This Chronique Criminelle episode, hosted by Jacques Pradel, takes listeners to Saint Paul's, a small town in North Carolina, where Diana Burrow was found dead on her sofa in March 2011. Her death was first considered natural and no autopsy was carried out, but rumours of murder and a burglary at her home led police to reopen the case.
A chain of events, from stolen jewellery to one brother's accusation against the other, eventually led investigators to exhume her body, where an autopsy found a fractured neck bone. The episode explains how the case was built, why the exhumation was so difficult, and how a confession finally came.
In this episode Jacques Pradel
This transcript of the Saint Paul's murder case involving Diana Burrow was made with the technology behind HappyScribe's Teams AI note taker.
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Crimes passionnels, disparitions inquiétantes ou machinations diaboliques : percez les secrets des faits divers les plus marquants, et plongez au cœur des affaires les plus étonnantes de l'histoire judiciaire. La découverte de la vérité ne tient parfois qu'à un fil. Bienvenue dans « Chronique Criminelle ». Dans cet épisode : « Des secrets enfouis dans la tombe ». Pour ce podcast inédit, je vous emmène aux États-Unis, et plus précisément en Caroline du Nord.
L'affaire de meurtre que je vous propose de découvrir trouvera sa solution au cœur d'un cimetière : l'exhumation du corps de la victime, retrouvée morte sur son canapé, prouvera aux enquêteurs que les apparences sont parfois trompeuses. « Des secrets enfouis dans la tombe », un nouveau podcast de Chronique Criminelle.
Tout commence à Saint Paul's, en Caroline du Nord. Une bourgade de 2 000 habitants qui tient son nom de sa belle église.
Saint Paul's est une petite ville rurale, calme et paisible. Presque tout le monde se connaît. La religion est très présente en Caroline du Nord, les gens sont très croyants.
Mais un drame va bouleverser à jamais la vie de ce village si tranquille et chaleureux. Au printemps 2011, le service des urgences reçoit l'appel d'un homme. Affolé, il vient de découvrir sa femme à leur domicile, inconsciente.
Le 11 mars 2011, Steve Burrow est rentré chez lui après le travail. Il a trouvé sa femme sur le canapé. Il a d'abord cru qu'elle dormait. Il a voulu la réveiller, mais il a constaté que son corps était froid. Il a appelé les secours pour signaler l'état de sa femme.
Les secours arrivent en urgence, mais il n'y a plus rien à faire : Diana Burrow est morte. Elle avait 63 ans.
Elle ne présentait aucune blessure, à l'exception d'une légère éraflure ou d'une ecchymose près de l'œil droit. Monsieur Burrow a déclaré qu'elle était tombée récemment et qu'elle était encline à chuter. Il n'y avait donc rien d'alarmant. Steve Burrow était bouleversé, comme tout mari le saurait.
Pour les policiers, l'urgence est d'en savoir plus sur la victime. Steve Burrow leur explique qu'ils sont mariés depuis près de 40 ans. Diana était une fidèle de l'église et une femme très appréciée.
Elle aidait beaucoup de gens, non seulement au sein des fidèles de Saint Paul's, mais aussi dans son quartier. Elle connaissait presque tout le monde.
À première vue, sa mort n'a rien de suspect : Diana serait décédée naturellement. Et cette première impression se confirme quand les policiers examinent les lieux du drame.
Ils ont passé la maison en revue pour s'assurer que rien ne semblait anormal ou avait été déplacé. Il n'y avait rien qui indiquait qu'un acte criminel avait été commis. La mort de Madame Burrow a été jugée naturelle. Il n'y a pas eu d'autopsie.
Pour les fidèles de Saint Paul's, la disparition de cette femme si pieuse et généreuse est un choc. Tout le monde se presse dans l'église du village pour les obsèques.
Du fait de leur foi profondément ancrée, beaucoup de personnes assistaient aux offices.
Quelques jours plus tard, alors que Steve Burrow pleure sa femme, quelque chose soudain l'intrigue : il remarque que certains objets appartenant à Diana ont disparu.
Il a composé le 911 parce que sa maison avait été cambriolée. Plusieurs objets avaient été volés, entre autres un flacon de comprimés destiné à sa femme, son téléphone, un portable rouge, ainsi que plusieurs bijoux. Les policiers ont remarqué que la fenêtre d'une chambre à l'arrière était ouverte et que la moustiquaire était manquante.
Alors qu'ils enquêtent sur ce cambriolage, une étrange nouvelle leur parvient à propos de Diana.
Le réseau d'informateurs du service de police de Saint Paul's soutenait que sa mort était en fait un homicide.
Selon ces informateurs, c'est la rumeur qui court à ce moment-là dans les rues de Saint Paul's.
La police a donc pris du recul et a attendu que d'autres renseignements lui parviennent. Elle a gardé ces informations secrètes afin d'en déterminer la crédibilité.
Mais les appels affluent et toutes les informations collectées convergent vers une même version : Diana Burrow aurait été assassinée.
Lorsqu'un schéma se répète ou qu'il y a une certaine cohérence dans les rumeurs rapportées à l'attention des policiers, ils vont tenter d'en découvrir les sources. Ces gens sont-ils crédibles ? Cherchent-ils à influencer l'enquête ou à faire arrêter quelqu'un ? Si un même renseignement est rapporté par de nombreuses sources, cela devient sérieux et les policiers doivent impérativement s'y intéresser.
Il ne faut pas tout écarter sous prétexte qu'il s'agit de rumeurs. Et si elles disaient vrai, les policiers de Saint Paul's commencent à s'interroger. C'est alors qu'une femme se présente au poste, et ce qu'elle leur dit va renforcer leurs doutes.
Une postière qui distribue le courrier dans le quartier de Madame Burrow a fait état d'une rencontre étrange avec un voisin qui lui a dit que Madame Burrow n'était pas décédée de cause naturelle, mais qu'elle avait été assassinée chez elle.
Par qui, et comment ? La postière n'en sait pas plus, mais ses déclarations confirment les rumeurs qui circulent. Les policiers de Saint Paul's décident alors de prendre l'affaire au sérieux.
Ils ont donc posé des questions à des personnes de confiance. On sait que quelqu'un détient toujours des renseignements.
Et tous les témoignages concordent : selon les habitants de Saint Paul's, Diana a été tuée.
Le premier est que Madame Burrow n'était pas morte de cause naturelle, c'était un meurtre. Le deuxième est qu'un ou plusieurs individus étaient impliqués.
La mort de Diana serait donc d'origine criminelle, et plusieurs tueurs seraient dans la nature. Le drame prend soudain une autre ampleur. Les policiers de Saint Paul's demandent du renfort, car l'enquête s'annonce d'emblée difficile.
L'un des principaux éléments de cette affaire, que j'ai immédiatement compris et qui allait constituer un obstacle à l'enquête et éventuellement à la poursuite des contrevenants, était le fait que Madame Burrow avait été déclarée morte de cause naturelle. Il n'y avait pas eu d'autopsie. La majorité des enquêtes sur homicide comportent une étude de la scène de crime. On récupère des preuves matérielles telles que du sang, des fluides corporels, des cheveux ou des empreintes digitales.
Mais rien de tel dans la mort de Diana. Les policiers entament leur enquête à blanc, sans aucun indice. À défaut, ils se tournent vers la seule piste éventuelle à ce stade : son mari.
C'était lui qui avait découvert Diana. On devait donc en savoir un peu plus sur lui. Quelles relations entretenait-il avec sa femme ? Se disputait-il ? Était-ce un mariage heureux ?
En apparence, Steve Burrow est un veuf éploré. Mais peut-être cache-t-il son jeu ? La seule façon de le savoir est de vérifier son alibi le jour de la mort de Diana.
Monsieur Burrow était au travail, ce qui a été confirmé par son employeur. Il n'était donc lié d'aucune façon aux événements tragiques de cette nuit-là. On a étudié certaines des fonctions de Diana au sein de l'église. Comme dans beaucoup d'églises, on vient en aide à des personnes dans le besoin ou qui ont des ennuis. On devait explorer cette piste, on devait s'assurer qu'elle n'avait pas fait une mauvaise rencontre dans le cadre de ses activités de bienfaisance.
On n'a rien trouvé de ce côté.
Ces pistes refermées, l'enquête piétine de nouveau. Les mois passent, sans avancer. Mais un événement a priori sans rapport avec la mort de Diana va relancer toute l'enquête.
Un appel au 911 a signalé une dispute entre deux frères.
Ces deux frères, ce sont Daniel et Jason Johnson, des voleurs bien connus des policiers de Saint Paul's. Ils sont aussitôt interpellés.
Lors de l'arrestation, on les a fouillés, on a trouvé des trucs dans leurs poches qui ont éveillé les soupçons des agents de police. Ils ont trouvé un collier sur Daniel.
Ainsi qu'une bague de femme.
Il avait sur lui un portable rouge et un flacon de pilules portant le nom de Diana Burrow. En voyant le flacon de pilules, on s'est tout de suite demandé ce qu'il faisait avec.
Pour les enquêteurs, le jeune homme de 25 ans devient soudain très suspect. Aurait-il un lien avec le cambriolage signalé par Steve ? Et peut-être avec la mort de Diana ? La seule façon de le savoir est de comprendre comment il s'est procuré tous ces objets.
Daniel devait répondre à la question : « Que faites-vous avec les bijoux d'une personne décédée ? » Il a dit : « J'ai arraché la chaîne du cou de ma petite amie. » Ils s'étaient disputés, il lui avait arraché la chaîne du cou. La question était alors : « Mais que faisait-elle avec cette chaîne autour du cou ? »
La police convoque immédiatement Kayla, la petite amie de Daniel. Elle raconte que ses bijoux, c'est Jason qui lui a donnés. Jason, le grand frère de Daniel.
La petite amie a prétendu avoir acheté la chaîne à Jason pour 50 dollars. On ignorait si Daniel était coupable et si sa petite amie le couvrait, ou s'il cherchait à incriminer Jason. Peut-être même que Daniel et Jason étaient complices.
Alors que les policiers s'interrogent sur la responsabilité de l'un ou de l'autre, une femme se présente au poste. C'est Melinda, la mère de Jason et Daniel. Et ces révélations vont faire basculer l'enquête.
Melinda voulait me parler de certains événements dans lesquels son fils pouvait être impliqué. Elle s'en faisait pour Daniel, son fils cadet. Elle m'a dit qu'il s'était confié à elle.
Il a dit : « Maman, je dois te parler, j'ai un truc à te dire. » Il a dit : « Maman, connais-tu bien ton fils ? Jason ? » J'ai dit : « Quelque chose ne va pas, c'est ça ? » Il a dit oui. Il a ajouté : « Maman, tu sais ce qui est arrivé à Diana ? » Je suis restée figée, comme pétrifiée. J'ai dit : « Il n'a rien à voir avec ça. » Il a répondu : « Oh, mais si, maman. »
Daniel croyait que Jason était impliqué dans la mort de Diana. On ne l'avait pas vu venir.
Ce témoignage complètement inattendu pointe maintenant Jason comme le meurtrier. Daniel est donc à nouveau interrogé : va-t-il confirmer les déclarations de sa mère et désigner son frère comme responsable de la mort de Diana ?
Je ne sais rien, à part ce que ma mère m'a dit.
Qu'est-ce qu'elle vous a dit ?
Qu'elle avait eu une crise cardiaque.
Avez-vous déjà parlé à votre mère dans le détail de la façon dont elle aurait pu mourir ?
Non.
On nous a pourtant affirmé que vous avez discuté avec elle de la cause de la mort de Diana.
N'importe quoi.
Daniel a d'abord nié savoir ce qui s'était passé au domicile des Burrow le 11 mars. Les enquêteurs décident alors de le pousser dans ses derniers retranchements. Et pour ça, ils ont une carte maîtresse : le témoignage de Melinda, sa mère. Et Daniel va craquer.
Votre mère s'est présentée. On veut que vous nous parliez de votre frère Jason. On veut savoir tout ce que vous avez dit à votre mère, tout ce que vous savez, tout ce que Jason vous a dit. Il s'est mis à me parler tout d'un coup, en pleurant. Il m'a dit qu'il avait tué une femme.
Et l'avez-vous cru ?
Je ne savais pas comment le prendre. Parce qu'il était ivre.
Est-ce une chose sur laquelle il mentirait ?
Oui, qu'il l'ait fait ou pas. Il se fout complètement de la mort de cette femme.
Daniel a dit aux policiers que Jason s'était rendu au domicile des Burrow tôt le matin du 11 mars.
Elle s'y trouvait. Elle l'a aperçu et elle s'est mise à hurler. Puis il l'a attrapée. Il l'a attrapée pour la bâillonner, pour l'empêcher de hurler. Elle n'a pas rouvert les yeux.
Jason lui a dit qu'il l'avait saisie et poussée sur le canapé. Ce n'est qu'après avoir retiré sa main qu'il avait constaté qu'elle ne respirait plus. Daniel a affirmé que Jason avait alors fouillé la maison pour voler des trucs, dont les bijoux, qui ont été retrouvés sur Daniel. Daniel confirme la déposition de sa mère. C'est donc Jason qui aurait tué Diana. Mais les enquêteurs sont perplexes, car après la mort de Diana, ses bijoux ont été retrouvés sur Daniel.
Chercherait-il à se disculper en dénonçant son frère ? Les enquêteurs ont besoin de conforter son témoignage. Ils ont alors une idée.
Est-ce que Jason pourrait rediscuter de tout ça ? Oui, il pourrait m'en reparler.
Seriez-vous prêt à nous aider à faire en sorte que votre frère en parle ?
Oui.
Vous le feriez ?
Oui, monsieur.
Les enquêteurs proposent à Daniel de porter un micro et de tenter de faire parler son frère. C'est ainsi que Daniel est ensuite devenu informateur sous couverture. Selon le plan prévu, Daniel retrouve Jason et entame avec lui une discussion sur la mort de Diana. Pendant la conversation, Jason a fait quelques révélations, mais il a coupé court. Il a dit : « On en parlera plus tard.
» Les enquêteurs ont été déçus parce qu'ils croyaient vraiment que Jason parlerait à Daniel. La conversation semblait bien engagée, mais Jason y a mis fin. C'est un échec. Les enquêteurs n'ont aucune preuve de l'implication de Jason dans la mort de Diana. Pour démêler le vrai du faux, il ne leur reste qu'une solution : savoir si Diana a bien été étranglée, comme l'affirme Daniel. Mais pour ça, il faut une autopsie, et donc déterrer le corps.
On devait savoir ce qu'une autopsie pourrait révéler. Il n'y avait pas d'autre solution. Lorsque l'on sort un corps de sa tombe pour procéder à une autopsie, ce n'est pas banal. Les gens sont ébranlés. Un médecin légiste en chef nous a indiqué que les chances de déterminer la cause réelle du décès étaient, je cite, « très minces ». Lorsqu'un corps est exhumé dans l'idée de requalifier un décès en homicide potentiel, la durée pendant laquelle le corps est resté sous terre est un facteur déterminant.
Et il en va de même pour la préparation du corps avant l'enterrement. Naturellement, le niveau de décomposition du corps peut présenter un obstacle aux analyses. Les lésions visibles qu'un légiste ou un pathologiste auraient pu identifier à l'époque ont sans doute disparu. Pour la famille de Diana, cette décision est bouleversante.
Perturber une sépulture, ce n'est pas une mince affaire. Mais la famille a accepté, elle voulait que justice soit faite.
Le 25 octobre 2012, un an et demi après la mort de Diana Burrow, la police exhume sa dépouille.
Comme tous les journaux, on est toujours à la recherche d'informations. Un événement important se préparait à Saint Paul's. Après 24 ans de métier et avoir couvert 700 meurtres, ça a été la seule fois que j'ai vu des preuves sorties de terre pour condamner quelqu'un.
Lorsque l'équipe ouvre la tombe contenant le cercueil, elle ne sait pas du tout à quoi s'attendre.
Ils en ont sorti le corps, il était presque intact, ce qui a facilité le travail de la légiste.
L'autopsie a commencé par un examen externe. On savait qu'elle avait une marque près de l'œil, qui a été également observée lors de l'autopsie. Mais l'autopsie va révéler que Madame Burrow souffrait d'une fracture de la troisième côte. Et ce n'est pas tout. Le médecin légiste constate une lésion importante sur son cou. Son osioïde était fracturé, ce qui est une indication évidente d'asphyxie.
C'est une blessure visible sur un corps en décomposition. Il suffit d'une pression de quelques kilos pour briser cet os, mais son emplacement est déterminant. Il s'agit généralement d'une blessure mortelle subie lors d'une strangulation manuelle par l'avant. Les pouces appuient sur cette zone du cou et écrasent l'os. Il est difficile de s'infliger cette fracture à moins de se pendre accidentellement.
Pour les enquêteurs, cette découverte est une avancée inespérée.
L'agent Williams m'a appelé et m'a dit : « Vous n'allez pas croire ce qu'on a trouvé à l'autopsie. » Je me souviens avoir été à court de mots parce que je n'arrivais pas à croire que cette exhumation nous avait permis d'obtenir la cause du décès.
Pour la famille, la nouvelle est très dure à encaisser.
Croire que l'être aimé est décédé d'une mort naturelle. Pour ensuite s'entendre dire qu'il s'agit peut-être d'une mort violente, ça stoppe net le processus de deuil. C'est comme repartir de zéro. Le corps est exhumé et l'on doit digérer les nouvelles révélations. Notre sentiment de sécurité est altéré, notre vision du monde change. De fait, on est bloqué dans le franchissement des étapes courantes et naturelles du deuil.
Mais cette strangulation attestée par l'autopsie corrobore les déclarations de Daniel. Il aurait donc dit vrai. Reste à savoir qui en est l'auteur. C'est alors qu'un témoignage inattendu va leur donner une piste, celui d'une voisine de Diana.
À l'époque où Madame Burrow a été assassinée, la mère de Daniel et Jason Johnson vivait avec une colocataire qui, depuis son balcon, une rue plus bas, avait vu sur l'arrière de la maison de Madame Burrow.
Elle raconte aux enquêteurs que, quelques jours après la mort de Diana, elle a découvert sous sa maison la moustiquaire d'une fenêtre.
Elle n'en connaissait pas la provenance, elle ne lui appartenait pas. Elle ne savait rien à son sujet. Monsieur Burrow a été convoqué au poste de police. Ils lui ont montré la moustiquaire, il l'a regardée et a dit : « Oui, c'est celle qui se trouvait sur la fenêtre de la chambre arrière de notre maison. » La moustiquaire se trouvait sous la maison occupée à l'époque par les frères Johnson, leur mère et leur colocataire.
Les enquêteurs font tout de suite le lien avec le cambriolage signalé par Steve quelques jours après la mort de Diana. En poussant cette moustiquaire pour entrer dans la maison, le cambrioleur et le tueur de Diana a peut-être laissé des empreintes. Les enquêteurs pensent qu'ils sont près du but. Peine perdue.
La moustiquaire n'a rien révélé. Notre problème était toujours de rassembler des preuves suffisantes pour poursuivre un suspect, Jason ou Daniel Johnson. On ne disposait que de la déclaration que Daniel avait faite au policier.
Voilà maintenant plus d'un an que les enquêteurs planchent sur la mort de Diana, sans parvenir à récolter des preuves pour confirmer la culpabilité de Jason, dénoncé par son frère Daniel.
Tous les policiers ressentent cette frustration face à une enquête difficile sur laquelle ils travaillent sans relâche. Le suspect est connu, mais le dossier encore incomplet ne permet pas son accusation. L'agent Williams et moi avons discuté au téléphone. J'avais peu de choses à lui dire à part : « Je crois qu'il est temps de parler à Jason. » Et il a dit qu'il était d'accord.
Pour les enquêteurs, cet interrogatoire est crucial. En l'absence de preuves, c'est leur seul moyen d'élucider enfin la mort de Diana. Pour obtenir des aveux, ils conviennent d'une stratégie.
Ils devaient tenter de lui faire avouer des faits de moindre importance, mais qui, une fois révélés, allaient permettre de reconstituer les événements. Il était primordial que Jason s'explique à propos des bijoux. Lorsqu'ils l'ont interrogé à ce sujet, il a reconnu avoir vendu les bijoux.
Quelqu'un a déclaré que vous lui aviez vendu les bijoux trouvés en sa possession.
L'accusation est grave, Jason, très grave. Le coupable ne peut être que vous ou Daniel. C'est tout. Vous êtes les seuls suspects. Daniel vous aime, c'est votre frère. On a dû l'interroger longuement pour qu'il révèle la provenance des bijoux qu'on a trouvés sur lui.
Oui.
D'où provenaient-ils ?
Tout venait de Jason.
Je les ai achetés à Jason.
Qui a volé ses biens ?
Moi et mon frère les avons volés, monsieur.
Ils ont obtenu son aveu. Ils ont ensuite resserré leur étau. Ils lui ont alors dit : « On enquête sur la mort de Madame Burrow. On a dû vous en parler. »
Jason, vous connaissiez Madame Burrow ?
Oui, j'aimais beaucoup cette dame.
C'était votre voisine immédiate.
C'était notre voisine.
Très bien.
Ce que l'on sait, Jason, on l'a appris lors d'une autopsie. Au départ, on croyait qu'elle était morte des suites d'un malaise cardiaque. Mais les résultats de l'autopsie nous amènent à revoir notre conclusion. En fin de compte, on enquête désormais sur un homicide.
Pardon ?
Un homicide, oui. Une enquête pour meurtre en raison des éléments nouveaux constatés par la médecin légiste. À présent, les faits indiquent qu'un individu l'a tuée.
Ils lui ont demandé : « Savez-vous quelque chose sur sa mort ? Êtes-vous impliqué ? » À cet instant, son attitude a changé. Il a élevé la voix. Il s'est mis à parler plus vite et a nié être impliqué dans cette affaire.
Je n'ai rien à voir dans tout ça, je vous le jure. Je n'ai rien à voir dans tout ça.
Au cours de l'interrogatoire, je crois qu'il a dit : « Je ne tue pas les gens, je ne tuerai jamais personne. Je suis un voleur, c'est ça mon truc. » Ils lui ont dit : « Si ce n'est pas toi, ça ne peut être que Daniel. » Il a rétorqué : « Mon frère ne ferait jamais ça. »
Non, ne dites pas ça de mon frère, mais calez.
Ça pourrait être lui.
Ne le blâmez pas, je vous dis la vérité. On s'est introduit dans la maison deux ou trois jours après sa mort. Si on avait su la cause de sa mort, alors...
Alors quoi ?
Je ne sais pas comment elle est morte. Mon frère n'a rien à voir là-dedans. Je vous le jure, ne dites pas ça au sujet de mon frère. Non, ne dites pas ça.
Il s'agit simplement de savoir si c'est lui ou vous. Si vous dites que ce n'est pas vous, alors c'est lui. Il n'y a personne d'autre. Il n'y a pas d'autre suspect.
Ils ne l'ont pas lâché.
Si ce n'est pas vous, alors c'est votre frère. Son attitude s'est encore une fois transformée.
Moi et mon frère, on est entrés dans la maison, c'est vrai. Vous me suivez ? Je ne vais pas vous mentir, on y est entrés. J'ai trouvé deux dollars dans un tiroir. J'ai trouvé des bagues aussi que j'ai vendues à Kayla. Vous me suivez, ouais ? Moi et mon frère, on voulait fumer de la drogue, vous comprenez ? Je ne vais pas vous mentir là-dessus, mais... Un homicide, mec ? Je vous jure que non.
Je n'oublierai jamais cette vidéo. J'ai entendu sa voix changer spectaculairement et monter dans les aigus. Il était très défensif et vraiment en colère.
Les choses arrivent parfois par accident.
Par accident ?
Oui, ça arrive.
Comment on peut enlever la vie à quelqu'un par accident ?
Ce n'est pas possible.
C'est vous ou votre frère ? C'est la seule possibilité.
Mon frère n'a rien à voir avec tout ça et j'y suis pour rien.
L'interrogatoire se termine par une déclaration de Jason qui affirme aux enquêteurs ne pas avoir tué Madame Burrow, cette femme merveilleuse. C'était la seule information qu'il était prêt à fournir.
Les enquêteurs n'ont pas obtenu les aveux qu'ils espéraient. Alors, ils jouent à nouveau la carte sensible.
Et si l'on vous disait que votre mère en a gros sur le cœur et qu'elle tient à révéler ce qui s'est vraiment passé ? Je lui ai parlé hier, elle est bouleversée. Je tenais à vous dire qu'on a discuté avec votre mère et aussi parlé à Daniel. Ils nous ont tous les deux dit comment vous avez procédé. D'accord ? Ils nous ont raconté votre intrusion dans la maison, ce que vous y avez fait, tous les deux, et ça a été enregistré.
Avec ces révélations, les enquêteurs espéraient faire craquer Jason, mais rien à faire. Ils prennent alors une dernière décision : le laisser mariner quelques jours dans sa cellule.
C'était leur stratégie, le laisser mijoter, qu'il pense à son frère.
Et ça va marcher. Cinq jours plus tard, Jason déclare qu'il est prêt à tout raconter.
Je voulais me droguer, mais je n'avais pas d'argent. Alors, j'ai remarqué la fenêtre arrière et j'ai poussé dessus. Le loquet n'était pas mis, alors j'ai pu entrer. Madame Burrow s'est levée du canapé, sans doute parce qu'elle avait entendu un bruit. Il est arrivé du couloir et ils se sont croisés.
Elle lui a dit : « Qu'est-ce que tu fais là, Jason ? » À cet instant, il a été pris de panique.
J'ai eu tellement peur. Je ne voulais pas lui faire du mal, pas la tuer.
Il s'est approché d'elle et l'a plaquée de tout son poids en lui couvrant la bouche et le nez avec sa main.
Je n'étais pas conscient de ce que je faisais.
Il a exercé une forte pression.
Sans m'en rendre compte, j'ai posé ma main sur sa bouche et je l'ai étouffée.
En résumé, il l'a asphyxiée.
Il a posé une couverture sur elle, puis il a dérobé ce qui lui tombait sous la main.
Enfin, il est sorti par la fenêtre par laquelle il était entré.
Saviez-vous qu'elle était morte à ce moment-là ?
Non, je ne savais pas.
J'ai pris la vie de cette femme et elle ne le méritait pas.
Après qu'il a avoué avoir tué Madame Burrow, fort de cet aveu, ainsi que des résultats de l'autopsie et des preuves physiques retrouvées sur Daniel, puis sur sa petite amie, on avait suffisamment de preuves pour inculper Jason de meurtre aggravé sur Diana Burrow, ainsi que de vol par effraction à son domicile.
Les policiers ont enfin obtenu les aveux escomptés. C'est la fin d'une enquête qui aura duré plus d'un an.
Après avoir travaillé si longtemps sur l'affaire et avoir mis beaucoup d'efforts, les aveux nous réjouissaient.
Après négociation, Jason a plaidé coupable pour homicide involontaire et vol par effraction et a été condamné à deux peines consécutives d'une durée minimale de 480 mois, soit 40 ans de prison.
S'il y a une héroïne dans cette histoire, c'est la mère de Jason. Je trouve remarquable qu'une mère contacte la police parce qu'elle croit que son fils a tué quelqu'un. Elle a donné naissance à ce garçon et l'a élevé. Elle avait sûrement mis beaucoup d'espoir en lui. Et tout s'est brisé. Elle a fait ce qu'il fallait faire, mais ce n'est pas toujours le cas. Et ça a dû être déchirant pour elle. C'est la seule fois au cours des 24 années pendant lesquelles j'ai dirigé un journal qu'ils ont déterré une dépouille pour trouver les preuves d'un meurtre.
À notre mort, comme le veut l'adage, on s'attend à reposer en paix. Diana Burrow n'a pas eu ce privilège. J'espère qu'elle repose en paix maintenant.
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Pour ce podcast inédit, Jacques Pradel vous emmène aux Etats-Unis, et plus précisément en Caroline du Nord. Cette affaire de meurtre trouvera ses réponses au cœur d’un cimetière. Car c’est en exhumant le corps de leur victime, retrouvée morte sur son canapé, que les enquêteurs vont comprendre que les apparences sont parfois trompeuses… « Des secrets enfouis dans la tombe », un nouveau podcast de Chroniques Criminelles.
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