, mais c'est un gouverneur qui a fait campagne sur le respect qui a gagné, qui n'était ni soutenu par le parti des républicains, ni soutenu par Donald Trump. Et c'est vrai que c'est beaucoup quelque chose qui m'a été dit et beaucoup de gens qui m'ont été décrits comme des trumpistes absolument convaincus qui disent : « Il nous a complètement trahis. »

Intervenant 200:27:37

La trahison, et puis aussi la colère contre les data centers. On l'a montré dans C dans l'air, et c'est ce qui peut-être explique la défaite au Texas également, même si Elon Musk a mis énormément d'argent dans cette campagne, le candidat républicain a perdu. Et on voit les bourses, d'ailleurs, s'effondrer. Je le dis parce que c'est vraiment la séquence de ces dernières heures, et on se demande si la bulle de l'intelligence artificielle est en train d'éclater.

Intervenant 400:27:58

Alors ça, c'est des thèmes qui sont partagés, j'ai envie de dire. La hausse du prix de l'essence, les prix dans les magasins et les data centers, c'est cross-party, comme on dit. C'est entre tous les partis parce que, toujours pareil, ça touche les gens dans leur intimité, dans leur vie au quotidien, parce qu'on a envie de dire : « Pourquoi les data centers me touchent dans ma vie au quotidien ? » Mais si, c'est l'air qui se réchauffe, c'est le prix de l'électricité qui monte parce que les data centers ont besoin d'électricité, donc beaucoup de demande et peu d'offre, donc les prix augmentent. Donc tout ça touche énormément les gens.

Mais ce qu'il y a de plus fascinant, on reviendra sur la bulle de l'IA, si vous le voulez bien, ce qu'il y a de plus fascinant, c'est que Trump a été alerté là-dessus. Il le savait. Tout le monde... Enfin, tout autour de lui, tout le monde savait que le mécontentement était massif. Et au moment où tout le monde lui disait : « Mais bon, les data centers, ça ne va pas, ça ne passe pas auprès de la population », il renforçait ses affirmations sur les data centers. Alors aujourd'hui, hier en particulier, effectivement, les grandes compagnies comme Nvidia ou d'autres se sont effondrées et ont perdu en une journée pour l'une presque 50 % de sa valeur, mais aujourd'hui, on voit ça remonter.

Et on n'est pas dans une crise comme on a eue en 2000 autour d'Internet. Parce qu'à l'époque, en 2000 autour d'Internet, il y a eu effectivement une crise énorme, mais parce qu'Internet ne rapportait pas à l'époque. C'est-à-dire que les fibres optiques qui s'installaient partout, il n'y avait que 7 % de gens, grosso modo, qui en profitaient. Aujourd'hui, la plupart des data centers qui sont en construction sont loués à 80 %. Donc ils gagnent déjà de l'argent. Et donc, si vous voulez, la correction qui s'est faite à la bourse, on va voir, c'est encore trop tôt pour le dire, mais pourrait être moins massive qu'on ne le croit.

Il y aura forcément une correction, mais moins massive qu'elle ne l'était hier, en tout cas.

Intervenant 200:29:42

À quel point les géants de la tech sont-ils bousculés par ce résultat ? Elon Musk s'en est amusé. Sur X, il dit : « On dirait que mes lasers spatiaux destinés à influencer les élections n'ont pas fonctionné cette fois-ci. »

Intervenant 400:29:53

Ni son argent pour le parti républicain. Et c'est vrai que cette question, encore une fois, question de pragmatisme du côté des démocrates, ils ont su entendre la colère et appuyer dans leur campagne sur ces points sensibles, parce que ça renforce justement l'idée, que ce soit par rapport à sa proximité des géants de la tech, son soutien à tout ce qui est IA et ce type de construction et d'entreprise, en plus de la question de la corruption, du fait qu'ils s'en mettaient plein les poches et qu'ils semblaient oublier justement le cœur de ce qu'avait été MAGA, la colère de, comme ils disent, l'homme blanc sans diplôme universitaire qui ne se retrouvait pas dans les élites de Washington.

Plus encore que les élites auparavant, le président Trump a prouvé qu'un populiste au pouvoir n'a rien de proche du peuple, en fait, et en appuyant constamment, malgré ce que disaient ses stratèges, sur les points sensibles, ces constructions à Washington, ces dorures. Et ça, maintenant, il y a pas mal de trucs qui sont sortis justement sur les réunions qui ont eu lieu entre les stratèges et les républicains, qui, eux, voyaient précisément l'effondrement qui se préparait et que le président semblait complètement déconnecté de cet effondrement et des questions qui pouvaient intéresser les Américains, à dire : « Mais on prend maintenant la pilule de cyanure, est-ce qu'on ne demande pas l'asile en Israël ?

» Ils le voyaient venir. La seule personne, apparemment, qui ne pouvait pas, c'était le président. Et la dernière chose, c'est pour MAGA, qui était finalement ce culte de la personnalité autour du président Trump, cet homme qui était tout-puissant, pour qui tout était possible, qui devient toxique et déconnecté, qu'est-ce qui reste derrière ? Je ne suis pas certaine qu'on puisse reprendre ce flambeau-là.

Intervenant 200:31:33

On a vu dans le reportage tout à l'heure ce coup dur que la justice lui inflige concernant l'Arc de Triomphe qu'il veut faire construire. Il dit : « Je n'ai pas dit mon dernier mot. » À propos du bureau oval, il le classe comme monument historique et il dit : « Il sera impossible de le toucher. » Mis bout à bout, sachant que sa toute première réaction après la débâcle, c'était de parler de la salle de bal, vous le lisez, comment tout ça ?

Grégory Phillipse00:31:52

Déconnexion totale. Alors moi qui suis un amoureux de Washington, personnellement, j'étais opposé à cet Arc de Triomphe sur les rives du Potomac, juste en face du cimetière d'Arlington, mais une déconnexion totale. Le plus sidérant, c'est quand même cette conférence de presse au lendemain des élections devant la salle de bal. J'étais avec notre correspondante au téléphone. Évidemment, on guettait la première réaction de Trump et je crois que pendant 20 ou 30 minutes, il ne parle que de la salle de bal, alors qu'il vient de se prendre une gifle monumentale aux élections de mi-mandat. Donc, on a un président qui est totalement déconnecté.

Juste, on le retrouve quelques heures plus tard tel qu'il est, parce que moi, j'ai été surpris aussi de sa reconnaissance de la défaite dans les premières heures. Bravo les démocrates.

Intervenant 200:32:34

Ils ne contestaient pas le résultat.

Grégory Phillipse00:32:35

Alors qu'on annonçait depuis des mois des recours et la colère de Trump, etc. Dans les premières heures, il félicite quasiment les démocrates pour le bon boulot qu'ils ont abattu. Ensuite, il y a la conférence de presse dans la salle de bal et puis finalement, la déclaration dans le bureau oval pour dire que les élections étaient truquées. On retrouve Trump tel qu'on l'a connu, évidemment.

Intervenant 200:32:52

L'autre grande question, cette défaite électorale, quelles conséquences va-t-elle avoir sur la guerre en Ukraine ? On a pu voir hier à la Maison Blanche un proche de Vladimir Poutine reçu par la première dame, Melania Trump, qui accueillait aussi une délégation ukrainienne au moment où le Kremlin veut aller vite conclure un accord sur l'Ukraine avant la fin de l'année, avant l'entrée en fonction du Congrès. Mathieu Lignaud, Nicolas Baudrillat-Son.

Aurélie Cass00:33:17

Le Congrès passe au bleu démocrate et un espoir renaît à 8000 kilomètres de Washington en Ukraine. Quelques heures plus tard, à la télévision allemande, les résultats sont salués prudemment par Volodymyr Zelensky. Les démocrates parlent très clairement d'un soutien à l'Ukraine, d'une aide à l'Ukraine. Ils évoquent le renouveau des liens entre les États-Unis et l'Europe qui se sont quelque peu effrités ces dernières années. Et c'est un point très important pour nous. Sans ce lien, sans ces relations, il est très difficile de contenir Poutine.

Cette victoire démocrate est-elle une mauvaise nouvelle pour la Russie ? Le Kremlin a pu bénéficier d'une certaine mensuétude de Donald Trump et espère que cela continuera. Le président Trump demeure en fonction et nous comptons sincèrement sur lui pour poursuivre ses efforts en faveur de la paix. Des bases ont déjà été posées, un nouveau cycle de pourparlers trilatéraux aura lieu prochainement. La première dame des États-Unis, Melania Trump, a également mené avec succès des initiatives humanitaires. Melania Trump a négocié ces dernières semaines une trêve ici, à Oleshky, à quelques kilomètres du front.

Ce cessez-le-feu a permis l'évacuation de civils ukrainiens dans cette zone occupée par les Russes. Six jours de répit dans cette région et hier, la première dame reçoit des envoyés russes et ukrainiens, elle s'en félicite.

Intervenant 500:34:41

Le cessez-le-feu à Oleszky n'aurait pas été possible sans le président Poutine et le président Zelensky. Leur coopération constitue un précédent important pour faire progresser la paix dans toute la région.

Aurélie Cass00:34:56

Mais la Russie continue de bombarder l'Ukraine. Cette semaine, une frappe sur une école fait plus de 50 morts civiles. Octobre est l'un des mois les plus meurtriers depuis le début de la guerre. Alors la victoire des démocrates est une nouvelle occasion pour Kiev de demander des missiles Patriot pour sa défense aérienne, sans froisser les républicains. Nous devons nous entretenir avec le Sénat, le Congrès, le président et le département de la Défense. Et vous voyez, si nous ne parvenons pas à résoudre la question des systèmes Patriot, la situation deviendra très difficile pour nous.

500 missiles ont déjà été promis la semaine dernière, mais cela pourrait s'accélérer. L'aide à l'Ukraine est d'ailleurs une des priorités des démocrates et de certains sénateurs nouveaux élus.

David Thompson00:35:41

Il s'agit de faire face à Poutine et à sa violation du droit international. Je suis convaincu que nous en avons la responsabilité et nous devons soutenir l'Ukraine.

Aurélie Cass00:35:51

Nous avons appris durant la Seconde Guerre mondiale que lorsque nous ne parvenons pas à tenir tête à un agresseur en Europe, cela finit par se retourner contre nous. Il nous faut donc renforcer l'Ukraine. Mais Donald Trump pourrait les en empêcher avec son droit de veto. Il faudrait alors une majorité aux deux tiers au Congrès. Les démocrates auraient donc besoin des républicains. Des accords bipartisans ont déjà eu lieu pour voter des aides à l'Ukraine. Des sénateurs républicains et démocrates alliés face à l'administration Trump et qui, malgré tout, semblent impuissants.

David Thompson00:36:29

Quand recevrons-nous le plan de dépenses de votre département ?

Aurélie Cass00:36:32

Les sénateurs avaient voté 400 millions de dollars d'aide, mais quatre mois plus tard, toujours rien. Je veux être sûr que le commandement européen sache comment ces fonds doivent être dépensés.

David Thompson00:36:43

Je pense que le fait de traîner les pieds concernant cet investissement dans la défense de l'Ukraine envoie un très mauvais signal à Poutine.

Aurélie Cass00:36:51

De nouvelles négociations doivent avoir lieu la semaine prochaine entre la Russie et l'Ukraine. Les États-Unis joueront les intermédiaires, mais sans aucun démocrate autour de la table.

Intervenant 200:37:03

Catherine en Côte-d'Or, est-ce que Melania Trump va réussir à redorer le blason de Donald Trump ?

Intervenant 400:37:09

Je pense qu'il aura plus de problèmes devant lui que ça. Mais oui, on a parlé de la trêve humanitaire de l'est qui a permis finalement de donner encore une fois, là, dans la séquence qu'on vient de voir à la Maison Blanche, le narratif de Moscou sur cette crise, cette guerre. Non, le problème qu'ils vont avoir maintenant, votre reportage le montrait très bien, c'est qu'il y a une énorme colère au sein du parti républicain au Congrès par rapport à l'attitude de l'exécutif à la Russie et sa proximité, le fait que Washington est désormais ouvertement plutôt l'allié de Moscou, le fait que les 400 millions qui avaient été votés n'ont pas été...

Le transfert des armes n'a pas été facilité par le Pentagone, au contraire, il a été ralenti. Le fait que la diplomatie américaine, désormais, les pourparlers se font entre Jared Kushner, Steve Witkoff et des Russes sans que personne d'autre n'ait accès sur ce qu'ils se disent vraiment, ça, et sans parler même du paquet de sanctions qui a été voté par tout le Congrès, donc les républicains aussi, et qui a été mis de côté par le président au nom de sa nouvelle...

Intervenant 200:38:16

Ça montre que quel que soit le pouvoir du Congrès, c'est quand même Donald Trump qui décide.

Intervenant 400:38:19

Jusque-là, la différence maintenant, c'est qu'ils ont les chiffres pour peser, c'est qu'ils ont des pouvoirs pour enquêter sur lancer des procédures d'audition contre les Pete Hexhead de ce monde et que maintenant, ils peuvent mettre beaucoup plus de pression et demander des comptes et s'assurer que l'exécutif devenu tout-puissant sur cette question-là ne le reste pas.

Intervenant 200:38:41

On va regarder un extrait de la rencontre entre Melania Trump et l'émissaire du Kremlin. C'était donc hier à la Maison Blanche. Regardez.

Intervenant 700:38:50

I would like to welcome Mr. Kirill Dimitrov, special envoy to President Putin of the Russian Federation, to the podium to say a few words.

Intervenant 200:39:02

Que fait-il là ? Alors, on va le voir, on va voir les images aussi qui ont pas mal choqué parce que les Ukrainiens et les Russes étaient mis côte à côte face au pupitre et visiblement, il œuvre surtout à la levée des sanctions américaines visant son fonds. Donc, il y a aussi cet intérêt qui lui est personnel. Ça vous inspire quoi, cette mise en scène ?

Intervenant 400:39:22

Le personnage en lui-même est intéressant. C'est celui qui murmure à l'oreille de Poutine ce qu'il faut faire sur un plan économique et passer des deals. Donc, il vient là pour parler d'un problème humanitaire et de la résorption d'un problème humanitaire. Ce n'est pas tellement sa copovtie et d'ailleurs, si je peux me permettre cette expression, et d'ailleurs, après, il a rencontré Donald Trump, alors qu'au même moment, il y avait un envoyé spécial qui, lui aussi, participe à toutes les négociations côté ukrainien qui étaient là et qui, lui, n'a pas été reçu. Sur le fond, je ne pense pas...

Les Russes ont trois mois parce qu'effectivement, comme vous l'avez dit très justement, en janvier, on pourrait y avoir des accords.

Intervenant 200:40:02

Deux mois, du coup, en novembre-décembre.

Intervenant 400:40:03

Oui, deux mois. Je me rallonge du temps. En janvier, effectivement, le Congrès pourrait, effectivement, par des accords des républicains s'alliant aux démocrates, effectivement, aller à l'encontre de la politique suivie par le président Trump qui gardera quand même son droit de veto. Je ne pense pas, mais je peux là encore me tromper, que son tropisme russe change beaucoup et je ne crois surtout pas que les positions de Vladimir Poutine changent beaucoup parce que récemment, il a encore répété il y a encore deux jours par l'intermédiaire de son porte-parole et de son ministre des Affaires étrangères que tout le monde connaissait la position russe.

Donc, on allait discuter à Abu Dhabi, mais sur des thèmes que l'on connaissait. Et qui plus est, là, ce qui est le plus inquiétant de cette discussion, c'est que le président Trump a annoncé : « Nous allons avoir une big beautiful bill », comme il avait fait pour l'argent, mais là, sur l'Europe, avec les Ukrainiens. C'est-à-dire : « Je vais passer un superbe accord avec les Ukrainiens. Nous allons finir la guerre et régler les problèmes en Europe », alors que les Européens ne sont pas présents et que même l'envoyé spécial russe a dit qu'il n'était pas du tout question que les Européens soient à cette table des négociations.

Donc, on voit bien que là, on est dans l'effet d'annonce. Sur le fond, les positions ne changent pas, mais ça peut changer, effectivement, comme vous le dites très justement, en janvier.

Intervenant 200:41:25

David vous demande : « Ce revers historique pour Donald Trump fait-il le bonheur de Volodymyr Zelensky et le malheur de Vladimir Poutine ? » Zelensky, qui, après la défaite, a déclaré : « Il y a donc maintenant de l'espoir. »

Grégory Phillipse00:41:35

Alors, la question, c'est toujours la même. C'est-à-dire que je suis d'accord, effectivement, le Congrès va avoir beaucoup plus de pouvoir. Les démocrates ont signalé pendant cette campagne qu'ils voulaient revenir sur des positions plus pro-ukrainiennes. Maintenant, il va falloir du temps, d'une part. Ce qui pourrait arriver, effectivement, mais ça, on n'a pas tous les éléments, c'est que derrière des portes closes, effectivement, les Russes se disent : « OK, vite, il faut qu'on sorte, il faut qu'on négocie pendant qu'on a une administration qui nous est plus sympathique que celle qui est à venir, très probablement. » Maintenant, je suis d'accord, les positions de personnes n'ont bougé.

Enfin, tout le monde est sur les mêmes lignes, si ce n'est qu'effectivement, le Congrès américain va être plus pro-ukrainien. Et après, c'est vrai qu'ils ont les moyens. Alors, ils vont pouvoir forcer parce qu'ils ont ce qu'on appelle the power of the first. Donc, effectivement, ils vont pouvoir voter des sanctions, ils vont pouvoir voter des packages d'aide. Le président a son droit de veto. Ils peuvent passer le droit de veto s'ils ont deux tiers du Sénat, mais c'est quand même encore l'exécutif, par exemple, si on parle de livraison d'armes, qui choisit quel type d'armes on va livrer et quand on va les livrer. Donc, je veux dire, le pouvoir de nuisance de Donald Trump vis-à-vis des Ukrainiens ne reste pas intact, mais en tout cas, il est encore bien présent.

Et ça, c'est quand même quelque chose qui est très compliqué. Donc, les dynamiques de ce dossier-là, c'est difficile de les lire, en réalité.

Intervenant 200:42:48

Il y a un autre élément, c'est que l'accord sur le pétrole russe bat de l'aile. Il y a plusieurs navires russes chargés de pétrole, donc destinés au marché américain, qui ont fait marche arrière. Je ne sais pas si on dit ça. En tout cas, qui ont changé de cap plutôt en haute mer. Et puis, il y a la gouverneure démocrate du New Jersey, Mikey Cheryl, qui a averti les responsables portuaires et les exploitants de terminaux que toute transaction autour du gasoil constituait une violation de la loi fédérale et qu'il pouvait y avoir des sanctions.

Grégory Phillipse00:43:14

Oui. Non, ça, c'était un cadeau de Trump fait à Poutine. Ça y est, tu vas enfin pouvoir réexporter ton pétrole et gagner des millions de dollars grâce à ça. Là, le fait que le Congrès change de visage, encore une fois, début janvier, on a encore deux mois à attendre. Ils vont pouvoir reprendre voter des trains de sanctions contre Moscou, notamment, par exemple, sur la flotte fantôme russe, sur le pétrole russe, etc. Ils vont pouvoir aussi, ça, c'est important, je trouve, lancer des commissions d'enquête, par exemple, sur l'enrichissement du clan Trump vis-à-vis de la Russie.

Il y a quand même des liens qui sont très sombres, j'ai envie de dire, entre Kushner, Witkoff et le clan de Poutine au Kremlin. Donc là, il va pouvoir y avoir des commissions d'enquête. Mais c'est vrai qu'au final, Trump, sur la politique étrangère, a encore la main pendant deux ans. Alors, il va y avoir des batailles au Congrès, sans doute des votes qui vont réalimenter l'aide militaire ukrainienne par plusieurs centaines de millions de dollars. Mais au final, c'est quand même Trump qui décide la politique étrangère.

Intervenant 200:44:16

Et les deux mois qui viennent, c'est vraiment un compte à rebours. Poutine espère avoir l'accord avant la fin de l'année. Est-ce qu'il peut y arriver alors qu'on est, c'est vrai, au milieu de plusieurs rendez-vous ? Il y a celui d'Abu Dhabi la semaine prochaine où les Ukrainiens et les Russes vont se rencontrer.

Grégory Phillipse00:44:29

En fait, de toute façon, à Abu Dhabi et sans doute jusqu'à la fin de l'année, l'administration américaine est quand même sur une ligne totalement pro-russe. Enfin, vous avez montré les images de Melania Trump à la Maison Blanche. Pardonnez-moi, c'est sidérant. Elle reçoit Kirill Dimitriev comme un ami, quasiment. Elle compare l'invasion de l'Ukraine en février 2022 quasiment à une catastrophe naturelle et il faut résoudre cette crise ensemble, main dans la main, comme si c'était un problème lié aux deux pays.

Et ça illustre très bien. Pour moi, c'est quasiment aussi violent que l'accueil de Poutine en Corrège avec le tapis rouge. On est toujours sur une ligne totalement pro-russe.

Intervenant 200:45:10

Et on peut espérer une enquête sur les liens russes entre la Maison Blanche ?

Intervenant 400:45:13

Ah, certainement. À mon avis, plusieurs enquêtes sur ces liens-là. Et encore une fois, je pense que pour beaucoup de républicains, la proximité du président avec Moscou est profondément choquante. Les histoires de corruption qui l'entourent le sont aussi. La grande question, c'est comment Moscou voit la chose. Est-ce que pendant deux mois, elle se dit : « C'est notre chance d'avoir un accord qui convienne aux Américains et à l'administration américaine et qui nous permette de mettre fin à cette guerre », mais en sachant que les positions des Aulizier sont les... Aujourd'hui, Washington et Moscou sont d'accord : « La guerre se terminera si l'Ukraine cède le Donbass », alors qu'on sait très bien que l'Ukraine n'acceptera pas.

Donc, est-ce que Moscou va faire des concessions pour essayer de prendre le deal pendant qu'ils peuvent ou se décider qu'après tout, on continuera la guerre aussi longtemps ?

Intervenant 200:45:54

On sait aussi qu'on est une cible à l'approche d'élections aussi en Europe et y compris chez nous. Et j'avais une petite question parce que quand je vois les alertes à la bombe qui se multiplient en Europe, qui ont perturbé le trafic européen cette semaine, au moins quatre alertes sur des avions survolant la France aujourd'hui. Les services de Matignon nous disent qu'une enquête est en cours pour déterminer l'origine de ces alertes qui touchent toute l'Europe. Le gouvernement irlandais pense qu'il s'agit d'une campagne coordonnée. Quel regard, vous, les spécialistes, vous jetez là-dessus ? Alors qu'on doit encore être très prudents.

On n'a pas le résultat des enquêtes.

Intervenant 400:46:28

Aujourd'hui, je serai très rapide. Aujourd'hui, on est quand même dans une phase où on assiste à une montée en intensité de tout ce qui est signaux inquiétants que certains qualifient comme guerre hybride, que maintenant tout le monde va abandonner le mot « guerre hybride ». En tout cas, les militaires veulent les abandonner puisque c'est attentats, c'est drones qui survolent, drones qui tapent, drones qui s'abattent dans une ville en Pologne, drones... Enfin bon. Et personnes menacées, supermarchés qui sautent. Enfin bon, il y a une multiplication des attaques.

Le tout, c'est qu'il faut les attribuer, comme on dit. Donc, les Européens cherchent à définir qui attaque. Parfois, on l'avait vu en Allemagne, ça a été attribué après quatre mois quand même à la Russie. Là, on a un petit signe, mais ça, ça ne veut pas du tout dire parce qu'il y a un groupe qui s'est revendiqué, en tout cas pour Rome.

Intervenant 200:47:19

Oui, les combattants de l'État masculin pour Rome et Sofia. Et ça pourrait être un mouvement ultra-nationaliste russe, mais j'emploie le conditionnel.

Intervenant 400:47:25

Voilà, ça pourrait parce qu'on a ce groupe a revendiqué deux ou trois attaques. Il est effectivement connu, il est apparu dans les années 2016 en Russie. Il s'est complètement radicalisé. Est-ce qu'il est aujourd'hui... Est-ce que c'est lui d'abord ? Est-ce qu'il est dans les mains effectivement du FSB ou du KGB, enfin ex-KGB ? Tout ça, c'est impossible à dire. Tout ce que l'on peut noter, ça, c'est une certitude, c'est que ça fait monter la peur chez nous tous. C'est-à-dire qu'on se dit : « Mais qu'est-ce que c'est ce monde dans lequel on vit avec ces avions qui sont détournés ?

» Il y a quand même eu deux avions de chasse français qui ont décollé pour escorter un avion qui venait d'Irlande parce qu'ils ne voulaient pas atterrir sur une base militaire. Mais tout ça coûte de l'argent. C'est du personnel immobilisé. Donc, c'est très, ce que disent les Anglais, disruptif.

Grégory Phillipse00:48:11

Et les frigos, par exemple.

Intervenant 400:48:13

Et les frigos. Et il y a eu avant les frigos. Il y a eu les attaques sur les trains qu'on ne sait pas attribuer, enfin sur les voies ferrées qu'on a de la difficulté à attribuer. Donc, tout ça crée un climat très anxiogène. Et à qui profite le crime ?

Intervenant 200:48:23

Jobs, vous vouliez réagir tout à l'heure.

Grégory Phillipse00:48:24

Oui, c'était sur Poutine. Je pense que la très mauvaise nouvelle pour Poutine, au-delà de ce qu'on peut voir en Ukraine, c'est qu'il y avait un alignement idéologique entre Moscou et Washington. Et la cible, c'était nous, c'était l'Union européenne. C'est-à-dire qu'en fait, on avait d'un côté des milliardaires américains qui étaient prêts à financer des campagnes de mouvements d'extrême droite, par exemple en Europe, avec un objectif finalement qui était partagé, qui était de fissurer l'Union européenne et pour Poutine, de casser l'OTAN, sachant que les Américains, finalement, étaient sur cette même ligne.

Eh bien là, il est dans une situation difficile, Poutine, parce que ce plan-là est en train de s'effondrer. Il s'effondre d'ailleurs parce qu'aux États-Unis, on a une vague bleue, mais parce que Jair Bolsonaro a perdu au Brésil, parce qu'en Hongrie, on a la défaite de Viktor Orbán. Donc tous...

Intervenant 200:49:11

Flavio Bolsonaro, c'est le fils de Flavio.

Grégory Phillipse00:49:13

Oui, Flavio, pardon.

Intervenant 200:49:14

Qui est comme son père, il a refusé de reconnaître la défaite et il est parti.

Grégory Phillipse00:49:18

Et il est parti. D'ailleurs, c'est rigolo, il est allé s'exiler aux États-Unis. Si ça se trouve, il ne va pas pouvoir y rester maintenant. Enfin bon, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que pour les plans du Kremlin qui consistaient effectivement à fracturer l'Alliance transatlantique et à casser l'Union européenne, eh bien ça va être plus difficile maintenant. Et donc, cette stratégie-là est quelque part remise en question.

Intervenant 400:49:36

Mais il peut redoubler d'intensité, sachant qu'on a des élections primordiales qui vont se dérouler dans toute l'Europe l'année prochaine.

Grégory Phillipse00:49:42

Oui, mais on n'aura peut-être pas de discours de J.D. Vance pour venir mettre le bazar comme on l'a pu le voir à Munich. Mais sachons que sait-on jamais.

Intervenant 200:49:48

On va continuer à avancer avec cette question concernant le camp démocrate qui cherche toujours un leader et une ligne politique en vue de 2028. On a choisi trois figures à suivre : le reportage de Constance Meyer et Ilana Azincot.

Aurélie Cass00:50:05

Les cris de victoire et la fierté d'un homme.

Intervenant 500:50:11

Je m'appelle Abdourahman Mohamed El Saïed.

Aurélie Cass00:50:17

Ce médecin de 42 ans devient le premier sénateur musulman des États-Unis.

Intervenant 500:50:23

Vous avez pris un risque en misant sur le candidat le moins probable, alors merci. Tout cela est grâce à vous.

Aurélie Cass00:50:32

Abdul El Saïed incarne l'aile gauche des démocrates.

Intervenant 500:50:38

Je veux prendre l'argent des politiques et rendre les soins médicaux accessibles à tous. Je pense qu'il faut commencer à taxer le patrimoine des personnes qui possèdent plus de 100 millions de dollars.

Aurélie Cass00:50:47

Servant défenseur de Gaza, il prône l'arrêt de l'aide militaire américaine à Israël.

Intervenant 500:50:53

L'argent des contribuables est envoyé à l'étranger pour subventionner l'armée d'un gouvernement afin qu'elle commette les pires atrocités : le génocide, l'apartheid.

Aurélie Cass00:51:02

Un candidat, cible privilégiée de Donald Trump. Terroriste, djihadiste, le président multiplie les attaques mensongères et violentes.

Intervenant 500:51:11

Ce serait le seul sénateur qui devrait passer par un détecteur de métaux avant d'être autorisé à entrer au Sénat. Je veux qu'il passe par un détecteur de métaux.

Aurélie Cass00:51:20

Du Michigan au Texas, une même vague démocrate. Dans ce bar de Dallas, c'est l'euphorie. Pour la première fois depuis 1988, un candidat démocrate est élu au Sénat.

Intervenant 500:51:36

On est de retour, on est de retour. Honnêtement, je ne m'y attendais pas. Je me disais : « Tu sais, j'ai grandi au Texas. C'est un État républicain depuis plus de 30 ans maintenant. » C'est formidable de voir cette vague démocrate déferler. C'est génial.

Aurélie Cass00:51:51

L'auteur de cette percée historique, c'est James Talarico, ancien professeur de 37 ans.

Intervenant 500:51:59

Misez toujours, toujours sur l'outsider. Nous avons construit un mouvement comme cet État n'en avait jamais vu.

Aurélie Cass00:52:10

Pour décrocher son siège de sénateur, James Talarico a fait campagne sur le terrain des républicains en mettant en avant la religion.

Intervenant 500:52:20

Ma foi m'enseigne d'aimer mon prochain comme moi-même. Pas seulement le prochain qui me ressemble, pas seulement celui qui prie comme moi, pas seulement celui qui vote comme moi.

Aurélie Cass00:52:33

Des démocrates qui incarnent le renouveau du parti et pour certains, un espoir en vue de la présidentielle de 2028. Sénateur réélu confortablement, Jonosef est l'une des étoiles montantes. Il a gagné en popularité grâce à ses attaques frontales envers Donald Trump.

Intervenant 500:52:51

Il ne veut pas faire son travail. Il veut construire sa salle de balle et voyager avec Nathalie à bord de leur palais volant, apparemment sans défense, offert par l'émir du Qatar. La mafia de Mar-a-Lago a vraiment porté la corruption américaine à des sommets inédits.

Aurélie Cass00:53:10

À l'opulence de Donald Trump, Jonosef oppose la crise du pouvoir d'achat qui touche les Américains.

Intervenant 500:53:17

On nous raconte une histoire : travaillez dur, respectez les règles et vous réussirez. Mais avec les courses, le loyer, l'assurance, les impôts, le crédit de la voiture, la facture d'électricité, le compte n'y est pas.

Aurélie Cass00:53:27

Sa candidature a été particulièrement soutenue, financée à hauteur de plus de 100 millions de dollars et appuyée par un certain Barack Obama.

Intervenant 500:53:39

C'est formidable d'être avec vous. Et avec mon ami, le sénateur Jonosef. Il faut le renvoyer au Sénat.

Aurélie Cass00:53:50

Des démocrates portés par la victoire qui vont devoir définir une stratégie commune s'ils veulent avoir un espoir de remporter l'élection présidentielle.

Intervenant 200:53:59

Quel est celui qui retient le plus votre attention ?

Grégory Phillipse00:54:01

Je crois que Ossof, évidemment, parce qu'il a emprunté à Obama le sens de la formule, quasiment même la même gestuelle. Et puis, on les voit tous les deux sur scène. Alors, il est très jeune, il a 33 ans, mais il a sans aucun doute un grand avenir politique. Je ne sais pas s'il sera mûr pour 2028. Non, je citerai deux autres noms, mais qui n'ont pas été concernés par cette élection. Celui qui se présente comme l'opposant numéro 1, c'est le gouverneur de Californie, Gavin Newsom. Mais est-ce que les démocrates vont faire encore une fois l'erreur d'aller chercher un Californien qui, on le sait, aura peut-être du mal, comme Kamala Harris, à conquérir les cœurs et les âmes dans tout le pays ?

Et puis, il y a un autre choix un peu stratégique, ce serait la gauche la plus radicale, même si elle a un peu tempéré ses propos. C'est Alexandria Ocasio-Cortez, qui est aussi une jeune espoir, cette élue new-yorkaise. Mais là, ce serait un choix de dire : « Voilà, c'est vraiment l'aile gauche du parti qu'on propulse en orbite pour 2028. » Vous voyez que les cartes sont encore ouvertes.

Intervenant 200:54:57

Est-ce que l'engagement de Barack Obama, qui est sorti de sa réserve quelques jours avant l'élection, a aussi joué ?

Grégory Phillipse00:55:03

Oui, sans doute. Il reste quand même une figure importante dans le parti démocrate, beaucoup plus que Joe Biden, qu'on ne voit quasiment plus, évidemment. Donc, il reste une figure importante.

Intervenant 200:55:14

Il s'en est pris à l'opulence, justement, à la salle de balle.

Grégory Phillipse00:55:17

Voilà. Et Ossof a joué sur la même carte quand il évoque, par exemple, le Boeing offert par les Qataris et cette sortie sur Nathalie Harp, la conseillère presse de Donald Trump, a eu un écho très retentissant aux États-Unis. Quand je dis qu'il a emprunté quasiment les mêmes formules et la même gestuelle qu'Obama, c'est une certitude.

Intervenant 200:55:39

Les démocrates ont gagné, mais ont-ils un projet pour 2028 ? Leurs nouvelles figures sont-elles prêtes pour une présidentielle ?

Intervenant 400:55:45

Je pense à nouveau au pragmatisme. Les trois candidats qu'on a regardés là en campagne ont ceci en commun qu'ils ont réussi à parler à la fois de la corruption de l'administration actuelle et du besoin qu'avaient les Américains d'entendre parler des frais de soins, du coût de la vie, et qu'on les entende finalement, avec en plus cette nouveauté pour le cas d'El Saïed de réussir à retourner finalement, pas simplement la question d'Israël qui était très importante dans le Michigan, mais aussi le discours ultra-raciste auquel il a fait face.

Finalement, un petit peu comme pour James Talarico, qui a su prendre la religion et en faire quelque chose qui n'était pas forcément simplement l'outil de cette extrême droite MAGA, mais qui pouvait appartenir à la gauche, aux démocrates, ils réussissent finalement à exposer quelque chose qui ressentait beaucoup d'Américains, c'est que, que ce soit sur l'immigration et les agissements du ICE, les images très choquantes qu'on a eues pendant quelques mois, les discours très violents et virulents racistes, c'est des choses dans lesquelles les Américains se reconnaissent peu, finalement.

It's un-American. Et je pense que pour beaucoup d'Américains, et ces deux candidats en particulier, ils ont réussi à démontrer finalement que ça n'était pas qui ils étaient. Donc, ça va beaucoup plus loin que la politique du parti démocrate.

Intervenant 200:56:57

On passe tout de suite à vos questions SMS. Les droits de douane de Donald Trump seront-ils annulés par le Congrès ? La question de Bruno dans Les Ibliers.

Grégory Phillipse00:57:09

C'est une possibilité, ce n'est pas complètement certain. Et puis, ce qu'il y a aussi, c'est qu'il y a des accords qui ont été passés en bilatéral avec pas mal de pays suite à la mise en place de ces droits de douane. Et ces accords-là ne vont pas forcément être mis en question. Je pense qu'ils vont changer. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il n'y aura plus des annonces fracassantes de « get up to 50 % ». Ça, ça n'arrivera plus. Voilà. Maintenant, je pense qu'ils vont chercher à détricoter ça parce que c'est perçu par les Américains comme l'une des principales causes de l'inflation qu'on a aujourd'hui.

Intervenant 200:57:36

Mais c'est vrai qu'il y a de nombreux sujets sur lesquels ils ne pourront rien faire. Quand vous parlez de l'ICE, le budget court jusqu'en 2029, par exemple, concernant la police de l'immigration, le Congrès ne pourra pas faire grand-chose. Donald Trump s'est-il au moins une fois remis en question ?

Intervenant 400:57:49

Alors ça, je ne suis pas dans son esprit, je ne suis pas dans ça. Mais ce que l'on peut voir, c'est que là, il dit bien : « La guerre, oui, bon, c'est une petite erreur. » Mais ce que Donald Trump veut, c'est prendre la lumière. C'est ça qui l'intéresse. La remise en question, il ne sait même pas, je pense, ce que c'est que se remettre en question. Il veut prendre la lumière. Il a ces projets pharaoniques. Je pense qu'on va avoir... Il va tout faire, effectivement, pour poursuivre dans ses projets et pour être toujours au centre. Il ne peut pas... Il ne peut pas sortir de... On ne peut pas changer un homme à 80 ans et lui faire changer de mentalité.

C'est un narcissique, il aime être au centre, il aime gouverner, il ne respecte que les forts. Et ça, je ne pense pas qu'on ne va pas changer sa personnalité. Et ça, il ne faut s'attendre à aucun changement, je pense, de ce côté-là.

Intervenant 200:58:34

Le Congrès pourrait-il supprimer l'ICE, la police de l'immigration ?

Grégory Phillipse00:58:38

Oui, mais tout est soumis au droit de veto de Trump. Donc, vous pouvez porter un projet de loi qui supprime cette police. Si Trump dit non, c'est terminé.

Intervenant 200:58:47

Donc non.

Grégory Phillipse00:58:48

Oui, non.

Intervenant 400:58:49

Je pense que les Américains sont assez sensibles, finalement, à la fermeture des frontières. Ils ne sont pas opposés. Ce qui les rend opposés, c'est aux méthodes, pas à la politique.

Intervenant 200:58:57

Que pense Marco Rubio de cette débâcle aux élections de mi-mandat ? C'est pour vous, Mélissa.

Intervenant 400:59:02

Je pense qu'ils vont tous, petit à petit, essayer de prendre leur distance. Mais bon, très difficile. Encore une fois, ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui sont les républicains et Marco Rubio le premier, qui était vraiment de la droite traditionnelle du parti républicain à l'époque de 2016, qui ont un peu vendu leurs âmes, leurs principes pour rejoindre ce mouvement assez extrémiste. Très difficile de voir comment ils s'en sortent. Ils sont tous, à ce stade, teintés par leur proximité au président et par la part qu'ils ont prise dans la mise en place de toutes les politiques dont on a parlé jusque-là.

Intervenant 200:59:34

Quel effet a eu l'intervention de Melania Trump sur le retour des enfants ukrainiens déportés en Russie ? Sonia dans le Rhône.

Grégory Phillipse00:59:40

Je crois que ça concerne quelques dizaines d'enfants seulement. Et il me semble qu'on évoque 20 000 enfants qui ont été emmenés de force en Russie. Donc, c'est un effet très limité.

Intervenant 200:59:51

Et quel rôle elle joue encore aujourd'hui ?

Grégory Phillipse00:59:53

Elle a obtenu le cessez-le-feu à Olesky dans cette ville près de Kherson. Ça, il faut l'admettre. Ça a permis au moins à cette population de partir soit vers l'Ukraine, soit vers la Russie, d'ailleurs.

Intervenant 201:00:04

Et ça a permis à la Russie aussi, stratégiquement, de se positionner dans la suite de la guerre. Ce n'était pas purement humanitaire comme décision.

Grégory Phillipse01:00:11

Oui, exactement. Et on a vu quand même l'accueil qui a été réservé aux Russes juste après à la Maison-Blanche avec Dimitriev.

Intervenant 201:00:16

La politique américaine vis-à-vis de l'Ukraine peut-elle changer avant 2028 ?

Grégory Phillipse01:00:20

Effectivement, on l'a évoqué. Disons que ça risque d'être un point de contention important entre le Congrès et la présidence Trump. Comme je l'avais dit tout à l'heure, le Congrès peut effectivement voter des sanctions, peut voter des packages d'aide, peut voter de la distribution de matériel, mais la Maison-Blanche peut bloquer, peut interdire certaines armes, peut ne pas livrer. Donc, ça va être une bagarre et la politique étrangère reste la prérogative du président. Donc, ça va être un bras de fer.

Intervenant 201:00:49

Alors, impeachment ou pas impeachment, c'est la question de Romain dans La Drôme.

Intervenant 401:00:53

Alors là, on l'a encore évoqué tout à l'heure. Toute la question, c'est : est-ce que les démocrates vont vouloir se lancer dans une course sur l'impeachment et faire impeachment sur impeachment contre Peter Hegseth, contre d'autres, ou et contre Donald Trump, qui a déjà eu deux procédures lancées contre lui ? On sait que les procédures, elles sont lancées à ce qu'on appelle notre équivalent d'Assemblée nationale, qui instruit, etc. Et puis après, le procès se passe au Sénat. Mais là encore, pour faire un impeachment, il faut les deux tiers, c'est possible. Et après, enfin, il y a encore chaque fois...

Donald Trump peut mettre son veto, et il y a encore des recours avec la Cour suprême. Donc, tout ça est très compliqué, mais je crois que sur le fond, pour en finir très rapidement, les démocrates risquent, et en tout cas, il y a une forte tendance au sein des démocrates qui disent : « Oui, on va faire des procédures, mais on ne va pas encore remettre Trump dans la position de victime, sachant que cette position victimaire lui sert toujours. »

Intervenant 201:01:44

Grégory ?

Grégory Phillipse01:01:45

Personnellement, je pense que ce serait une erreur de dépenser leur énergie dans une troisième procédure qui, finalement, a peu de chances d'aboutir.

Intervenant 201:01:51

À l'occasion de ce changement de majorité, le dossier Epstein va-t-il revenir sur le devant de la scène ?

Intervenant 401:01:55

Il n'est jamais tout à fait parti, justement parce qu'il y a cette commission d'enquête qui a permis de faire sortir la moitié des documents pour l'instant. Il nous reste la moitié des documents à venir. Donc, même un Congrès qui n'était pas démocrate réussissait à faire avancer les choses.

Intervenant 201:02:08

Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été avec nous ce soir. Très bonne soirée sur France 5 et moi, je vous dis à demain, 17 h 25.

Aurélie Cass01:02:18

Retrouvez nos podcasts sur toutes les plateformes d'écoute. Et pour le replay vidéo, c'est sur France.TV, bien évidemment. À bientôt.

Description de l'épisode

C dans l’air du 6 novembre 2026 - Trump après la défaite : c'est OK Corral à la Maison Blanche !

La défaite est encore fraîche, mais déjà, les règlements de comptes ont commencé dans le camp républicain. Deux jours après la débâcle de son parti aux élections de mi-mandat, Donald Trump semble avoir retrouvé ses vieux réflexes. Lui qui se voulait beau joueur au soir du scrutin est rapidement revenu à ses accusations habituelles de fraude électorale. Jeudi, face à la presse, dans le Bureau ovale, le président américain s'est emporté : « Nos élections sont tellement truquées, vous n'avez pas idée. »

Difficile pourtant de contester l'ampleur du revers électoral. Les démocrates sont assurés de compter au moins 250 élus à la Chambre des représentants, selon les projections de CNN et Fox News. Un chiffre qui pourrait encore progresser, alors que le dépouillement se poursuit dans une vingtaine de circonscriptions. Au Sénat également, le rapport de force a basculé : les démocrates ont remporté sept sièges et devraient disposer d'au moins 54 élus sur 100. Les résultats restent toutefois attendus en Alaska et dans le Mississippi.

Au-delà des chiffres, c'est toute la carte électorale américaine qui se redessine. Des territoires jusque-là acquis aux républicains ont basculé dans le camp démocrate. Une vague bleue qui témoigne d'un désaveu profond de la politique menée par Donald Trump, y compris dans des États où il était encore largement en tête il y a deux ans.

Mais le plus préoccupant pour le président américain est peut-être ailleurs : dans son propre camp, les critiques se multiplient. La défaite a libéré la parole des républicains et fait apparaître au grand jour les fractures qui traversent le parti. Le premier à avoir pris la parole n'est autre que JD Vance. Le vice-président a rapidement réagi dans un long message publié sur le réseau social X. « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre », écrit JD Vance, ajoutant : « Tout le monde sait pourquoi nous avons perdu. Et toute conversation franche sur la voie à suivre doit désormais commencer par là. »

Un désaveu pour Donald Trump, qui a toutefois donné raison à son vice-président, du moins en partie. « Je pense que c’est en grande partie vrai », a-t-il reconnu, estimant que la guerre en Iran avait provoqué une hausse temporaire des prix de l’essence. Mais pas question pour autant de faire son mea culpa. Interrogé sur sa décision d'entrer en guerre, Donald Trump n'a manifesté aucun regret : « Si c'était à refaire, je le referais. »

Du côté démocrate, cette victoire ouvre également de nouvelles perspectives. La vague bleue a permis l'émergence d'une nouvelle génération de responsables politiques, parmi lesquels Abdul El-Sayed, James Talarico, Peggy Flanagan ou encore Jon Ossoff. Autant de figures susceptibles de compter dans la course à la Maison-Blanche en 2028.

Alors l'après-Trump a-t-il déjà commencé ? Qui, chez les républicains, pourrait prendre sa succession ? Les démocrates sauront-ils transformer cette victoire en dynamique présidentielle ? Et surtout, quelles conséquences cette nouvelle donne politique pourrait-elle avoir sur l'engagement américain dans la guerre en Ukraine ?

Nos experts :

- James ANDRÉ - Grand reporter - France 24
- Melissa BELL - Journaliste - Correspondante à Paris pour CNN, auteure de Sous influence américaine
- Patricia ALLÉMONIÈRE - Grand reporter, spécialiste des questions internationales
- Gregory PHILIPPS - Directeur adjoint de la rédaction - LCI, en charge du pôle international, ancien correspondant à Washington
- David THOMSON ( Duplex en Floride) - Journaliste, spécialiste du mouvement MAGA, coréalisateur du documentaire J.D. Vance : la revanche d'une Amérique