Dans cet épisode d'EX, Laura raconte son histoire d'amour commencée au lycée en 2007, sa séparation avec Jérémy en 2015 après des difficultés financières, puis leur retour ensemble des années plus tard. Elle évoque la rancœur qu'elle a dû apaiser, la manière dont leur fils a accueilli la nouvelle et le diagnostic de sclérose en plaques reçu peu après leurs retrouvailles.
L'épisode finit sur la demande en mariage faite sur le pont des Arts. Agathe Lecaron interroge au départ la croyance aux retours amoureux, et Laura défend l'idée que la séparation peut parfois mener à un nouveau départ.
Dans cet épisode Agathe Lecaron
Cette transcription de l'épisode Le grand retour a été réalisée avec la technologie derrière l'IA prise de note de HappyScribe.
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Bonjour, je suis Agathe Lecarron. Bienvenue dans EX, le podcast qui vous parle d'amour au travers d'histoires toujours extraordinaires. Dans les histoires de couple, vous croyez, vous, au comeback ? Je veux dire, quand votre ami en chagrin d'amour vous dit qu'il ou elle va revenir, vous vous dites quoi ? Non, parce que c'est vrai, ça n'arrive jamais, non ? Quand c'est fini, c'est fini. Bon, enfin, si vous êtes fidèle à ce podcast, vous le savez : il n'y a pas de règles en amour. Et cette semaine, c'est Laura qui vous le prouve.
Alors, si vous aussi vous voulez nous raconter votre histoire d'amour extraordinaire, envoyez-nous un résumé à podcasts_ex1@gmail.com.
On est en 2007 et j'ai 17 ans. Je rentre en terminale littéraire, et j'ai un ami de ma promo qui me présente Jérémy. On se connaissait déjà de visu avant, mais on ne pouvait pas se supporter. Moi, je le trouvais trop grand, trop imbu de sa personne, et lui, il me trouvait le contraire : trop petite, sûrement, trop fofolle. Je suis une fille très extravertie, je fais du théâtre, je saute, j'écris partout.
Il faut savoir que Jérémy, c'est le cousin de la meilleure copine de ma sœur en maternelle. Et en fait, mon camarade de classe lui a passé mon numéro de téléphone, parce qu'il le lui a demandé, et on a commencé à s'envoyer des textos. Et puis, de fil en aiguille, il y a eu des textos, des appels, jusqu'à ce qu'on se mette officiellement ensemble, fin septembre 2007, donc vraiment juste après la rentrée scolaire. Et on était dans le même lycée.
C'est une histoire de lycée, hein. On ne se dit pas que cette personne-là va être le père de nos enfants. Mais après, moi, je sens quelque chose, oui, de différent de ce que j'avais connu avant, parce que je sens que Jérémy, c'est un amour bien puissant, quoi. Je le considère comme ma première histoire d'amour, et puis c'est ma première expérience sexuelle. Là, c'est vraiment... on sent que c'est sérieux. Nos familles se connaissent, etc. C'est un truc d'adultes, quoi.
On habite chacun de notre côté, parce que lui, il est en BTS, moi je suis en terminale, donc j'obtiens mon bac, je vais à la fac. Ça ne me plaît pas trop. Je fais un an de fac de com, j'arrête, et je commence à travailler tout de suite. Et il se trouve qu'en 2011, donc ça faisait 4 ans qu'on était ensemble, ma mère décide de quitter la France. Et du coup, elle nous a laissé son appartement dans lequel on a vécu.
Bon, ça se passe très bien. On a chacun notre métier. On a même adopté un chien. On commence notre vie d'adultes peut-être un petit peu plus tôt que d'autres personnes, parce qu'on a 21 et 23 ans. Tout se passe bien. C'est vraiment... Il faut savoir que Jérémy et moi, tout est fluide, tout est évident. On sait qu'au bout d'un moment, on va fonder une famille, on voyage. Enfin, on voyage, on part en vacances dans ma famille au Portugal.
On vit vraiment une petite vie tranquille, sans prise de tête, sans forcément se mettre des projets sur lesquels il va y avoir une pression. On vit vraiment une vie sans pression. Mais on sait qu'on veut un enfant. Et je suis tombée enceinte en 2012. C'était la continuité, la suite logique, quoi. On est très contents. Lui, il a hâte de savoir que c'est une fille, mais ce n'est pas une fille. Moi, j'avais hâte de savoir que c'était un garçon, et c'était un garçon. La grossesse, elle a été juste super.
Moi, j'ai adoré être enceinte. J'ai vécu mes meilleurs moments en étant enceinte. Je me sentais énorme, mais énormément belle aussi. Donc, si c'était à refaire, je le referais pareil. Toujours une harmonie, toujours ce côté fluide et ce côté évident. La seule chose qui a mis un peu d'ombre au tableau, c'est qu'en même temps que j'ai appris ma grossesse, j'ai appris qu'elle allait avoir un plan social dans l'entreprise dans laquelle je travaillais. La nouvelle de la grossesse, elle a été un peu entachée.
Il se trouve que j'ai accouché. Deux mois, trois mois après, je perdais mon emploi. Quand Tétan est arrivé, c'était une boule d'amour. Franchement, c'est... je crois que c'est la plus belle chose qui nous soit arrivée. Beaucoup d'amour de notre famille, beaucoup d'amour d'Étane, beaucoup d'amour pour Étane, beaucoup d'amour entre nous. Il y avait vraiment cette harmonie.
En fait, Étan n'est pas venu chambouler tout ça. Il est juste rentré dans cette harmonie, et elle est restée telle quelle, juste avec une bouche en plus à nourrir. Je suis un peu perturbée, parce que j'ai toujours travaillé. Me retrouver au chômage, ce n'était pas vraiment quelque chose que j'avais prévu. J'ai perdu mon emploi. C'est un fait, il faut se relever. Du coup, je décide de faire un BTS en alternance en banque. J'ai trouvé mon entreprise, j'ai trouvé l'école, et j'ai travaillé dans ce petit job dans les cigarettes électroniques, le temps que la rentrée arrive.
Jérémy, il est content pour moi que je reprenne mes études. La seule chose, c'est qu'en alternance, on n'a pas un salaire mirobolant. Et du coup, on commence à avoir des soucis financiers. C'est ça qui a un peu semé le trouble entre nous. Et on se sépare à l'été 2015. C'est lui qui prend la décision. Donc, même si on a des soucis un peu à droite et à gauche, je n'ai pas de signe avant-coureur. C'est-à-dire que ce soir-là, je me souviens, c'était le 5 juillet 2015, je rentre d'une soirée avec deux copines, et il me dit : « On va discuter.
» Et puis il me pose une question, il me demande : « Qu'est-ce que tu penses de moi ? » Et moi, je lui fais une déclaration d'amour de folie, parce que je me lève Jérémy, je dors Jérémy, je mange Jérémy, c'est toute ma vie, quoi. C'est le père de mon enfant. Enfin, voilà, quoi. Moi, je ne me vois pas avec quelqu'un d'autre. Puis lui, il me dit, comme ça : « Moi, je ne veux pas qu'on continue. » Hop, douche froide. Hop, je pleure. Il m'a dit : « Oui, je n'ai pas l'impression d'évoluer. » Ce à quoi je lui avais répondu : « Je ne vois pas ce que tu veux dire par là, parce que tu as une femme, tu as un toit, un gosse, tu as même un chien, tu as un métier.
» Enfin, qu'est-ce qu'il voulait de plus ? Je ne sais pas. Je pense que lui-même, aujourd'hui, on lui pose la question, il dira : « Je ne sais pas. » Peut-être que le côté souci financier, ça a été trop compliqué pour lui, et puis il s'est dit : « Il vaut mieux s'arrêter. Comme ça, elle, elle va se débrouiller de son côté, et moi, je vais me débrouiller de mon côté. » Et puis voilà. Il y a tout qui s'écroule. Je perds mes moyens, je perds tout. En fait, je perds mon repère. Tout était. Par rapport à lui, je me dis : « Mais comment je vais faire ? » Du coup, en plus, je me retrouve à habiter chez ma grand-mère, loin de mes amis.
Enfin, loin. Ça fait 8 ans que je suis avec Jérémy. À peu près 3-4 ans, quelque chose comme ça, qu'on est en toute autonomie, qu'on a notre appartement, etc. Et d'un coup, bam, je me retrouve chez ma grand-mère. C'est un peu compliqué, mais si je suis là aujourd'hui, c'est que ça a fonctionné. Au début, on ne communique que par rapport à Étane.
J'ai toujours des sentiments, mais je les ai bien enfouis. Et je suis bien avec mon fils en maman solo. C'est sport, mais c'est une activité très satisfaisante quand on se rend compte qu'on la maîtrise. Moi, j'ai fait d'autres rencontres. Chacun de nous, on a nos histoires, diverses et variées. Moi, j'en ai une qui a duré quand même presque 2 ans. Si on enlève le confinement dedans, on va dire qu'elle a duré un an et demi. J'ai eu quand même ce désir de refaire ma vie. Lui, je ne sais pas. Moi, dans ma tête, Jérémy, c'était le père de mon fils, c'est tout.
Mon ex, ok. Je n'avais pas ce truc de : « Je vais aller le chercher. » Non, jamais. Il m'a fait trop mal. Je n'ai pas le temps de l'autre joue pour me faire battre. Début 2021, là, je suis en situation de burn-out. Très, très stressée, beaucoup de travail, du surmenage.
Je pense que le Covid aussi a mis son grain de sel là-dedans. Plus plein de petites choses qui font que je me retrouve dans cette situation-là de burn-out. Donc, j'en parle à Jérémy. Ça fait déjà un mois et demi, deux mois que je suis là-dedans. Je lui en parle parce que je sais que ça impacte Étane, parce qu'il me pose des questions. Il me dit : « Mais maman, pourquoi tu ne travailles pas ? » Puis il me voit prendre des médicaments. Enfin, ce n'est pas simple. Donc, j'en parle à Jérémy. Il commence à prendre des nouvelles régulièrement.
Moi, je ne suis pas vraiment demandeuse. Je ne suis pas quelqu'un qui prend des nouvelles, déjà, de base. Encore moins de mon ex, quoi. Et à un moment, on parle, et il me parle de mon copain de l'époque. À cette époque-là, j'avais un copain. Et je lui dis : « Ben non, on s'est séparés. » Et puis là, il y a eu comme un petit déclic chez lui. Je ne sais pas. De plus en plus, il m'a demandé des nouvelles. De plus en plus, il venait de savoir comment ça allait, etc. À un moment donné, on parle de nos diverses expériences, parce que ça fait bientôt 6 ans qu'on est séparés.
Et il me raconte des anecdotes avec une fille en particulier, que je trouve l'anecdote ultra débile. Il lui dit : « De toi, je ne sais pas où est-ce que tu vas aller chercher tes meufs, mais de toute façon, la femme de ta vie, c'est moi. » Mais je lui dis ça, je jure sur les deux yeux et les deux reins de mon fils que je dis ça sans arrière-pensée. Moi, je n'ai pas d'arrière-pensée. Moi, il y a un blocage, il y a un barrage. Je n'en veux plus de lui. Il est le père de mon fils. C'est-à-dire que mon fils me ressemble, je dois me taper sa tronche toute ma vie.
Ça suffit, quoi. Et lui, en fait, il a pris ce commentaire au mot, et il m'a écrit un pavé. Donc, on se parlait par messages. J'ai vu Jérémy écrit : « Jérémy écrit pendant, j'ai l'impression, 50 ans. » Et en fait, il m'a fait un roman où il me dit : « Oui, sois la femme de ma vie. J'ai toujours regretté d'avoir fait ce que j'ai fait il y a 6 ans. S'il y avait juste la moindre chance que tu puisses me reprendre, etc. À chaque fois que j'ai rencontré quelqu'un, je vais chercher quelque chose de toi dans cette personne-là, etc.
» Donc là, je me reprends une douche froide, 6 ans après. Ça m'a beaucoup chamboulée. Beaucoup, beaucoup. Je n'ai pas répondu tout de suite, parce que je ne savais pas quoi répondre. Ça m'a perturbée. Je pense qu'inconsciemment, même je ne pense pas, je suis sûre, je l'ai toujours aimé et je sais que je l'aimerai toute ma vie. Mais c'est peut-être mon ego ou ma fierté.
Jamais je ne serai retournée le chercher. Alors moi, je me dis : « Ok, il a porté ses bips. » Mais il y a un élément qui est très important pour moi, c'est le bien-être de mon fils. C'est-à-dire que quand on s'est séparés il y a 6 ans, il avait 2 ans et demi, il ne s'en souvient pas. Lui, depuis, sa vie, elle est complètement harmonieuse. Il vit avec ses parents séparés. Il n'y a aucun cheveu qui dépasse. Tout va très bien.
Et si Jérémy décide de revenir dans nos vies maintenant, et qu'il lui prend un truc et puis il redécide de repartir, là, c'est un peu plus compliqué, parce que l'Étane a 8 ans et qu'il ne s'en souviendrait, que ça risque de le perturber, et que je ne vais pas me lancer dans un truc comme ça. Ma priorité, ça reste quand même mon fils. Donc, je lui ai beaucoup parlé de ça. Même avec mes amis, quand on en parlait, moi, je leur disais : « Moi, je flippe. J'ai peur. » Et je n'ai même pas peur pour moi, j'ai peur pour mon fils. Quand j'écoute mon cœur, ça me touche. Et puis, les choses sont à peu près bien faites, puisque comme j'étais en burn-out à ce moment-là, j'étais suivie par une psy, et forcément, je lui en parle.
Et donc, du coup, on a travaillé sur la rancœur que j'avais par rapport à Jérémy, par rapport à la séparation, par rapport à l'histoire. Et il fallait que cette rancœur disparaisse pour que je puisse être clean, quoi. Et du coup, on a travaillé là-dessus. Je ne pense pas qu'elle ait disparu en totalité. Il y a toujours, il y aura toujours une part de moi qui va penser à ce qu'il m'a fait en 2015. Mais j'ai ouvert les portes, et lui, il a ramé, il a ramé, il a ramé.
À un moment donné, je reçois un message comme quoi je vais recevoir un colis. Sauf que je n'ai rien commandé. Et en fait, il m'a envoyé un petit ours gris, qui est sa couleur préférée, avec une rose éternelle rouge, avec un petit mot qui dit : « Tu seras à jamais ma moitié. » Donc là, je reçois ça. Je n'ai pas trop de réaction. Il y avait ma sœur qui était avec moi ce jour-là, parce qu'elle est venue un peu s'occuper de moi, parce que je ne sortais pas trop de ma grotte, vu que j'étais en burn-out.
Et elle, elle est trop contente. Et puis, elle appelle même ma meilleure amie pour lui dire. Et puis, tout le monde est trop content. Mais de toute façon, c'est évident. Mais toi et Jérémy, de toute façon, ça ne pouvait pas durer. C'est sûr. Maintenant, on sait que quand tu vas avoir un deuxième enfant, le papa, ce sera Jérémy. Tout le monde est euphorique. Et moi, je suis là, je regarde. Je suis un peu décontenancée. Je lui dis merci, et puis on parle. Il me dit clairement : « Je te reveux dans ma vie. Tu es la femme de ma vie. » Et voilà. Et puis, je ferai tout ce qu'il faut pour te reconquérir.
Et si je reviens, ce n'est pas pour rien. C'est-à-dire que je reviens, on fait les choses bien et tout, et je veux voir ton père. Pardon ? Tu veux voir mon père ? Tu veux lui dire quoi à mon père ? Il m'a demandé une fois, c'était sur un week-end où il gardait Étane, il est venu me le ramener, et il me dit : « Dis à ton père de venir. » Du coup, mon père vient, et il me dit : « Qu'est-ce que tu me veux ? » Je lui dis : « Moi, je ne te veux rien, en fait, c'est Jérémy qui veut te parler. » Et il s'assoit devant mon père, les yeux dans les yeux, et il lui dit : « Écoutez, j'ai fait une grosse erreur il y a 6 ans.
C'est la pire erreur de ma vie, c'est d'avoir quitté Laura. Et aujourd'hui, si elle me donne la chance de pouvoir revenir dans sa vie, je compte faire les choses comme il faut. Et je voudrais m'excuser auprès de vous, parce que je sais que ça vous a fait du mal aussi. Désolée, parce que quand je parle de ça, j'ai la boule à la gorge. » Et voilà. Et en fait, je les ai regardés parler. Moi, je ne disais rien. J'avais juste les yeux qui commençaient à se remplir de larmes.
Et je me suis dit : « Bon, au pire, qu'est-ce qui peut m'arriver de pire ? Qu'ils repartent ? Je l'ai déjà fait une fois. » Et je me suis relevée. Alors, les retrouvailles, ça n'a pas été fait tout de suite. Au moment où on décide de se remettre ensemble, il habite chez ses parents. On était au mois de mai.
Et je lui ai dit : « On va faire ça petit à petit. Moi, ça fait 6 ans que je suis toute seule. 5 ans presque que je suis dans cet appartement et où j'ai mes repères, où Étane a ses repères. C'est vraiment l'appartement d'une mère célibataire. On va y aller doucement, quoi. On se donne jusqu'à la rentrée. On se dit : « Septembre, c'est bon. » Au début, il venait les week-ends, un peu quand il était en télétravail. À Étane, on lui explique, on lui dit : « Écoute, papa et maman, ils vont se remettre ensemble.
On va redevenir une famille. » Au début, il l'a un peu mal pris. Il s'est enfermé dans sa chambre. On va le voir. Et en fait, quand on lui a dit : « On va redevenir une famille, papa va venir habiter ici. » Comme son père habitait chez ses parents, pour lui, ça voulait dire qu'il ne verrait plus ses grands-parents, qu'il ne verrait plus leur chien, qu'il ne verrait plus personne. Et en fait, on lui a expliqué : « Non, même pas du tout. » Dès qu'il a compris que ça ne voulait pas dire qu'il mettait de côté ses grands-parents, c'était bon. Sa nouvelle passion, c'était de faire des cannes en famille, qu'on joue ensemble tous les trois, etc.
C'est un peu compliqué au début, mais au final, c'est tellement évident que ça se passe très bien, en fait. Que ce soit sexuellement ou que ce soit dans la vie de tous les jours, il n'y a pas à se réhabituer. Parce qu'en fait, en 6 ans, on a peut-être évolué, mais on n'a pas foncièrement changé. On est pareil. Il n'y a pas de manie à se rappeler. Non, on est pareil. Et tout est tellement évident que tout est fluide. Et les choses sont très bien faites, parce qu'il se trouve que cet été, on se retrouve pour de vrai.
Étane part en colonie de vacances, et pendant qu'il part en colonie de vacances, moi, je me fais hospitaliser, on me diagnostique une sclérose en plaques. Et du coup, là, le diagnostic tombe, moi, je regarde Jérémy, je pleure. Je lui dis : « Si tu veux partir, tu pars. » Parce qu'il se remet avec moi. On lui trouve une maladie qui est très chiante quand même, qui est grave. Et il me dit : « Mais jamais de la vie, je te quitte, en fait. Non.
On va affronter ça ensemble. » Il se remet avec moi, je tombe malade, et il est toujours là. Puis il me dit : « C'est bon, hein. C'est bon, il est là, il ne partira plus. » Au quotidien, au début, c'était... C'est toujours le cas, j'ai une vision trouble, donc c'est très compliqué. Je fatigue vite des yeux, etc. Mais c'est vrai qu'au début, avant que je me fasse hospitaliser, en fait, j'avais une perte de force sur ma jambe droite, donc je boitais tout le temps.
Tout le temps fatiguée, et puis on ne savait pas ce que c'était. Je suis un peu allée au culot au CHU de la Pitié-Salpêtrière, et puis on m'a diagnostiqué ça. Au quotidien, ça va, elle n'est pas trop présente, et puis moi, je suis quelqu'un d'ultra positif, et je pense que ça fait 80 % du boulot. Je me dis, elle est là, la sclérose en plaques, ok, mais ce n'est pas moi qui ai la sclérose en plaques, c'est elle qui m'a, et bonne chance à elle. On n'en parle pas forcément. Si on en parle, souvent, on fait des blagues, genre Jérémy va me dire : « Oh là là, toi, quand tu auras 80 ans, tu seras en fauteuil, moi, je vais te prendre, je vais te pousser, et tout.
» C'est plus sur le ton de la rigolade. Et quand il y a des jours un peu sang, il me laisse tranquille. Et puis voilà, parce qu'un des gros symptômes, c'est la fatigue. Et il y a des jours où je suis vraiment fatiguée. Mais sinon, ça va, j'ai commencé mon traitement de fond, et il est là, il est présent. Et puis, comme je l'ai dit là, je pense que mon mental joue beaucoup là-dessus. Pour l'instant, il touche du bois, j'espère que ça va fonctionner comme ça pendant très longtemps.
Mais ça reste quand même une maladie où elle empire avec le temps. Et du coup, il faut avoir les épaules solides à un moment donné, ou même il se peut que dans 3-4 mois, je me réveille, je ne bouge plus. Il faut pouvoir se dire que si ça arrive, je suis là. Si tu ne peux pas, ce n'est pas grave. Ça fait déjà 6 ans que je suis toute seule, ça ne va pas me... J'ai mon père, j'ai ma grand-mère, j'ai mon fils. Je n'ai pas peur d'avoir à affronter cette maladie toute seule.
Mais il se trouve que lui, il se dit qu'il a les épaules. Donc voilà, il est là. C'est le 28 octobre 2021. Donc on est sur un jour sans, vraiment. Je suis fatiguée, très fatiguée. C'est mon premier jour de règles, donc à fleur de peau.
J'ai envie de rien faire ce jour-là, mais vraiment. Non, il était en télétravail. Et il me dit : « Vas-y, on prend le RER de 19 h, je ne sais pas quoi. » Je dis : « Quoi, pardon ? » Non, mais moi, déjà, il était genre 17 h 30. Je ne m'étais même pas douchée. J'étais vraiment dans un mood, le mood de premier jour de règles, de j'ai envie de rien faire, à part être sous mon plaid sur mon canapé. Puis en plus, j'ai la sclérose en plaques, donc si je suis fatiguée, c'est encore plus fatiguée. Et non, j'ai envie de rien faire.
Et puis lui, il me dit : « Non, vas-y, motive-toi et tout. » Je me motive. Je ne fais pas d'effort du tout. J'enfile une robe. Je ne me maquille pas. Est-ce que je me coiffe ? Je ne crois pas. Et on part. Et je me dis, c'est assez rare chez Jérémie de prendre des initiatives comme ça, de partir au resto, etc. On a trois stations de RER pour arriver, c'est-à-dire genre 15 minutes.
Alors ressaisis-toi. Il a pris l'initiative, il a réservé un resto et tout. Donc voilà, arrête de faire la gueule. Donc on arrive au resto, un resto super mignon dans le quartier de Saint-Michel, là, à Paris, et on mange très, très bien. Une équipe de serveurs très, très accueillante. On passe un super bon moment. Je suis contente et mon bad mood s'est envolé. Il se trouve que ce jour-là, il fait bon.
Tellement bon que j'avais une robe sans collant, alors qu'on est le 28 octobre. Et il me dit : « Bon, on va se balader. » Donc on se fait une balade Paris by night. En arrivant vers la Monnaie de Paris, il me dit : « Ce n'est pas ton pont là-bas ? » Mon pont ? Je dis : « Oui, c'est le pont des Arts. » Il se trouve que c'est un de mes ponts préférés sur Paris. Et il y a quelques années, avant qu'ils les enlèvent, on avait nous-mêmes un cadenas dessus. Et il me dit : « Vas-y, on passe par là. » Je lui dis : « Bon, ok, on passe par là.
» Et on y va, on arrive sur le pont. Et là, il commence à me faire une déclaration d'amour, mais une déclaration que je garderai pour moi parce que c'est notre moment. Il commence à parler, puis je sens qu'il bégaye un peu. Il a les yeux qui se remplissent d'eau. Je vois flou, mais je vois que ses yeux se remplissent d'eau. Puis moi, dès qu'on commence à me parler comme ça, avec des émotions, etc., je perds vite mes moyens. Donc je commence à... Je lui dis : « Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Tu me dis des trucs comme ça. » Moi, je vais me mettre à pleurer.
Et il met un genou à terre et puis il me demande si je vais l'épouser. Il s'est passé un quart de seconde avant qu'il me dise : « Mets la bague vite avant qu'elle tombe dans la scène. » Parce qu'il y avait le pont des Arts, il est en bois, et puis il y a les écarts entre les lattes de bois. Vite, vite, vite, avant qu'elle tombe. La phrase que j'ai retenue, c'est... Il m'a dit qu'on avait eu des hauts et des bas, mais qu'il préfère passer des mauvais moments avec moi que de bons moments sans moi.
Je trouve que ça résume bien surtout notre futur avec la maladie. Oh, je vais pleurer. Heureusement que je ne m'étais pas maquillée du coup. Le 28 octobre au soir, Laura s'est retrouvée fiancée avec Jérémy, avec qui elle est restée séparée pendant 6 ans, et qui est le père de son fils.
On en avait parlé. Il avait dit qu'il allait le faire. Moi, je pensais que ça allait se passer à Noël en famille. Mais pas du tout ce jour-là, pas du tout comme ça, que nous. Franchement, c'était parfait. Et puis la veille, il était rentré tard. Je lui ai dit : « Mais tu fais quoi ? Qu'est-ce que tu fous ? » Il me dit : « J'ai des problèmes de train. » Donc il a des problèmes de train, il a eu du mal à rentrer, et puis il rentre tard, et puis moi je ne me pose pas plus de questions.
Et en fait, il m'a avoué que la veille, il était avec mon père, ils sont partis se boire une bière, et il lui a demandé ma main. Non, mais qui fait ça en 2021, en fait ? Et après, moi, je suis très active sur les réseaux sociaux, donc je ne l'avais pas encore annoncé sur mes réseaux, parce que j'attendais d'annoncer au noyau dur, à la famille proche, ma grand-mère, etc. Et après, je l'ai annoncé sur les réseaux sociaux. Et puis là, encore une autre boule d'amour, boule de stress de « Ah, c'est pourquoi, c'est pourquoi, c'est pourquoi ?
» Et j'ai dit à tout le monde : « Laissez-moi profiter d'être fiancée, laissez-moi finir l'année, puisqu'on est au mois d'octobre, on ne va pas se marier en 2022. Laissez-nous un peu voyager en 2022, si le Covid nous le permet, et puis ça sera pour printemps 2023. » On aimerait se marier dans la ville dans laquelle on habite, dans le Val-de-Marne, mais on sait qu'on peut se marier aussi dans la ville dans laquelle ses parents habitent.
Sachant que c'est la ville dans laquelle on s'est connus et que toute notre histoire a commencé. Il faut savoir qu'Étane, ce n'est pas quelqu'un qui exprime beaucoup ses émotions. Donc on lui a dit : « Papa et maman vont se marier. » Il a dit : « D'accord. » C'est juste qu'il ne faudra pas que je m'endorme à l'église. Voilà la réaction de mon fils. Concernant Jérémy, j'aurais toujours ce petit truc qui me dit : « Ouais, il peut partir, il peut partir, il peut partir.
» Mais en fait, c'est tellement évident, normal. Genre, Laura et Jérémy ensemble, c'est juste... C'est une évidence pour nous, c'est aussi une évidence pour tout le monde. Donc la confiance suffit de baisser les armes un petit peu et ça arrive. Il faut juste se faire confiance et ça va tout seul. On a l'impression qu'on ne s'est jamais quittés. Quand je vais dans sa famille ou quand lui va dans la mienne, tout le monde est trop content de retrouver Jérémy. On dirait qu'ils ont retrouvé le neveu cousin qu'ils avaient perdu depuis 6 ans et qu'ils n'attendaient qu'une chose, c'était de le retrouver.
Donc la confiance, elle vient avec tout ça aussi. On se rend compte que tout le monde est trop content, tout le monde trouve ça évident. Si tout le monde trouve ça évident, pourquoi moi je ne le trouverais pas évident ? Ça glisse, ça va tout seul. Quand je regarde notre histoire, avec les 6 ans de séparation, je me dis qu'elle est super belle, super atypique, mais super belle. On s'est sûrement quittés pour mieux se retrouver.
Donc si les gens se disent : « Ouais, on se quitte pour mieux se retrouver », dites-le-vous. Et ce n'est pas une question de temps. Parce que là, 6 ans, on avait chacun le temps de faire d'autres gosses. Mais non, ce n'est pas une question de temps. Si les gens doivent se retrouver 10 ans après, 5 mois après, 3 jours après, c'est des éléments qui font qu'eux, et il faut laisser parce qu'il ne faut pas prendre le risque de passer à côté des choses. Je n'allais pas prendre le risque de passer à côté de mon mariage quand même.
Merci à Clémentine Delagrange qui a réalisé cet épisode et à Alexandre Ferreira qui l'a monté et mis en musique. Si vous l'avez aimé, faites-le savoir. Mettez-nous des étoiles et des commentaires. Merci. Der Herbst ist da und damit die perfekte Zeit, es sich zu Hause gemütlich zu machen. Jetzt fehlt nur noch die passende Lektüre. Mit Readly hast du die ganze Welt der Magazine und Zeitungen immer digital griffbereit.
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Dans les histoires de couple, vous croyez vous, aux « come-back » ? Je veux dire quand votre ami(e) en chagrin d’amour vous dit « elle/il va revenir », vous vous dites quoi ? Non parce que c’est vrai, ça n’arrive jamais non ? Quand c’est fini, c’est fini ! Bon si vous êtes fidèles à ce podcast, vous le savez… il n’y a pas de règles en amour ! Et cette semaine c’est Laura, qui vous le prouve !
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