Cet épisode du podcast EX raconte l'histoire d'amour de Carine et Roman, deux amis d'enfance qui se rencontrent au collège, se perdent de vue, puis se retrouvent des années plus tard. Carine revient sur leur amitié d'adolescence, sur une relation précédente qu'elle décrit comme jalouse et possessive, puis sur leur vie de famille, ponctuée de déménagements, d'une grossesse pendant la pandémie et des hospitalisations répétées de Roman.
L'épisode permet d'entendre comment elle relit ces étapes et le sens qu'elle leur donne aujourd'hui, notamment l'idée que leur histoire est un conte de fées dans la vraie vie. Agathe Lecaron présente le récit et l'accompagne tout au long de l'échange.
Dans cet épisode Agathe Lecaron
Cette transcription de l'épisode sur l'histoire de Carine et Roman a été réalisée avec la technologie de HappyScribe, celle qui alimente son outil de prise de note IA gratuit.
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Bonjour, je suis Agathe Lecaron. Bienvenue dans EX, le podcast qui vous parle d'amour au travers d'histoires toujours extraordinaires. Ce garçon est spécial. C'est la fulgurance qui traverse l'esprit de Karine la première fois qu'elle voit Roman. Mais est-ce que cet amour peut tenir alors qu'ils sont si jeunes ? Alors, si vous êtes des fidèles de EX, vous savez bien que les contes de fées dans la vraie vie, ça existe. Comme dirait Karine elle-même, d'ailleurs.
Je suis le fruit d'une histoire d'amour entre deux personnes qui se rencontrent de façon assez rigolote, je trouve. En gros, le professeur de français de ma mère, quand elle arrive en France, donc elle est portugaise, et mon père, d'ailleurs, était marocain. Il se trouve que c'est mon père qu'elle va rencontrer dans ce cadre-là. Donc c'est son prof de français langue étrangère, donc elle apprend à parler français et elle le rencontre. Et gros crush. Ils ont 16 ans d'écart et ils tombent amoureux, et au bout de deux ans, ils se marient. Trois ans plus tard, mon grand frère arrive, et puis cinq ans plus tard, c'est moi qui arrive.
Donc, au milieu de cette histoire un peu singulière, un papa prof de français qui a changé de pays, et une maman qui arrive depuis quelques années tout juste en France, j'ai toujours vu mes parents très amoureux. Les bisous, les câlins, ça n'a jamais été ni tabou, ni caché. Parfois, on était sur le canapé avec mon frère en train de regarder notre dessin animé, on les voyait passer main dans la main pour préparer, je ne sais pas, mettre la table ensemble, moi, mais juste pour passer du temps ensemble. Ils faisaient leur petite promenade tous les soirs, je me rappelle, quand nous, on rentrait de l'école, eux, aller prendre un peu l'air ensemble.
Donc ça a toujours été très normal de les voir amoureux. Je ne sais pas si c'était en même temps que de les voir parents, mais en tout cas, les deux se chevauchaient et vivaient bien ensemble. Donc je suis la deuxième petite fille. On a deux ans et demi d'écart avec mon frère, et je suis quelqu'un, je crois, de très introverti ou réservé. Je n'ai jamais trop su. Depuis que je suis petite, je suis arrivée à l'école avec une année d'avance, et c'est un peu ce qui a défini toute ma vie. Ensuite, j'ai sauté une classe, donc j'ai toujours eu de l'avance à l'école, et je sais que j'ai toujours eu l'impression que c'était... Quand je dois parler de moi, je parle de ça.
Je raconte que j'ai deux ans et demi d'avance à l'école, donc je crois que j'étais une petite fille plutôt intelligente, un peu calme, un peu douce, un peu la petite fille que, entre gros guillemets, tu rêverais à voir. Mais rien de spécial. Je n'ai pas été très fofolle, je n'ai pas fait trop de bêtises. J'étais droite dans mes bottes, quoi. Physiquement, j'ai eu ma croissance avant l'heure, je pense. Je me rappelle de moi en CE2-CM1 qui commençait à avoir mal à la poitrine, la poitrine qui pousse, alors que j'avais moins de 8 ans. Donc j'ai toujours été assez raccord au niveau du physique, et je pense qu'à ce moment-là, quand tu grandis, collège, etc., c'est surtout ce qui compte.
C'est de ne pas être, entre gros guillemets, trop différente des autres et de la norme partagée par ceux qui t'entourent. Donc je n'ai jamais senti de décalage, que ce soit physiquement, même mentalement, comme j'ai en fait grandi avec ces gens-là. J'avançais un peu à leur rythme, et j'ai toujours été très à ma place. À la rentrée de quatrième, je pense que ça a été l'année assez décisive, parce que là où tes copines, elles, commencent à avoir leurs histoires d'amour, moi, je suis encore toujours dans la même dynamique. Je me concentre un peu moins sur l'école, donc je commence à avoir des résultats un peu plus compliqués.
En tout cas, en termes de comportement, c'est la première fois où mes parents me disent : « Bon, ma chérie, tu commences à dérailler. » Et je me rappelle d'une inter-classe ou d'une récré, je ne sais plus comment ça s'appelait à ce moment-là, et les garçons, basiquement, jouaient au foot, et nous, on était assises en train de discuter. Et là, il y a un garçon qui a un niveau de moins, deux garçons, deux nouveaux qu'on n'a pas vraiment vus, qui viennent discuter avec nous, et puis c'est le moment où tout le monde discute un petit peu. Et je me dis : « Ah, hyper chouette, ce garçon. Il n'est pas comme les autres, il n'est pas lourd, il n'est pas trop chiant. Il a l'air juste gentil et doux. » Et on commence une histoire d'amitié très douce, très saine, peut-être un peu adulte aussi, à très vite échanger sur des choses très, très intenses, choses que je n'avais pas l'habitude de partager avec mes collègues de cette époque-là.
Je sens que ce garçon me comprend, et qu'on se comprend tous les deux, et qu'il y a quelque chose, je ne saurais pas la nommer, mais c'est différent. C'est un garçon qui est brun, à ce moment-là, absolument imberbe, puisque c'était le cas de tous les garçons qui partageaient notre cour de récréation. Ils avaient tous 14, 15 ans, donc des jeunes hommes. Et lui, comment je le caractérise ? C'est que je me dis : « Il a vraiment un visage d'ange.
» Je le vois vraiment comme ça, très cliché, mais s'il pouvait y avoir un halo de lumière derrière lui, je trouverais ça hyper logique. Pour moi, c'est vraiment le garçon trop mignon. On partage beaucoup de temps ensemble en dehors de l'école, que ce soit en physique ou à l'époque via messagerie sur l'ordinateur ou au téléphone. Donc on est vraiment beaucoup l'un sur l'autre à ce moment-là. Et c'est une histoire d'amitié très forte et qui, naturellement, surtout à cet âge-là, avec les hormones un petit peu en feu, etc., balance vers : « En fait, je crois que je t'aime, mais je n'ai pas le droit.
Donc on va rester très copains et on ne va pas essayer d'aller voir plus loin. » Mais j'ai toujours su que je ne l'aimais pas comme les autres. Je n'avais pas le droit de me permettre de me mettre en couple avec un garçon parce que j'étais trop jeune, que mon grand frère, que je savais que ça allait être beaucoup d'histoires pour pas grand-chose, et je n'avais pas envie de tenter le coup et de gâcher une potentielle histoire d'amitié avec lui. On reste très copains pendant deux ans, et ensuite arrive le lycée, et donc je change de dynamique parce que mon grand frère n'est plus là, et je rencontre un autre garçon.
Et Roman, qui est toujours mon ami à ce moment-là, finit par ne plus l'être, parce que dans cette relation amoureuse, en fait, je n'ai plus le droit d'avoir de copains. Je me mets en couple avec un garçon qui est plus âgé que moi, donc c'est aussi les gens que je côtoyais à ce moment-là, mais lui, il a quatre ans et demi de plus que moi, et il est très jaloux, possessif. On a une relation à distance, puisque lui déménage à plusieurs heures de route de Paris, où j'habite. Et au début, je ne remarque pas, je ne vois pas. Aussi, c'est ma première histoire d'amour, donc je ne sais pas quelle est la norme, le standard, ce qu'il faut accepter ou non.
Et au bout de quelques mois, je me rends compte que j'ai des remarques quand je vais voir telle personne, quand je discute avec telle personne. Et puis, au bout d'un an, j'évite d'y aller, parce que je sais que sinon je vais passer un sale quart d'heure. Au bout d'un an et demi, je me dis : « Bon, ces personnes, je préfère ne pas leur parler. » Au bout de deux ans, je suis quasi toute seule. Très rapidement dans l'histoire, je me rends compte que c'est lui et moi, et personne d'autre, quasiment. En fait, très peu de monde est autorisé autour de nous à graviter. J'aime tout de lui à part cette énorme ombre au tableau.
J'aime la façon dont il m'aime. J'aime l'attention qu'il me porte. Il est très drôle. Ma mère l'aime énormément. Et il m'apporte quelque chose qui me manquait, à savoir l'espèce d'impression que j'ai un binôme, que j'avance avec quelqu'un qui me veut du bien et qui est toujours là. Et en fait, il est tellement inquiet. Enfin, j'ai l'impression à ce moment-là qu'il est tellement inquiet pour moi que c'est pour ça qu'il me protège. Qu'en fait, il me veut du bien, qu'il est un peu jaloux, mais que c'est sa façon de m'aimer. Donc, à ce moment-là, beaucoup de mal à me dire : « C'est mal qu'il soit jaloux, possessif.
» Et en plus, très vite, au moment où je commence à arrêter de parler à ces personnes-là, mon père décède. Donc ça arrive à un moment de notre relation où je me dis : « En fait, il ne me reste vraiment plus que ce garçon en tant qu'homme, quoi, dans ma vie. » Vraiment, j'ai cette sensation de grandir et de devenir femme à ses côtés. Je suis assez chamboulée à une période de ma vie où il faut commencer à choisir ce qu'on va faire de notre vie.
J'étais assez convaincue de vouloir travailler dans la mode, dans le luxe. Et puis mon père qui décède, il y a un peu tout qui explose, et je me dis : « Mais en fait, ce n'est peut-être pas ça. » Et donc je me dis : « Bon, je vais essayer quelque chose de plus général. » Je pars en école de commerce en me disant : « Je crois que c'est ce que tout le monde fait à peu près. Je n'ai pas trop d'idées. Je sais que je suis plutôt bonne à l'école. Tentons ça. » Et en fait, de fil en aiguille, les années passent et je me rends compte de ce que j'aime, ce que j'aime moins. Et c'est très, très fluide. Le parcours scolaire jusqu'au bout, c'est question d'affinité avec les matières. Et je me dis : « Bon, le marketing, pas trop mal. C'est ce que je vais faire.
» C'est notre sixième année ensemble et il tombe malade. On était tous les deux dans nos chemins de vie respectifs. Disons que moi, j'étais sur mes études sup, lui commençait sa vie pro. Et donc on n'avait pas encore tellement de projets ensemble parce qu'on était quand même à des moments de nos vies un peu différents. Mais voilà, on savait que ça allait arriver un jour. Et il tombe malade. Il a une tumeur au cerveau. Et donc, grosse épreuve à vivre ensemble et avec sa famille très, très compliquée, qui nous rapproche encore plus, je crois.
Et où je me dis vraiment : « Ce serait impossible de le perdre. Il est trop précieux. » Et donc je vis ça avec lui. Mais en même temps, je me rends compte que moi, là, je suis sur la fin de mon parcours d'études et je commence à travailler, à mettre un pied dans le monde du travail. Et je me rends compte que les gens adultes, donc en tout cas qui ont un vrai job, ont une mentalité par rapport à la vie de couple différente. C'est-à-dire qu'eux vont au travail, parlent à des personnes du sexe opposé sans que ce soit mal vu. Et en fait, c'est aussi obligatoire, parce que sinon tu ne peux pas évoluer professionnellement si tu te refuses certains dialogues avec d'autres personnes.
Donc je me dis : « Il y a peut-être un problème. » Et donc ça m'éveille aussi la conscience en me disant : « Mais en fait, ça fait X années que je vis ça, mais je crois que ce n'est pas normal. » Donc je vis un peu les deux en parallèle, où je me dis : « Je l'aime, il est malade et j'ai envie d'être là, près de lui. » Mais en même temps, je crois que ce n'est pas tout à fait ce dont j'ai besoin. Donc je vais vivre deux émotions très opposées en même temps à ce moment-là. Je l'accompagne dans sa guérison à ce moment-là, donc il va se faire opérer, la radiothérapie, etc. Et puis, au bout de quelques mois, on lui dit que ça va mieux.
Et donc tout le monde va mieux, ses parents, moi, lui. Et donc on continue notre vie, mais je sens que quelque chose a changé chez moi. Je ne pense pas que ce soit l'épreuve de la maladie, j'ai plus l'impression que c'est le fait que j'ai grandi en étant confrontée à la vraie vie à côté. Donc moi, je me dis : « Lui, il a son chemin à parcourir et que maintenant, en tout cas, je le vois de façon positive et j'ai de l'espoir. » Et je me dis que moi aussi, à côté, je dois faire le mien et je me rends compte qu'à un moment, ils ne vont pas pouvoir se passer et se maintenir ensemble.
Donc je décide, je pense, un an plus tard, un an après sa guérison, de le quitter. La décision de le quitter, elle vient avec une énorme culpabilité, d'avoir peur du jugement, de me dire potentiellement les autres, sa famille, qui en fait est ma famille à ce moment-là aussi. Je me dis : « Mais comment ils vont me prendre ? Ils vont se dire que c'est juste que je suis une lâche et que maintenant que j'ai vécu ça avec lui, je n'ai plus l'énergie. » Et donc c'est très difficile de le quitter.
Et en même temps, je pense qu'à ce moment-là, je suis tellement convaincue que c'est ma porte de sortie vers quelque chose de plus moi, que je ne réfléchis pas trop. Je me dis : « Ça fait huit ans, j'ai donné tout ce que j'ai pu, mais en fait aujourd'hui, j'ai envie d'être quelqu'un d'autre. Je ne réfléchis pas, je fonce. » Je pense que d'avoir mis un pied dans la vie professionnelle m'a fait prendre une autre posture. Je me suis, j'ai l'impression, découverte en tant que femme, pour la première fois de toute ma vie, en endossant un rôle dans la société de chargée de com, etc.
Ce qui peut paraître assez bizarre sur le papier de se dire : « En fait, c'est ton job qui te donne de la valeur. » Mais pour moi, à ce moment-là, c'était vraiment le cas. Je me dis : « Je suis capable de faire des choses. Il faut que je prenne des décisions pour ma vie avant de le faire pour ma vie pro, pour ma vie perso. » Et donc je me dis : « C'est comme ça que ça se passera. » Et surtout, j'évite de réfléchir. J'évite de trop me poser de questions et ça s'est passé assez rapidement. Et je voulais juste pas trop en entendre parler, qu'on n'en discute pas trop pour aussi pas revenir en arrière. Donc, nouvelle vie complète qui s'annonce. À ce moment-là, je pense que j'ai bien réfléchi le timing quand même à ce moment-là, parce qu'un mois plus tard, je pars finir mes études à San Diego, aux États-Unis.
Donc semestre à l'étranger, mais juste, je vis en fait pour la première fois mon adolescence très tardive, ma vie de jeune adulte. Je fais la fête, je profite, je ne réfléchis pas, je fais des grosses bêtises et j'adore. Je me sens à ma place, je me sens fière de moi et libre par-dessus tout, et c'est quand même assez nouveau comme sensation. Je renoue typiquement des liens avec tous les gens qui faisaient plus partie de ma vie. J'ai l'impression de me retrouver en tant qu'individu à part entière.
Je rentre à Paris fin janvier 2018, et à ce moment-là, j'avais repris contact avec pas mal de monde de ma vie d'avant. Et donc je me dis, en rentrant à Paris, je pense que je vais quand même continuer ma dynamique de « Je fais la fête, c'est trop chouette, je m'amuse. » Mais j'ai surtout envie de renouer avec ces gens-là, d'aller voir les gens à qui j'écris depuis quelques mois pour reprendre des nouvelles. Donc j'ai un peu une double dynamique de « J'ai envie de continuer à m'amuser, mais je sais que là, c'est la vraie vie, que je travaille et qu'il s'agirait plutôt de nouer des liens ou de renouer des liens plus sérieux avec tous ces gens que j'ai aimés un jour.
» Je suis en échange à ce moment-là avec plusieurs personnes et je me dis, je sais qu'individuellement, il y en a que j'ai plus ou moins envie de revoir, notamment Roman, cet ami du collège où on était en échange quasi quotidien. En fait, depuis que j'étais arrivée à San Diego, on échangeait sur les réseaux sociaux pour prendre des nouvelles et je me dis, vraiment, s'il y a quelqu'un que j'ai envie de revoir, lui, il fait quand même partie de mon top 1. Donc je sais qu'on était meilleurs amis, ils le connaissent, donc je me dis, l'occasion de juste aller boire un verre tous ensemble. Et donc c'est la première personne que je décide de revoir en rentrant, je pense, deux, trois semaines après avoir posé les pieds à Paris.
Je rentre d'un week-end à Berlin, il est 22h30, je suis en pyjama. Je me rappelle d'un pyjama troué, vraiment, je suis un pou. Et Roman m'écrit pour me dire, bon, je suis à Paris. Roman vivait à l'étranger et il me dit, je suis à Paris, donc je me dis, trop chouette, l'occasion de le voir. Je ne suis vraiment pas du tout apprêtée, mais je me dis juste, on n'habite pas loin. Il me dit, je passe te prendre, on va voir tes copines, on va prendre vraiment un café. Et donc je sors de chez moi comme ça, en pyjama à moitié puant, pas vraiment très à l'aise, parce que je me dis, mais c'est Roman, donc tout va très bien se passer, je n'ai pas besoin d'être merveilleuse.
J'ai juste envie de le voir, donc j'y vais comme je suis. Ça doit faire huit, neuf ans que je ne l'ai pas vu. Donc je me rappelle, je descends de chez ma maman à ce moment-là, je le vois et je me dis juste, waouh, c'est le même petit ange, mais avec une barbe. Je me dis juste, c'est la même personne, mais vraiment, c'est un homme. Il dégage la même chose. Et quand je le vois, je me dis, ah, je suis toujours bien et contente d'être auprès de lui. On va retrouver mes meilleurs amis et tout est très fluide. Il nous raconte en fait juste ce qu'on a loupé. Et donc il nous raconte que lui, il est parti vivre à l'étranger, en Tunisie, à ce moment-là, et tout ce qu'on a en fait loupé dans sa vie à lui.
Et en fait, on échange un peu nos... « Ah bah tu sais, voilà ce qui m'est arrivé. Ah bah moi, il m'est arrivé ci et ça. » Et je me rends compte que lui aussi a vécu pas mal de choses difficiles de son côté, mais que pour autant, c'est exactement la même personne en mieux. Parce qu'il a pris un peu d'âge, un peu de force, j'ai l'impression. Et je sens que ça se reconnecte tout de suite. Moi, je ne suis pas du tout dans une dynamique de séduction avec Roman. J'ai repris ce qu'on avait arrêté, c'est un super pote. Mais c'est un super pote plus plus. C'est-à-dire qu'on discute beaucoup, comme j'ai l'habitude de le faire avec les personnes avec qui je suis en relation amoureuse.
Et il revient une semaine plus tard, et une semaine après encore. Et puis en fait, pendant deux mois, on se voit tous les week-ends. Et très vite, on se dit, bon, je crois qu'on va arrêter d'être aveugles. Et en fait, on s'embrasse à ma soirée d'anniversaire, je me rappelle, et on est en couple. C'est instantané. Le contact physique avec Roman, il est...
Je ne dirais pas qu'il y a eu une explosion de papillons ou autre, parce que c'est très particulier comme sentiment. C'est juste normal. Même, je pense que mon corps avait l'impression de connaître le sien. C'est-à-dire que quand on a ce rapprochement, en fait, il est aussi assez progressif. On s'entend dans les deux mois qui précèdent. Je vois Roman souvent. On est très tactile, comme on l'a toujours été et comme on l'est avec nos copains respectifs. Et en fait, ce bisou, c'est juste... En fait, il fallait que ça arrive, donc voilà ce qui se passe. Et c'est très normal, c'est très...
On se connaît, en fait. Retrouver Roman, c'est un peu le conte de fées dans la vraie vie. On avait un peu tous les gens qui nous entouraient, qui étaient eux convaincus de cette histoire, et nous qui étions plus, je pense, dans un déni de « Ça n'est pas arrivé avant, ça n'arrivera pas. » C'est tellement surprenant, et en même temps, ça ne l'est pas. C'est très paradoxal. Je vois notre histoire comme le meilleur combo, parce qu'avant d'être amoureux, on est amis, et donc on se connaît. On se connaît vraiment. Je connais toutes les facettes de Roman, et on peut tous dire, et je pense, et je le sais, que c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, c'est quelqu'un avec qui ça fonctionne, parce qu'en fait, le sentiment, la relation amoureuse est un bonus dans notre relation, et ça fonctionne.
Plus ou moins, il y a eu des bas à certains moments, mais en tout cas, dans la majorité, dans la durée, ça fonctionne très bien. Mais avant tout, on est vraiment amis. Et donc, on est vraiment là l'un pour l'autre, et prêts à tous dire. Et c'est vraiment ce qui, pour nous, est une force incroyable. Après ce premier baiser, Roman continue de revenir, donc je le vois toutes les semaines. Et puis, au bout d'un mois, moi, je vais le voir en Tunisie pour découvrir un peu sa vie, qui m'était complètement étrangère. C'est vraiment une partie de lui que je ne connaissais pas. Donc, je vais en Tunisie, je découvre sa vie. Je me dis, mais ce garçon a vécu une vie parallèle, en fait, pendant toute sa vie.
Moi, je ne savais même pas qu'il était à moitié tunisien, je ne savais même pas qu'il avait de la famille en Tunisie, et pourtant, on se disait tout. Donc, je me dis, mais c'est fou. Et il me dit, ce n'est pas quelque chose qu'il cache, mais il avait le sentiment que c'était quelque chose de tellement éloigné de notre réalité à Paris, qu'on n'aurait pas pu l'entendre ou le comprendre sans venir. Donc, le fait, moi, de me rendre en Tunisie et de voir sa vie sur place, c'est imagé. C'est-à-dire qu'il n'a pas besoin de me le raconter, je le vois. Et je vois un garçon qui est le même en mieux. J'ai l'impression qu'il est 100 fois plus à sa place là-bas. Il me fait partager un monde.
Alors moi, je n'avais pas forcément d'idée sur ce qu'était la Tunisie. J'avoue que c'était un pays que je ne connaissais pas. Je voyais ce qu'on en disait. Tu pars là-bas en club all inclusive, faire tes vacances, ta semaine de vacances. Et là, il me montre son quotidien, il me montre des endroits fabuleux, il me montre les gens qui sont là-bas, ses copains, etc. Et je découvre son monde avec, franchement, des vraies étoiles dans les yeux, parce qu'il me rend du rêve. Mais très vite, moi, je me rends compte que ma vie est à Paris, lui, sa vie est là-bas. Bon, il va falloir qu'on trouve une solution. Et au bout de quelques mois, en fait, il quitte tout.
Il lâche tout ce qu'il a en Tunisie pour me rejoindre à Paris. Et vraiment, je pense que c'était trois mois, quatre mois peut-être max, après notre premier baiser. Il travaillait là-bas dans la société familiale. Il avait son papa aussi, alors qu'il était malade, il était en dépression, donc il était aussi là-bas pour s'occuper de lui. Donc, je pense qu'il y a eu de son côté un mix dans cette décision qui était « J'aime Karine », et puis je pense que je suis aussi fatiguée de ce que je vis en Tunisie par rapport à mon père. Donc, c'est peut-être un échappatoire. Mais c'est aussi une décision hyper douloureuse pour lui, parce qu'il renonce à toute une partie de rêve, en se disant, en fait, il avait commencé à construire, et là, il va tout arrêter.
Donc, moi, je me dis, waouh. Donc, en fait, au bout de trois mois, ça fait sept ans qu'on ne savait même plus qu'on existait l'un l'autre. Puis, trois mois plus tard, il lâche tout et il vient vivre avec moi. Donc, je me dis, waouh, ce garçon est quand même assez capable de faire des choses et de les prouver. On ne réfléchit pas trop à l'avenir. On se dit juste, Roman rentre à Paris. Moi, je travaille, lui, il va trouver un job à Paris, et puis on avance comme ça.
Comme un couple qui, potentiellement, ça ferait deux, trois ans qu'on est ensemble, donc on emménage ensemble. Nous, ça faisait trois mois qu'on emménage ensemble, et on ne réfléchit pas trop. On ne se dit pas, est-ce qu'on se marierait un jour ? Est-ce qu'on ferait un enfant un jour ? Juste, on vit, on avance. Et tout avance finalement très vite. On a le projet de partir en Australie, et on partait en octobre, il me semble, et deux semaines avant, je n'ai pas mes règles, je fais donc un test de grossesse, et j'apprends que je suis enceinte. Ce n'était pas souhaité, mais on ne prenait pas de contraception. On savait que ça pouvait arriver, mais on n'en avait jamais parlé.
Donc, je suis surprise, mais je crois quand même un peu contente, mais en même temps, je me dis, ce n'est pas le moment. On part en Australie, on a prévu de vivre autre chose. Bon, on se dit, OK, je prends la décision d'avorter. J'avorte, et le lendemain matin, le papa de Roman décède. Donc, en 24 heures, on renonce à un bébé, et on a le papa de Roman qui meurt. Donc, très, très, très intense. Ça faisait un an et demi qu'on était ensemble, on était très soudés, très forts, etc., mais c'est quand même costaud.
Grosse épreuve, on décide quand même de partir. On repousse le voyage, mais on se dit, bon, en fait, il faut quand même partir, on ne va pas rester. Et puis, Roman, je pense, en avait besoin encore plus, donc on part. On avait un projet pro commun avec Roman, on avait une marque de fringues tous les deux, et donc on se dit, on aimerait bien la développer là-bas, c'est un produit qui se prêtait bien au soleil. Donc, on part en se disant, on va bosser un peu tous les deux, et puis on va aussi essayer de profiter un peu. Moi, j'ai toujours dans un coin de ma tête, du coup, encore plus qu'avant, l'idée d'un potentiel bébé. J'en rêve la nuit, et ça vient très rapidement après cet avortement.
Et je pense que je suis très tiraillée, en ayant eu l'impression que c'était ma punition que le papa de Roman meure après ce choix. Et donc, je me dis, ce n'était pas le bon choix. Même si je suis complètement alignée avec ce choix et cette décision, ça me travaille, et je me dis, c'est peut-être la vie qui nous dit qu'il ne fallait pas faire ça. On sait qu'on va faire famille à un moment ou à un autre, et en fait, on se dit, bon, peut-être que ça réarrivera. Et puis, deux mois après, je me dis, je crois que je suis enceinte. Donc, j'ai fait un test et je suis enceinte de quelques jours.
Ce qui est rigolo, c'est qu'à ce moment-là, on vit dans un 4x4 aménagé, donc je fais mon test entre deux arbustes au milieu de la pampa australienne, et en fait, je suis enceinte. Là, on est contents. On se dit, c'était ça la suite logique, et en même temps, on se dit, en fait, le timing n'est encore pas terrible, sauf que là, on se dit, bon, à un moment, c'est notre responsabilité. Donc, ça devra arriver, et ça arrivera, et c'est une trop bonne nouvelle. Sauf qu'au même moment, je pense à 24, 48 heures près, on apprend que le Covid existe, et que c'est la fin du monde globalement.
Donc, nous, on est au milieu de l'Australie, en se disant, trop chouette, une grossesse, en tout cas une partie de la grossesse en Australie, génial. Mais en fait, on se rend compte qu'on va être confinés, que les frontières d'État sont en train de fermer, qu'on ne peut plus rentrer en France. Panique à bord, on réussit à se faire rapatrier à Paris par le dernier vol de l'armée, et on rentre dans des conditions apocalyptiques. On n'a plus d'appart, puisqu'on est partis, on avait tout lâché. C'est le Covid, on est à notre compte, je suis enceinte, et on est confinés. Donc vraiment, mais chaotique, et en même temps, hilarant.
Enfin vraiment, c'était génial. Honnêtement, je pense qu'à ce moment-là, on se dit, on verra, on verra ce qu'on doit faire. On sait qu'on a de la famille qui peut nous héberger, on trouve des solutions à droite à gauche. On se dit, cet appart, on va le trouver. On est juste hyper positifs, je crois, et très contents. C'est une grossesse malgré les conditions qui est merveilleuse, qui est vraiment d'une douceur folle. On est tous les deux, enfin tous les trois, et en fait, c'est idéal. J'accouche en novembre 2020, et il me semble que c'est la troisième ou quatrième espèce de vague de confinement qui s'est déclenchée deux, trois jours avant mon accouchement.
Donc, on accouche sous masque. Roman doit partir au bout de deux heures. Ça, c'est pour moi un déchirement absolu, vraiment traumatisant. Mais bon, je suis avec mon bébé et ça va. En fait, comme pour tout avec Roman, c'est naturel. C'est zéro doute, zéro stress. Avoir Sandro dans nos bras, c'est comme s'il avait toujours été là. Nous, en tant que parents, Roman en tant que père, moi en tant que maman, tout est hyper fluide. Et je me dis juste, je crois que c'est pour ça qu'on ne s'est jamais posé de questions avec Roman, c'est parce que tout allait arriver d'une façon ou d'une autre.
Et avec lui, en tout cas, ça se passera toujours bien. Sandro a six mois, et puis là, un élan de bougeotte. Et on se dit, pourquoi pas partir en Tunisie ? Moi, j'ai donc découvert la Tunisie via Roman. On est quand même dans une période très compliquée pour le monde, avec une espèce d'ambiance un peu anxiogène. Et je sais que la vie est douce en Tunisie. Donc, on se dit, allons-y. Et donc, on prend notre voiture, qu'on remplit, et on déménage avec notre bébé de six mois sous le bras en Tunisie.
Roman se dit, je vais peut-être reprendre ma vie. Et moi, je travaille sur Internet, donc je peux travailler finalement en grand luxe de partout sur Terre. Et je me dis, je vais me concentrer aussi sur mon fils que j'avais envie de garder le plus longtemps possible. Donc, c'est ce qui se passe. Je pars en Tunisie avec Sandro, avec Roman, et on reste là-bas pendant deux ans. Je garde Sandro avec Roman, qui finalement change un peu de plan parce qu'il a beaucoup de drames familiaux. Donc, en fait, il passe la majorité de sa vie à s'occuper de sa famille, enfin de sa famille en dehors de nous, et l'autre moitié à s'occuper de nous.
Et finalement, on décide de rentrer au bout de ces deux ans, où on se dit, on n'a pas réussi à faire notre chemin, à trouver notre place. Rentrons à Paris. Roman, à ce moment-là, commence à sentir que ça ne va pas trop. Il est né avec une malformation cardiaque, donc il sent que quelque chose a changé. C'est quelqu'un de très sportif. Vraiment, il est athlétique. Il a un corps qui fonctionne très bien. Il meurt s'il ne fait pas de sport.
Et là, il sent que le moindre effort est compliqué. Donc, on rentre à Paris parce qu'il se dit, il faut que je creuse. Donc, il creuse. Là, cette fois-ci, j'ai moins l'impression de reprendre le cours de ma vie. Donc, je trouve un nouveau travail à Paris pour reprendre aussi une vie sociale. J'avais le sentiment d'être un peu isolée depuis trois ans. Donc, moi, je reprends ce travail. Roman fait ses examens médicaux et là, on se rend compte qu'il va falloir qu'il se fasse opérer. Une opération très lourde, donc il se fait opérer à cœur ouvert, il faut lui changer des éléments dans le cœur, etc. Donc, on arrive, on se dit, OK, prochaine épreuve à vivre tous les trois.
Sandro commence l'école, moi, je commence un nouveau travail et Roman commence un nouveau cœur. Le médecin dit à Roman, effectivement, il y a quelque chose qui a bougé, il vaut mieux s'en occuper tout de suite pour éviter que dans deux ans, tu fasses une crise cardiaque ou que sais-je. Effectivement, on va éviter de prendre ce risque-là. Donc, il a deux actions à faire à l'intérieur de son cœur, notamment changer une valve qui est dysfonctionnelle, donc avoir une greffe, et boucher un trou, puisqu'il y avait un trou entre ces deux parties. Et on nous explique qu'une opération à cœur ouvert, c'est lourd parce qu'on t'ouvre la cage thoracique, qu'il y a la récupération qui est très lourde et qu'il y a aussi des risques potentiels liés à des infections, etc.
Mais ça, on ne nous le dit pas trop. Et donc, Roman se fait opérer, ça se passe bien. S'ensuit deux mois de rééducation. Donc, en fait, pendant tout ce temps-là, Roman n'est plus à la maison, il est à l'hôpital. Donc, c'est un peu... C'est costaud. Moi, j'accuse un peu le coup. Je me dis, je suis seule avec Sandro, j'ai peur pour Roman, je commence un nouveau job. C'est très difficile à ce moment-là, mais je me dis, il fallait que ça arrive, donc ça va aller. Et en fait, c'est juste le début d'un cycle pendant deux ans et demi où Roman va passer la moitié de son temps à l'hôpital, puisque suite à cette opération, il va enchaîner les infections cardiaques assez lourdes qui vont l'emmener tous les trois mois en soins intensifs.
En gros, c'est, je pense, la période la plus stressante de ma vie. Pourtant, j'ai eu l'impression d'avoir vécu « pire » en ayant perdu mon papa, en ayant déjà connu la maladie avec mon premier amoureux. Mais là, c'est autre chose. Là, c'est le père de mon fils, c'est Roman. Donc, c'est très, très, très douloureux. J'ai peur pour lui et j'ai peur pour Sandro. Je vois Sandro qui commence à être très inquiet. Et cette sensation de voir ton fils inquiet pour son parent, c'est honnêtement insoutenable. Donc, c'est très difficile. Et en même temps, je ne peux qu'être positive et me dire, ça va aller, on est à Paris, Roman est soigné, soigné correctement, ça va aller.
Même si à chaque fois que ça repart et que l'infection revient et qu'il refit au soin intensif, c'est chaque fois la même émotion douloureuse, le même coup de massue. Lui, à côté de ses maladies, en fait, dès qu'il y a un moment de répit, il se projette dans l'avenir. Donc, il entame une reconversion professionnelle, il y a eu un épisode dépressif, il se fait soigner. Il est dans une proactivité qui est intéressante et qui, moi, me rassure beaucoup. J'avais peur qu'il s'écroule complètement, ce que j'aurais compris. Donc, il y a eu des épisodes compliqués. Mais j'ai l'impression que ça lui a donné un second souffle.
Qu'en fait, le fait que lui soit malade et qu'il lui arrive plein de choses, lui donne envie encore plus de savourer et de vivre. Donc, dans notre malheur, j'ai l'impression que lui, il s'est redécouvert aussi et ça lui a donné un second souffle qui est hyper chouette à voir. En fait, tous les trois mois, il est en guérison et puis rechute. Donc là, typiquement, le dernier épisode remonte à il y a trois mois.
Mais il a un nouveau traitement, il a vu des nouvelles spécialités de médecine, donc on a de l'espoir, on se dit que ça va aller et que c'est juste la faute à pas de chance. En fait, on n'en sait rien. Mais ça va, franchement, ça va. Il se porte super bien. On est reparti en Tunisie parce qu'on a la bougeotte visiblement et que c'est trop compliqué pour nous de rester au même endroit plus de trois ans. On ne se pose plus trop de questions. On se dit que maintenant, on sait déceler quand ça ne va pas et que dans notre malheur, ce qui nous rassure, c'est de comprendre ce qui se passe et de savoir ce que Roman peut attendre.
Maintenant, la difficulté, c'est que même les médecins ne savent pas trop. Donc, c'est un peu flou pour nous. Et en même temps, je crois que ce n'est pas plus mal. Parce qu'on ne sait pas trop se projeter, on ne sait pas se dire si ça va aller, si en fait, à l'inverse, c'est dramatique, on ne sait pas. On sait juste que pour le moment, c'est des épisodes dramatiques, mais qu'entre chaque épisode, ça va. Donc, on se dit, si ça doit durer comme ça pendant 60 ans, c'est ce qu'on fera. Mais on a appris à vivre avec. En réalité, c'est juste notre réalité et on s'habitue à tout. C'est horrible, mais je crois qu'on s'habitue à tout.
Aujourd'hui, je me dis que j'ai eu beaucoup de chance, enfin qu'on a eu beaucoup de chance, tous les deux, parce que je crois que tu le sens quand tu rencontres quelqu'un dans ta vie qui doit jouer un rôle un peu différent. Et je crois que j'ai toujours su avec Roman, alors on était très jeunes et je n'ai jamais trop su pourquoi ou comment. Mais en fait, maintenant que je vis ce que je vis avec lui, c'est hyper logique. C'est-à-dire que Roman avait un rôle différent à jouer dans ma vie, je crois que moi aussi dans la sienne. Et c'était juste comme ça. Et je me sens hyper chanceuse quand même. Tout s'est passé comme ça devait se passer.
C'est-à-dire que je pense que si on avait tenté quelque chose au collège, certainement qu'on ne se serait pas imaginé revivre autre chose après. Que moi, si je n'avais pas vécu mon histoire d'amour, je n'aurais peut-être pas repris contact. Enfin, j'aurais été aussi différente. Bref, tout est arrivé comme il fallait pour qu'on arrive à donner la vie à Sandro et à faire famille aujourd'hui. Et donc, dans notre malheur, c'est magnifique. C'est-à-dire que tout est arrivé et tout s'est bien passé au final. Le résultat est trop chouette. Honnêtement, tous les jours, quand je vois Roman, j'ai toujours la même sensation.
Même quand ça allait moins bien, que ce soit lui malade ou nous dans notre couple plus compliqué, parce qu'effectivement, c'est féérique sur le papier, mais on a vécu des moments moins chouettes. Et pour autant, j'ai toujours cette sensation quand je le regarde de « ce garçon est spécial ». Alors, il est spécial parce qu'il est gentil, il est trop chouette, donc il est spécial pour le monde. Mais vraiment, un truc qui ne s'explique pas de « je sais que pour moi, il est spécial, qu'il m'apporte ce truc dont j'ai besoin ». C'est-à-dire que ce n'est pas un mec qui prend ma place, c'est un mec qui vient me compléter au sens propre, qui me laisse et qui me tire vers le haut la majorité du temps.
Et je ne sais pas, ça s'emboîte et c'est lui. Merci à Clémentine Delagrange d'avoir recueilli ce témoignage et de l'avoir réalisé de façon extraordinaire. Et puis merci à Stéphane Bidart de l'avoir monté et mis en musique avec amour.
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"Ce garçon est spécial", c’est la fulgurance qui traverse l’esprit de Carine la première fois qu’elle voit Roman. Mais est-ce que cet amour peut tenir alors qu’ils sont si jeunes ? Si vous êtes des fidèles de EX..vous savez bien que les contes de fées dans la vraie vie, ça existe, comme dirait Carine elle-même !
Clémentine De La Grange a réalisé cet épisode, Stéphane Bidart l'a monté et mis en musique.
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