Transcript of Mozart : la liberté ou la mort ! (1/3)

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Episode summary

This episode of Secrets d'Histoire traces the life of Wolfgang Amadeus Mozart, from his childhood tours of European courts to his stormy years in Salzburg and Vienna. Historians and specialists discuss how his father Léopold shaped his early career, the lavish reception the young prodigy received in Vienna and Versailles, and the frustrations that led him to break with his employer, the archbishop Colloredo.

The guests also look at his playful wit, his Enlightenment ideas, his Freemason connections and the opera The Marriage of Figaro. Listeners will hear how a gifted child became a rebellious composer, and why some argue his pride cost him dearly.

In this episode Stéphane Bern, André Tubeuf, Frédéric Claudéon, Geneviève Geffrey, Pierre Mollier, Robert Kaddouch, Ulrich Schlesinger, Ève Ruggieri

This transcript of the Mozart episode on Secrets d'Histoire was made with the technology behind HappyScribe's automatic meeting notes.

Speaker 100:00:04

Je suis heureux de vous retrouver en Autriche pour vous raconter l'incroyable destin du musicien le plus connu au monde, Wolfgang Amadeus Mozart. On a tous à l'esprit l'image de cet enfant prodige qui compose avant même de savoir écrire, et qui, grâce à ses exploits au clavecin, devient la coqueluche des cours européennes au XVIIIe siècle. Mais, contre toute attente, la carrière de ce génie sera bien plus chaotique que ce que lui promettent ses incroyables dons musicaux.

Spontané et orgueilleux, voire rebelle, Mozart refusera la servilité de la vie de cour, mais il devra en payer le prix fort : une vie d'incertitude qui le fait côtoyer la misère la plus noire, écroulé sous les dettes. Passionné par la musique autant que par les femmes, Mozart vivra sans s'économiser jusqu'à sa mort prématurée, à l'âge de 35 ans. Un décès encore entouré de bien des mystères, dont le plus fabuleux sont Requiem, l'une de ses plus belles pages de la musique classique qu'il disait avoir l'impression de composer pour lui-même.

C'est donc une vie de grandeur et de labeur que je vous propose de découvrir, une vie où le génie le plus ultime se mêle aux émotions les plus humaines, un parcours qui va nous permettre d'ouvrir les portes des palais extraordinaires où résonne encore sa musique, des chefs-d'œuvre comme La Flûte enchantée, Les Noces de Figaro ou Don Giovanni, soit 626 œuvres composées en 30 ans. Un véritable prodige.

Speaker 200:01:47

Vous écoutez « Secrets d'Histoire : Mozart, la liberté ou la mort ». Première partie.

Speaker 100:02:04

Salzbourg, cette ville classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, est bien sûr célèbre pour son festival de musique classique, mais surtout parce que c'est ici qu'est né Wolfgang Amadeus Mozart en 1756. Alors, bien sûr, ici, l'ombre de Mozart plane à chaque coin de rue, et dans la cathédrale aussi, le souvenir du compositeur est très présent.

Cet édifice est l'un des plus beaux joyaux de l'art baroque de toute l'Autriche. C'est un architecte italien, Solari, qui en a signé la conception au XVIIe siècle. Ses dimensions spectaculaires témoignent de la puissance de la ville, parce qu'à l'époque, Salzbourg a un statut de ville indépendante au cœur du Saint-Empire romain germanique. Elle ne rejoindra d'ailleurs l'Empire autrichien qu'au début du XIXe siècle.

Et là aussi, dans cette chapelle latérale, on peut admirer les magnifiques fonds baptismaux sur lesquels le petit Mozart a été baptisé. À l'époque, on baptisait les bébés au lendemain même de leur naissance, parce que beaucoup d'enfants mouraient en bas âge. Les parents de Mozart, par exemple, ont eu sept enfants en tout, mais seuls Wolfgang et sa sœur Nannerl ont survécu. Avec une telle mortalité, on pourrait presque penser que le petit Mozart est un miraculé.

Cette cathédrale, Mozart la connaît par cœur, car au début de sa carrière, le jeune musicien travaille ici en tant qu'organiste. En tant qu'organiste officiel, Mozart ne joue pas du grand orgue là-bas derrière, mais de l'orgue du pilastre. Dès l'âge de six ans, Wolfgang montre des talents musicaux absolument prodigieux, et son père va donc l'emmener faire le tour de toutes les cours royales d'Europe, un peu comme on montre un singe savant pour faire savoir aux plus grands qu'un génie est né.

Speaker 200:04:18

Wolfgang Amadeus Mozart n'a pas encore l'âge de raison quand son père, Léopold, s'aperçoit de ses dons musicaux hors du commun.

Speaker 300:04:28

Mozart, tout petit, a déjà une oreille exceptionnelle, mais il a surtout ce jaillissement de mélodies qui lui arrive.

Speaker 400:04:36

Il y avait dans le cerveau de Mozart certainement une capacité photographique qui signifiait que ce qu'il entendait, il se le transcrivait en partitions.

Speaker 200:04:45

André Tubeuffe, écrivain et critique musical.

Speaker 400:04:48

Du fait même de l'entendre, et n'avait qu'à le fixer, comme en plaque photographique, pendant quelques minutes ou quelques heures, de façon, le soir venu, de le transcrire dans sa chambre.

Speaker 300:05:04

Il y a des anecdotes qui illustrent assez bien le talent de Wolfgang tout petit. Un jour, un ami de son père vient rendre visite à Léopold avec son violon, et Wolfgang trépigne, tape du pied en demandant qu'on lui prête ce violon. Et son papa lui dit : « Mais tu ne peux pas prendre ce violon, tu ne sais pas jouer de violon. » « Mais si, je sais jouer du violon, puisque je t'ai écouté et je te vois donner des leçons. Donne-moi ce violon, je sais en jouer. » Et Wolfgang prend le violon de l'ami de son père, le place à son épaule, le tient, commence à écouter ce violon pour voir s'il était accordé.

Il se tourne vers l'ami de son père et lui dit : « Oh, votre violon est accordé un quart de ton plus bas qu'hier. »

Speaker 200:05:44

Né le 27 janvier 1756 à Salzbourg, Wolfgang grandit dans un environnement musical privilégié. Il est bercé par les mélodies de sa sœur, claveciniste émérite, et de son père, musicien et professeur de violon.

Speaker 300:06:00

Léopold Mozart était compositeur officiel de la cour de Salzbourg, et il a écrit une méthode pour violon, l'École du violon, et cette méthode a été traduite dans toutes les langues. Donc, il était très connu dans toute l'Europe. Il y a une atmosphère comme ça, familiale, où on est entre musiciens, et à trois ans, il a déjà ses patteaux sur le piano.

Speaker 200:06:21

Dans sa maison natale en Autriche est conservé l'un des trésors liés à cette enfance de petit prodige. C'est l'un des seuls instruments encore existants ayant appartenu à Mozart, son tout premier violon, qu'il maîtrise dès l'âge de six ans.

Speaker 300:06:39

C'est une relique qui vit, puisque les instruments de Mozart que nous possédons, nous les jouons, nous les faisons jouer. Le problème, évidemment, pour un violon d'enfant, c'est qu'il faut trouver un petit enfant qui ait huit ans à peu près et qui soit capable déjà de jouer suffisamment bien pour pouvoir jouer un instrument historique.

Speaker 200:06:57

Wolfgang est aussi d'une précocité affolante pour composer. Il écrit ses premiers menuets à l'âge de cinq ans, comme le montre cette partition.

Speaker 300:07:07

Avant que Mozart sache écrire lui-même sa musique, c'est son père qui, lorsque l'enfant était au piano, notait la musique que son fils était en train de jouer, alors qu'à partir de l'âge de sept ans, il a commencé lui-même à écrire sa musique à la plume d'oie et on voit une écriture déjà extrêmement dynamique qui va très, très vite et on sent une puissance de création qui est absolument incroyable pour un enfant de sept ans.

Nous voyons qu'il y a un certain nombre de taches.

Speaker 200:07:42

Geneviève Geffrey, ancienne conservatrice de la Fondation Mozarteum de Salzbourg.

Speaker 300:07:48

Sa pensée allait plus vite que sa plume, et évidemment, écrire avec une plume d'oie n'était pas très, très facile, et il faisait évidemment des taches.

Speaker 200:08:01

Léopold décide alors d'aller montrer le talent de ses enfants à Vienne, la capitale de l'Empire. Les Mozarts vont se produire dans le magnifique château de Schönbrunn, invités par l'impératrice Marie-Thérèse qui trône en majesté sur les fresques du palais. La petite famille, modeste, est éblouie par le faste impérial.

Du haut de ses six ans, Wolfgang multiplie les prouesses devant la famille impériale.

Speaker 300:08:44

On lui a demandé d'improviser, et l'empereur lui dit : « Mais c'est facile de jouer avec tous les doigts, ce qui est difficile, c'est de jouer avec un seul doigt. » Et donc, il s'est mis à jouer à toute vitesse avec un doigt de chaque main. Et puis ensuite, l'empereur a dit : « Oui, mais ça, c'est encore trop facile, parce que tu vois tes doigts. » Alors, il a demandé qu'on lui cache le clavier avec un tissu, et il a joué par-dessus le tissu, sans se tromper.

Speaker 200:09:08

La prestation du petit prodige marque aussi la cour par une anecdote bien connue.

Speaker 300:09:13

À la fin de sa prestation, comme Mozart était tout petit, il a raté sa descente du tabouret et il a glissé, il est tombé par terre, sur son derrière. Et une des filles de l'empereur, l'archiduchesse Marie-Antoinette, qui avait sept ans, qui avait donc un an de plus que lui, l'a relevé et lui a dit : « Vous êtes bien gentil, quand je serai grand, je vous épouserai. » Et il aurait mieux valu que Marie-Antoinette épouse Mozart que Louis XVI.

Speaker 200:09:35

Il va devenir la véritable coqueluche de Vienne, comme le prouvent, de manière amusante, les tableaux qui décorent la salle des cérémonies de Schönbrunn.

Speaker 300:09:45

C'est un tableau qui montre l'arrivée de la fiancée de Léopold II, qui va se marier, donc c'est un tableau officiel. Il a fallu des années pour faire ces tableaux, et ce qui est extraordinaire, c'est que dans un coin, on voit Mozart enfant et l'archevêque, qui à l'époque était Von Schraschenbach, qui était son protecteur. Or, on sait qu'il n'était pas présent du tout dans cet événement. Ça veut dire qu'on était fier de lui et on le mettait dans un tableau dont on était fier. C'est extraordinaire.

Speaker 200:10:15

Le procédé est reproduit cinq fois sur ces tableaux de la vie de cour, comme ici, où le petit Mozart s'affiche aux côtés de son père.

Speaker 300:10:22

Ce qui est amusant, c'est qu'on le représente joufflu, alors que nous savons par les lettres de Léopold qu'il ne mangeait rien, qu'il fallait le forcer à avaler deux, trois grains de nourriture et qu'il était petit élève.

Speaker 200:10:33

Fort du succès remporté à Vienne, Léopold décide d'une tournée européenne qui durera quatre ans. Les concerts se succèdent à Munich, Mannheim, Francfort ou encore Bruxelles. En décembre 1763, les Mozarts arrivent à Paris, mais la ville ne séduit guère la petite famille autrichienne.

Speaker 300:10:54

Madame Mozart trouve que les Parisiennes sont vraiment très fardées, qu'elles ont des coiffures absolument ridicules, au point qu'on a dû surélever le toit des carrosses, parce que leurs coiffures très, très hautes ne leur permettent pas de tenir assises dans les carrosses. Léopold, il trouve que les Françaises se tiennent pas très bien. Il trouve qu'elles sont trop décolletées, qu'elles montrent trop leurs chevilles. Mon Dieu, que penserait-il aujourd'hui ?

Speaker 200:11:20

À Noël, les Mozarts sont enfin reçus à Versailles. Là encore, ils sont éblouis par le luxe et les splendeurs de la vie de cour dans l'Europe du XVIIIe siècle. Les Mozarts sont aussi conviés dans la chapelle royale, où ils découvrent la musique française.

Speaker 100:11:47

Ils viennent de leur hôtel qui est à quelques rues derrière, juste derrière le château, donc pas très loin. Comme il ne fait pas beau et qu'ils ne doivent pas abîmer leurs beaux habits, ils sont obligés de venir en chaise à porteur. Alors, Léopold se plaint que ça leur coûte très cher. C'est un peu les taxis versaillais. Et ils arrivent à la chapelle. Et il y a toutes les messes, toutes les festivités de Noël. Léopold Mozart dit que vraiment, les chœurs sont excellents.

Speaker 200:12:16

Privilège immense, Wolfgang va alors être invité à jouer quelques instants sur le prestigieux orgue de la chapelle.

Speaker 100:12:27

C'est sur ces claviers que le jeune Mozart va improviser pendant quelques instants. Je pense que Mozart, à l'âge de sept ans, n'était pas capable d'atteindre le pédalier avec ses petites jambes.

Speaker 200:12:40

Le petit Wolfgang impressionne tellement le roi Louis XV et Marie-Lesinska que les enfants sont conviés à se produire au château quinze jours durant.

Speaker 100:12:53

Quand Mozart est reçu dans les appartements royaux, il est reçu dans les pièces qu'on appelle les cabinets, qui sont des pièces de réception. Il n'y a pas de salon à proprement parler. Et on installe, quand il n'y en a pas, un clavecin dans la pièce pour lui et pour sa sœur. Alors, il n'y a plus d'instruments royaux à Versailles, mais nous avons des équivalents parfaits. Là, ici, c'est un clavecin des années 1760, donc absolument contemporain de Mozart. Alors, je ne suis pas du tout claveciniste, mais je peux faire un très bel accord.

Et vous voyez que tout de suite, ça habille cette pièce. On a l'impression que cette pièce est faite pour.

Speaker 200:13:32

Toute la famille royale qui s'affiche sur les murs de ce cabinet est enthousiaste. Mais le succès des enfants ne durera que le temps de leur séjour.

Speaker 100:13:42

Une fois qu'ils sont partis, on les oublie aussi vite parce qu'il y a d'autres attractions, entre guillemets, qui se produisent à la cour. Il ne faut pas oublier que les enfants prodiges, ils sont produits régulièrement à Paris, à Versailles. Donc, en aucun cas, on va se dire : « Attention, on reçoit le génie universel, bien évidemment. »

Speaker 200:14:02

Les Mozarts ont tout de même l'honneur d'être conviés au grand couvert de Versailles, le souper public du roi devant ses courtisans.

Speaker 100:14:11

Ils ne sont pas invités à la table royale. Ça, ce n'est pas possible. Mais il va se passer quelque chose d'assez étonnant. La reine Marie-Lesinska va le faire venir à côté de son fauteuil. Alors, elle ne va pas, lui, le faire installer à la table, mais va s'amuser de ce gamin qui, finalement, n'a peur de rien et qui va parler en allemand. Le roi, qui n'entend pas du tout l'allemand, va se faire traduire par la reine et il va y avoir une espèce de petite conversation avec ce petit bonhomme qui va être vraiment la cible de tous les regards.

Speaker 200:14:42

Après Paris, la tournée à Londres va être marquée par un épisode étonnant. Les Anglais, sceptiques, vont refuser de croire aux prouesses du jeune virtuose.

Speaker 300:14:55

Ce que Wolfgang était capable de faire depuis son plus jeune âge, c'était de déchiffrer à prima vista n'importe quelle partition qu'on mettait sur son pupitre. Mais c'était évidemment très difficile pour le public de croire qu'il n'avait pas eu ces partitions avant et qu'il les avait travaillées et révisées. Ils l'ont testé comme un cobaye pendant une semaine, en lui faisant déchiffrer des choses manuscrites qui n'avaient jamais été sorties d'Angleterre. Et il a parfaitement tout déchiffré. Donc, ils ont été tout à fait convaincus qu'il était vraiment génial. Et à un moment donné, celui qui faisait passer l'examen a dit qu'un chat avait traversé la pièce, il avait laissé le clavecin, et là, il fallait un grand moment pour qu'il revienne au clavecin.

Il avait arrêté de jouer avec le chat. C'était quand même un petit garçon aussi.

Speaker 200:15:37

Wolfgang et la Nerl vont ainsi passer leur enfance sur les routes de toute l'Europe, rompue par les rudes conditions de voyage de l'époque.

Speaker 100:15:46

Les calèches étaient branlantes. On mettait de la paille dans le fond pour pouvoir se protéger du froid. On dormait dans des auberges qui étaient quelquefois des coupes-gorges absolument épouvantables.

Speaker 300:15:54

Ils attrapaient les maladies qui se trouvaient dans les villes où ils arrivaient. Donc, à Vienne, Mozart a attrapé la variole. Ensuite, il a attrapé la scarlatine. Quand ils sont arrivés à Londres, c'est Léopold qui a failli mourir. Et en Hollande, c'est le petit Mozart qui a fait 15 jours de coma. Il manquait énormément de sommeil. On peut supposer que sa petite taille est due d'ailleurs à ce manque de sommeil, puisque l'hormone de croissance se fabrique essentiellement pendant les heures de profond sommeil. Il était souvent en train de composer, de répéter ce qu'il devait jouer, avec le devoir d'être toujours parfait, d'être éblouissant, puisque les revenus financiers de la famille dépendaient du talent de ce jeune garçon.

Speaker 200:16:30

Mais les voyages coûtent cher et les recettes sont maigres.

Speaker 100:16:36

Les rois, comme on le sait, donnaient plutôt des tabatières qu'ils ne donnaient de l'argent.

Speaker 200:16:42

Léopold vit donc les yeux rivés sur ses comptes. Il a d'ailleurs été accusé parfois d'avoir exploité et transformé ses enfants en singes savants.

Speaker 100:16:51

Léopold, évidemment, a compris tout de suite le parti qu'on pouvait tirer de ce génie, mais c'était un père aimant aussi. Pas seulement gagner de l'argent, mais en même temps, on peut aimer et vouloir que son fils devienne célèbre et puis que la maison soit un peu à l'aise, qu'on ait un peu de facilité pour vivre. Il l'exhibait, bien entendu. Il l'exhibait, mais pas dans les foires, quand même. Pas dans les foires. Il l'exhibait dans les cours. Dans les cours avec un C majuscule.

Speaker 300:17:14

Je me rappelle du merveilleux Michel Bouquet qui interprétait un père extrêmement rébarbatif, sévère. Léopold, ce n'est pas ça. Pendant les voyages italiens, il va s'occuper de son fils, mais comme une mère poule. Il n'a pas poussé son fils, il le freinait. Nous avons des témoignages de la sœur aînée, très précis, où elle disait qu'il fallait l'enlever du piano pour le mettre au lit, l'enlever du piano pour le mettre à table, sinon il aurait passé ses journées à jouer.

Speaker 200:17:45

Wolfgang s'épanouit. Il écrit sa première symphonie à huit ans, son premier opéra à 11, et part compléter sa formation en Italie. Son talent est applaudi à Rome par le pape, qui le fait chevalier de l'éperon d'or, et à Bologne, où il est nommé académicien à 14 ans, une distinction normalement réservée aux musiciens adultes et accomplis. Wolfgang apparaît donc comme un prodige hors normes. Mais Mozart est-il vraiment aussi génial que ses contemporains le prétendent ?

Pour le savoir, nous avons rendez-vous dans une école de musique un peu particulière. Robert Kaddouch est un spécialiste de la précocité musicale et cherche à développer les aptitudes de composition des jeunes enfants. Pour évaluer le génie de Mozart, le professeur compare les créations de ses propres élèves avec les partitions du jeune Wolfgang au même âge.

Speaker 100:18:51

Par exemple, une petite composition d'un de mes élèves, il a une idée. Voilà, l'idée, c'est magnifique. Mozart a mis l'idée. Par exemple, Mozart a composé ça quand il avait six ans. Une question, une réponse, confirmation. Et puis là, il développe.

Il dit : « Mais je pense que... » Il laisse en attente. Donc, je veux dire, au niveau du vocabulaire, il maîtrise, je dirais, la langue musicale comme la langue française.

Speaker 200:19:36

L'expert s'intéresse aussi aux arrangements imaginés par Mozart.

Speaker 100:19:41

Un enfant comme ça fera... Et lui, il met deux notes à la fois, il les combine. Donc, pour lui, ce sont des notes, comme il disait, qui s'aiment. Il trouvait que ça, ça sonnait bien. Et donc, c'est ce qu'on appelle l'intelligence harmonique. Et ça, c'est quelque chose de totalement précoce et génial.

Speaker 200:20:09

Pour autant, la précocité du petit Mozart ne change rien de sa carrière future.

Speaker 100:20:16

On ne sait pas comment se développe un génie. Ce n'est pas une courbe ascendante. Donc, s'il était comme ça quand il était enfant, il aurait pu rester comme ça toute sa vie. Donc, on ne peut pas savoir ici que Mozart sera Mozart. À l'époque, Salzbourg est dirigé par un prince archevêque qui vit dans ce palais, la résidence, au cœur de la ville, juste à côté de la cathédrale.

Et entre l'édifice religieux et ses appartements, les architectes lui avaient aménagé ce passage entre les deux bâtiments pour que le prince archevêque n'ait pas à sortir de chez lui pour aller assister à la messe. C'était assez pratique, surtout quand on connaît les températures de Salzbourg en plein hiver. Les salles d'apparat du palais, avec ses volutes et ses décorations en stuc blanc dont raffolent les Autrichiens à l'époque baroque. C'est dans cette salle que le jeune Mozart, seulement âgé de six ans, s'est produit pour la première fois devant la cour archiépiscopale de Salzbourg.

Il est bien sûr au clavecin et pour certains morceaux, son père, Léopold, l'accompagne au violon. Il faut imaginer l'émotion du jeune enfant invité à donner un concert devant tous les dignitaires de la ville, et notamment devant le prince archevêque de Salzbourg, qui était le primus germanias, c'est-à-dire le prélat le plus important de tout le Saint-Empire romain germanique. La salle de conférence du palais. C'est là que l'archevêque recevait ses invités.

Sur ces tableaux, on peut voir les portraits des maîtres des lieux. Ici, vous avez le comte Schrattenbach, pour lequel travaille le père de Mozart en tant que compositeur officiel de la cour. Certains disent que ce prince archevêque est un peu l'inventeur des congés payés en Autriche, parce que pendant des années, il va laisser partir Léopold faire ses tournées en Europe avec son fils, tout en continuant de lui verser son salaire. En revanche, avec le comte Colloredo Mansfield, son successeur, que l'on voit ici, les relations vont être beaucoup plus tendues, car non seulement il exige que Léopold ne quitte plus son poste à Salzbourg, mais il devient rapidement la véritable bête noire de Wolfgang, car le jeune Mozart, qui a 17 ans désormais, ne supporte pas la façon dont on traite les musiciens à l'époque.

Dans cette antichambre du salon, par exemple, les musiciens de la cour doivent attendre des journées entières jusqu'à ce que l'archevêque veuille bien les sonner pour venir jouer quelques instants. Mozart, lui, est ulcéré par ce dédain. Il décide donc de rester dans sa chambre et demande à ses collègues de venir le chercher quand on a besoin de lui. Amadeus est donc un jeune homme fier, orgueilleux, voire insoumis. Ses traits de caractère s'accordent avec son génie, bien sûr, mais dans l'Europe du XVIIIe siècle, ils peuvent surtout et malheureusement ruiner une carrière.

Speaker 200:23:30

Les débuts de la carrière de Mozart sont marqués par sa personnalité spontanée et très fantasque. Wolfgang s'amuse de tout, notamment de son deuxième prénom de baptême, Théophilius, aimé de Dieu en latin.

Speaker 300:23:46

Il disait : « Wolfgang en Allemagne, Amadeo de Mozartini en Italie » quand il avait 14 ans. Et ensuite, il a continué à signer Amadeo. Et après, il a signé Amadé à la française. Il s'est amusé un temps à signer ses lettres Baron de la Queue de Cochon. Il utilisait également le verlan, puisqu'il s'appelait Trasom ou Suedama.

Speaker 200:24:06

Volontiers grivois, le langage de Wolfgang est aussi souvent teinté de scatologie.

Speaker 100:24:12

Il a quand même écrit : « Ça fait 32 ans que je chie par le même trou du cul. » Il n'est toujours pas usé. Il fait comme s'il était étonné. Voilà, par exemple. Et après ça, il écrit : « Tadadam, tadadam, tadadam, tadadam. »

Speaker 300:24:22

Il faut se rendre compte qu'à l'époque, les selles étaient la seule façon ou la meilleure façon de contrôler sa bonne santé. Et donc, demander encore aujourd'hui, sans le savoir, à quelqu'un : « Comment allez-vous ? » Cela signifie : « Comment allez-vous à la selle ? »

Speaker 100:24:40

Il avait cette propension à s'amuser. Ce qu'on voit quand même bien dans Amadeus de Forman, avec les défauts qu'on veut, ce rire exagéré, exaspérant, etc. Mais avant, Mozart n'était pas vivant.

Speaker 300:24:51

C'est amusant. Sa femme, à ce sujet, a dit que Mozart ne riait pas bêtement, mais qu'il riait pour des bêtises, ce qui n'est pas la même chose.

Speaker 200:25:02

Dans les sous-sols de la Fondation Mozarteum à Salzbourg se trouvent des preuves de l'humour du compositeur. À l'abri derrière une lourde porte de coffre-fort, sont conservés les originaux de ses partitions les plus précieuses. Et au détour d'une étude de contrepoint, on remarque des jeux de mots étonnamment élaborés en français.

Speaker 300:25:23

On peut dire que Mozart a inventé les textos. Il a écrit un certain nombre de lettres qui, lorsqu'on les épelle en français, donnent un sens. Vous avez ici G-A-C-O-B-I-A-L. Je lui ai assez obéi. Je trouve que c'est très amusant de penser que Mozart se serait certainement beaucoup amusé avec un petit téléphone portable et qu'il aurait certainement envoyé des textos à tous ses amis.

Speaker 200:25:48

Ce qui frappe également, c'est de voir combien Mozart maîtrise la langue française, que ce soit dans ses nombreuses lettres ou encore dans ses véritables rébus. Comme ici, où l'on aperçoit un grand G et un petit a. Comprenez : G grand, appétit. Ou encore ce G couché avec L. Tout droit sorti de l'esprit sautillant du musicien.

Speaker 300:26:14

Le français était la langue qu'on parlait à la cour. C'était la langue qu'on parlait dans le beau monde. Les rébus en langue française étaient très, très à la mode à l'époque. Voltaire faisait des rébus comme ça avec le roi Frédéric II de Prusse. Donc, c'était certainement quelque chose qui était dans l'air du temps.

Speaker 200:26:30

Rigolard et enjoué, Mozart se drape cependant d'un orgueil qui frise l'impertinence lorsqu'il s'agit de sa musique.

Speaker 300:26:39

Après la première de ce chef-d'œuvre qui est dans Giovanni, l'empereur va voir Mozart et lui dit : « Je crains que cette œuvre ne soit un peu trop dure pour les dents de mes Viennois. » Et Mozart le regarde et lui dit : « Ce n'est pas grave, laissez-le le temps de mâcher. Je trouve ça extraordinaire. »

Speaker 100:26:59

Il avait un peu, oui, le boulard, la grosse tête, peut-être, certainement.

Speaker 200:27:02

Frédéric Claudéon, chef d'orchestre et animateur radio.

Speaker 100:27:07

Et surtout, il avait cette conscience de son génie qui faisait qu'il pouvait être un tout petit peu méprisant. Et évidemment, on lui a fait payer.

Speaker 200:27:17

Car le musicien brille par sa maladresse envers ses pairs, notamment devant Cambini, un célèbre compositeur de l'époque.

Speaker 300:27:26

Quand il a joué devant Cambini des extraits de ses propres quatuors à cordes, c'était pour lui faire plaisir. Et comme il ne s'est pas rappelé de tout, il a improvisé. Et c'était tellement bien que Cambini disait : « Quelle tête, quelle tête, quelle tête. » Mais le lendemain, il l'a fait interdire dans tous les concerts.

Speaker 200:27:45

C'est mieux, qu'en dites-vous ?

Speaker 100:27:53

Son talent, son impertinence, son côté sale gosse, tout ça uni, ça fâchait beaucoup.

Speaker 200:28:01

Et l'orgueil de Mozart s'accorde mal avec son emploi de simple musicien d'orchestre au service du prince archevêque de Salzbourg, Colloredo.

Speaker 300:28:11

Prince archevêque, ça disait bien ce que ça voulait dire. C'était un homme qui était éduqué à l'ancienne et on ne lui parlait pas n'importe comment.

Speaker 200:28:17

Mozart n'est pas là.

Speaker 100:28:22

On a cette image de Mozart qui vient du film Amadeus. Et Mozart était vraiment comme ça, un peu fou.

Speaker 200:28:29

Ulrich Schlesinger, directeur de recherche de la Fondation Mozarteum Salzbourg.

Speaker 100:28:34

Or, ce que Colloredo souhaitait, c'était juste un serviteur qui fasse son devoir, sans beaucoup de place pour la créativité ou l'indépendance. Donc, l'archevêque Colloredo ne pouvait pas être satisfait de Mozart. Et Mozart, lui, avait le sentiment que ses talents n'étaient pas assez reconnus.

Speaker 200:28:56

À Salzbourg, Wolfgang se sent méprisé et frustré. Il est cantonné à écrire de la musique religieuse, comme pour cette magnifique église baroque du couvent des Bénédictins. Parfois, cependant, il sort de ce carcan et laisse libre cours à ses inspirations, comme avec l'exceptionnelle symphonie numéro 25 qu'il compose à 17 ans.

Après quatre longues années qu'il vit comme un enfermement, Mozart décide de reprendre la route pour trouver un emploi en Europe. Il part seul avec sa mère, une femme prudente et effacée. Il retourne notamment à Paris et s'installe ici, dans le quartier du Sentier. Mais le succès n'est pas au rendez-vous.

Speaker 300:29:51

Il est très déçu parce qu'il pensait avoir laissé un souvenir inoubliable à la cour de France. On connaît l'histoire du salon de la duchesse de Chabot, où il va arriver. On le fait attendre, je ne sais pas combien de temps, dans une antichambre glaciale.

Speaker 200:30:05

Ève Ruggieri, journaliste.

Speaker 300:30:07

Il rentre pour se mettre au clavecin. Il n'est pas accordé. Il commence à jouer. Personne ne s'interrompt de parler. Il y en a qui dessinent dans un coin, etc. Donc, il est fou de rage.

Speaker 200:30:22

Cet épisode parisien sera marqué par le deuil de sa mère. Elle sera inhumée ici, en l'église Saint-Eustache, dans cette petite chapelle Sainte-Cécile. Accablé, désespéré, Wolfgang n'a d'autre choix que de retourner en Autriche.

Speaker 100:30:47

Rentré à Salzbourg, évidemment, il se retrouvait dans la sécheresse du service, ayant à faire ce qu'on lui demande de faire et jamais invité à approcher à plus de six pas de la personne dont il va baiser la main.

Speaker 200:31:06

Maintenu au statut de valet, Wolfgang étouffe. Il rêve de gloire et de Vienne. Mais lorsqu'il se rend à la capitale impériale, c'est au service de son maître qui séjourne ici, dans cette maison de l'ordre teutonique. Cet édifice est réputé à Vienne pour abriter un véritable petit bijou architectural, représentatif de l'art de vivre des puissants de l'époque.

Cette demeure va être le théâtre de la rupture entre Colloredo et son indiscipliné musicien. Mozart a 25 ans et il revendique de mener une carrière personnelle en parallèle de son service. La patience du prince archevêque est à bout.

Speaker 300:31:56

Colloredo a traité Mozart, il le dit à son père, tout d'une haleine. Il m'a traité de fou, de gueux, de parasite. Et dans l'antichambre, il a pris un coup de pied au derrière du comte Arcot, qui était le responsable des employés de Colloredo. Et devant tout le monde, il raconte ça dans une lettre qui est absolument déchirante. C'est l'humiliation. Et à partir de là, il a dit : « Je hais l'archevêque jusqu'à la frénésie. »

Speaker 100:32:19

Il s'est dit à un moment donné : « De mes doigts de pianiste, je peux gagner de l'argent et m'imposer au public. » Il a été sans doute le premier à oser cette prouesse extrême qui allait consister pour lui à se mettre en quelque sorte freelance.

Speaker 300:32:51

Les musiciens n'avaient pas le droit de démissionner. Ils étaient des serfs de la musique, pas des serviteurs, des serfs. S'ils démissionnaient, ils allaient en prison. Bach a fait quand même un mois de prison, 70 ans plus tôt, quand il a voulu quitter le duc de Weimar.

Speaker 200:33:07

Mozart a eu le courage de se dire : « Je ne porterai pas une livrée toute ma vie aux armes de mon maître. J'ai un nom. » Et on ne peut que l'admirer pour ça. Ce n'est pas facile. Rebelle, Mozart n'accepte pas les privilèges sociaux, qu'il dénoncera d'ailleurs en 1786 dans son célèbre opéra Les Noces de Figaro. Dans Les Noces de Figaro, quand on commence en disant : « Je vais te faire danser, moi, petit comte, tu vas voir, je vais te faire danser.

» Il faut oser faire ça devant toute une cour où il n'y a que des aristocrates à la première et qui se disent : « Mais quoi ? » Mais il y a un valet qui dit à son seigneur : « Je vais te faire danser, moi, parce qu'il courtise sa fiancée, ce qui leur paraît bien naturel. » Droit de cuissage à l'époque.

Speaker 300:34:01

Je pense que Mozart partageait les colères de Figaro. Il a été traité comme Figaro. On l'a traité comme un valet. On l'a méprisé. Donc, quand il a lu la pièce de Beaumarchais, elle lui a parlé tout de suite et il a eu envie d'en faire un opéra.

Speaker 200:34:18

Mais la pièce de Beaumarchais, plusieurs fois censurée en France, est tout simplement interdite au pays de Mozart, même si Joseph II, le fils de Marie-Thérèse, est un empereur éclairé.

Speaker 100:34:32

Je pense que Mozart ne cherchait pas à provoquer absolument. Ce n'est pas conscient chez lui, c'est qu'il va chercher un sujet qui est très porteur, qui est très vivant, qui est plein de situations dramatiques, théâtrales. Et puis, il dit : « Ce n'est pas grave, ça va passer, on va s'arranger. » Il n'a pas l'angoisse chevillée au corps. Je ne pense pas que ce soit un tempérament purement révolutionnaire.

Speaker 200:34:51

Les Noces de Figaro font scandale et coupent Mozart de l'aristocratie viennoise. Mozart est en réalité pétri des idées des Lumières. En 1784, il rejoint la franc-maçonnerie qui diffuse cette philosophie, même si les loges sont loin d'être révolutionnaires.

Speaker 100:35:13

À la fin du XVIIIe siècle, les gens qu'on trouve dans les loges, c'est la grande aristocratie et la bonne bourgeoisie. C'est-à-dire des gens qui, par définition, n'ont absolument pas intérêt à ce qu'on bouleverse l'ordre social.

Speaker 200:35:26

La sociabilité et la fraternité maçonnique peuvent s'avérer très utiles à sa carrière.

Speaker 300:35:32

Le fait que d'autres maçons nobles puissent devenir des commanditaires de musique ou des acheteurs de partitions a probablement influencé sa démarche.

Speaker 200:35:43

Mozart va composer une douzaine d'œuvres qui servent au rituel maçonnique.

Speaker 100:35:49

Il y a un exemple très, très célèbre, c'est cette magnifique musique maçonnique funèbre qui illustre le troisième grade.

Speaker 200:35:57

Pierre Mollier, directeur du musée de la franc-maçonnerie.

Speaker 100:36:00

Le troisième grade, alors sans rentrer dans des secrets que je ne peux révéler, l'idée est que ça se passe dans le temple de Salomon et que l'architecte du temple va être tué. Et donc, la musique maçonnique funèbre de Mozart illustre presque minute après minute le déroulement de cette cérémonie.

Speaker 200:36:19

La franc-maçonnerie inspirera aussi certains de ses opéras, comme La Flûte enchantée, qui met en scène une initiation secrète dans un temple avec trois portes, trois sœurs, trois anges, entre autres symboles.

Speaker 100:36:34

On tape à la porte du temple, nous, toujours par trois coups. Et dans le tempo de l'œuvre de Mozart, ces trois coups, vous les retrouvez. Après, vous avez des symboles qui apparaissent comme l'ombre et la lumière. À un moment donné, il y a des colonnes. Dans ce temple, ici, vous avez des colonnes.

Speaker 200:36:56

Mais si Mozart est loin d'être un activiste politique, étonnamment, son œuvre va être liée à la Révolution française. Son concerto numéro 25, écrit en 1786, n'est pas sans rappeler notre hymne national. Mais comment Mozart en est-il arrivé à inspirer la Marseillaise ? Un chant guerrier écrit, ironie de l'histoire, en 1792, à la suite de la déclaration de guerre de la France à l'Autriche.

Speaker 300:37:34

Quand on sait que Roger de Lisle n'a pas écrit la musique, mais n'a écrit que les paroles, et qu'il collaborait régulièrement avec Ignace Pleyel, un Autrichien installé en France depuis quatre ans, et qu'Ignace Pleyel connaissait Mozart et que Mozart le connaissait, on a une piste.

Speaker 200:37:52

Le compositeur Ignace Pleyel aurait ainsi voulu rendre hommage à Mozart, son frère maçon, qui venait de mourir cinq mois plus tôt.

Speaker 300:38:01

Mozart fait ceci. Et Pleyel fait. Et ça tombe sur le mot patrie. Allons, enfants, de la patrie. C'est-à-dire que le mot patrie, il l'a mis en valeur par un saut ascendant. Et c'est ça qui fait que la Marseillaise devient un hymne guerrier. Alors que chez Mozart, ça ne l'est pas.

Speaker 200:38:26

Par sa personnalité et son talent, Wolfgang Amadeus Mozart a donc, à sa manière, bousculé les hiérarchies sociales, mais peut-être à ses dépens.

Speaker 300:38:40

La personnalité un peu farfelue de Wolfgang Mozart lui a joué de sales tours. On ne peut pas penser que ça ait empêché sa carrière, mais cela, en tout cas, a retardé l'évolution de sa carrière. C'est possible que si Mozart avait été plus souple, plus courtisan, il aurait mieux réussi, mais il n'aurait pas été Mozart.

Speaker 200:39:09

Vous venez d'écouter Secrets d'Histoire. Si vous avez aimé ce podcast, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme de podcast préférée et suivre Secrets d'Histoire sur les réseaux sociaux. Secrets d'Histoire est un podcast coproduit par Initial Studio, la Société Européenne de Production et France Télévisions, adapté de l'émission audiovisuelle éponyme produite par la Société Européenne de Production et France Télévisions. Vous pouvez retrouver l'émission Secrets d'Histoire sur France 3 ou en replay sur france.tv.

Cet épisode a été écrit et réalisé par Laure de Lalex, production exécutive du podcast Initial Studio. Production éditoriale : Sarah Koscewicz et Mandy Le Bourg. Montage : Mélodie Tchen. Avec la voix d'Isabelle Benhadju.

Episode description

Comment un petit garçon, exhibé comme un phénomène de foire à travers toutes les cours d'Europe, est-il devenu le génie musical le plus absolu de tous les temps ? Porté par un don fulgurant et une insouciance rebelle, Wolfgang Amadeus va bousculer tous les codes de son époque. De ses premiers triomphes fulgurants jusqu'à la misère de ses derniers jours, découvrez l'épopée tragique d'un créateur consumé par son propre talent, dont la musique résonne pour l'éternité.

"Secrets d'Histoire" est un podcast d'Initial Studio, adapté de l'émission de télévision éponyme produite par la Société Européenne de Production ©2024 SEP / France Télévisions. Cet épisode a été écrit et réalisé par Laure Delalex.

Un podcast présenté par Stéphane Bern. 
Avec la voix d’Isabelle Benhadj.

Vous pouvez retrouver Secrets d'Histoire sur France 3 ou en replay sur France.tv, et suivre l’émission sur Instagram et Facebook.

Crédits du podcast
Production exécutive du podcast : Initial Studio
Production éditoriale : Sarah Koskievic et Mandy Lebourg
Montage : Melody Chen

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